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26 décembre 2011 1 26 /12 /décembre /2011 17:40

chats 025J'éprouve quelques difficultés à lire en ce moment, et même si cela ne se ressent pas trop sur mon blog (j'essaie de lire des livres très courts), j'ai décidé de revenir à mes premières amours, le cinéma. Surtout, j'avais très envie de vous faire partager le film que j'ai vu aujourd'hui, et qui m'a fait beaucoup, mais alors beaucoup rire.

 

Ce film, que j'ai vu en VO sous-titré, s'appelle l'Irlandais. Il est réalisé par John Michael Mc Donagh, dont il est le premier film. Si ce nom ne vous est pas inconnu, c'est normal : son frère Martin est le réalisateur de Bons baisers de Bruges, un film dont (déjà) Brendan Gleeson est la vedette. Les deux frères partagent le même talent et le même humour noir.

 

Le héros de ce film, si j'ose dire, c'est Gerry Boile, sergent de la guarda. Il possède un sens de l'humour très particulier. De qui le tient-il ? De sa mère, à n'en pas douter (formidable Fionnula Flannagan). Il suffit d'écouter les réparties de celle-ci à la sortie du confessionnal. Gerry a également une forte tendance à utiliser un vocabulaire fleuri.

 

Bienvenu dans le connemara, plus précisément dans une petite ville côtière. L'arrivée est assez abrupte pour Aidan Mc Bride confronté dès son premier jour de service à un meurtre particulièrement original et aux méthodes de travail très personnelles de son chef - vraiment très personnelles. Les gags, les absurdités abondent et pourtant, l'intrigue est construite avec rigueur, osant détourner nos habitudes de consommateurs de films et de series policières.

 

Irlandais.jpg Le racisme, dit Gerry, fait partie de la culture irlandaise - autant vous dire que l'arrivée du spécialiste noir du FBI (Don Cheadle) pour enquêter sur un trafic de drogue ne passe pas inaperçue. Enquêter pour lui ne sera pas facile - et en plus, il pleut. Personne ne semble parler anglais en Irlande. Même le cheval qu'il interroge en désespoir de cause hennit en gaélique. Je ne vous parlerai pas non plus de la corruption qui règne dans la police, ni de la collusion possible avec l'IRA - cela ne nous regarde pas, pas plus que l'utilisation avérée de péripatéticiennes par le sergent Doyle.

 

Quant aux trafiquants eux-mêmes, ils sont réjouissants bien qu'ils ne soient pas irlandais. Mention spéciale à Mark Strong, en trafiquant veillant à la pureté de la langue anglaise, qui, après Green Lantern, Sherlock Holmes, Robin des Bois ou Kick-Ass, est en passe de devenir le meilleur méchant de ses dernières années. Après tout, les aspirations de ses pros de la drogue ne sont guère différentes de celles de Doyle. Seules les méthodes (la torture comme acte compulsif) et les moyens (financiers) diffèrent.

 

J'ai adoré ce film, dont le final nous rejoue Fort Alamo. J'ai lu après coup que c'était une volonté de John Michael Donag. Le résultat est particulièrement réussi. 

 

L'irlandais est un film à voir, donc, sans hésitation et les frères Mc Donagh sont des réalisateurs à suivre.Challenge-irlandais

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26 décembre 2011 1 26 /12 /décembre /2011 00:18

Rien.gifLes éditions du Sonneur- 46 pages.

 

Quatrième de couverture :

 

En quête du rien est le portrait primesauter, drôle et absurde d'un homme condamné à l'inactivité et au calme dans une société qui en est dépourvue. Ou comment la tranquilité peut finir par rendre fou.

 

Mon avis :

 

Cette nouvelle est  assez réjouissante, et très éloignée des grands romans de Wilkie Collins. Son narrateur et personnage principal, qui se nomme William lui aussi, est contraint au repos forcé. Il doit éviter toutes les émotions, et rien que cette partie de l'ordonnance promet bien du plaisir.

 

Heureusement, il est un point positif dans sa vie, un point fixe : il est toujours d'accord avec sa femme. Ce point à lui seul est la garantie d'une vie sereine. Les voici donc partis en voyage, ô non, pas très loin (il lui faut se ménager) mais dans un paisible village de l'Angleterre. Là, deux sujets de drôlerie surgissent :

- sa volonté de suivre à la lettre l'ordonnance du médecin, quitte à tenter de faire coïncider chaque fait avec chaque prescription.

- la découverte que l'écart est grand entre la campagne rêvée, sublimée par les poètes et autres romanciers, et la campagne réelle. Un peu plus et notre narratteur pouvait rédiger un magnifique article sur les oiseaux qui peuplent la campagne et les noms qu'on leur donne. Un peu plus, et notre narrateur voyait sa vie transformée à  tout jamais.

 

Vivement un peu de travail, le repos, ce n'est vraiment pas la santé.

 

 

tea2Cinquième participation au mois anglais organisé par  Lou, Cryssilda et Titine. 


Challenge-anglais49e participation au challenge God save the livre organisé par Antoni

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25 décembre 2011 7 25 /12 /décembre /2011 22:45

édition 10/18 - 207 pages.

 

Quatrième de couverture :

 

Assassinat à Prado del Rey et autres histories sordides rassemble quatre nouvelles qui mettent chacune en scène le héros désormais célébrissime de Manuel Vasquez Montalban, on a nommé Pepe Carvalho, le privé gourmet et gourmand qui oeuvre derechef ici, comme le titre du volume l'indique, dans les basses eaux de Barcelone avec le mélange de cynisme et l'espèce de tendresse qui ont fait, immanquablement, comparer au Phiip Marlowe de Raymond Chandler.

 

Mon avis :

 

J'ai beaucoup de mal à me remettre à la lecture depuis trois jours. Je ne compte plus le nombre de livres dont j'ai lu quelques pages, avant de les reposer et de tenter une autre lecture. Du coup, ce soir, après plusieurs explorations de ma monstrueuse PAL, j'ai pris ce recueil de nouvelles de Manuel Vasquez Montalban, écrivain dont je n'ai rien lu depuis presque un an.

 

Dans sa préface, l'auteur précise que ces histoires sont sordides c'est à dire contiennent des faits, des personnages "méprisables, ignobles ou mesquines". Il nous plonge dans une Espagne du début des années 80 que je connais mal. Le souvenir du franquisme est vivace, la démocratie ne satisfait pas tout le monde, beaucoup se plaignent du manque de reconnaissance. La nouvelle qui donne son titre au recueil plonge Pepe Carvalho dans les milieux de la télévision et le force à consommer sans relâche les oeuvres du réalisateur assassiné. Le temps presse : celui qui l'a engagé risque d'être limogé d'un jour à l'autre, et notre détective tient à être rétribué pour sa peine. Le Madrid de la Movida ne lui convient pas vraiment, et il est plus suiveur que véritable enquêteur, dans ce Madrid nocturne composé de lieux à la mode presque aussitôt démodés. Pepe ne se pose pas en moralisateur - mais s'il fallait lui poser la question, je suis sûre qu'il ressent de la compassion pour le coupable, non pour la victime irréprochable aux yeux de la morale bourgeoise. 

 

La fameuse morale bourgeoise en prend un sérieux coup dans Jordi Anfruns, sociologue sexuel, la troisième nouvelle. Une jeune fille de bonne famille, pourrie gâtée par maman et chassée de la maison à cause de ses frasques, est retrouvée assassinée. Je ne vous parle même pas du scandale, ni des disputes entre les parents, ni encore de la droiture de la soeur aînée, mariée et mère de famille respectable. L'enquête de Pepe Carvalho va donner un grand coup de pied dans toute cette respectabilité - et il en paiera les conséquences aussi.

 

Plus courtes sont les nouvelles pairs. Rendez-vous avec la mort à Up dans Down nous emmène, avec son titre qui n'est pas sans rappeler Agatha Christie, dans les méandres des boites de nuit à la mode (encore une fois) où un assassinat est in-con-ce-vable - et a pourtant lieu. Le signe de Zorro est la rencontre de plusieurs misères, toutes plus sordides les unes que les autres. S'en sortir est impossible - si ce n'est par la mort. Quant à Pepe Carvalho, je lui laisse le mot de la fin :

"Non, je n'ai jamais eu la tentation morbide de savoir ce qu'il est advenu des coupables dans les affaires que j'ai résolues, encore moins quand la responsabilité incombait à la police et aux juges. Je découvre des assassins, à la police et aux juges d'en faire des victimes. Côté victime, d'ailleurs, je me suffis à moi-même".

 

challenge-abc2012

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24 décembre 2011 6 24 /12 /décembre /2011 00:00

Dragons

 

édition Casterman - 312 pages.

 

Quatrième de couverture :

 

Findus a commis l'irréparable : il a envoyé une lettre d'amour à Capricia O'Strogoth, fille de l'impitoyable chef de la tribu des Mochetrogoths. Erreur, grave erreur. Car, en ces temps reculés, l'envoi de petits mots à caractère sentimental était chose sérieuse. Dangereuse. Potentiellement mortelle. Qui d'autre que le légendaire Harold, "celui qui murmure à l'oreille des dragons", pourrait sauver son ami d'une mort lente et douloureuse ?

 

Circonstance de lecture :

 

Merci à Babélio et aux éditions Casterman. Quand leur nouvelle masse critique a eu lieu, je n'ai coché que deux livres, et j'espérai vraiment être choisie pour celui-ci. Je suis donc ravie d'avoir pu lire le septième tome des aventures d'Harold et de son vaillant dragon.

 

Mon avis :

 

Laissez-moi vous présent Harold Horrib' Haddock III, "aux membres grêles et au visage anxieux criblé de taches de rousseur", fils de Stoïk la brute, chef de la tribu des Hooligans Hirsute "homme de stature imposante dont la barbe rousse évoquait une crinière e lion vigoureusement peignée à rebrousse-poil par un dompteur psychotique".

 

Tout d'abord, je tiens à vous rassurer : même si vous n'avez pas lu les six tomes précédents, ou si leur souvenir s'est estompé, vous suivrez sans problème l'intrigue de ce roman.  Cela fait longtemps que je ne me suis pas plongée dans ses aventures, je ne me souviens absolument plus de sa rencontre avec Kamikazi, et cela ne m'a pas du tout dérangée.  Cette intrigue est particulièrement réjouissante, tant elle est remplie de rebondissements plus savoureux et plus mouvementés les uns que les autres. Il faut dire que ce pauvre Harrold aura fort à faire entre respecter les promesses faites de retrouver l'héritière de la tribu des Bouchers bourrus  du Bayou (ne l'aimerait-il pas en secret ?) et réparer les catastrophes en tout genre provoquées par ses proches. Je ne saurai dire lequel est le plus maladroit, de Crockmou, qui avale tout ce qui passe à sa portée pour le pire et pour le meilleur (il n'est pas le critique culinaire de l'année), de Stoïk la brute, dont le sens du commandement n'a d'égal que son absence de sens de l'orientation ou encore de Findus, son meilleur ami, qui a de temps en temps les fils qui se touchent.

 

Voyage initiatique ? Je dirai plutôt voyage parodique. Tel un chevalier des temps jadis (il n'est pas sans rappeler Gauvain ou Perceval), Harold représentera sa tribu lors du défi lancé par les Mochetrogoths - si ce n'est qu'il devra compter davantage sur son habitude de surmonter les pires obstacles, sur son inventivité et bien sûr, sur son courage que sur sa force physique. proche du néant  Mieux, les épreuves qu'il subit lui permettent non seulement d'assurer sa survie mais aussi d'être le champion de causes qui semblaient déjà perdues. Harold, meneur d'hommes ? Il y a un peu de cela : n'oublions pas qu'il est promis à devenir un valeureux chef viking. A chef vaillant, adversaire tortueux. En effet, ceux-ci sont pour le moins... particuliers. Je vous laisse le plaisir de découvrir toute leur originalité. Je vous laisse aussi le plairir de (re)découvrir Alvin, son ennemi de toujours, et il n'est pas venu seul...

 

L'humour a beau être omniprésent, jusque dans la quête amoureuse - à mi chemin entre l'amour courtois et l'approche amoureuse de l'homme de Cro-Magnon - le tragique se rapproche dangereusement d'Harold, qui en apprendra un peu plus sur le glorieux ancêtre dont il porte le prénom.

 

Je n'ai garde d'oublier de vous dire que l'auteur étant aussi l'illustratrice, les illustrations et la mise en page suivent parfaitement les méandres et les trouvailles du récit. J'ai déjà commencé le tome suivant, en anglais.

 

 

tea2Quatrisième participation au mois anglais organisé par  Lou, Cryssilda et Titine. 


Challenge-anglais48e participation au challenge God save the livre organisé par Antoni.


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23 décembre 2011 5 23 /12 /décembre /2011 21:18

Lune.jpg

Edition Zulma - 155 pages

 

Mon résumé :

 

Martial et Odette sont tous les deux à la retraite, et assez aisés. Il se laissent convaincre par un agent immobilier d'acheter une résidence aux Conviviales, un endroit ultra-sécurisé, réservé aux séniors. Ils s'ennuient ferme (il pleut sans arrêt) jusqu'à l'arrivée de leurs premiers voisins, Maxime et Marlène.

 

Mon avis :

 

Quel  choc ! Lire ce livre est un véritable régal. Je ne saurai trop vous le recommander. Pascal Garnier egratigne férocement tous les travers de notre société aseptisé. L'obsession sécuritaire est en ligne de mire. De qui se protège-t-on, dans cette résidence ? La liste est très longue. La liste réelle d'abord : les cambrioleurs, les assassins, tous ceux qui nous menacent dans l'ombre et dont on nous rebat les oreilles dans les journaux. Les animaux, ensuite, impitoyablement écartés ou éliminés. La liste implicite prend bientôt le relais : la famille, puisqu'il est interdit de recevoir les siens plus de quinze jours de suite. Tout adulte plus jeune que nos séniors, qui risqueraient de géner leurs vacances éternelles (prémices du repos éternel). Je ne vous parle même pas de cette menace abominable, qui vient s'installer tout près de la résidence au beau milieu du roman : des gitans !Ils sont pourtant rayonnants, libres, en un mot : vivants.

 

Ils sont pourtant charmants et policés, nos jeunes retraités. A eux cinq (ils sont rejoints par Léa, la seule à montrer un peu de bon sens et de courage en dépit de ses crises d'absence), ils créent des petits rites sympathiques, partagent leurs loisirs culturels ensemble. Il ne faut pas longtemps pour que le vernis craque et pour que chacun dévoile une partie de sa personnalité qu'il ne soupçonnait pas toujours et qu'il est ravi de laisser s'épanouir. Difficile pour nos retraités de vivre 24 heures sur 24 sous l'oeil des caméras, comme si la résidence n'était devenu qu'une vaste télé-réalité (Big Brother nous regarde) et sous celui du gardien, le peu sympathique M Flesh. Construite ainsi, menée avec le style implacable de Pascal Garnier, les péripéties et le dénouement ne peuvent être que renversants. Quant au titre, éminement poétique, il trouve sa parfaite justification au cours du récit.

 

Je ne puis que vous recommancer ce titre et surtout, cet auteur merveilleux. J'ajoute que j'adore vraiment le soin que la maison d'édition Zulma (nom emprunté à un poème de Tristan Corbière) porte à la confection de ses livres.

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23 décembre 2011 5 23 /12 /décembre /2011 07:59

allo.jpgedition Le livre de poche - 126 pages

 

Quatrième de couverture :

 

Six nouvelles, six chefs d'oeuvre : disparition mystérieuse d'un banquier, vol de bijoux, suicide maquillé en crime... Point n'est besoin d'analyse sophistiquées ou d'expertises balistiques, Hercule Poirot est là.  

 

Mon avis :

 

Je poursuis mon exploration de l'oeuvre d'Agatha Christie avec ce recueil de nouvelles, que j'ai acheté hier à Paris et lu dans le train qui me ramenait chez moi.

 

Les trois premières nouvelles (La disparition de Mr Davenheim, Un indice de trop et Le guêpier) ont pour héros notre Hercule Poirot. Comme le souligne si justement le quatrième de couverture, Hercule Poirot n'a pas eu besoin de convoquer des experts pour mener ses enquêtes à bien. Il ne lui est même pas nécessaire de se rendre sur les lieux du crime, il lui suffit d'avoir un compe-rendu par ce bon inspecteur Japp, de poser les bonnes questions, et le tour est joué. Japp aurait dû savoir qu'il ne faut jamais parier avec Poirot. N'aurait-il pas eu vent de la tragique expérience menée par un certain Giraud ? Quant aux indices, l'illustre détctive belge sait déméler le bon grain de l'ivraie, et déterminer lesquels sont de vrais indices, et lesquels vont le conduire tout droit à une fausse piste. Il sait aussi empêcher les erreurs judiciaires. Avec papa Poirot, les innocents peuvent dormir en paix.

 

La nouvelle suivante La poupée de la couturière (Dressmaker'doll) tranche avec ce que je connais de l'oeuvre d'Agatha Christie, car je la qualifie volontiers de nouvelle fantastique. En effet, que vient faire cette poupée dans l'atelier de Miss Coombe ? Qui l'a déposée là ? Qui la déplace mystérieusement presque chaque jour ? Miss Coombe a l'impression de devenir folle, ses ouvrières mettent son attitude sur le compte de ses pertes de mémoire - ce qui est loin de rassurer cette brave demoiselle. Le dénouement est en tout cas des plus surprenants.

 

Nous revenons au genre policier pure avec le signal rouge et SOS, les deux novuelles qui cloturent le recueil. Ici aussi, il est nécessaire de se méfier des apprences mais de se fier à son intuition - à condition qu'elle soit relayée par une bonne dose de réflexion. Il n'est pas de lieu, pas d'âge, pas de méthodes qui ne conviennent à un crime et Agatha Chritie l'a bien compris. La cupidité reste cependant le mobile le plus répandu. 

 

Allô Hercule Poirot est un recueil de nouvelles qui va droit à l'essentiel. 

 

tea2troisième participation au mois anglais organisé par  Lou, Cryssilda et Titine. 


Challenge-anglais47e participation au challenge God save the livre organisé par Antoni

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21 décembre 2011 3 21 /12 /décembre /2011 12:21

Bal.gifédition Albin Michel - 284 pages

 

Quatrième de couverture :

 

Depuis l'accident, je ne me souviens plus de rien. Je sais juste que je m'appelle Anna. Tout est blanc, beau léger, autour de moi. Pourtant, je sens qu'il y a quelque chose qui ne va pas. Que je suis en danger. Il faut que je me souvienne.

 

Mon avis .

 

J'ai acheté ce livre à sa sortie, et depuis il restait dans ma PAL J'ai pourtant lu à ce moment-là des critiques élogieuses à son sujet. J'ai aussi lu des articles de journalistes pas vraiment doués : dévoiler l'épilogue est le meilleur moyen de gâcher la lecture. J'ai donc profité de la lecture commune organisée par Mia pour me décider enfin à sortir de ma PAL ce livre à la couverture magnifique.

 

Ce n'a pas été sans peine. La première partie est vraiment sirupeuse. L'héroïne, Anna, est inintéressante, elle se meut dans un univers de rêve, dans une architecture futuriste et très éloignée du New York que nous connaissons. Ses parents sont partis, elle s'en moque un peu. Elle vit avec Jacob, un domestique aux étranges pouvoirs magiques. Surtout, elle a le coup de foudre pour le beau Wynter Seth-Smith. Leur histoire d'amour part sur les chapeaux de roue (jeu de mots inclus) et les événements s'accélèrent pour Anna. Là encore, je peine : je n'ai pourtant pas lu la première partie il y a longtemps (quatre jours) et je n'en garde que peu de souvenirs.

 

Pour la deuxième partie, ce n'est pas mieux. C'est tout juste si je n'ai pas baillé d'ennui. Il m'était impossible de rentrer dans cet univers trop douceâtre à mes yeux.  Certains aspects m'étaient étrangement familiers, d'autres bien trop éloignés de mon univers personnel. La troisième partie s'anime, heureusement car le véritable enjeu est dévoilé. Pourtant, je ne suis toujours pas convaincue et si j'avais moyen de spoiler quelques informations, je vous expliquerai pourquoi bien volontiers.

 

Reste l'épilogue, poignante. Trop peu pour me satisfaire.

 

challenge-ny-12 Challenge New York 2012 par Emily

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21 décembre 2011 3 21 /12 /décembre /2011 08:53

Tantes.jpgEdition Picquier Poche - 282 pages

 

Quatrième de couverture :

 

Après La Colère des aubergines, Bulbul Sharma nous revient avec des histoires pétillantes de drôlerie. Des femmes partent en voyage, et leur vie bascule. Elles partent pour se marier, pour aller voir leur fils, pour échapper au crime qu elles croient avoir commis ou à une belle-famille tyrannique. Sous leurs regards baissés et leurs saris chatoyants, elles cachent un c ur limpide, un courage à toute épreuve, et elles accueillent les surprises du chemin avec une sagesse relevée au sel de l humour. Au fil de leurs voyages, défilent les paysages de l Inde, des rizières vert émeraude aux défilés escarpés de montagne, et les rencontres improbables : danseuses travesties en veuves, raja déchu d un palais surgi des mille et une nuits, fantôme amoureux ou ours chapardeur. Mais au détour de la route, c est leur paysage intérieur qui soudain change : les chaînes qui entravent leurs pas depuis des siècles se font plus légères, et au bout du voyage, parfois, les attend la paix. Ou la liberté. Ou l amour. 

 

Mon avis :

 

Je dois reconnaître un premier fait : le genre de la nouvelle n'est vraiment pas fait pour moi (mis à part les nouvelles de Guy de Maupassant, extrêmement concises). J'ai besoin de plus de temps pour m'imprégner des personnages, d'autant plus que leur culture, leur manière d'être et de penser sont radicalement différents de la mienne. J'avais éprouvé moins de difficulté avec Compartiment pour Dames d'Anita Nair bien que chaque femme raconte tour à tour son histoire. L'enchâssement de chaque récit dans un récit plus vaste, le crescendo dans la désespérance y était sans doute pour beaucoup.

 

Ici, le ton est plus varié, et parfois même franchement comique. Je pense en particulier à deux nouvelles, Le pèlerinage de Mayadevi et Les premières vacances de RC. Dans Le pèlerinage de Mayadevi, l"héroïne prend l'avion pour la première fois, pour rendre visite à son fils, dentiste à Londres. Elle ne l'a pas revu depuis des années parce que môssieur a pris l'avion une fois pour l'Angleterre et qu'il n'a jamais osé le reprendre depuis. Tant pis pour les périls encourus : sa vieille mère va lui montrer ce que c'est que le courage, en dépit des risques qu'elle prend, et lui rappellera les devoirs qu'un fils doit à sa mère. Non mais ! Elle a même appris l'anglais de manière intensive afin d'être fin prête le jour dit. Ne croyez pas que ce voyage se passera exactement comme prévu, et si Mayadevi renvoie certains européens à leurs clichés et autres phrases toutes faites sur l'Inde, elle est profondément émue par Martha sa belle-fille, qui lui offre quelque chose, au contraire des autres membres de sa famille qui ne lui donne que ce qu'elle leur a demandé. 

 

Dans les premières vacances de RC, nous avons ce fameux RC, chef d'entreprise à la vie réglée à la minute près. Il régente mère, femme et fille d'un chronomètre de maître, et gare à celles qui changerait quoi que ce soit à sa vie !!!! Pourtant, c'est lui qui décide d'emmener toute sa famille en voyage. S'il s'était douté de toutes les changements que celui-ci allait apporter dans sa vie.... il serait parti beaucoup plus tôt.

 

Quant aux Sacrées tantes, qui donnent leur nom au recueil, nous les retrouvons dans Les tantes et leurs maux, la troisième nouvelle. Des maux, elles en ont, et pas qu'un seul. Je crois en fait que leur existence a été traversée par tellement de maladies que c'est une chance bien réelle qu'elles soient parvenues jusqu'à l'âge qu'elles ont. La rencontre avec la veuve d'un médecin, lors qu'un voyage en train, changera leur vie : que de nouveaux maux ne vont elles pas connaître grâce à elle !!!

 

Tout n'est pas aussi riant dans les autres nouvelles, et le mariage reste souvent douloureux pour les femmes. La "trop grande épouse" de l'avant-dernière nouvelle doit son malheur à sa grande taille - 1 m 75 - ce qui donne des accès de fureur à son nabot de mari. La manière dont elle retrouve sa liberté face à la violence de son mari est extrêmement courageuse. Autre extrême : la très jeune mariée n'est qu'une enfant lorsqu'elle est envoyée dans le palais de son mari. Son père a voulu un mariage somptueux pour elle, elle découvre non seulement la condition de femme mariée, dans une famille où la grand-mère règne comme une despote, mais aussi celle de veuve, en la personne de la toute jeune Uma, dont le mari est décédé.

 

Mes sacrées tantes est un recueil que je conseillerai aux amateurs de nouvelles et à ceux qui veulent découvrir petit à petit la littérature indienne.

 

Inde

Ma quatrième participation au Challenge Inde en fêtes organisé par Hilde et Soukee.

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20 décembre 2011 2 20 /12 /décembre /2011 20:10

Marianne.gifédition Magnard - 120 pages

 

Mon résumé :

 

Pierre André est revenu dans son village natal, pas plus riche qu'avant mais appauvri de ses ambitions. La quarantaine, célibataire, il est intrigué par la vie que mène Marianne Chevreuse, sa filleule. Agée de vingt-cinq ans, celle-ci n'est toujours pas mariée. Pour quelles raisons ? Justement, Pierre André est sollicité pour favoriser son mariage avec le fils d'un ami. Et si tout ne se passait pas comme prévu ?

 

Mon avis :

 

Court roman de George Sand, Marianne est bien moins connu que La mare au diable ou La petite Fadette, romans toujours au programme de l'éducation nationale. J'ai pourtant retrouvé dans celui-ci la simplicité apparente de La mare au diable. Un homme, Pierre. Il a voyagé, il est revenu de tout, et n'était la nature qui l'entoure et qu'il aime, je dirai qu'il souffre de spleen. Il m'a un temps fait penser à Dominique d'Eugène Fromentin, si ce n'est qu'il n'a  aucun amour défendu, aucun secret inavouable dans ses bagages. Il connaît les plantes, note ses impressions dans un petit carnet noir, et si son retour est un semi-échec, Pierre est heureux des voyages qu'il a pu effectuer.

 

Face à lui, une jeune fille, Marianne. Elle possède une métairie et y vit simplement. Suzon, sa jument, n'est pas sans évoquer La Grise (je devrais dire "les", car elles sont deux). Elle est un mystère pour Pierre. Il la juge très hâtivement, fustigeant "sa prudence calculée" et "son dessèchement volontaire". Lui-même a des jugements à l'emporte-pièce sur les femmes :  "d'où vient que Marianne se tourmente de devenir une exception ? Connaîtrait-elle comme moi le chagrin de n'avoir pas su utiliser sa propre valeur ? Ceci n'est point un mal féminin. La femme a un autre but dans la vie . Etre épouse et mère, c'est bien assez pour sa gloire".  Comme la narration se focalise sur Pierre et que celui-ci est aveuglé par son amour pour Marianne, qui fausse tous ses jugements, l'interprétation des faits est forcément faussée. S'en est presque drôle, tout comme la "jalousie" de PIerre quand son pseudo-rival arrive comme un cheveu sur la soupe, jeune peintre qui ne voit pas, (dixit Marianne) infatué de lui-même. J'avais presque l'impression d'être au théâtre, dans une pièce de Musset, en lisant certaines répliques. Après tout, la règle des trois unités est quasiment respectées, et le problème du mariage a de tout temps occupé le centre de la scène.

 

Un bien joli roman, qui mériterait d'être plus connu. 

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19 décembre 2011 1 19 /12 /décembre /2011 15:42

pompier.jpgédition 10/18 - 282 pages

 

Mon résumé :

 

Gunnvald Larsson, filc de terrain s'il en est, a été chargé de surveiller un homme. Pourquoi ? Larsson n'est pas du genre à poser des questions. Il était en pleine surveillance quand la maison a explosé, prenant feu. Seule consolation : Larsson s'est comporté en vrai héros. Mais pourquoi la voiture de pompier était-elle en retard ?

 

Mon avis :


Je retrouve avec joie Martin Beck et les héros de Sjowall et Wahlöö. Pourtant, l'enquête que devra résoudre Martin Beck est véritablement sordide. Ce n'est pas tant que quatre personnages ont trouvé la mort dans un incendie criminel qui fait que cette enquête est glauque. Le bilan aurait pu être bien plus lourd si Larsson n'avait eu courage et présence d'esprit. C'est parce que la société suédoise ferme les yeux sur la précarité dans laquelle vivent les (très) jeunes adolescents. Certains prostituées n'ont que quatorze ans, à seize ans, elles sont déjà usées.  Des jeunes filles disparaissent tous les ans, et finissent par réapparaitre, vivantes ou non. Quant aux maisons de correction, elles portent très mal leur nom puisqu'elles ne font qu'accentuer les problèmes de drogue et de violence au lieu de les corriger. Société de loisirs (déjà), les suédois aiment voyager, bronzer, avoir des aventures de vacances, et tant pis pour ce qui se passe dans ces pays-là, tant que les touristes sont bien reçus. La police en prend aussi pour son grade. Pour quelques membres compétents, on est légitiement en droit de se demander pourquoi certains policiers ont choisi cette carrière. Martin Beck lui-même se pose cette question. La sécurité de l'meploi des un des éléments qu'il a pris en compte, les jeunes années de Martin n'ayant pas été facile. Il semble que le pays tout entier ait oublié ces années de crise.

 

Rien n'est simple dans l'univers de Sjowall et Wahlöö et si le mot "mondialisation" n'est pas encore à l'ordre du jour, il faut reconnaître que cette enquête, comme Vingt-deux, v'là des frites de Maj Sjöwall et Per Wahlöö nous entraîne dans les méandres d'un trafic de voitures volées et de drogue qui dépassent non seulement le cadre de la Suède mais surtout les victimes elles-mêmes, trop présomptueuses de leur force et de leur qualité - ou de celles qu'elles pensent avoir. Il sera même question de la guerre d'Algérie et du Liban dans ce roman. Note : quel auteur de romans policiers français des années 70 parlait de la guerre d'Algérie ? Vous n'en avez aucune idée ? Moi non plus.

 

Lectrice des années 2010 et ex-grande consommatrice de séries télévisées (encore que... j'ai regardé New York, section criminelle cet après-midi), le ryhtme de l'enquête ne laisse pas de me surprendre et de me réjouir. Une enquête dans laquelle tous les éléments manquent - ou presque - ne peut se résoudre en un jour, même si un policier talentueux est au commande, même si le médecin légiste accomplit des prouesses sans pour autant déballer son savoir-faire sur une demi-douzaine de pages. Certes, des contretemps sont à déplorer - l'erreur est humaine, semblent nous dire les deux auteurs suédois, le tout est de s'en rendre compte.

 

En effet, les enquêtes sont humaines, ils ont une vie privée, pas toujours heureuse, certes (il est évident que Martin Beck est à un tournant de son existence dans cet opus) mais ils essaient de la faire cohabiter le plus harmonieusement possible avec leurs obligations professionnelles. J'ai bien dit "cohabiter" et non "coïncider" : chez Martin Beck, on ne résout pas une enquête policière en mangeant un plat de pâtes avec sa femme et ses enfants, on essaie de prendre le petit déjeuner avec eux, et on en oublie même parfois le travail.

 

Je me réjouis qu'il me reste encore quelques enquêtes de Martin Beck à lire.

 

dc3a9fi-scandinavie-noire

Ma 17e participation au défi Scandinavie noire

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Le Challenge animaux du monde  a débuté le 24 juillet2011. Pour vous inscrire et déposer vos billet, c'est ici .

Si vous cherchez des idées de lecture, vous en trouverez en cliquant

 

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  Le Challenge romans sous influences a débuté le 18 septembre. Pour vous inscrire et déposer vos billets, c'est ici .

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Pour le Challenge Maurice Leblanc , les inscriptions et le récapitulatif ont lieu ici .

 

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Le Challenge Molière est à durée illimitée lui aussi .

 

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Le Challenge Histoire de famille est à durée illimitée lui aussi. Venez déposer vos billets ici ou Là.

Jetez un coup d'oeil sur la bibliographie.

 

challenge Paris(1) Le Challenge Paris je t'aime est illimité dans le temps.

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