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14 mars 2012 3 14 /03 /mars /2012 20:39

Ludwig.jpgMon résumé :

 

Les derniers jours de Louis II de Bavière, souverain déchu pour cause de folie.

 

Biographie de l'auteur :

 

Klaus Mann est né le 18 novembre 1906 à Munich. Il est le fils aîné de l'écrivain Thomas Mann. Adversaire du nazisme, il quitte l’Allemagne en 1934 et est déchu de sa nationalité en 1935. Il écrivit des romans (Fuite au Nord), des essais (Contre la barbarie) et tint un journal intime. Il écrivit également avec sa soeur aînée Erika, qui n'avait qu'un an de plus que lui notamment A travers le vaste monde.  Son frère cadet Golo et sa soeur Monika seront également écrivains. Klaus Mann se suicide à Cannes le 21 mai 1949.

 

Mon avis :

 

Impossible pour moi d'être objective. J'adore cet auteur. Je me demande même pourquoi je ne lis pas plus souvent ses oeuvres. Pour les garder en réserve, sans doute.

Ludwig est véritablement le dernier jour du souverain. Prolongement : la venue d'une autre souveraine foudroyée, Sissi. Son double, sa jumelle. Quand elle apprit la nouvelle de sa mort, elle ne voulut pas croire à un "accident". Bouleversée, elle parla de meurtre.

Mais n'en était-ce pas un que de l'acculer au désespoir ? Arrivé dans son château prison, Ludwig se remémore comment "ils" sont parvenus à le destituer, tous ceux qui ne comprenaient rien à ses rêves de bâtisseur, d'esthète, à ses amitiés exclusives. Tous ceux qui veulent lui faire croire que les barreaux aux fenêtres sont purement décoratifs.

Prouesse d'écriture : nous épousons les méandres des pensées de Ludwig et en les lisant, j'avais l'impression de relire le journal de Nijinski (véritable témoignage de la montée de sa folie). En même temps, nous entrons aussi dans l'esprit de son médecin, si sain de corps et d'esprit, si sûr de lui. Le dénouement est connu.  

Cette nouvelle nous raconte autant sur son auteur que sur Ludwig. En effet, Klaus Mann choisit de parler de l'homosexualité (présumée ? refoulée ?) de Ludwig II - ni Klaus Mann ni sa soeur aînée ne faisaient mystère de leur préférence sexuelle et d'en faire une des composantes de son récit. J'y vois, peut-être à tort, une des raisons pour laquelle il a choisi de parler de ce souverain.

A lire - comme toute l'oeuvre de Klaus Mann.


Un des châteaux batis sur ordre de Ludwig.

 

chateau-baviere

 


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13 mars 2012 2 13 /03 /mars /2012 19:26

Fantasio.jpgédition Larousse - 191 pages.

 

Mon résumé :

 

L'action se passe à Munich. Le roi doit marier sa fille, la princesse Elsbeth, au prince de Mantoue afin d'éviter une guerre. La ville est en liesse. Toute la ville ? Non. Fantasio promène son mal de vivre. Endetté, il saisit une opportunité et devient bouffon du roi.

 

 

Un classique par mois organisé par Cécile

 

classique-final2

 

Mon avis :

 

Le théâtre de Musset n'était pas destiné à être joué car après un échec retentissant, Musset ne destinait plus ses oeuvres à la scène. Pourtant, Fantasio s'inscrit dans une tradition théâtrale très précise, pour mieux s'en jour.

 

D'abord, la règle des trois unités est quasiment respectée. L'action dure vingt-quatre heures tout au plus, et s'articule autour d'une seule question : la princesse épousera-t-elle le prince ? Seule l'unité de lieu est un peu bousculée, mais pas plus que ne l'avait fait Corneille dans Le Cid : toute l'action a lieu à Munich.Tout est pour le mieux dans le meilleur des mondes, personne ne s'oppose au mariage et même si la princesse est malheureuse, même si son père, un roi bourgeois, lui demande son accord, elle se sacrifie à la raison d'état pour éviter une guerre. Pour cette intrigue, Musset s'est fortement inspiré du mariage entre Louise d'Orléans et Léopold de Belgique (pour l'histoire, leur fille Charlotte deviendra la belle-soeur de François-Joseph).

 

Si dans les comédies de Molière, l'obstacle était extérieur, dans cette comédie de Musset, il est intérieur. Si Elsbeth est un personnage de tragédie, son fiancé, tout prince qu'il fut, est un personnage de comédie. Il a trop lu, trop consommé d'ouvrage romanesque, et décide de se travestir pour gagner le coeur de sa belle princesse. Le stratagème peut fonctionner quand on est un héros de Marivaux, tendre et subtil. Quand on est le prince de Mantoue et que l'on est bien moins intelligent que le cheval que l'on monte....

 

Et Fantasio, me direz-vous ? Fantasio est un enfant du Siècle, revenu de tout. Il n'apparaît qu'à la seconde scène, et comme tous les vrais héros, il a droit à une entrée retardée, alors que tous ses amis sont déjà en place. Rien ne semble pouvoir le retenir et s'il devient bouffon (clin d'oeil au Roi s'amuse de Victor Hugo ?), ce ne sera que pour un temps. De même, sa dernière scène n'est pas sans me rappeler l'une des scènes de l'Illusion comique.

 

Comédie qui finit mal ou drame qui finit bien ? Récriture de l'histoire ou parodie d'oeuvres connus ? Fantasio est tout cela à la fois. Cette oeuvre courte mérite d'être lue et relue.

 

chateau-baviere


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13 mars 2012 2 13 /03 /mars /2012 02:41

Voici (enfin) mon billet sur le festival Rue aux livres de Rennes.


Condition d'écriture : Orangina sur les genoux, ce pauvre Chablis dans son dortoir, Nunzi qui boude, Koala aussi, il n'y a que Rico qui est ravi.

 

J'ai donc quitté la Normandie pour la Bretagne - enfin Rennes - où j'ai fait la connaissance d'Aymeline. Parler de sa gentillesse me paraît un terme bien trop faible pour la définir. Merci de m'avoir fait découvrir Rennes, merci pour tout, et ce tout recouvre beaucoup. J'espère que nous nous reverrons bientôt.

 

PICT0047.JPG

 

Le festival Rue des livres est un festival auquel je souhaite de durer des années, car il offre pour moi ce que j'attends d'un salon du livre.

- L'accès est facile et très bien indiqué, y compris dans les bus de ville.

- L'entrée est gratuite.

- Les bénévoles qui s'occupent du salon sont charmants, les gâteaux faits maisons étaient vendus à un prix très raisonnable - et en plus, ils étaient délicieux.

- les auteurs sont tous accessibles. Pas de queue, mais au contraire la possibilité de discuter avec chacun d'entre eux.

 

Le samedi, nous avons assisté à une rencontre polar entre Frédéric Paulin, Hervé Commere, Danièle Thiéry et Bernard Minier. Le polar est mon genre de prédilection (je le repète assez), et j'ai aimé que les quatre auteurs discutent librement de leur choix, de leur source d'inspiration. Surtout, ils se questionnent sur la notion de genre (polar, roman policier, thriller) sans chercher à ce que leurs écrits collent à un genre particulier. Ils écrivent des romans, point. 

 

PICT0037.JPG


Le dimanche, nous avons assisté à deux présentations de collections : la Collection Asphalte Noir des éditions Asphalte, et la collection Exprim des éditions Sarbacane. Je connaissais déjà cette dernière collection car La ballade de Sean Hopper de Martine Pouchain est sélectionné pour le prix des Dévoreurs de livres 2011-2012.

 


 

Si j'ai acheté des livres ? Pas beaucoup. Voici la liste :

Last exit to Brest de Claude Bathany

La volonté du dragon de Lionel Davoust

Glacé de Bernard Minier

Le projet Bleiberg de David S Khara

La Bretagne des jardins de Louis-Michel Nourry.

 

Bien sûr, il y a eu le lendemain. Un lundi. La plus grande librairie de Rennes était ouverte. J'ai donc accidentellement acheté (oui, je sais, deux livres seulement : je ferai mieux la prochaine fois) :

- Alexandre suivi de Ludwig de Klaus Mann.

- Toute passion abolie de Vita Sackville-West.

 

Toutes les photos ont été prises à Rennes.

 

 

PICT0038.JPGProchain danger pour ma PAL : le salon du livre de Paris le weekend prochain. Qui ira ?

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12 mars 2012 1 12 /03 /mars /2012 20:41

1808-medium.jpgédition GF-Flammarion - 300 pages.

 

Circonstance de lecture  :

 

Je n'avais pas lu d'oeuvre de Diderot depuis la fin de mes études universitaires. J'avais très envie de lire les bijoux indiscrets depuis des années. Grâce au challenge d'Ys, c'est aujourd'hui chose faite.

 

Mon résumé :

 

Dans l'empire du Congo, le sultan Mogogul s'ennuie. La favorite lui suggère donc d'aller voir le génie Cucufa. Celui-ci confectionne une bague qui permet de connaître les secrets des femmes de la cour.

 


Défi les douze d'Ys

  2012

Mon avis :

 

Le mot qui me vient à l'esprit est "foisonnant". Ce livre a plusieurs niveaux de lectures. Il est avant tout un roman libertin, à la manière de Crébillon. Il faut en effet être très naïf pour ne pas deviner la véritable nature des bijoux - et les aventures racontées sont toutes plus scabreuses les unes que les autres.


Profondément misogyne ? Oui et non. Oui, car il démontre qu'aucune femme n'est ce qu'elle paraît être. Les prudes ? Des hypocrites. Les veuves ? La pension qu'elles espèrent toucher à la mort de leur mari est leur seule vertu. Les coquettes ? Si elles ne sont pas outrageusement dépensières, elles ont presque la sympathie des protagonistes principaux.


  Non, car ce n'est pas un simple ouvrage libertin et bien avant le Supplément au voyage de Bougainville, Diderot en avait des choses à dire, et des coutumes à remettre en cause.La Tartufferie ne s'est pas éteinte avec le 17e siècle, les questions théologiques passionnent, le jeu ruine, non seulement les familles mais aussi les états, les sectes de tout bord pullulent et à travers leurs querelles, ce sont d'autres querelles qui sont visées. Rien de mieux que de situer l'action dans une contrée imaginaire, mais qui comporte tant de points communs avec la nôtre (depuis quand le bois de Boulogne est-il au Congo ou les sultans vont au théâtre ?) pour mieux critiquer ses contemporains, et prendre le moins de risques possibles. Diderot sera emprisonné à Vincennes l'année suivant, pour une autre oeuvre : on n'est jamais trop prudent.


Bien sûr, le roman reste avant tout leste, et il n'est pas percutant comme les Lettres persanes, la satire n'est pas aussi aiguisé que dans Zadig de Voltaire mais quitte à lire de la littérature érotique, autant qu'elle soit bien écrite et qu'elle ne soit pas que de la littérature érotique.

 

Un classique par mois organisé par Cécile

 

classique-final2

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11 mars 2012 7 11 /03 /mars /2012 22:22

boutique.gif

édition Gallimard - 208 pages.

 

Merci à Schlabaya d'avoir fait voyager ce livre jusqu'à moi.

 

Présentation de l'éditeur :

 

Drohobycz, tranquille bourgade provinciale où Bruno Schulz vécut et enseigna le dessin, devient le lieu de toutes les terreurs et de toutes les merveilles : ses places, ses rues, la boutique familiale de draps et de tissus se métamorphosent. Dans une ambiance de sourde étrangeté, hantée par la figure emblématique du père, se déploient le thème obsessionnel des mannequins et le contraste, si spécifique à Bruno Schulz, entre beauté et pacotille. Entre innocence et perversité, entre cauchemar et merveilleux, les récits des Boutiques de cannelle se situent dans un " treizième mois, postiche et superfétatoire, en marge du temps réel, sur ses voies de garage ".

 

Mon avis :

 

Ce livre marque ma toute première incursion dans la littérature polonaise, mais sans doute pas la dernière.

Curieux recueil que ses "boutiques de cannelle". J'ai cru au départ que c'était un recueil de nouvelles - il y a un peu de cela sans doute, mais les récits se suivent, impossible de picorer un texte de ci de là comme un vrai recueil de nouvelles. La temporalité du récit n'est d'ailleurs pas très facile à suivre. Le texte "les boutiques de cannelle" illustrent d'ailleurs ce soucis de temporalité, car tout se passe en une soirée, mais à cause des flash-back du narrateur, je ne savais plus très bien quand j'étais, ni où j'étais. Pour ce dernier point, lui non plus, et cela lui était égal.

 Ensuite, le ton est assez particulier. Les descriptions sont très belles, très riches, mais j'avais l'impression d'osciller constamment entre réalisme et fantastique. Le réalisme est celui de la vie quotidienne de cette famille, entre le père, omniprésent, la mère, Adèle, la servante capable de mener le père à la baguette, Poldine et Pauline, les ouvrières.  Pourtant, très vite, le moindre fait prend une autre dimension, difficilement explicable. Je ne pourrai que le comparer à La métamorphose de Kafka, si ce n'est que ce sont les choses qui prennent vie, et les êtres humains qui se réifient. 

Je ne puis m'empêcher de chercher un symbolisme caché dans ce texte. La fin du roman boucle la boucle et clôt les aspirations (scientifiques ? artistiques ? créatrices ?) du père, à cause des réactions pragmatiques et cruelles des autres personnages. La réalité reprend ses droits face à ses fantasmagories, et le créateur est étouffé. Tel père, tel fils : l'imagination du narrateur est sans limite, préférant une réification de son père aux explications prosaïques de sa mère, mettant en mots ce que le père n'a pu créer.

Je lirai prochainement l'oeuvre suivante de cet auteur Le Sanatorium au croque-mort (1936), emprunté à la bibliothèque.

chateau-baviere

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11 mars 2012 7 11 /03 /mars /2012 00:12

Jardin.JPGEdition 10/18 - 597 pages.

 

Présentation de l'éditeur :


Playboy millionnaire, l'ignoble Vivek -Vicky- Rai est tué lors de sa propre garden party. Six convives sont suspectés: un bureaucrate possédé par l'esprit de Gandhi; l'actrice la plus glamour de Bollywood, fan de Nietzsche; un tout petit aborigène très doué pour l'effraction; un gamin des rues voleur de portables au physique de jeune premier; un monsieur catastrophe texan sous protection judiciaire; et le must du politicien corrompu, le propre père de la victime.


Mon avis :

 

Merci à Babélio et aux éditions 10/18 pour ce partenariat.


Je n’ai pas lu le premier roman de Vikas Swarup, mais j’ai lu l’an dernier plusieurs romans de littérature indienne. Je ne suis donc pas une novice, mais je ne suis pas non plus une spécialiste. J’aime cette littérature à petite dose.


J’ai l’impression (à cause du passé colonial de l’Inde ?) que la littérature anglaise a une forte influence sur la littérature indienne. Comme dans un roman policier classique, nous avons d’emblée un meurtre et six suspects clairement définis dès le départ : la suite du récit nous montrera comment ils en sont venus à avoir des mobiles pour supprimer la victime. Pas un instant ce Vicky Ray n’est regretté, il a été le point vers lequel ont convergé les six personnages principaux sans être le centre du roman : sa personnalité est si haïssable qu’elle ne mérite pas qu’on s’y attarde.


La composition du roman est extrêmement rigoureuse : présentation des six suspects, mobiles et conclusions. Cette rigueur permet au foisonnement de l’intrigue de se donner libre court. Que de rebondissements, parfois à la limite du  vraisemblable (pour l’américain) ou du fantastique (pour l’homme d’affaire). La vision de l’Inde, moderne telle que l’auteur nous dépeint est loin d’être flatteuse : corruption (à tous les niveaux), justice (à plusieurs vitesses), pauvreté et richesse extrêmes. Je n’ai garde d’oublier la condition féminine : même la plus célèbre des stars de Bollywood n’a pas la liberté d’action et la tranquillité de nos stars. Elle est seule, terriblement, et je ne vous parle même pas des filles qui ont encore besoin d’une dot (bien que ce soit illégal) pour se marier avantageusement. La société progresse, oui, mais lentement – trop lentement pour certaines d’entre elles. Vous l’aurez compris, je me suis attachée à ses personnages si divers, à l’exception peut-être de Larry Page, balourd et naïf. Ses aventures sont si nombreuses qu’elles pourraient constituer un roman entier à elles seules.


Dernier point commun avec le roman policier anglais : le dénouement, surprenant. Meurtres dans un jardin indien est un roman à lire pour les amateurs de polars bien construits, bien écrits et pour s'initier à la littérature indienne contemporaine.

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10 mars 2012 6 10 /03 /mars /2012 01:40

Ours.jpg

édition Belfond - 406 pages.

Merci à Babélio et aux éditions Belfond pour ce partenariat.


Circonstance d'écriture :

 

Toujours autant de mal à rédiger des billets qui me satisfassent. Toujours aussi insomniaque.

 

Mon résumé :

 

1980. Le mari de Letty Flemming est décédé. Suicide, dit-on. A l'ambassade de Bonn où il était en poste depuis sept ans, le mot "traitre" circule. Letty prend alors la décision de partir sur une île d'Ecosse avec ses trois enfants, Georgie, 17 ans, l'aînée modèle, Alba, 13 ans, toute de colère rentrée et Jamie, le petit dernier, hypersensible, que tous ont voulu épargner. Un peu trop peut-être.

 

Mon avis :

 

Je commencerai par une petite déception : bien que ce roman s'appelle l'été de l'ours (traduction littérale de son titre anglais), celui-ci n'est pas le personnage principal du roman. Il aura une place importante (certains chapitres sont racontés de son point de vue) avant d'acquérir une dimension symbolique à travers les yeux du petit Jamie, qui ne parvient pas à faire le deuil de son père mais il n'est pas le sujet central du livre.


Le deuil. Le mot est jeté. L'un des sujets principaux du livre est là. Letty et ses enfants ne peuvent faire le deuil de Nicholas parce que l'oppobre a été jeté sur son nom. Letty est dans un dilemme. D'un côté, elle ne parvient pas à communiquer avec ses enfants, parce que rien n'est plus difficile que de trouver les mots quand la souffrance vous submerge, de l'autre, ceux-ci sentent bien, à travers les non-dits de leur mère et de leurs amis de Bonn que quelque chose ne va pas, quelque chose qui les arrache à cette ville où ils ont vécu sept ans, où ils avaient leurs amis, leurs écoles.


1980 : nous sommes en pleine guerre froide. Si nous lisons un roman sur la seconde guerre mondiale, nous saisissons immédiatement l'arrière-plan historique mais là, combien de lecteurs ont oublié ce qu'était la guerre froide ? D'ailleurs, combien de romanciers consacrent un roman sur cette période pendant laquelle les relations Est-Ouest étaient plus que tendues ? Je pense certes à La taupe de John Le Carré, je pense aussi à Berlin 73 qui présente une vision plutôt riante de la vie à l'Est (sans commentaires). Ici, Bella Pollen montre l'envers du décor, les obligations des femmes de diplomates, et la hiérarchie qui règne entre elles, la manière dont elles doivent se comporter pour que leur mari puisse faire carrière. Elle montre aussi combien il est difficile pour un diplomate de faire son devoir parce qu'il lui a fallu avant toute chose définir en quoi il consistait. Si le mot "espion" peut subjuguer les enfants (et nous faire irrésistiblement penser à James Bond), il est surtout lourd de conséquence pour Letty qui doit non seulement surmonter la mort de son mari mais tenter de comprendre ce qui s'est passé, avec trois enfants à sa charge.

 

Et là, je reviens, presque logiquement, à ce thème du deuil que chacun vivra véritablement à sa manière. La mère, bien qu'elle agisse, est emmurée dans son chagrin, et comme elle ne communiquait plus avec son mari - pour ne pas le déranger, lui avait-on conseillé, en une réminiscence d'un manuel de la bonne épouse des années 60 - elle ne parvient plus non plus à parler avec Alba, sa seconde fille. Alba commence une crise d'adolescende cabarinée, manipulant sa soeur aînée, houspillant son frère, submergée qu'elle est par son mal-être. De nos jours, on dirait qu'elle teste les limites, et qu'une fois qu'elles sont posées, elle trouve un nouveau moyen de les franchir. Georgiana tente de concilier son rôle (ingrat) d'aînée modèle, de confidente de son père et de toute jeune fille. Quant à Jamie, ce doux rêveur, il est celui à qui on en a dit le moins, parce qu'on ne peut pas tout dire à un enfant aussi sensible (encore un préjugé toujours valable). Du coup, Jamie vit une vie quasiment parallèle à celle de sa famille, il voit ce que les autres ne voient pas, les mots et les gestes prennent d'autres sens pour lui. Il est à la fois terriblement attachant et terriblement égoïste. Terriblement résistant aussi.

L'été de l'ours est un roman psychologique (pour l'analyse des sentiments), historique (pour la guerre froid) qui tend parfois vers le conte. Dis ainsi, cela paraît peu crédible, pourtant Bella Pollen réussit à concilier les trois. J'espère maintenant que ses précédents livres seront traduits en français.

 

Challenge-anglaisAntoni : challenge God save the livre. 

challengeQuatreSaisonsChallenge des quatre saisons



 


 

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9 mars 2012 5 09 /03 /mars /2012 00:22

Brest.jpgédition Points - 156 pages

 

Mon résumé :

 

Alban est un agent de sécurité intermittent, mais surtout un fan de rock. Il devient le manager d'un groupe de rock plutôt déjanté, Dj Brest and Co. Pourquoi les cadavres commencent-ils à abonder autour de ce groupe et du Larsen, le bar qui leur sert de QG ?

 

 

Mon avis :

 

Je ne connaissais pas l'auteur, je connaissais encore moins ce livre, et le festival Rue aux livres a été l'occasion de cette belle découverte.


Last exit to Brest est un premier roman. Il est surtout un excellent roman noir, au style particulièrement inventif. Le narrateur est un anti-héros bourré d'humour, et je ne me sens pas suffisamment en veine pour rivaliser avec lui tant il est inimitable. C'est qu'il les aime, ses musicos, tous plus cabossés par la vie les uns que les autres, et tous plus attachants aussi, avec leurs complexes, leurs ratages, leurs plaies et leurs bosses. Lui-même n'est pas en reste, et s'il ne fait pas mystère de son homosexualité - la manière dont il la révèle ne manque pas d'humour - il ne l'exhibe pas pour autant. Il vit (enfin !) une histoire d'amour avec un jeune pianiste de jazz et espère s'installer avec lui quand ce dernier est brutalement assassiné.

 

Le venger ? Non, pas vraiment. Comprendre, oui, et survivre, surtout que Gilbert n'est que le premier à mourir. Alban et les membres du groupe Dj Brest and co se trouvent mêlés bien malgré eux à une affaire qui les dépasse, leurs adversaires n'ayant strictement aucun scrupule. Pourtant, même si ses crimes sont sanglants, jamais le récit ne sombre dans la complaisance. Ne vous ai-je pas déjà dit que le récit était très maîtrisé ?


A la fin de chaque chapitre, nous avons des articles de journaux qui nous mettent au courant des faits divers locaux. Un braquage qui tourne mal - pas pour les braqueurs mais pour l'agent de sécurité qui a eu la mauvaise idée de faire son travail. Un accident de voitures qui laisse deux morts et deux blessés qui quittent l'hôpital - traumatisme de l'accident. Des meurtres mêmes. Ses articles tissent peu à peu des liens avec le récit d'Alban, sans créer de lourdeur ou de redites inutiles. Tout aura sens, voire même double sens, comme le dénouement.

 

N'hésitez pas : même si vous ne connaissez pas Brest, même si vous n'aimez pas le rock, lisez ce premier roman qui tient toutes ses promesses et fait confiance à l'intelligence de son lecteur. 

 

Defi-PR-4Défi premier roman chez Anne

challenge-Des-notes-et-des-mots-2défi des mots des notes par Anne

  hermine2Challenge Tro Breizh organisé par Pascale.

 



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9 mars 2012 5 09 /03 /mars /2012 00:09

 

silence

édition Pocket - 471 pages.

 

Quatrième de couverture :

 

Le soir du 4 juillet 1953, jour de la Fête nationale américaine, Violet Sullivan mit ses plus beaux atours et partit assister au feu d'artifice. Personne ne l'a jamais revue... Trente-quatre ans plus tard, dans la petite ville de Serena Station, en Californie, la jeune femme fait toujours parler d'elle. Pour beaucoup, elle aurait décidé de disparaître avec son amant : elle était très belle, sûre d'elle et régulièrement battue par son mari. Mais pour sa fille, Daisy, cette explication n'est pas satisfaisante. Au risque de découvrir une mère qui, vivante ou morte, pourrait ne correspondre en rien à l'image qu'elle s'en est faite, elle décide d'engager la célèbre détective Kinsey Millhone pour faire le jour sur cette affaire...

 

Mon avis :

 

Je devrais apprécier ce roman, et je n'y parviens pas. Quand j'ai commencé à le lire, j'ai eu une impression désagréable de déjà lu, et pourtant ce n'était pas le cas. Cette intrigue ressemble beaucoup à celle de Q comme qurelle : même enquête sur une affaire non résolue, mêmes enquêteurs, ravis de se retrouver pour une nouvelle affaire, même plongée dans une atmosphère puritaine. Le style a beau être fluide, je n'ai pas trouvé la lecture réellement agréable.

Tout semble s'être figé depuis la disparition de Violet - sa fille unique n'a jamais surmonté ce qu'elle a vécu comme l'abandon de sa mère, son père n'a jamais refait sa vie. Les puritains sont restés tout aussi puritains - quand ils n'ont pas en plus gagné du galon. Je suis toujours frappée par le fait qu'il suffit que la super enquêtrice fasse son apparition pour qu'en moins de cinq cents pages, l'enquête trouve enfin sa résolution. Est-ce à dire qu'elle est réellement très douée ou que personne ne s'est suffisamment intéressée à la disparition de Violet, cette femme qui détonnait dans le paysage californien ? Les deux, sans doute.

Les retours en arrière, clairement signalés, nous plongent dans cette Amérique des années cinquante où il ne faisait pas bon vouloir se singulariser. Le problème n'était pas qu'elle était battue, mais qu'elle exhibait les coups qu'elle recevait, défiant ses personnes bien pensantes qui n'auraient pas levé le petit doigt pour l'aider, preuve vivante de la relation passionnelle et destructrice qu'elle entretenait avec son mari. Personne non plus ne se préoccupait de ce que devenait Daisy, leur fillette, au milieu de ce foyer désuni - et même sa jeune baby sitter, la seule qui aimait et admirait Violet, ne trouve rien à dire au fait que la jeune femme donne un somnifère à l'enfant avant de sortir. En revanche, l'enquête provoque un remous certain dans la communauté et le dénouement est relativement surprenant. Quant à l'épilogue, il laisse espérer un apaisement possible, et peut-être aussi, la possibilité de revoir certains personnages de cette enquête. Reste à savoir si j'ai envie de poursuivre cet abécédaire criminel.


 

50Ma participation pour l'état de Californie au défi 50 Etats, 50 billets de  Sofynet.

Logo-challenge-gilmore-girls-KarineChallenge Gilmore Girl

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8 mars 2012 4 08 /03 /mars /2012 14:49

Dragonne.jpgédition Rageot - 153 pages.

 

Quatrième de couverture :

 

Une nuit de pleine lune, à l'appel d'un corbeau, Mara s'aventure hors du château de Castelbrune où elle vit. Elle pénètre dans la forêt, se place au centre d'un cercle de pierres et se sent devenir autre. Dragonne !

 

Mon avis :

 

La dragonne de minuit est un roman de littérature jeunesse qui plaira, j'en suis sûre, aux jeunes lecteurs. Déjà, les personnages sont peu nombreux et sont tous judicieusement caractérisés, que ce soit Mara, la jeune héroine (elle a treize ans) ou Jehan, le jeune jongleur qui se révélera précieux à bien des égards

 

L' intrigue est bien construite, et permet aux enfants de retrouver l'univers du conte qui leur est familier. Mara subit depuis sa naissance une interdiction qu'elle et ses parents respectent scrupuleusement : elle ne doit pas quitter l'enceinte du château, car sa vie serait mise en péril par la reine, non à cause de sa beauté ou à cause d'intérêts stratégiques mais par vengeance, pure et simple. 

 

Qui dit vengeance dit aussi bénédiction, et celle-ci est curieuse : à l'âge de treize ans, les jeunes filles de la famille royale peuvent se métamophoser en dragonne à partir de minuit. Leur mentor ? Un corbeau qui parle. Pratique pour apprendre à voler, un peu moins pour apprendre à cracher du feu - Mara manquera longtemps de technique. L'annonce de cette métamorphose est plutôt bien vécu par la jeune fille, elle lui permettra d'affronter les périls - nombreux - qui jalonneront son chemin.

 

Un regret cependant : j'aurai aimé que le dénouement soit moins précipité.

 

 

Dragon2012speciale

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