Samedi 25 février 2012 6 25 /02 /Fév /2012 00:42

Homme.jpgédition 10/18 - 250 pages.

 

Challenge Thriller organisé par Cynthia

 

Mon résumé :

 

Le commissaire Nyman a été assassiné dans sa chambre d'hôpital avec une sauvagerie inouie. Ce policier avait une manière bien à lui de faire respecter "l'ordre et la morale", s'en prenant sans pitié aux citoyens qu'il jugeait "de seconde zone". En dépit des nombreuses plaintes déposées contre lui, il est resté intouchable : les policiers sont solidaires entre eux,même au plus haut niveau. Ils sont tous mobilisés pour trouver le coupable. Il est difficile de déterminer qui a pu le haïr assez pour passer à l'acte.

 

Circonstance de lecture :

 

Insomnie du premier jour de vacances. Lu d'une traite.

 

Mon avis :

 

J'ai rarement lu un opus de Sjöwall et Wahlöö aussi noir. Martin Beck vient de passer une soirée paisible avec sa fille Ingrid, et il est appelé pour enquêter sur le meurtre de Nyman. Jamais les deux auteurs n'avaient décrit un cadavre avec autant de détails, jamais ils n'avaient montré aussi crûment l'horreur de la mort, même dans Le policier qui rit. Si le corps du policier a subi les derniers outrages, il a, de son vivant, montré une cruauté et un sadisme sans faille envers les animaux et les êtres humains. Kollberg, qu'il a formé, peut en témoigner, et il ne s'en prive pas. Un sadique, conclut avec raison Martin Beck. Un homme qui avait tellement cloisonné sa vie qu'il passait aux yeux de sa femme pour le meilleur des maris et des pères. 

 

Enquêter passe d'abord par la lecture des plaintes contre Nyman. Elles nous sont livrées in extenso et ont provoqué chez moi un profond sentiment de malaise. Nyman n'est pas seul, ses subordonnées s'en sont donnés à coeur joie sur les plus vulnérables et se sont mutuellement protégés. Pas d'espoir de justice : aucune plainte n'a eu de suite, ce qui semble incroyable mais vrai dans un état de droit. Il y a quelque chose de pourri dans la police de Suède. La police des polices n'existe pas ici.

 

Nos enquêteurs (ce livre est ma sixième enquête du commissaire Beck) sont pris au dépourvu. Même Martin Beck, qui ne se fit d'habitude qu'aux preuves et aux indices, se laisse submerger par la crainte diffuse d'une catastrophe imminente. Kollberg cauchemarde. Il n'est que Larsson pour être égal à lui-même, son courage n'est jamais pris en défaut - celui de Beck et Kollberg non plus. Nous retrouvons même les inénarrables hippopotames qui ont gâché le début de l'enquête du Policier qui rit.

 

Rien ne sera comme avant après cette enquête car pour un policier sadique et ses disciples, c'est toute la police de Stockholm qui paie. Le prix est élevé. Le comportement de Beck et Larsson en sera d'autant plus exemplaire.

 

Je ne quitterai pas ainsi l'univers de Sjöwall et Wahlöö. Je vais me procurer très rapidement La chambre close.

 

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Par Sharon - Publié dans : LIttérature suédoise
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Vendredi 24 février 2012 5 24 /02 /Fév /2012 19:38

Pluto-tome-1.jpg Édition Dargaud - 200 pages.

 

Circonstance d'écriture du billet :

 

J'ai lu ce manga il y a deux jours, et j'essaie vaillamment d'écrire mon billet aujourd'hui alors que je suis encore plus fatiguée que lundi. Pas gagné.

 

Mon avis :

 

J'ai adoré ce manga.

En couverture, l'inspecteur Gesicht.

Il est un des sept robots les plus puissants au monde.

Qu'est-ce qui le distingue d'un être humain ? Pas grand chose. Je m'y suis laissée prendre. Ce personnage m'a tout de suite plu. Il m'a fait penser à ces enquêteurs que je croise dans mes romans policiers préférés.

Dans cette société futuriste, les robots vivent à côté des humains. Parfois même, ils vivent quasiment la même vie que les humains, ils rêvent, ressentent des émotions. Ils obéissent au code des robots : ils ne peuvent tuer des humains. Aussi, quand Mont-Blanc, un robot unanimement respecté par ses actes de courage et sa générosité, est retrouvé assassiné, ainsi qu'un militant pro-humain, la cause est entendue : ce ne peut être un robot. Mais qui sait ?

L'intrigue est très bien construite et pose de nombreuses questions. Est-ce un hasard si les deux premiers robots supprimés ont participé à une guerre particulièrement sanglante ? S'ils étaient des humains, je dirai qu'ils ont radicalement changé de vie afin d'oublier les traumatismes subis. Ils sont robots, et pourtant, le trauma est là. "Je ne veux plus faire la guerre" dit North 2. Il est même capable de rendre la sérénité à un vieil homme et ces chapitres sont sans doute les plus émouvants de ce manga. "Votre rêve n'est pas un cauchemar, contrairement au mien".

La fin de ce tome 1 nous fait découvrir un personnage que même l'ignorante que je suis en matière de mangas connaissait. Il fait partie des cibles. Pourra-t-il aider Gesicht dans le tome 2 ?

Par Sharon - Publié dans : Romans, polars et mangas japonais
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Mercredi 22 février 2012 3 22 /02 /Fév /2012 20:41

couv24768357.jpgEdition Rivage - 334 pages.

 

Challenge Thriller organisé par Cynthia

 

Mon résumé :

 

Novembre, à Stockholm. Les neuf passagers d'un bus ont été tués. La stupeur frappe la Suède, qui n'a jamais eu à faire face à un tel massacre. Parmi les passagers se trouvait un policier bien connu de Martin Beck. D'après sa compagne, il était très pris par son métier. Or, Beck sait très bien qu'il était quasiment en congé, faute d'affaires en cours. Que faisait-il dans ce bus ?

 

 

Mon avis :

 

Ce livre est mon premier gros coup de coeur du mois de février. N'étaient mes obligations professionnelles, je l'aurai lu d'une traite, tant il est passionnant. Sjöwall et Wahlöö réussissent le tour de force de construire un suspens haletant avec une enquête de longue haleine, quasiment racontée en temps réel.


Leurs romans commencent souvent de la même manière : un chapitre narre un événement, une enquête qui semblent ne rien avoir en commun avec le reste du livre. Illusion, car les auteurs ne laissent rien au hasard. La Suède n'est plus un pays tranquille car le premier tueur en série vient de faire irruption de manière incompréhensible. Ce crime n'ayant pas de précédent dans le pays (à moins de remontrer très loin en arrière), les policiers doivent chercher des précédents aux Etats-Unis. Ce n'est pas la première fois qu'une collaboration avec l'Amérique a lieu - voir Roseanna, évoqué par ailleurs dans le cours du récit - mais ce ne sera pas la collaboration la plus enrichissante.


Nous suivons pas à pas les enquêteurs - et je constate que la police suédoise ne comporte pas que des éléments d'élite, mais aussi des hippopotames diplômés. Nous les suivons y compris quand ils ne trouvent rien ou qu'ils se retrouvent dans une impasse. Nous découvrons tout, y compris les moments les plus délicats, comme l'identification du corps mutilé d'un collègue ou l'interrogation des proches d'une victime. Jamais de voyeurisme, jamais d'étalage de violence, l'aspect humain est toujours privilégié, au plus près du ressenti des personnages.

 

Bien sûr, nous rencontrons des gens ordinaires au cours de cette enquête. Nous découvrons aussi la prostitution ordinaire  et les conditions de vie sordide des travailleurs immigrés. Je l'ai déjà dit dans mes précédents billets sur les romans de ces deux auteurs : rien ne semble avoir changé depuis cette époque. Nous découvrons aussi des policiers soucieux de résoudre leur enquête, d'autres avide de faire leur preuve, quitte à la jouer en solo. Ce n'est pas sans risque.

 

Je n'ai pas parlé de la vie privée des principaux protagonistes parce qu'elle porte bien son nom : ils en sont privés à cause de la densité de l'enquête.

 

Ma prochaine rencontre avec Sjöwall et Wahlöö sera L'abominable homme de Saffle.

 

 

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Par Sharon - Publié dans : LIttérature suédoise
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Mardi 21 février 2012 2 21 /02 /Fév /2012 08:45

Lionne.jpgéditions Points - 484 pages.

 

Challenge Thriller organisé par Cynthia

 

Mon résumé :

 

Louise est une agent immobilier sans histoire, et pourtant, elle a été retrouvée assassinée d'une balle en pleine tête. Kurt Wallander enquête, et il n'imagine pas jusqu'où cette enquête le mènera.

Défi les douze d'Ys

  2012

 

Mon avis :

 

Le plaisir que je prends à lire un roman dépend autant de sa qualité que de mon état (de fatigue). Lire la lionne blanche alors que j'étais épuisée n'était pas le bon moment.


Il m'a fallu passer le cap des deux cents premières pages pour enfin apprécier cette intrigue. Parce que le rythme était trop lent ? Parce que les véritables enjeux apparaissent à ce moment ? Parce que les personnages, enfin, se révèlent ? Sans doute aussi à cause de ses trois raisons.


Le lien avec les romans de Sjöwall et Wahlöö est patent dans cette intrigue : nous partons d'une histoire locale qui aurait pu être banale pour nous retrouver au sein d'une affaire internationale. Les communications internationales ont beau s'être améliorées depuis l'époque de Martin Beck, en revanche ce qui ne change pas, ce sont les incompétences des uns et des autres, les lenteurs de la bureaucratie, et le respect bête du règlement. Le regard des étrangers sur la société suédoise n'a pas changé : pas assez méfiante, trop lente, pour ne pas dire empotée. Ils n'ont pas tout à fait tort et savent profiter des failles du système - jusqu'à un certain point. Il ne faut jamais sous-estimer l'adversaire, surtout quand il s'appelle Kurt Wallander.


Kurt Wallander est tenace. Bien qu'il ait de légers soucis de santé (trois kilos en trop, pas de sport, tartines et café  tous les repas), il est toujours aussi conbattif. Il se fie certes à son intuition mais aussi aux preuves - et il sait les faire parler. Plus encore que pour Meurtriers sans visage il découvre la violence pure, gratuite, si ce n'est pour le plaisir du tortionnaire. Dans cette région si tranquille de la Suède, les courses poursuites et les fusillades ne sont pas monnaie courante. Tuer un homme n'est pas anodin, contrairement à ce que nous montrent les séries télévisées ou certains polars américains et jamais Henning Mankell ne banalise cet acte, pas plus qu'il n'a banalisé ou absous la torture. Kurt Wallander n'est pas homme à ne pas s'interroger sur ses actes, bien qu'il ait agi en légitime défense.

 

Plus encore que la Suède, La lionne blanche nous fait découvrir l'Afrique du Sud, à une période qui est presque oubliée (déjà) : la fin de l'Apartheid. Il analyse finement l'état de la société sud-africaine entre haine pure, bonne conscience, et volonté de changement. Il n'a pas besoin de condamner ce qu'il nous montre. Le ton et la rigueur de son récit valent tous les indignations. Il ana lyse aussi les rapports père/fille. Au couple Linda/Kurt Wallander, dont les relations ont l'air de s'améliorer (je ne vous en dis pas plus) s'oppose un autre couple Mathilda/Jan, bien plus tourmenté.

 

Après cette aventure commune, Kurt parviendra-t-il à reprendre le chemin du commissariat ? Bien sûr. Reste à savoir de quelle manière.

 

 

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Par Sharon - Publié dans : LIttérature suédoise
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Lundi 20 février 2012 1 20 /02 /Fév /2012 11:32

Vague.gifEdition 10/18 - 250 pages.

 

Quatrième de couverture :

 

Mma Ramtoswe, unique femme détective du Botswana, a du souci à se faire. Les finances de l'Agence n°1 des Dames détectives et le moral de son fiancé, Mr J.B.L. Matekoni, sont au plus bas.Sans compter cette enquête pour le moins délicate qu'elle doit mener loin de Gaboraone dans la famille d'un membre du gouvernement ! Heureusement, la très efficace Mma Makutsi,secrétaire émérite de l'Agence et assistance détective, prend les choses en main Promue directrice par intérim du garage de Mr J.B.L. Matekoni, elle remet tout en ordre, dirige les apprentis à la baguette et trouve encore le temps de faire son travail de détective dans le milieu trouble et superficiel des concours de beauté. Au Botswana, lorsque les femmes s'en mêlent, tout finit par s'arranger ! 

 

Mon avis :

 

Vague à l'âme au Botswana est le troisième tome des aventures de Mma Ramotswe. Je ne l'ai pas autant aimé que les précédents, pourtant cette série est remplie de qualités, qui ne sont pas nécessairement ce que je recherche dans un livre en ce moment. Le style est toujours aussi fluide, aussi apaisant, l'émotion affleure souvent au détour d'une page, ce qui fait que j'ai eu du mal à accrocher est ailleurs.


Ne vous attendez pas à un roman policier palpitant : la première enquête ne paraît qu'au bout de cinquante pages, et elle ne débutera vraiment qu'à la page 100. Ce que nous montre et nous raconte Alexander Mc Call Smith est l'âme du Bostwana, pays de traditions (qui ne sont pas nécessairement mauvaises), pays où l'on prend le temps de vivre, d'écouter, d'apprendre. Mma Ramotswe n'a pas fini d'apprendre, et surtout qu'il ne faut pas débuter une enquête en ayant des idées reçues.

 

Ce roman fait aussi la part belle à sa vie privée. Alors que tout semblait aller bien et qu'il avait "tout pour être heureux", Mr J.B.L. Matekoni se trouve atteint d'une maladie qui, le croyais-je, épargnait l'Afrique jusqu'ici : la dépression nerveuse. Ici comme ailleurs, cette maladie n'est pas facile à soigner, ici comme ailleurs les hommes peinent à avouer qu'ils sont malades.

 

Les femmes sont toujours plus fortes, et Mma Makutsi en fait une belle démonstration. J'ai beaucoup aimé la façon dont elle mate les apprentis, jusque là plus occupés à ne rien faire qu'à réparer des moteurs. Proprement hilarant - même quand ils sont remplis de cambouis.

 

Je lirai le quatrième tome : j'ai envie de connaître la suite.

 

 

Challenge-anglaisAntoni : challenge God save the livre.

Le challenge Voisins voisines organisé par Anne.

Par Sharon - Publié dans : Romans policiers écossais
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