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18 janvier 2013 5 18 /01 /janvier /2013 00:02

le-jou10

édition Milady - 396 pages.

 

Mon résumé :

 

Et si Darcy avait tenu un journal intime ? Quel aurait été son point de vue ?

 

Mon avis :

 

Si vous avez aimez Orgueil et préjugés, voici un livre qui ne saurait que vous détendre, au beau milieu des inombrables suites et autres continuations. L'auteur, en effet, a fait le choix d'être fidèle à l'intrigue, ce n'est qu'à la fin qu'elle prend des libertés avec l'ouvrage de Jane Austen, sans que la fan que je suis ne fasse des bonds au plafond (voir Les filles de Mr Darcy, dans la même collection, qui ont eu le don de me faire bouillonner le sang, et ce n'est vraiment pas ce que j'attends de ce genre de lecture).


Si  j'insiste sur la "détente", c'est que vraiment j'ai retrouvé les personnages, y compris la bétise profonde, le côté "tête de linotte" de certains d'entre eux, comme Lydia Bennett, par exemple. Le style est agréable à lire, j'ai tourné les pages (je l'ai lu dans le train) très rapidement, tant cette lecture était plaisante, et c'est très exactement ce que je lui demandais.Le dernier avantage est que j'ai très envie de relire Jane Austen dans le texte après cette lecture, alors pourquoi s'en priver ?


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Challenge petit bac par Enna

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30 juillet 2012 1 30 /07 /juillet /2012 11:00

david.jpg

edition Le livre de poche - 1065 pages.

 

Circonstance de lecture :

 

J'ai proposé ce livre pour une lecture commune. La moindre des choses était que je le lise, non ? David Copperfield est un classique de la littérature anglais, et si j'avais déjà lu quatre romans de Charles Dickens, je n'avais jamais ouvert celui-ci.

 

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Mon avis :

 

Je commencerai par une pointe de méchanceté. En effet, lire un auteur de génie rend encore plus critique face à la médiocrité d'autres ouvrages mais ne nuit en rien à d'autres ouvrages de qualité. Voilà, c'est dit.

Maintenant, je relève une autre gageure : écrire un billet sur un monument de la littérature anglaise, éclipsé, il faut bien le dire, par Oliver Twist. Pour quelles raisons ?

La première est peut-être qu'Oliver Twist a été adapté récemment au cinéma, alors que les récentes adaptations de David Copperfield (pour la télévision) sont passés inaperçues - et je ne déborde pas d'envie de les voir non plus, car si je lis leur résumé, il parle de l'histoire d'un enfant en proie aux cruautés des adultes. Or, l'enfance malheureuse de David n'occupe qu'un tiers (et encore, je compte large) du roman, ce qui signifie que bien d'autres choses nous sont contés.

Déjà, il ne faut pas oublier que le récit est rétrospectif, ce qui permet au narrateur/personnage principal de commenter certains faits, d'annoncer certains événements, discrètement même si jamais le narrateur adulte ne juge sévèrement la naïveté du jeune David. Attention : naïveté ne veut surtout pas dire stupidité, car David est à même de juger la cruauté, la perfidie aussi bien qu'un autre, il est à même de voir les manigances d'Uriah Heep - pour ne citer que lui, mais il se laisse abuser par son admiration pour d'autres, alors que le lecteur, lui, n'est pas dupe. Je veux bien sûr parler de Steerforth, dont les "pensées" face aux humbles Barkis et Peggotty en dressaient le portrait bien plus sûrement que le reste.

Peggotty : une des bonnes fées qui s'est penchée sur le destin de David, alors que l'ogre et la sorcière Murdstone, au nom si bien évocateur, lui ont volé son insouciance d'enfant. David a cependant une supériorité sur Oliver Twist : il a une seconde bonne fée en la personne de sa tante Trotwood. Quel personnage ! Au départ, elle tient plus de Carabosse que d'une joyeuse marraine, et même si elle est excentrique, elle révèle son attachement pour les laissez-pour-compte comme son neveu ou Mr Dick, son autre protégé. David le lui rendra bien.

Roman de Londres, David Copperfield est aussi le roman de la campagne et de la mer, et ce, dès la naissance de David qui a la chance d'être né "coiffé", la mer dont raffole Steerforth, et la mer qui emporte les émigrants vers leur destin - heureux, parfois, comme pour les Micawber. Ce couple m'a rappelé le tout premier roman que j'ai lu de Dickens : la petite Dorrit. Comme la famille d'Amy Dorrit, les Micawber connaissent d'incessantes difficultés pécuniaires, malgré leur lutte incessante pour essayer de s'en sortir. 

David Copperfield, roman d'apprentissage, est aussi le roman du mariage - et le mariage est une entreprise difficile, surtout si les épreuves s'accumulent, comme pour les Micawber ou les Strong. Mariage douloureux, aussi : Murdstone pousse ses compagnes successives à la mort ou à la folie. Dans une moindre mesure, David ne sera pas heureux avec sa femme-enfant, Dora. Se marier est déjà en soi une tache compliqué, surtout quand la famille y met obstacle : je pense à Tommy Traddles et à sa bien-aimée.

Roman complexe, avec de brusques accélérations, David Copperfield est une oeuvre qui m'a redonné envie de lire d'autres oeuvres de Dickens. Reste à savoir quand j'en trouverai le temps.

 

Challenge-anglais

Antoni : challenge God save the livre. 

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Challenge Victorien par Aymeline

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Un classique par mois organisé par Cécile

 

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Challenge la littérature fait son cinéma par Will

défi jusqu'au 5 avril 2013

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le défi des mille

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27 juin 2012 3 27 /06 /juin /2012 11:20

 

Darcy.jpeg

édition Milady - 480 pages.

 

Quatrième de couverture :

 

Vingt années après Orgueil et Préjugés, nous faisons la connaissance des cinq filles d’Elizabeth et Darcy. Alors que leurs parents sont en voyage à Constantinople, les demoiselles viennent passer quelques mois à Londres chez leur oncle Fitzwilliam. La découverte de la vie citadine, des plaisirs et des disgrâces qu’elle offre, associée au caractère fort différent de ces jeunes personnes, va mener à des aventures – et des amours – inattendues, dans un cadre particulièrement mondain, où de nombreux individus se côtoient. On retrouve avec plaisir certains personnages créés par Jane Austen.

 

Lecture

Challenge Histoire de famille

Challenge-anglais

Antoni : challenge God save the livre. 

 

 

 

 

Mon avis :

 

Tout d'abord, je tiens à remercier Babelio et aux éditions Milady pour l'envoi de ce livre, reçu dans le cadre de la dernière opération Masse critique. 


Si vous regardez les logos qui entourent mon billet, vous comprendrez aisément ce qui m'a poussé à cocher ce livre, à savoir, honorer deux challenges que j'ai créés. Orgueil et préjugés semble une source inépuisable d'inspiration pour les écrivains puisqu'à ma connaissance, pas moins de trois livres forment des "suites" de cette oeuvre (celui-ci, Les caprices de Miss Mary de Colleen Mc Cullough et La mort s'invite à Pemberley de P.D. James). Sont-elles à la hauteur de leur modèle ?


En ce qui concerne Les filles de Mr Darcy, j'ai envie de dire très clairement : non. Certes, Elizabeth Aston a évité un premier écueil en envoyant Darcy à Constantinople, sa femme à ses côtés, tandis que leurs cinq filles passent la saison à Londres. Néanmoins, cette manière de se débarrasser des deux héros est tout de même assez pratique, nous savons simplement qu'ils s'entendent toujours aussi bien, qu'ils ont gardé leur personnalité, qu'ils ont élevé leurs filles (ils ont aussi deux fils trop jeunes pour qu'il soit question d'eux) en leur donnant une bonne culture, leur permettant notamment de lire tout ce qu'elles voulaient et qu'ils sont très riches. J'aurai tout de même aimé les revoir, et juger sur pièce cette belle entente.


Ils ont eu cinq filles, très proches en âge. Je n'ai pas pu ne pas penser aux cinq soeurs Bennett, tant j'ai eu l'impression que l'auteur avait repris la trame du premier roman. Oserai-je le dire ? J'avais prévu le dénouement pour Camilla dès les premières pages du roman. Intuition ? Non : bonne connaissance des oeuvres de Jane Austen. Camilla ressemble trait pour trait à sa mère, la différence est qu'elle va subir les tourments de la bonne société londonienne, tandis que la jeune Elizabeth menait une vie bien plus retirée. Camilla est vive, ironique - comme sa mère - capable de tenir tête à ceux qui ont de l'autorité sur elle, à savoir sa soeur aînée et son oncle Fitzwilliam. Contrairement à ses soeurs, elle mesure la conséquence de ses actes et les étroites limites de la condition féminine . Leur univers est leur maison, des quartiers de Londres bien choisis. Leur connaissance doit être limitées, afin de choisir les tenues à la dernière mode et de montrer d'exquis talents dans les salons. Les hommes ont le monde pour eux, et toute la connaissance à leur portée. 


Londres est le cadre de ce roman, sa vie mondaine, ses salons : en un rien de temps, la réputation d'une jeune fille peut être ruinée, et il faut alors des trésors de discrétion et de sagesse pour que sa famille répare le mal qui a été fait. Le sens des convenances, le poids de ce qui peut être dit - ou pas, de ce qui peut être montré - ou pas est parfois omniprésent. J'utilise cet adverbe car les conséquences funestes n'ont pas réellement leur place dans ce roman de cette bonne société pré-victorienne. Les enlèvements, les ruptures inopinées, la résurrection opportune de personnages même ne sont que des péripéties, répétables à l'infini. Tout s'arrange toujours.


Et là, je commence à m'échauffer sévèrement, ce qui semble en contradiction totale avec le style, si léger, si suave, si rose (les styles ont aussi une couleur) car certains personnages sont vraiment des têtes à claques. Je parle en premier chef des jumelles Belle et Georgiana "Jour" et "Nuit" qui sont tellement cruches l'une et l'autre que je me suis demandé comment Elizabeth et Darcy avaient pu engendrer des filles aussi vaines, ou du moins, prendre le risque de les confier à leur oncle et tante alors qu'elles auraient eu besoin d'être morigénées adroitement. Bien sûr, on pourra argumenter qu'elles ressemblent à leur tante Lydia, qu'elles adorent. Soit. Il manque à leurs aventures l'élégance du style de Jane Austen pour faire passer leur niaiserie. Quant à leur soeur aînée, elle est toute aussi insupportable. Je ne sais quelle version d'elle j'apprécie le mieux, la fiancée éplorée du début, veuve avant d'avoir été mariée, ou la bigote incapable de voir plus loin que le bout de son nez. Elle sera, avec sa soeur Camilla, celle qui subira le plus de revers, seulement, à la différence de sa soeur, j'aurai envie de lui dire qu'elle l'aura bien cherché.

 

Mais tout s'arrange sous les cieux londoniens, vous dis-je, sauf le caractère de celle qui fut miss Bingley et garde sa langue de vipère bien acérée. 

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Challenge romans sous influences


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5 juin 2012 2 05 /06 /juin /2012 17:55

challange-agatha-christieMon résumé :

 

Nadine est une célèbre danseuse. Elle est surtout membre d'un réseau spécialisé dans la contrebande et autre joyeusetés. Vouloire faire chanter le cerveau de la bande n'était sans doute pas une bonne idée, ce que confirme la découverte de son corps dans une maison abandonnée.

Au même moment, ou presque, Anne Beddingfield est témoin de la mort accidentelle d'un homme, tombé sur les rails du métro. Le seul autre témoin est un mystérieux homme au complet marron. Anne ne tarde pas à découvrir qu'il rôdait également près de la maison où Nadine a été assassinée. Orpheline, sans le sou, Anne veut résoudre ce mystère, qui la conduira jusqu'en Afrique du Sud.

 

Mon avis :

 

Ce livre est le quatrième roman d'Agatha Christie. Il a été publié en 1924, à mi chemin entre le roman d'espionnage et le roman policier. Nous découvrons dans cette histoire un personnage que nous retrouverons, le colonel Race, membre des services secrets. J'anticipe, car ce roman m'a laissé sur ma faim.

La technique narrative est enlevé : après un prologue mettant en scène Nadine, deux narrateurs alternent. D'un côté, nous avons Anne, une jeune fille volontaire et cultivée, nourrie de romans d'aventures mais sevrée d'affection. Son père était un brillant savant, et préférait nettement ses études à sa fille unique. Sa mort la laisse sans un sou, libre enfin. Le second, un peu moins présent, est le très distingué Sir Eustache Pedler. Malencontreusement pour lui, il est le propriétaire du moulin dans lequel Nadine a été assassiné - et plus personne ne veut le louer. Il est presque aussi malheureux que lord Cartheram, le héros du secret des Chimneys. Presque ? Non, plus ! Il est affligé d'un, de deux, de trois, puis de quatre secrétaires, des personnes qui ne songent qu'à le faire travailler, et pas du tout à effectuer leur tâche en le laissant tranquille. Il envisage même d'écrire non plus ses mémoires, gracieusement enjolivées, mais les mémoires de ses secrétaires. Il aura fort à dire dans ce roman.

Anne prédomine, parce qu'elle a une forte tendance à s'attirer toute sorte d'ennuis fortement désagréable, dont la plus courante est la tentative de meurtre. Heureusement, Anne a beaucoup de chance, et parvient à s'en sortir sans trop de dommage à chaque fois grâce à la chance et à sa vivacité d'esprit hors du commun. C'est qu'elle a le caractère bien trempée, Anne, comme le confirmera l'épilogue du récit, et ce n'est pas une petite tentative de meurtres qui l'empêchera de démasquer le coupable et d'innocenter l'homme qu'elle aime - ne faut-il pas un peu d'amour dans un roman d'aventures ?

L'intrigue nous entraîne de Grande-Bretagne en Rodhésie, en passant par l'Afrique du Sud. Mon regrêt, au milieu de cette légèreté, est la vision très colonialiste qui est donnée de l'Afrique du Sud. Nous n'y croisons que des gentlemens bien civilisés, que rien n'empêchera de prendre leur thé, les "indigènes" sont tenus à distance, loin très loin.La sauvagerie, est, paraît-il, inhérante à ce pays, on ne peut rien y faire - discours qui m'ont particulièrement hérissés, même s'ils apparaissent en filigrane de l'intrigue principale.

L'homme au complet marron est un roman d'aventures policières d'un autre temps, à lire avec indulgence.

 

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Antoni : challenge God save the livre. 

Ma vingt-septième participation au Challenge Agatha Christie organisé par George. 


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28 avril 2012 6 28 /04 /avril /2012 21:40

 Napoleon.jpgEdition Le Dilettante - 212 pages et 6 pages d'annexe.

 

Mon résumé :

 

Le capitaine Pirate se prépare activement à l'élection du Pirate de l'année. Las ! Il échoue pour la douzième fois consécutive. Il décide alors de changer de vie et de se lancer dans l'apiculture. Cela tombe bien : son vieil ennemi Black Bellamy a justement une île à vendre, elle s'appelle Saint-Hélène.

 

Mon avis :

 

Je commencerai cet avis par un hors sujet total, autorisé par le caractère de ce livre, qui n'hésite pas à partir dans toutes les directions : Sainte-Hélène était le prénom d'une de mes aïeules, morte en couches à l'âge de 21 ans comme beaucoup de jeunes femmes à cette époque. Au milieu même d'une intrigue déjantée, le narrateur omniscient n'hésite pas à rappeler cette réalité tragique de la société victorienne.

Victorienne ? Eh, oui, le narrateur le rappelle assez souvent (et les personnages aussi) : nous sommes sous le règne de Victoria, personnalité préférée des anglais à cette époque.

Mais, ce n'est pas possible ! Victoria avait deux ans quand Napoléon est mort, elle ne régnait donc pas quand il a été emprisonné à Sainte-Hélène ! Je n'ai pas l'impression que ce petit détail ait beaucoup gêné le capitaine pirate, tout prêt à élever une statue en chips à sa souveraine bien-aimée.

Vous l'aurez compris, j'ai retrouvé ici l'humour noir, l'absurdité du premier volume (celui-ci est le troisième), les anachronismes également qui jalonnent une intrigue bien construite et pleine de rebondissement. Les aventures du capitaine pirate et de sa bande constituent un excellent divertissement que j'ai lu en un temps record (j'ai acheté ce livre cet après-midi même, à Rouen) et j'espère qu'elles auront autant de succès en librairie que le film qu'elles ont inspiré n'en a au cinéma. 


Challenge-anglais

Antoni : challenge God save the livre. 

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19 avril 2012 4 19 /04 /avril /2012 10:21

Traitre.gifédition Points - 446 pages.

 

Merci à Babélio et aux éditions Points pour ce partenariat.

Merci également pour le petit mot qui accompagnait le livre : cela fait toujours plaisir.

 

Quatrième de couverture :

 

Ils voulaient simplement faire une partie de tennis. Gail et Perry, jeune couple anglais en vacances dans les Caraïbes, échangent quelques balles avec d'autres vacanciers, une famille russe. Invités à leur soirée, ils deviennent malgré eux des émissaires de la Mafia. Les services secrets anglais sont à leur trousses. Pour s'en sortir, Perry n'a qu'une solution : devenir espion.

 

Mon avis :

 

J'ai un soucis avec les romans de John Le Carré. C'est le deuxième livre que je lis de lui cette semaine, et la même impression me poursuit : dès que je referme le livre, j'oublie aussitôt ce que j'ai lu. C'était très gênant pour la Constance du jardinier, car les personnages (surtout Tessa) étaient charismatiques. Cela l'est moins pour un traître à notre goût.

Je vous rassure, ce livre a de grandes qualités. La narration est particulièrement virtuose. L'auteur change de point de vue fréquemment, enchâsse le récit principal de retours en arrière, nous fait pénétrer à la fois dans les arcanes des services secrets, qui ont connu un coup de mou entre la fin de la guerre froide et le 11 septembre et dans ceux de la Mafia russe. Le profit est roi, et de l'argent blanchi est de l'argent utile, n'est-ce pas ? J'ai beaucoup aimé les chapitres consacrés à Hector et à sa lutte contre Matlock, avec Luke en arrière-garde. J'ai reconnu certains thèmes qui apparaissaient déjà dans La Constance du jardinier, ses images obsédantes d'innocents massacrés non pas gratuitement, mais pour l'argent. J'ai aimé aussi que ses espions soient humains, dotés de problèmes qui parasitent leur métier. Hector n'a-t-il pas fait aménager son emploi du temps pour.  rendre visite à son fils emprisonné deux fois par semaine ?

Malheureusement, les autres personnages ne sont pas à la hauteur. Je commencerai par le couple d'anglais. Perry est tout bonnement insupportable. Monsieur, qui a la chance d'avoir un poste à Oxford, veut enseigner à des élèves qui ont vraiment besoin de lui. Des idéalistes comme lui, j'en ai croisé sur mon chemin, et ils ne résistent pas longtemps à la réalité. Gail, sa compagne, est tout bonnement insupportable. Elle a toutes les qualités, elle a une magnifique carrière, elle aura peut-être un enfant de Perry, qui en veut entre un et six. Bref, elle pourrait me faire penser à Tuppence Beresford - l'intelligence, le panache et le brio en moins, ce qui fait beaucoup au final.

En effet, je n'arrive pas à croire une seule seconde qu'un mafieu russe surpuissant et acculé ait pu voir dans ce couple de bobo son seul espoir de changer de vie en toute impunité, de contacter les services secrets, etc,etc. Pour un peu, je dirai qu'il regarde trop la télé, ce qui paraît invraisemblable eu égard à tout ce qu'il a enduré, lui, sa femme, son meilleur ami, la mère de Natacha (et j'ai envie d'ajouter à nouveau etc, etc,....).

Parlons-en, de Natacha. Elle avait tout pour être un personnage romanesque de premier plan : sa mère a été assassinée par son mari jaloux, son père biologique l'a élevé avec sa femme légitime, elle vit un amour interdit. Sauf que cette amour n'est rien moins qu'une romance de gare, telle que je pourrai croire qu'on en écrit plus depuis cinquante ans. Quant à l'attachement de Gail à son égard, c'est louche. Parce qu'elle-même a traversé la même "épreuve" des années plus tôt. Mouais. Là non plus, je n'y crois pas une seconde.

Un traître à notre goût est pour moi un rendez-vous raté avec John Le Carré.

 

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Antoni : challenge God save the livre. 

Le challenge Voisins voisines organisé par Anne.Logo-Voisins-Voisines-Calibri-noir-cadre-blanc


 


 


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19 avril 2012 4 19 /04 /avril /2012 08:59

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A l'occasion du mois Anne Perry sur le blog d'Aymeline, voici des avis écrits avant que je tienne mon blog. Je ne les ai pas retouchés. Je tiens à préciser que j'ai lu d'autres livres d'Anne Perry (Silence à Hanover Close, Passé sous silence, La marque de Caïn....) sans avoir jamais écrit d'avis à leur sujet.

 

Ressurection Row (Thomas et Charlotte Pitt, tome 4).


Row.jpgJe ne lis pas les enquêtes de Thomas Pitt et de sa femme Charlotte dans l’ordre. Après avoir lu L’incendiaire de Highgate et L’étrangleur de Carter Street, j’ai lu Resurrection Row, quatrième volume de leurs enquêtes et je dois dire que je n’ai pas été déçue. Nous sommes plongés immédiatement dans le feu de l’action, insolite, macabre, avec Pitt lui-même. Son enquête, pour laquelle il va devoir tout d’abord lutter, juste pour qu’elle ait réellement lieu, va le mener de très respectables salons aux plus sordides taudis, sans qu’il se départisse de sa volonté de découvrir la vérité et d’aider les plus démunis (même si cela doit causer de légers retards dans son enquête). Il faut dire qu’il a fort à faire avec un assassin qui prend plaisir à brouiller les pistes et à semer derrière lui de macabres fausses pistes. J'ai passé un très bon moment avec les héros d'Anne Perry et je pense recommencer très bientôt.

 

L'incendiaire de Highgate (Thomas et Charlotte Pitt, tome 11).


IncendiaireL'incendiaire de Highgate était le seul volume disponible à la bibliothèque municipale). J’ai été frappée d’abord par la méticulosité avec laquelle l’enquête est construite, le soin avec laquelle les descriptions sont écrites : j’ai vraiment cru me trouver au milieu de l’incendie de Highgate. Si j’ai un peu décroché quand le narrateur a laissé de côté Thomas Pitt pour s’attacher aux pas de Charlotte, ce ne fut que très momentané. Grâce à elle, le lecteur découvre la société anglaise victorienne de manière intime, des maisons les plus cossus aux taudis les plus infâmes, ce qui est nécessaire à la compréhension des mobiles du crime. Un solide roman policier, qui m’a donné envie de lire d’autres romans de cette auteur.

 

 

 

 

 

Meurtres sur les docs (William Monk, Tome 14)

 

Docks.jpgCe roman d’Anne Perry ne met pas en scène Thomas Pitt et sa femme Charlotte mais un autre détective, William Monk et sa femme Hester. De nombreuses différences existent entre les deux couples. La première, et de taille, est que William Monk est devenu amnésique à la suite d’un accident, et qu’il est à la recherche de son passé. La deuxième est que William n’est pas policier, mais détective privé. La troisième est que, si Thomas Pitt a accès à la bonne société anglaise grâce à sa femme, William, lui côtoie tous les bas-fonds de Londres avec Hester, qui dirige une clinique pour soigner les prostituées.
Au début, l’intrigue se divise en deux parties : d’un côté, Monk enquête sur le vol d’une cargaison d’ivoire, et découvre la rude vie des marins dans les docks. Cette partie ne me passionnait guère, je préférai nettement la vie quotidienne d’Hester, l’énergie qu’elle et ses amies (je ne peux pas dire « ses employées » car elles sont toutes des bénévoles) déploient pour soigner dans la clinique ces femmes qui souffrent, vivent et meurent à cause de la prostitution. Anne Perry, par le biais de ce personnage charismatique ou encore par ceux de Margareth, jeune fille bien née, et de sir Olivier Rathbone, sonde l’hypocrisie de la société victorienne bien pensante, et les difficultés rencontrées pour ébranler cette bonne conscience indifférente. Le seul lien entre ces deux parties est l'armateur Clément Louvain, l'employeur de Monk, qui confie une jeune femme malade aux bons soins d'Hester.
Ce n’est qu’au moment où l’enquête semble résolue qu’une nouvelle énigme, qui réunit les deux intrigues du roman, surgit, beaucoup plus palpitante. Le rythme du récit s’accélère, les personnages qu’Anne Perry nous a si longuement présentés passent alors à l’action et l’enquêteur, maladroit au début, se transfigure dans l’urgence. Le final, qui semble écrit dans l’urgence (l’apaisement, une fois le danger écarté, est impossible) conclut amèrement cette œuvre en demi-teinte.

 

 

Je n'ai garde d'oublier des avis déjà parus :

Le mystère de Callander Square (série Pitt, tome 2)

Pentecost Alley (Thomas et Charlotte Pitt, 16)

 Ashworth Hall (Thomas et Charlotte PItt, 17)

Brunswick Gardens (Thomas et Charlotte Pitt, 18)

La conspiration de Whitechapel (Thomas et Charlotte Pitt, 19)

 

Je consacrerai un autre billet aux enquêtes de Noël.

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14 avril 2012 6 14 /04 /avril /2012 17:28

jardinier.jpgédition Points -  516 pages.

 

Mon résumé :

 

Le diplomate Justin Quayle est affecté à Nairobi, Kenya, au haut commissariat britannique. Tessa, son épouse est retrouvée assassinée dans sa Jeep près du lac Turkana. Le médecin africain Arnold Bluhm qui l'accompagnait, et que la rumeur considère comme son amant, est porté disparu. Deux policiers venus de Londres interrogent Justin, soupçonné d'avoir placé un contrat sur la tête de sa femme et de l'amant de celle-ci. Finalement disculpé, il rentre à Londres en ayant soustrait aux autorités une partie des documents de Tessa. Il décide de se lancer à la recherche des assassins.

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Challenge la littérature fait son cinéma par Will

défi jusqu'au 5 avril 2013

Mon avis :

 

J'ai eu du mal à commencer ce livre, puis à le lire, puis à relire le début parce que j'avais tout oublié ou presque. Oui, je sais, ce n'était pas brillant. Pourtant, ce livre est très bien écrit, très soigné, très châtié, comme ses diplomates britanniques qui font tout pour qu'aucun scandale ne vienne compromettre leurs relations commerciales avec les états africains.

Mon soucis est que je pensais constamment à l'excellent roman La quatrième plaie de Patrice Bard (si vous ne l'avez pas lu, je vous le recommande). Celui-ci parle du même sujet, mais pas seulement, avec une force et une justesse qui ne souffrent pas la comparaison.

Bref, je reviens au sujet de mon billet, la constance du jardinier, même si l'écriture de ce billet s'avère aussi ardue que sa lecture. Les points de vue se multiplient, alors que j'aurai aimé que nous ne connaissions que celui de Justin.

La constance du jardinier est le roman d'une absence. Celle de Tessa. Il serait faux de dire que de son vivant, Justin ne l'aimait pas. Son amour était au contraire si absolu qu'il lui vouait une confiance absolue, respectant chacune de ses décisions, ne remettant jamais en cause sa parole. Et l'amour de Tessa ? Absolue lui aussi, puisqu'elle a tout fait pour le protéger. Maintenant qu'elle est morte, il ne se contente pas de cultiver précieusement chaque souvenir qu'il a d'elle, ou de partir à la recherche de ceux qui l'ont connue et aimée. Il veut littéralement comprendre pourquoi elle a été tuée et poursuivre ce qu'elle et son inséparable ami avaient entrepris.

La constance du jardinier, ou le chant d'amour et de mort de Justin à Tessa.

 

 

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1 avril 2012 7 01 /04 /avril /2012 14:59

Maurice.jpg

édition Actes Sud - 130 pages.

 

Mon résumé :

 

La narratrice est au soir de sa vie. Pourtant, elle se souvient de ses années de jeunesse, au château de Bruhl dont son père était le gouverneur. Elle venait de le rejoindre après avoir vécu dix ans chez une vieille tante. Un jour, un mystérieux prisonnier fut amené : monsieur Maurice.

 

Mon avis :

 

Un premier amour ne s'oublie pas et jamais la narratrice n'a oublié monsieur Maurice. N'allez pas croire qu'il se soit passé quoi que ce soit de scabreux entre ce jeune homme et la jeune narratrice âgée de dix ans. Pourtant, c'est bien de l'amour qu'elle a éprouvé pour cet homme, retenu prisonnier sur ordre du roi de Prusse. Pourquoi emprisonner ce français, qui serait bien mieux rendu à son pays ? Nous sommes dans les premières années de la Restauration, et le souvenir de Napoléon est encore bien vivace, tout comme la menace qu'il a exercée sur l'Europe. Monsieur Maurice (nous ne saurons jamais sa véritable identité) était bonapartiste, peut-être même l'a-t-il aidé après son évasion de l'île d'Elbe. Là non plus, nous ne saurons pas.

Ce que nous saurons, et c'est largement suffisant, est que le prisonnier, tout comme son geolier involontaire, est un homme d'honneur mais aussi un homme à la santé fragile qui ne supporte pas l'enfermement. Vous vous attendez à un affrontement entre le prisonnier et son geolier ? Il n'y en aura pas. Le père de la narratrice se retrouve lui aussi prisonnier des conditions de plus en plus drastiques d'enfermement du prisonnier, conditions qui cachent elles aussi un mystère.

Ce court roman met en scène des personnages aux prises à des forces et à des intérêts qui les dépassent. Dans toute autre oeuvre, l'issu aurait été tragique, dramatique. Le tour de force d'Amélia Edwards est d'utiliser les ressorts du fantastique pour nous amener vers une fin qui, si elle n'est pas complètement heureuse, est du moins fort émouvante. Certains diront peut-être "niaise", ou alors "pas crédible".Le fantastique n'a pas à être crédible, mais à maintenir le doute. Il n'a pas non plus à être tragique.

 

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Biographie de l'auteur : Amelia Ann Blanford Edwards est née en 1831. Elle avait sept ans quand son premier poème fut publié, douze à la publication de sa première nouvelle : la carrière littéraire s'ouvrait à elle. Elle s'est fait connaître par ses travaux archéologiques (elle fut la première secrétaire de l'Egypt Exploration Fund) que par ses romans. Grande voyageuse, docteur honoris causa de nombreuses universités américaines, elle est morte des suites d'une mauvaise grippe en 1892.


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Antoni : challenge God save the livre. 

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30 mars 2012 5 30 /03 /mars /2012 16:27

Vita

 

édition Le livre de poche - 126 pages.

 

Présentation de l'éditeur :

 

Lorsque le narrateur apprend, à Londres, la mort de son oncle Noble Godavary, il n'entretient plus que des liens très distants avec ses racines. Pour l'enterrement et l'ouverture du testament, il retrouve La Grange, le cottage familial où repose son oncle, les autres membres de la famille et surtout sa cousine Paola...

 

Mon avis :

 

Le titre français est trompeur : en VO, the death of Noble Gadavary déplace le centre de ce court roman. Pourtant, Paola est bel et bien l'héroïne de ce texte, bien plus que son père ou que le narrateur du roman, son cousin et comme toute bonne héroïne, son entrée est retardée dans l'action.

D'elle, avant son apparition, nous ne connaissions que le jugement de son cousin, et le portrait dans le journal local - Noble Gadavary et sa famille vivent dans un coin perdu de l'Angleterre.

Les codes de la nouvelle sont respectées. L'action est resserrée sur trois jours. Du passé, nous en saurons très peu, mis à part le remariage de Noble avec une italienne et la naissance de leur fille Paola. Du temps de l'écriture, moins encore, si ce n'est l'empreinte que ces trois jours ont laissé sur la vie de Gervase, le narrateur. Les personnages sont peu nombreux, et aucune intrigue secondaire n'est développée.

Curieuse famille que celle des Gadavary, où l'on ne dit rien, non parce que l'on se connaît si bien qu'il est possible de se comprendre à demi-mot, mais parce que la dissimulation et le mensonge sont devenus une seconde nature, y compris dans les actes les plus banals de la vie quotidienne. Certes, nous ne savons pas pourquoi cette famille est ainsi, mais ce n'est pas génant pour le déroulement de l'intrigue. J'aurai pu croire qu'un personnage au moins de l'intrigue serait là pour racheter les autres, mais même pas, entre l'amoureux transi qui ne se déclare pas et le couple illégitime qui se cache, si je n'excepte ce personnage secondaire qu'est Julia, la domestique toute entière dévouée à ses maîtresses. Paola, certes, paraît franche - mais pour quelle raison ? Surtout, elle ne craint nullement les répercussions de ses paroles ou de ses actes.Gervase la juge froide, l'est-elle réellement ? Paola est un mystère que nul ne percera.

Ce qui me restera de cette lecture est une impression de froideur, de grisaille, comme si la nouvelle toute entière s'était déroulée sous la pluie. Je retiens un temps fort néanmoins : l'union entre les hommes et leurs chiens.

Paola est pour moi une première approche de l'oeuvre de Vita Sackville-West, que je poursuivrai avec Toute passion abolie.

 


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