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6 mars 2013 3 06 /03 /mars /2013 17:14

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édition Folio - 416 pages.

 

Merci à Livraddict et aux éditions Folio pour ce partenariat.

 

Quatrième de couverture :

 

Vera est morte assassinée. Brûlée vive. Mister, le pianiste, l’aimait, comme elle aimait sa musique. Il veut comprendre : qui l’a tuée ? Pourquoi ? Avec son ami Bob, chauffeur de taxi philosophe et polyglotte, il cherche, tâtonne, interroge et remonte peu à peu le fil de la jeune vie de Vera, jusqu’aux rives lointaines du Danube, jusqu’aux charniers des Balkans... Rythmée par les grands standards du jazz, l’enquête des deux hommes fera ressurgir les notes cachées de ces crimes dont personne ne veut parler. Plus qu’un roman, c’est une ballade qui se joue ici. Un long blues nostalgique et envoûtant en même temps qu’un poignant chant d’amour et de rage.

 

Préambule :

 

J'ai beaucoup de mal à rédiger cet avis, de par la nature du livre, mais aussi parce qu'entre le moment où j'ai terminé sa lecture et la rédaction de mon avis, j'ai appris une très mauvaise nouvelle d'ordre familial. Bref, je m'acharne sur cette chronique depuis le 27 février, et si je n'aime pas rester sur un constat d'échec en matière d'écriture, je crains que cela ne le devienne.

regions.jpgChallenge vivent nos régions par Lystig 

 

 

 

 

 

 

Mon avis :

 

Roman policier ? Non, pas vraiment. Les deux personnages principaux ne sont pas des policiers, ce ne sont même pas des enquêteurs. Ce sont surtout des personnes révoltées - mister, surtout. Mister est un pianiste de jazz, qui ne se satisfait pas des résultats de l'enquête officielle. Les coupables ont été trouvés, ils ont avoué, à la bonne heure, la justice est satisfaite - brossant au passage un portrait pas très grandiose de Véra.


Mister quitte donc la cave où il officie tous les soirs pour se lancer à la recherche du véritable mobile de la mort de Véra, et des véritables coupables. Il a comme second/chauffeur/alter ego/fan de jazz Bob, un chauffeur de taxi philosophe - ce qui ne veut pas dire qu'il est barbant, ou pontifiant, ou quoi que ce soit d'autres. Il a une immense culture, et une très grande humanité. Un grande sérénité aussi - et il en faut pour modérer les élans de Mister. J'ai failli dire "les imprudences" - ce terme signifie déjà qu'ils ont trouvé quelque chose que personne ne souhaite mis à jour. Pourtant, les deux hommes semblent évoluer dans des milieux feutrés - cours de théâtre aux textes contemporains, galerie d'art, atelier d'artiste - tout en croisant des laissés-pour-compte bourrés d'énergie, un aïeul aveugle guidé par son petit-fils aimant, le tout rythmé par des standards de jazz ou des classiques du rock.


Ce qu'ils mettent au jour ? Les horreurs de la guerre en ex-Yougoslavie, dans un camp ou dans un autre. Lire ses pages fut pour moi une épreuve car elles racontent des faits trop souvent passés sous silence, les descriptions sont crues et dérangeantes. Les yeux de la communauté internationale furent trop souvent fermés à cette époque.


Puis vient le dernier quart du roman. Il est celui des révélations, pas toujours agréables pour Mister, et en même tant, il se déroule en huis-clos, de manière statique, si bien qu'il casse le rythme de l'intrigue. Le mystère est résolu, certes, mais la fin reste ouverte, et pas nécessairement rempli d'espoir. 

 

Les Harmoniques furent un roman intéressant à lire, pour découvrir le jazz et deux héros attachants. Reste que j'aurai aimé rédiger cet avis en de meilleurs circonstances.

 

 

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16 décembre 2012 7 16 /12 /décembre /2012 10:47

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Un grand merci à Livraddict et aux éditions XO pour ce partenariat

 

Quatrième de couverture :

 

Un coup de fil surgi du passé, un e-mail énigmatique, qui signe peut-être le retour du plus retors des serial-killers, précipitent le commandant Martin Servaz dans une enquête dangereuse, la plus personnelle de sa vie.
Un professeur de civilisation antique assassiné, un éleveur de chiens dévoré par ses animaux... Pourquoi la mort s acharne-t-elle sur Marsac, petite ville universitaire du Sud-Ouest, et son cercle d étudiants réunissant l élite de la région ?
Confronté à un univers terrifiant de perversité, Servaz va rouvrir d anciennes et terribles blessures et faire l apprentissage de la peur, pour lui-même comme pour les siens.

 

 

 

 

 

 

Mon avis :

 

Il est difficile à rédiger, non parce que je n'ai pas aimé ce livre, mais parce qu'il est difficile de ne pas glisser des spoilers dans celui-ci. Il y en aura cependant quelques-uns, mais sur Glacé, la première enquête de Martin Servaz.


Il est toujours agréable de retrouver un enquêteur que l'on a apprécié. Il est agréable aussi de le retrouver non tout de suite après une très grande affaire criminelle, mais presque deux ans plus tard. En effet, contrairement à ce que l'on peut lire dans certains romans ou voir dans certaines séries télévisées, les tueurs en série ne courent pas les rues, du moins, pas les rues de Marsac, petit ville universitaire qui vise à l'excellence.


Martin Servaz est un policier qui n'est pas sans rappeler les stéréotypes du genre. Sa vie privée n'est pas des plus réussie - il est divorcé, comme maints policiers avant lui, et sa vie sentimentale tient du désert affectif le plus complet. Il a une fille unique, comme beaucoup de ses homologues (voir Kurt Wallander ou Malin Fors - même Jules Maigret fut le père d'une petite fille) qui est intelligente, suffisamment pour saisir la nuance entre prendre des risques et se mettre en grand dager mais aussi légèrement excentrique. Sa capacité de raisonnement la met cependant à l'abri de la provocation gratuite, dans tous les sens du terme.


Quant à l'équipe qui entoure Martin Servoz, deux des membres sont entièrement dévoués à leur chef, sans doute parce qu'ils sortent des clichés établis, entre Vincent, trop élégant pour n'être qu'un époux et un père exemplaire, et Samira, dont la laideur n'a d'égale que sa pugnacité. Il ne manque plus qu'Ingrid, personnage qui ne fait à proprement pas partie de l'équipe - elle est rattachée à la brigade de gendarmerie d'Auch. Cependant, son attachement à Martin, qui prit de grands risques pour elle, la pousse à intervenir dans l'enquête, de manière "cachée" et efficace.

 

Martin Servaz connaît bien Marsac, pour y avoir fait ses études avant de devenir policier. Sa fille y est elle-même en prépas, elle connaît même le principal suspect, Hugo, qui se trouve le fils du premier amour de son père. Le monde est petit. Hélàs oui.

 

Ce n'est pas pour cette raison que Martin doit enquêter sur le meurtre atroce de cette jeune et séduisante professeur de lettres. Il semblerait que le tueur en série qui s'est évadé deux ans plus tôt ne serait pas étranger à cette affaire. Les indices sont infimes, ils sont pourtant là et bien là. Un disque de Mahler, un étrange e-mail, des initiales gravées....Martin se demande sincèrement pourquoi ce tueur apparaît à nouveau, pourquoi il serait mêlé à cette affaire. Il se demande surtout comment protéger sa fille, qu'il ne tient surtout pas à voir dans la longue liste des victimes du tueur. Quant à ses enquêteurs, ils se demandent surtout si Martin n'est pas devenu paranoïaque, jouet trop facile d'un tueur manipulateur. Reste à découvrir l'identité de ce tueur, s'il n'est celui que Martin redoute...

 

Pour enquêter, le commandant Servoz se replonge dans ce passé cauchemardesque, mais aussi dans sa jeunesse, moment où il était heureux, moment en tout cas où les souvenirs qui lui restent sont heureux. Je ne vous en dirai pas plus sur ce qu'il va découvrir, ni sur les mobiles du tueur, ni sur son propre questionnement. Je ne vous dirai rien non plus de certains chapitres qui servent "d'interlude" mais qui laissent présager un troisième tome, dans lequel nous retrouverons les protagonistes de cette seconde enquête de Martin Servaz. Je vous dirai simplement que j'ai aimé ce livre, en dépit de toute la désespérance éprouvée par certains personnages, par leur volonté de toute entreprendre, même le pire, pour parvenir à leur fin. Je parlerai aussi du sort de certains animaux, qui auraient mérité mieux, et à ceux qui me diraient : "ce ne sont que des animaux", je leur dirai que martyriser ou se servir d'êtres qui dépendent entièrement de l'homme est tout sauf un signe de courage.

 

Le cercle, qui donne son titre au roman, est aussi le symbole de l'enfermement dans lequel se trouvent certains personnages, et leur impossibilité, quoi qu'ils fassent, d'éprouver un quelconque soulagement. La mort hante chacun des protagonistes, même Martin, et pas seulement à cause de son métier. Constat de l'échec de chacun, Le cercle montre que les blessures d'enfance ne se surmontent pas - ou presque pas. Et à l'aune de ce qui se passe dans ce roman, je me dis que Martin ne s'en est pas si mal sorti.

 

 

77158541_o.jpgChallenge Thriller et Polar chez Liliba

 

 

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1 novembre 2012 4 01 /11 /novembre /2012 08:03

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éditions 10/18 - 390 pages.

 

 

 

Quatrième de couverture : 

 

En ce mois de Janvier 1774, Nicolas Le Floch, le célébre Commissaire au Châtelet, est d'humeur sombre. Sa maîtresse, la belle et capricieuse Julie de Lastérieux, est retrouvée empoisonnée et tous les indices le désignent comme coupable.
Qui cherche à compromettre le protégé du Roi et du Lieutenant Général Sartine?
Pour prouver son innocence et démêler les écheveaux de cette affaire qui met directement en péril la sureté de l'Etat, Nicolas doit se cacher.
Au service du Secret du Roi, il découvrira les cruelles subtilités des complots de Cour. Avec l'aide du fidèle Inspecteur Bourdeau, tandis qu'entre Londres, Versailles et Paris les factions rivales s'affrontent, il devra déjouer bien des pièges.
Après "Le Fantôme de la Rue Royale", c'est avec le même plaisir que nous retrouvons l'intrépide et talentueux Nicolas Le Floch dans une aventure sur fond de fin de règne, alors que la colère du peuple commence à gronder.

 

 

mod_article4704216_11.jpg  Challenge polar historique organisé par Samlor

 

Circonstance de lecture :

 

Je me suis inscrite à une lecture commune des enquêtes de Nicolas Le Floch, organisée par mademoiselle Globe Lectrice. C'est un vrai plaisir de retrouver le commissaire au Châtelet. J'ai rédigé cet article avant le changement de blog, et j'ai décidé de le laisser.

 

Mon avis :

 

Que dire ? J'adore !


Il est des moments dans lesquels je n'ai absolument pas envie d'être objective ou de disséquer quoi que ce soit. J'ai été emportée par la lecture de ce livre, j'ai passé un excellent moment en sa compagnie, est-ce vraiment nécessaire de chercher la petite bête ?

Non.


J'ai aimé la rigueur de la construction, j'ai aimé aussi que les personnages soient égaux à eux-mêmes. Si Nicolas peut se sortir du complot formenté contre lui, c'est grâce à l'amitié de Bourdeaux et de Sartine, non grâce à une justice qui instruisait uniquement à charge.


Tout est inquiétant en cette fin de règne, dont la reconstitution est si bien faite qu'à aucun moment je n'ai eu l'impression de lire un pensum, vous savez, ces écrits dans lesquels les auteurs se croient obligés d'écrire de longues et ennuyeuses digressions histoire (!) de bien nous montrer qu'ils maîtrisent leur sujet.

 

Nicolas, lui, n'a guère le temps de s'apesantir sur l'horreur de l'assassinat de sa maîtresse, ni sur l'horreur de sa traîtrise qu'il doit remplir une mission qui le mènera en Angleterre, au service de sa Majesté, et surtout, aux intérêts de la favorite, pendant que ses proches continuent de mener l'enquête et que le danger se fait plus pressent.

 

Plus que tout autre volume de la collection, l'affaire Nicolas Le Floch (et non l'affaire du marquis de Ranreuil), implique d'avoir lu les enquêtes précédentes, surtout L'énigme des Blancs-Manteaux, ouvrage initial, qui prend le temps de présenter les personnages et surtout, de créer des liens entre eux, toujours plus forts au fil des enquêtes. Ce qui arrive à Nicolas dans ce tome, est la conséquence, longtemps retardée, de cette toute première affaire, que ce soit en positif, ou en négatif.

 

Je noterai enfin la présence d'un tout nouveau personnage, que nous retrouverons dans les tomes suivants. Je veux parler bien entendu de Mouchette, charmante complice du commissaire au Châtelet au cours d'une de ses filatures.


Paris

Challenge Paris je t'aime

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19 août 2012 7 19 /08 /août /2012 08:58

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Mon résumé :

 

Nous sommes dans la région de Lyon, en plein hiver.  Cédric Bergelet a beau être un fils à papa, doté d'une superbe voiture, il n'en conduit pas moins prudemment sur cette route gelée : il a toute la vie devant lui, il ne va pas la raccourcir bêtement ! C'est sans compter cette voiture qui le suit et le fait sortir de la route. Cédric est violemment agressé, mais il est vivant. Pourquoi son agresseur s'est-il arrêté de le frapper ? Soeur Blandine, ex-commissaire de police, se retrouver mêler à l'enquête.

 

Mon avis :

 

Grand roman policier  ? Petit roman policier ? Peu m'importe ! J'ai passé un très bon moment en compagnie de soeur Blandine, de son ami journaliste Gontran Cheuillade, du dirigeant humaniste de la SOMAREC, qui essaie à lui tout seul de réparer les infamies que son prédécesseur, qui n'est autre que son père, a commises. Bien entendu, Réginald Bergelet peut paraître immédiatement suspect, à cause de sa propension à venir en aide à tous et toutes et de sa rectitude morale, inusitée dans son milieu. Et pourtant, il est fortement reposant de pouvoir compter sur un personnage qui est vraiment ce qu'il paraît être et respectera scrupuleusement les décisions qu'il a prises, dans un récit rempli de retournements de situations.


L'agression de Cédric n'est que le prélude à un chantage, mis en place par son mystérieux agresseur. Le but ? Faire payer (dans tous les sens du terme) la compagnie pour la pollution d'un site au Chili. A la suite d'une situation politique particulièrement favorable (pour eux) et de magouilles économiques, elle n'a jamais été inquiétée, et ce qui est tout aussi inquiétant est que, n'était la direction rigoureuse de Reginald, ses collaborateurs seraient tout à fait prêts à recommencer. Il n'en est pas vraiment un pour sauver l'autre, tant ils ne regardent que la possibilité d'une promotion et de l'achat d'une nouvelle voiture. Tirez-vous dans les jambes les uns les autres, et les profits seront bien gardés.


Les militants écolos ne sont pas plus sympathiques, et si je suis moi-même anti-cléricale (je me suis retenue de faire un billet d'humeur après la prière universelle du 15 août), je ne me vois pas agresser gratuitement une religieuse. Fort heureusement, il y a de l'Imogène Mc Carthery dans soeur Blandine, bien plus que de la résignation chrétienne qui lui ferait tendre la joue gauche quand on lui soufflète la joue droite. Loin d'être contemplative, elle est au coeur de l'action : la misère humaine, elle la voit de très près tous les jours que Dieu fait. Les difficultés économiques aussi : quel bonheur de rouler à 39 km/h parce que la voiture ne peut rouler plus vite à moins de cracher son moteur ou de prendre une douche froide parce qu'il est fortement impossible de le remplacer.

 

Personnages attachants, écriture inventive et drôle en dépit de la froideur de l'hiver et de la dureté de la situation, La Saône assassinée m'a permis de passer un très bon moment de lecture, et c'est déjà beaucoup.

 

 

regions.jpgChallenge vivent nos régions par Lystig 

  Challenge Thriller et Polar chez Liliba77158541 o

 

 


 


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7 août 2012 2 07 /08 /août /2012 19:17

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édition Fayard - 296 pages.

 

Quatrième de couverture (extraits) :

 

Un petit matin de janvier, au lieu-dit de L’Ermitage, Marianne Gil est réveillée par une pluie de coups frappés à sa porte. Son ami Joe, affolé, a découvert le corps sans vie d’une jeune fille derrière les granges, au fond de la propriété. Ils préviennent les autorités.
Le capitaine Francis Humbert, de la brigade de recherches de Chaumont, prend la tête des opérations. Les premières constatations révèlent que la victime a été étranglée, mais rien ne permet d’établir son identité. Qui est-elle ? Et que faisait-elle seule, dans les bois, en plein hiver ?

 

Mon premier avis dans le cadre du prix Confidentielles

 

Mon avis :

 

La femme seule, qui donne son nom au titre, est Marianne Gil. Elle a connu la gloire, en étant la compagne de Marc Eden, un célèbre chanteur. Elle est toujours célèbre, sous un autre nom : Marianne Nelson. Si la célébrité est toujours là, elle vit cependant recluse à l'Ermitage, avec ses trois chevaux, se consacrant à l'écriture. La personne qu'elle voit le plus est sans doute Joe, le vétérinaire, chargé de prendre soin de ses animaux en son absence : c'est lui qui a pouliné Joyce, la jument sauvée de l'abattoir par Marianne. Aussi, la présence de cette jeune morte inconnue sur ce qu'elle considère comme son refuge va mettre à mal sa tranquillité - qui n'était que superficielle.

Marie Vindy nous plonge dans les méandres de la haute bourgeoisie, dans laquelle rien de doit sortir du cadre. Étouffante, cette atmosphère ? Non, pas du tout : la preuve en est que Marianne a cessé toute relation avec ses parents, qui sont bien à l'abri à Paris - et eux n'ont pas essayé de renouer les liens avec leur fille. La bourgeoisie de province ne vaut guère mieux, à l'image des parents de la jeune victime, contre lesquels je déverserais bien quelques piques, mais j'en dévoilerai alors trop sur l'intrigue.

Pour mener l'enquête, nous avons le capitaine Francis Humbert, et bien qu'il soit extérieur au milieu de Marianne, lui aussi étouffe dans son logement de fonction trop strict (et peut-être aussi dans son uniforme). Ceci ne va pas l'empêcher de mener l'enquête avec beaucoup de rigueur et beaucoup de précautions également. Les différentes procédures de l'enquête nous sont d'ailleurs expliquées avec soin, sans que jamais elles ne viennent alourdir le récit. C'est peu de dire que la position de l'enquêteur va s'avérer très vite délicate : il tombe amoureux de Marianne, et quoi qu'il pense, les circonstances et le déroulement de l'enquête la mette au premier rang des suspects. C'est sans doute

l'une des seules choses que je reprocherai à ce roman : mêler une romance somme toute conventionnelle à cette intrigue solidement construite. De même, j'aurai aimé que les autres enquêteurs soient davantage développé. Bien qu'ils ne chôment pas et qu'Humbert leur confie des tâches délicates ou ingrates, ils sont relégués au second plan de l'intrigue, tel Ladro, que j'aurai bien vu en véritable second d'Humbert.

Roman des secrets de famille, Une femme seule est aussi un roman sur l'apparence du regard. Voir et ne pas être vu sont deux points essentiels de l'intrigue. Marianne Gil ne veut plus être vue, alors que Marc Eden ne demande qu'à être exposé le plus possible. Certains ont détourné le regard devant certaines pratiques, d'autres ont ouvert tout grand leurs yeux pour ne pas perdre une miette du spectacle. A ce jeu, il n'y a pas de gagnant.

Je sais que c'est sans doute beaucoup demander, mais j'aimerai bien retrouver ses enquêteurs dans un second roman.


 

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  Challenge Thriller et Polar chez Liliba77158541 o

 

 


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18 juillet 2012 3 18 /07 /juillet /2012 03:11

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éditions Points - 308 pages.

 

Présentation de l'éditeur :

 

Au dernier étage d'un palace, Alice Bonin se prépare avant son spectacle, en compagnie d'une bouteille de champagne. Par la fenêtre ouverte, il lui semble voir flotter dans les airs la chanteuse dont elle incarne le sosie. Intriguée, elle s'approche... L'enquête conclut au suicide. Amies de la famille, Ingrid Diesel et l'ex-commissaire Lola Jost découvrent peu à peu les preuves d'une manipulation...

 

Circonstance de lecture :

 

Acheté hier après avoir lu l'avis d'Anne : des mots et des notes, lu hier : l'insomnie fait que j'écris le billet cette nuit.

 

77158541_o.jpgChallenge Thriller et Polar chez Liliba

 

Mon avis :

 

Ce livre a-t-il vraiment été écrit par une auteur française ? Oui ? Alors il faut vraiment que vous notiez cette série, avec ses deux enquêtrices hors normes car vraiment, elle mérite d'être mieux connue. Note : les meilleurs auteurs de romans policiers français ne sont pas forcément les plus renommés, malheureusement. Il faut dire aussi que la langue française est parfois maltraitée par Ingrid, d'origine américaine - pour mon plus grand bonheur il est vrai. Ses à-peu-près mettent en valeur la richesse mais aussi les curiosités de notre langue (pourquoi tant de fruits et légumes ?)

Ingrid/Lola, Lola/Ingrid : deux femmes hors normes. Ingrid est strip-teaseuse la nuit, masseuse le jour, et sa clientèle n'a qu'à se louer de ses services. Lola, ex-commissaire remplacée par un Nain de jardin qui ne l'apprécie guère, se languit de son fils, muté à Tokyo alors qu'il devait enfin rentrer en France. Elle trompe son attente avec un puzzle du Japon de sept mille pièces - un truc à faire fuir Ingrid, quand elle découvre les piles de pièces classées par couleur.

L'action se déroule à Paris, pas un Paris de carte postale, un Paris où l'on vit, et où l'on peut vivre aussi en étant ignoré de tous - témoin un des personnages principaux qui se fond tellement dans le décor que personne ne se demande comment il est arrivé là. Un Paris, surtout, où la solidarité est encore possible, en réaction contre cette volonté de s'exhiber aux yeux du monde, comme le fait si bien la famille Parisy - il semble que le sieur Richard Parisy, boulanger de son état, n'a pas encore saisi toutes les possibilités que l'Internet offrait au développement de son commerce.

Solidarité, oui, car c'est uniquement par amitié que Lola et Ingrid vont aider Maurice à faire toute la lumière sur la mort de sa fille. Elles n'ont ni contrat, ni enjeu financier. Très vite, elles se rendent compte que leur enquête les a menés sur un terrain très dangereux, physiquement, moralement. Leur sens de l'amitié les amène d'ailleurs à ménager du mieux qu'elles le peuvent leurs amis - cette délicatesse, même au plus fort du danger, explique aussi les liens solides qu'elles ont nouées.

Habilement construite, l'intrigue nous montre qu'il faut se méfier des apparences, surtout à l'heure où seule l'apparence compte. Fausse Britney Spears, fausse Madonna, mais vrai désir de reconnaissance. Reste à savoir quel prix les protagonistes sont près à payer - ou pas - pour sortir de la mêlée.

Je n'ai qu'un regrêt : ne pas avoir découvert ces héroïnes plus tôt.

 

camille-pissarro-the-louvre-and-the-seine-from-the-pont Challenge Paris je t'aime


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11 juillet 2012 3 11 /07 /juillet /2012 15:58

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édition 10/18 - 310 pages

 

Quatrième de couverture :

 

Tandis que la ville de Rostov célèbre les noces du prince Vladimir et de la princesse anglaise Guita, un crime est commis, doublé d'un vol odieux : la parure byzantine de Théophano, le plus prestigieux des cadeaux offerts au couple princier, a disparu. Artem a trois jours pour lire derrière les sourires faussement diplomatiques les véritables ambitions des convives.

 

Mon avis :

 

Le boyard Artem est l'enquêteur de cette série de polar historique (celui-ci est le second volume) et il pourra surprendre car il n'est pas conventionnel. En effet, il ne montre aucune empathie envers les personnes qu'il interroge, il ne se met jamais "à leur place" ou ne leur trouve des circonstances atténuantes. Au fond, il revient à la véritable base du métier d'enquêteur : trouver les coupables. 


Ce n'est pas facile, car tous ont quelque chose à cacher, sauf le prince Vladimir et sa fiancée Guita, sincèrement épris l'un de l'autre. Bien sûr, ces faits peuvent être sans aucun rapport avec le meurtre et le vol mais ce mutisme ne fait que retarder la résolution de l'enquête - et Artem n'a que trois jours pour trouver le ou les coupables. Si vous ajoutez à cela un complot contre Vladimir, aux portes de la ville (on n'est jamais si bien servi que par sa propre famille) et des histoires d'amour compliquées dont le boyard se passerait bien, vous comprendrez que notre boyard n'est pas à la noce. Il peut cependant compter sur ses fidèles Varlets, et eux de même : Artem a une confiance absolue dans les siens, et les soutient quoi qu'il arrive.

 

La parure byzantine nous offre un bon voyage dans la Russie du début du premier millénaire, de l'ambiance feutré de ses palais aux bruissements de la ville. Cette première  rencontre avec l'oeuvre et les héros d'Elena Arsénéva est plutôt réussie. A bientôt.

 

mod_article4704216_11.jpg  Challenge polar historique organisé par Samlor

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23 juin 2012 6 23 /06 /juin /2012 19:32

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Mon résumé :

 

Une vieille femme se présente au commissariat. Mary Lester est chargée de la recevoir. La vieille dame en est sûre : Bouboule est mort. Bouboule, c'est son fils unique, qui ne lui a pas donné signe de vie depuis plusieurs jours. Mary Lester enquête.

 

Note : j'ai choisi d'écrire mon propre résumé car la quatrième de couverture est trompeuse. La plaignante convainc Mary de l'aider très facilement. J'ai volontairement omis la couverture.

 

Mon avis :

 

Mary Lester est une fée. Si, si, je vous assure. Une vraie fée, il ne lui manque que la baguette magique. Là où elle passe, tous les problèmes disparaissent. Les caïds sont immédiatement arrêtés, les enquêtes dont on ne soupçonnait même pas l'existence sont résolues, les indices deviennent des preuves, les preuves mènent à l'assassin, et l'assassin avoue tout. 


Surdose d'enquêtes de Mary Lester ? Non, je n'en avais pas lues depuis quelques mois. Plutôt lucidité devant cette enquête faiblarde, basée avant tout sur l'incroyable talent de l'enquêtrice, si sûre d'elle-même, si condescendante avec les autres enquêteurs (policiers et gendarmes). L'ensemble est fade, à la limite du supportable après la lecture de Les orpailleurs et manque cruellement d'émotion, mis à part l'indifférence.

 

Passe la pique sur les séries télévisées, si peu réalistes. Néanmoins, il est exaspérant de voir que les jeunes sont forcément des casseurs/chômeurs/trafiquants en tout genre profitant des aides sociales. Les jeunes femmes sont des paumées en puissance, battues ou pire encore. Quant aux personnages âgées...La mère de Victor dit Bouboule n'apparaît guère dans le récit, et ne m'a paru pas si émue que cela de la disparition de son fils unique. Il ne faut pas confondre pudeur et indifférence.

 

Mon billet vous semble dur ? Je voulais lire ce roman parce que je voulais me distraire. Je l'ai refermé, exaspérée.

 

 Challenge-Douce-France-bis-copie

Challenge douce France par Evy

Challenge autour de ma Bretagne par Malou


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18 juin 2012 1 18 /06 /juin /2012 10:22

challenge Paris(1)Moloch de Thierry Jonquet

Edition Folio - 428 pages.

 

Circonstance d'écriture :

 

Ce billet a presque trois ans. Il a été posté sur le forum Partage-Lecture, à la suite d'une lecture commune. J'ai lu ce livre avec Francine et Laetitia, deux autres membres du forum. Je garde un très bon souvenir de ces moments partagés.

 

Quatrième de couverture :

Une maisonnette d’apparence banale, dressée au fond d’un terrain vague. Et toute une équipe de police hébétée, certains pleurant, d’autres hagards, la gorge nouée par le dégoût, la colère ou la honte, tous à songer à ce qu’ils avaient fait une demi-heure plus tôt avant qu’on ne les appelle, avant de traverser cette ruelle labourée par les pelleteuses, avant de s’approcher de ce pavillon et d’en franchir la porte. Avant. Car rien ne serait plus jamais pareil.

 

Mon avis (octobre 2009) :

J’ai eu du mal à entrer dans le livre, trop dur, auscultant de très près toutes les misères sociales, qui touchent tous les niveaux de la société sans exception. Deux enquêtes, aussi prenantes et poignantes l’une que l’autre sont racontées avec une précision toute clinique, parfois extrêmement dérangeante. Rien ne nous est épargné de la bassesse humain : meurtres d’enfants, pédophilie, torture, automutilation, prostitution enfantine, inceste, suicide, crimes de guerre. Rien ne nous est épargné de la misère humaine. La solitude des personnages, que rien ne peut combler, est frappante. Seuls Choukroun, entouré par une famille traditionaliste et aimante, et Dimeglio, dépassé par la crise d’adolescence de ses enfants, font exception à la règle.
Cette noirceur ne doit pas me faire oublier les qualités de ce roman, en premier lieu, l’écriture, qui est soignée et précise. J’ai aussi beaucoup aimé la personnalité de l’enquêteur, Rovère, qui fait face, mène son enquête avec pugnacité en dépit d’une vie de famille partie en lambeaux.
La lecture de ce roman fut néanmoins tellement éprouvante que je n’ai pas eu envie de lire un autre roman de Thierry Jonquet.

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17 juin 2012 7 17 /06 /juin /2012 08:58

orpailleurs.jpgédition Folio - 400 pages.

 

Mon résumé :

 

Un corps est trouvé au quatrième étage d'un immeuble. L'appartement était désert depuis longtemps, le propriétaire en avait même chassé les squatteurs.  Meurtre ? Surdose de drogue ? Le fait qu'elle ait eu la main tranchée résout ce premier problème. L'inspecteur divisionnaire Rovère, flanqué de Dimeglio et Choukroun, est chargé de l'enquête.

 

Circonstance de lecture :

 

Acheté hier, lu hier soir, avis ce matin. Il faut dire que ce genre de livre empêche de dormir.

 

Mon avis :

 

Excellent !!!!!

Thierry Jonquet est un auteur génial, et son décès n'y change rien : son oeuvre doit absolument être connue.

Je lis parfois : attention, âme sensible ! La mienne ne doit pas l'être, je n'ai pas trouvé que  la découverte du cadavre ou les détails qui sont donnés ensuite étaient insurmontables. Même les autopsies restent sobres, sans complaisance et Pluvinage est un légiste haut en couleur. Ce qui était particulièrement poignant était les origines de ce crime, et le dénouement, bouleversant.

Bien sûr, les personnages ont donné naissance à la série Boulevard du palais, mais ils n'ont pas dans la série la complexité que Thierry Jonquet leur a donné initialement, dans ce tome ou dans Moloch, un des tout premiers livres que j'ai chroniqué sur le forum Partage-Lecture. Rovère est loin de ces policiers-qui-cachent-une-blessure-secrète. La plaie béante à son côté, tous la connaissent, certains tolèrent donc beaucoup à cause d'elle, parce qu'il est un enquêteur hors pair, parce que son insolence n'est pas gratuite mais va contre un chef prompt à joindre les sentiers battus, parce que chaque flic a droit à une vie privée, même si elle est privée de tout. Diméglio, Dansel, et même le petit Choukroun, un bleu, tous suivent ses ordres aveuglément. 

Les rapports avec le Palais sont plutôt froid, jusqu'à ce qu'une nouvelle juge soit chargée de l'affaire. Elle s'appelle Nadia Lintz, vient tout juste d'être mutée à Paris après avoir été juge pour enfant à Tours pendant plusieurs années. Elle a choisi cette affectation pour tirer un trait sur son passé - tout son passé - et cette décision marque son courage et sa tenacité. Ses deux qualités lui permettent de tenir face aux pressions qui pèseront sur elle tout au long de l'enquête, et des autres affaires. En effet, la vie d'un juge n'est pas limité à un seul dossier, ce serait trop beau. Les meurtres se suivent, le sordide semble ne pas avoir de limite, l'inespoir non plus. Nous ne sommes plus dans les enquêtes d'Agatha Christie, où la société est foncièrement bonne, et le meurtrier foncièrement mauvais. Nous sommes dans une société où rien ne va (plus), où la famille n'est pas en mesure de protéger les siens. Les orpailleurs sont aussi une histoire d'enfants perdus.

Les enfants grandissent, et deviennent des vieillards qui n'ont pas fondé de famille à leur tour. Ici, un frère et une soeur s'accrochent l'un à l'autre, se détestent, se querellent, et ne peuvent à l'heure de la retraite et de la maladie, vivre l'un sans l'autre. Là, un médecin sexagénaire tarde à prendre sa retraite, parce qu'il aime se dévouer aux autres, dans ce quartier à deux doigts de la démolition. Puis, il y a Izy. Le moindre commentaire sur lui me paraît réducteur. Il a traversé tant d'événements que la sobriété est de rigueur pour parler de ce sexagénaire charismatique. Son parcours même à travers ce roman est exemplaire, et donne véritablement son sens au mot amitié, même s'il doit refaire un chemin qu'il s'était juré de ne plus jamais parcourir, même s'il ne pensait pas revenir là. Arbeit macht frei.

Les orpailleurs est un de mes coups de coeur du mois de juin.


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Challenge douce France par Evy

challenge-c3b4-vieillesse-ennemie2.jpgChalennge ô vieillesse ennemie par Métaphore.

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