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25 novembre 2011 5 25 /11 /novembre /2011 16:13

heska-les-gentils.gif

Tout d'abord, je tiens à remercier Georges qui a fait voyager son livre jusqu'à moi. Ce fut une très belle découverte. Etant débordé en cette période de l'année, j'ai juste eu un peu de mal à rédiger mon avis.

 

Je dois dire que j'adore cette couverture, hautement improbable et bourrée d'énergie. Unissant le réel à la fiction, elle est celle qui illustre les carnets sur lesquels écrit Jérome, le narrateur de ce roman. Il est un employé comme les autres, il est juste ostracisé par ses collègues. Il n'est pas intégré à l'équipe, dirait-on. Son seul ami est Etienne, un inconditionnel de Star Wars.

 

Un jour pourtant, ce sera la goutte d'eau qui fera déborder le vase (l'art de ne pas trop en dire...), et Jérôme, plutôt que n'être que rage, colère, entrer dans une secte, que sais-je encore, va commencer à s'intéresser aux antipathes, toutes ses personnes dont les actes, les comportements, les paroles nuisent aux autres. Tel un scientifique, il les observe, classifie leur comportement et surtout, cherche un moyen pour changer leur comportement, aidé par son zélé ami Etienne, qui se révèle un geek très performant.

 

Nous sommes au XXIe siècle, ne l'oublions pas, et diffuser ses idées est très facile grâce aux réseaux sociaux. Jérôme se retrouve presque malgré lui à la tête d'un nouveau courant philosophique (vous reconnaîtrez qu'il s'en crée rarement), le cimonde, dont le but est de modifier radicalement les antipathes, y compris ceux qui s'ignorent. C'est possible, il suffit juste d'agir.

 

Méfiez-vous des apparences semble être le deuxième message de ce livre. Il est facile de juger sur des apparences et de tirer des conclusions hâtives. Il est facile de projeter sur les autres ses propres angoisses, son propre mal-être. La réalité est souvent différente. 

 

Pourquoi les gentils ne se feront plus avoir est un roman enlevé, bondissant, à la narration plaisante et farfelue, un roman injustement méconnu.

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25 novembre 2011 5 25 /11 /novembre /2011 14:26

la-vie-a-deux-dorothy-parker-dorothy-parker-9782264054456.gifédition 10/18 - 252 pages.

Merci à Asphodèle de m'avoir prêté ce recueil de nouvelles.

 

Quatrième de couverture :

 

Célébrée pour son humour et son extraordinaire sens de l'observation, Dorothy Parker a laissé une oeuvre dans laquelle les petits ratés de la vie de couple prennent souvent l'allure d'une comédie désopilante. Qu'il s'agisse de cette amoureuse, tremblante à côté d'un téléphone qui ne sonnera pas ou de cette ex-reine de beauté qui cherche à prolonger ses illusions par un whisky sans glace, chacun des personnages de ce recueil de nouvelles devient attachant parce qu'il nous ressemble.

 

challenge-ny-12Challenge New York 2012 par Emily

 

Mon avis :

 

Un adjectif convient pour décrire ce recueil de nouvelles : décapant. Aucun autre ne peut mieux le définir. Je pourrai bien sûr détailler chaque nouvelle ou plutôt les décortiquer, mais je ne veux surtout pas gâcher le plaisir de lecture que vous pourriez ressentir en lisant ce recueil, je préfère essayer d'en détacher les lignes fortes.

 

Tout d'abord, la vie à deux qui donne son titre au recueil et à une nouvelle qui met en scène des jeunes mariés, dont je ne suis pas sûre que le mariage dure longtemps. En effet, ils viennent tout juste de s'unir (ils partent en voyage de noces) et déjà.... Non, ils ne sont pas en train de se disputer, c'est beaucoup plus subtil, elle lui assène des reproches avec un raisonnement si tordu que, qu'il acquiesce ou qu'il récuse les propos de sa jeune femme, il est pris au piège et se retrouve coupable d'une longue liste de forfaiture. La vie à deux n'est pas toujours le mariage mais une liaison amoureuse où la femme est trop souvent en position de faiblesse face à un homme moins prisonnier des convenance, moins inquiet à l'idée du temps qui passe. Quand je dis "liaison amoureuse", je n'oublie pas l'intérêt financier : à défaut d'un mari, la femme cherche un homme qui puisse l'entretenir, pour un laps de temps plus ou moins long.Certaines situations sont presque intemporelles. Je pense notamment à l'héroïne de la deuxième nouvelle, qui se ronge les sang pour savoir si oui ou non elle doit rappeler l'homme qu'elle aime, qui devait la rappeler et qui ne la rappelle pas. *

 

Des enfants ? Ils ont peu présents. Il vaut mieux avoir un bel appartement. Le bienheureux papa de la nouvelle La jument précise qu'il n'aura pas de deuxième enfant, quand il voit dans quel état de langueur sa tendre épouse se trouve après cette naissance (et le narrateur de souligner perfidement que sa femme est exactement comme d'habitude) et quel désagrément de devoir supporter une infirmière d'une grâce toute chevaline dans leur demeure.

 

Les domestiques ? Certains sont noirs, comme la blanchisseuse courageuse de Vêtir ceux qui sont nus, qui élève seul son petit fils aveugle. Leurs conditions de vie ne sont pas douloureuse, non, puisque leur patronne, toute en générosité consent à les employer de temps à autre, et même, dans un accès de générosité, à les réemployer quand ils ont osé avoir d'autres occupations (veiller sur un nouveau né aveugle) que de laver, repasser et racommoder un linge de grande qualité. Je vous rassure : être un artiste nègre... Oh, pardon, un artiste noir est bien plus facile. Il suffit de supporter la condescendance et la commisération de certaines personnes. Les autres préfèrent ne pas être dans la même pièce que vous.

 

L'action se passe à New York, bien sûr. Il est impossible de vivre ailleurs. Si votre mari est muté ailleurs, eh bien, le divorce n'est pas fait pour les chiens, mais pour les grandes blondes qui noient la vacuité de leur existence dans l'alcool.

 

Lisez ces nouvelles trop méconnues de Dorothy Parker : vous ne le regretterez pas.

 

f-scott-fitzgerald-an-american-icon-1

Ma première participation au Challenge Fitzgerald organisé par Asphodèle mais aussi ma première participation au  Challenge New York 2012 organisé par Emily.

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24 novembre 2011 4 24 /11 /novembre /2011 17:22

challengeQuatreSaisons.jpg

 

Je sais ce que vous allez dire : Sharon a encore craqué. Dans des temps lointains, j'avais même promis de ne plus m'inscrire à un challenge (heureusement, Nunzi a la mémoire courte). Je n'ai pas pu résister quand j'ai vu ce magnifique logo sur le blog de  L'or des chambres. OUbliant mes billets en retard (trois à ce jour, au moins, je me suis donc inscrite). En quoi consiste-t-il ?Je laisse l'organisatrice Nadael vous l'expliquer :

 

"Mon souhait serait que toutes sortes d'ouvrages se mêlent ; romans, albums pour enfants, bandes dessinées, recueils de poésie, pièces de théâtre... et que chaque ouvrage est un lien important avec une saison - que le mot de cette saison soit dans le titre ou non"

 

Il existe quatre catégories :

 

Basse saison : lire un à deux ouvrages sur les saisons de notre choix/

Haute saison : lire trois ouvrages sur les saisons de notre choix.

Belle saison : lire quatre ouvrages sur les saisons de notre choix

Quatre saisons : lire un ouvrage sur chaque saison.

 

Nadael nous propose des idées de lectures que vous pouvez découvrir en cliquant ici. 

 

Pour ma part, je m'inscris dans la catégorie quatre saisons avec Hiver et Printemps de Mon Kallentoft, Un été à Pékin d'Elise Fontenaille, et Un automne à Tokyo de Karin Reysset.

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22 novembre 2011 2 22 /11 /novembre /2011 18:50

Bouillon.jpgédition Folio junior - 116 pages.

 

Mon résumé :

 

Georges est fils unique et il n'a pas d'ami, si ce n'est son poney Vif-Argent. En revanche, il a une grand-mère, qui ressemble à s'y méprendre à une sorcière. Irascible et cruelle, elle ne cesse de réprimander George, mais pas devant ses parents, non, elle est trop fine pour agir ainsi. Un beau jour, George en a assez et fabrique une potion fabuleuse.

 

Mon avis :

 

N'essayez surtout pas de reconstituer la potion magique de George, même si vous souhaitez vous débarrasser de votre pire ennemi. Roald Dahl a certes eu la prudence de ne pas donner les proportions utilisées par son héros, néanmoins je crois qu'une explosion est à prévoir alors même qu'un dixième seulement des ingrédients seraient mélangés. Je crois même qu'une honnête cuillère finirait fondue si on la plongeait dans ce mélange - et vous ne voulez pas avoir la disparition d'une cuillère sur la conscience, non ? 

Je salue néanmoins l'imagination créative de George pour se débarrasser de sa monstrueuse grand-mère, qui n'a rien à voir avec la douce héroïne de Sacrées sorcières. George, à cause d'elle, soupçonnait l'existence d'un monde de sorcellerie. Grâce à sa potion, il touche du doigt l'existence d'un monde de magie. La preuve de son existence ? Son père, le grand Bouillon, ne s'étonnera pas du tout des conséquences de cette potion, il ne s'en affolera pas non plus, il s'en réjouira, preuve que tout est finalement possible. En tout cas, la fantaisie et l'imagination de Roald Dahl semblent ne pas avoir de limite. 

La potion magique de George Bouillon est une lecture très distrayante que je vous recommande.

 

Voici un autre avis sur le blog de Joanna

 

Challenge-anglais Ma quarante deuxième participation au challenge God Save the livre organisé par Antoni.

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21 novembre 2011 1 21 /11 /novembre /2011 19:33

mzi_svmnqcli_225x225-75.jpgEdition Puffin - 84 pages.

 

Mon résumé :

 

Tuffy fête Noël. Qu'on se le dise !

 

Challenge Noël

 

Mon avis :

 

J'aime bien Tuffy, sincèrement, mais je préfère les illustrations plus "rondes" et chaleureuses de l'édition anglaise. Tuffy a vraiment l'air typique du chat qui vous regarde après avoir causé une (ou plusieurs) grosses catastrophes et ne comprend vraiment, mais vraiment pas pourquoi :

- vous vous énervez.

- vous lui reprochez quelque chose.

 

La situation est tout simplement horrible pour Tuffy, il nous l'explique de façon absolument magistrale dans le premier chapitre. Noël n'est pas une fête pour les chats. Pouvez-vous imaginer une fête plus pénible que celle où un arbre est dressé au milieu de votre salon et où vous n'avez absolument pas le droit de grimper à cet arbre ? De plus, vous n'êtes pas non plus autorisé à jouer avec toutes ses décorations si tentantes, si remuantes, si scintillantes, qui foisonnent sur ce beau sapin, roi des forêts.

 

Tuffy plaide très bien sa cause, j'en demeure d'accord. Cependant, je m'en voudrais de ne pas céder la parole à un avochat de premier ordre, à savoir maître Rose Lamaire.

 

"Oui, j'ai consulté le dossier, et pour moi, l'affaire est toute simple. Déjà, je veux remettre en cause les peines demandées par Mr Grumpy, le propriétaire de Tuffy. Sachez, monsieur, qu'un chat n'a pas de maître, et qu'il ne reste à vos côtés que parce qu'il le veut bien. Demander pour lui la peine capitale pour une robe de soirée, fort laide au demeurant, qui aurait sans doute boudiné votre femme dès le lendemain de la fête est une peine bien trop forte. Avoir un chat est une responsabilité que vous devez assumer. Le mettre dans une pension ou une cage solide, pourquoi pas, c'est toujours moins ... définitif.

 

Mettez vous à la place de Tuffy, bien que je me doute que vous n'allez pas vous mettre à pourchasser des souris à moitié morte ou à jouer avec une toile d'araignée. Son territoire a été envahi par quatre personnes dont des jumeaux répondant aux prénoms de Lucilla et Lancelot. Ne croiyez-vous pas que ce soit destabilisant pour  lui ? De plus, ces enfants, accompagnés d'Ellie, ont décidé de monter un spectacle auquel ils ont contraint Tuffy à participer. Même si le spectacle a été un succès - sachant que le public était composé des parents des chanteurs, le succès était assuré, même avec un chat comme quatrième acteur - ne croyez-vous pas que les répétitions ont légèrement stressé le pauvre animal et ont causé les malencontreux incidents qui ont suivi ? 

 

Comment ? Je suis autant de mauvaise foi que mon client ? Pas du tout. Je conclurai ma plaidoirie en disant que même un chien aurait pu commettre une telle catastrophe - et ce n'est pas peu dire. 

 

Mesdames et messieurs les jurés, Tuffy a déjà été condamné à passer les fêtes de Noël dans le garage, loin de ses cachettes de prédilection. N'alourdissez pas sa punition.  

 

Challenge-anglais

 

 

 

Ma quarante et unième participation au challenge God save the livre organisé par Antoni. 

 

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20 novembre 2011 7 20 /11 /novembre /2011 19:52

9780749702540.gifMon résumé :

 

Jeanie a trouvé un anneau mais elle ne parvient pas à le défaire de son doigt. Elle ne sait pas qu'elle vient de libérer un génie qui n'a pas revu le jour depuis cinq cents ans - et les choses ont bien changé en cinq cents ans.

 

Mon avis :

 

J'ai trouvé ce roman dans une librairie anglaise qui vend aussi des livres d'occasion, et je me suis dit : pourquoi pas ?

 

Ce roman de littérature jeunesse a l'avantage d'être très court (soixante pages), j'aurai presque envie de le classer dans la catégorie "nouvelles", tant l'intrigue est resserrée. En effet, elle se déroule sur une seule journée, la journée pendant laquelle le génie exaucera son voeu (vivre une journée extraordinaire)  et la derière journée en classe d'une camarade qui repart pour l'Inde.

 

Oui, Jeanie vivra une journée exceptionnelle, démesurée, car le génie ne sait pas faire dans la demi-mesure. Elle sera le centre de l'attention - pas toujours de son plein gré. Elle se mettra aussi à la place de son amie, qui a dû vivre en Angleterre pendant quelques années alors qu'elle vient d'un pays dont le climat n'a rien à voir avec la grisaille anglaise. Grâce au génie, Jeanie (sa quasi homonyme) voyagera dans le temps et dans l'espace. Elle révèlera aussi une de ses plus belles qualités : rendre heureux les autres.

 

A sudden puff of glitteing smoke est (encore) un sympathique roman d'Anne Fine.  

 

 

Challenge-anglais

 

 

 

Ma quarantième participation au challenge God save the livre organisé par Antoni. 

 

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19 novembre 2011 6 19 /11 /novembre /2011 11:04

9782757823552FS.gifédition Points  - 734 pages

 

Mon résumé :

 

Janvier 1997. La veille de ses six ans, Bliss Rampike est retrouvée assassinée dans la cave de la maison familiale. Qui a pu tuer cette jeune vedette de patinage artistique ? Dix ans après, son frère rédige Petite soeur, mon amour, et essaie de comprendre ce qui a pu se passer.

 

Mon avis :

 

LA PLU~1Joyce Carol Oates ne montre pas l'envers du rêve américain, elle le fait littéralement voler en éclats. Pour atteindre son but, elle détourne une forme convenue : le livre-confession autobiographique. Ce genre littéraire commercial fleurit aux Etats-Unis mais aussi en France (je n'ai pas de titres en tête, je ne lis pas ce genre de prose, je sais simplement qu'elle existe. Joyce Carol Oates donne l'illusion du réel en concentrant tous les codes du genre sur sept cents pages, en écrivant avec une maestria, une ironie douloureuse, une lucidité sans faille ce récit sordide.

 

Elle s'est inspirée d'un fait divers tristement célèbre : l'assassinat non résolu d'une mini-miss JonBennet Ramsey. Des reportages, et même un téléfilm ont été consacrés à ce meurtre, montrant la manière dont les parents exploitaient leur fille, mais aussi insufflant l'idée que le frère aîné n'était pas étranger à sa mort. Un pédophile est passé aux aveux en 2006, mais les enquêteurs ont montré les incohérences de son témoignage. Le dossier a été rouvert fin 2010. Voilà pour les faits "réels". Retournons maintenant au roman.

 

Tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes dans la famille Rampike. Le père a un excellent travail, qui lui a permis d'acheter une maison dans un quartier chic. Sa femme ne travaille pas, comme il se doit, elle se consacre à l'éducation de son fils, Skyler, le "petit homme" de maman, puis d'Edna Louise, sa fille, un bébé qui passe son temps à pleurer. Leur but ultime, déjà ? Paraître, à tout prix. Personne ne fait attention à madame Rampike, qui essaie d'initier son fils au patinage artistique. Elle peine à entrer en relation avec les familles en vue, celles qui habitent dans des quartiers encore plus chic que le sien. Le drame survient. Non, je ne parle pas du meurtre - pas déjà - je parle de la chute qui laissera Skyler handicapé, à la suite d'un accident à l'entraînement de gymnastique. Skyler perd dès lors presque tout intérêt aux yeux de son père, qui n'en fera jamais le grand champion dont il rêvait. Par contre, il pourra intenter un procès à son entraîneur et d'obtenir une somme d'argent substancielle - première dénonciation du système judiciaire amércain - et reporter la responsabilité sur lui, et non sur sa volonté de paraître - déjà.

 

L'image est ce qui compte plus que tout. Paraître, toujours. Le jugement moral n'est pas écrit noir sur blanc, non, il est là, dans le ton employé par Skyler, dans ses remarques persiflantes. Bientôt, Edna Louise ne sera plus, elle sera Bliss, et tant pis si ce choix déplaît à madame Rampike mère dont elle porte le prénom, ce choix ne l'avait pas amadoué, pourquoi le conserver ? Bliss entre sur cette scène qu'est la patinoire, et tous les regards convergent vers cette enfant de quatre ans qui patine si bien. Cette enfant aura très vite les mêmes costumes qu'une patineuse adulte (les descriptions, précises, sont autant d'invites pour un certain public masculin), elle sera maquillée, non pour aguicher, non parce qu'elle n'est pas très jolie mais parce que c'est nécessaire, ses cheveux seront teints, bref, Edna Louise est complètement dépossédée de son identité première, afin de plaire, pas seulement au jury, mais surtout à ses propres parents, passés maître, surtout la mère, dans le chantage affectif et religieux.

 

Bigote, madame Rampike ? Sans doute, elle qui prie si souvent, et se reproche de ne pas avoir prié assez en cas de défaite. Elle s'est forgée une foi à son image, je l'imagine fort bien en championne de la casuistique, elle qui déforme chaque précepte pour l'utiliser à son avantage. Le pire, bien sûr, est qu'elle n'en a aucunement conscience, tout comme son mari n'a aucunement conscience que sa culture n'est que de la cuistrerie, qui en serait presque risible n'étaient son attachement viscérale à ses principes, aussi déformés qu'un reflet dans un palais des glaces. 

 

Risibles, oui, ils le seraient si la tragédie n'était au milieu du chemin. Ils le seraient par le décalage flagrant entre leurs paroles et leurs actes. Ils sont surtout abjects, et tout une industrie avec eux. Pas besoin de dénoncer, il suffit juste pour Skyler d'annoncer le nombre de maladies mentales qui lui ont été diagnostiquées, le nombre de médicaments que lui et sa soeur ont été constraints de prendre, pour soigner les sus-dites maladies ou pour augmenter les performances sportives, pour rendre plus dociles aussi. La moindre rébéllion est aussitôt étiquetée et soignée, à la plus grande joie des industries pharmaceutiques. Il lui suffit aussi de révéler ce qui a été fait des images de sa soeur, et des batailles autour de ce "droit à l'image", chèrement remportée par la famille éplorée. Il suffit de montrer sa mère, devenue écrivain (!) afin de raconter la véritable histoire de sa fille puis de montrer comment elle avait surmonté sa douleur.

 

Pour jouer le jeu de la vérité, Joyce Carol Oates montre Skyler en train de s'interroger. Sur la justesse de ses souvenirs ou de sa reconstitution. Sur son droit à raconter tel ou tel fait. Etre multiple, le Skyler lecteur sourit presque du Skyler écrivain, encore sous le coup de ses névroses, tout comme celui-ci se détache du Skyler souffrant qui est pourtant le personnage de base de ce récit - lui et Bliss, indéfectiblement liés. Paradoxe ultime ou pirouette finale, Skyler choisit de ne pas révéler la vérité sur le meurtre de sa soeur, tout en le montrant à lire dans le récit. Skyler ne peut pas dire quelque chose qu'il n'a pas fait. 

 

Tous les sujets peuvent être traités en littérature. Il faut juste avoir la puissante écriture de Joyce Carol Oates pour en tirer un ouvrage destabilisant, dérangeant, et parfaitement réussi.   

 

  

challenge-abc2012

  J'inscris aussi ce livre au défi la plume au féminin


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18 novembre 2011 5 18 /11 /novembre /2011 12:19

Oyez, oyez ! Liyah a donné les résultats de la troisième édition du STAR. Hérisson  est la grande gagnante, avec  7480 pages lues. Elle améliore encore son score du STAR précédent.

 

La seconde gagnante, après tirage au sort, est Jeneen. 


Félicitations aux deux gagantes !

 

Pour voir les résultats, allez ici


Pour ma part, j'ai baissé par rapport à la première édition, sans doute aussi parce que j'ai lu beaucoup de copies pendant cette période et que ma quatrième semaine a été assez molassonne (enfin, pour moi, tout reste relatif). J'ai donc lu 6535 pages et je suis troisième du classement, derrière Hérisson  et Angie .

 

Vivement la prochaine édition !!!!Logo-STAR3-Les-lectures-de-Liyah

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17 novembre 2011 4 17 /11 /novembre /2011 15:53

  17-900-84-1

Bonjour, c'est Nunzi. Sharon étant un peu fatiguée, elle m'a chargée de dresser ce bilan. Je l'entends murmurer des mots étranges : "dragon tué à coups d'aspirateur.... maraboulanger.... plombier déguisé en femme.... " Je crois que ce sont des extraits de copies.

 

Au cours de ce STAR III, organisé par Liyah, Sharon a terminé :

 

Mingus Mood de William Memlouk et J'ai déserté le pays de l'enfance.


Elle a lu intégralement :


Petite soeur, mon amour, de Joyce Carol Oates

Pourquoi les méchants ne se feront plus avoir

La vie à deux de Dorothy Parker (billets à venir pour ces trois livres).

Ce qui dort dans la nuit d'Erik L'Homme

La crêpe des champs d'Anne Fine

Les nuits d'Ismaël de Marie Chartres

Lien fatal de Tess Gerritsen .

Le club des incorrigibles optimistes . 

Au pays des pierres de lune de Tania Sollogoub

Vingt-deux, v'là des frites de Maj Sjöwall et Per Wahlöö

Les héritiers d'Enkidiev d'Anne Robillard

Intrusion de Natsuo Kirino

Vous descendez ? de Nick Hornby

La belle amour humaine de Lyonel Trouillot

Fabelhaven, tome III : le fléau de l'ombre de Brandon Mull

Le bureau de mariage de M. Ali de Farahad Zama

Le crime d'Halloween d'Agatha Christie

Les héritiers d'Enkidiev, tome 2 : nouveau monde

Maigret chez les flamands de George Simenon

Poirot joue le jeu d'Agatha Christie

Pour mémoire de Mazarine Pingeot

La ferme africaine de Karen Blixen

Roseanna de Sjöwall et Wahlöö

Entre le chaperon rouge et le loup, c'est fini de Katarina Mazetti

La fin n'est que le début de Katarina Mazetti

Une heure de silence de Michel Koryta

soit un total de vingt-six livres (j'en avais oublié un. Je fais ce que je peux, si vous croyez que c'est facile de taper un article avec mes papattes).

Je vous laisse, je retourne vérifier si mon couffin a changé de place.

 

Merci à Liyah pour avoir organisé ce STAR !

 

Logo-STAR3-Les-lectures-de-Liyah


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16 novembre 2011 3 16 /11 /novembre /2011 16:01

challenge-ny-12.jpg

Le challenge New York est renouvelé cette année. Comme je n'y ai pas participé l'année dernière, ce sera pour moi une première. Il est organisé par Emily.
Le but est de lire, jusqu’au 1er novembre 2012, le plus de livre permettant de découvrir New York. J'ai deux lectures prévues pour l'instant : La vie à deux de Dorothy Parker et Bal de givre à New York de Fabrice Colin. Deux autres livres, déjà dans ma PAL, peuvent également s'inscrire à ce challenge (Et que le vaste monde poursuive sa course folle de Column McCann et Le café Julien de Dawn Pauwell).

Le challenge est ouvert à tous les bloggueurs :  Emily nous demande juste de présenter le challenge sur notre blog, et d’inscrire en bas de chaque chronique d’un livre lu dans le cadre du challenge une phrase pour indiquer notre participation, avec si possible un lien vers cet article, bref, rien d'inhabituel pour les blogueurs habitués à participer à des challenges.
N'hésitez pas à vous inscrire vous aussi !
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