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11 juillet 2011 1 11 /07 /juillet /2011 22:12

Pour la première fois, je m'inscris au concours STAR organisé par Liyah.

Voici le logo :

concours-star.jpg

 

Le but de ce concours STAR (Stop Talking and Read) est simple : lire le plus de pages possibles entre le 15 juillet et le 14 août minuit, se motiver entre nous à lire et, si possible, faire baisser notre pal (vu son état, ce ne serait pas du luxe). A ceci s'ajoute une autre motivation pour moi : mesurer le nombre de pages que je lis effectivement en un mois. Déjà que j'ai du mal à compter combien de livres sont consommés mensuellement, mais le nombre de pages promet d'être assez comique. Je crois que je créerai un fichier exprès.

 

Si vous souhaitez nous rejoindre (nous sommes déjà quelques-unes, Syl, Azilis, etc...), n'hésitez pas, rendez-vous sur le blog de Liyah et inscrivez-vous : les inscriptions se terminent le 14 juillet à minuit. Cliquez ici !

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11 juillet 2011 1 11 /07 /juillet /2011 12:00

Yamina.jpgéditions Hélium - 92 pages.

 

Quatrième de couverture :

 

Avant chaque journée rude et péniblement longue, les esclaves rejoignaient le terrain en attendant les ordres du maître. Alors que Tommy parcourait le terrain de long en large, il découvrir dans un coin un chou dont les feuilles étaient toutes flétries; Tommy savait qu'il ne pouvait retirer ces feuilles avec les mains, c'était la règle numéro 4. Alors il eut l'idée de le faire rouler en le poussant avec le plat du pied.

 

1863. Comment sans une plantation aux États-Unis un jeu avec un chou permet à des maîtres de s'enrichir, à des esclaves de gagner leur liberté et à un médecin solitaire de trouver la compagnie des hommes.

 

Un premier roman sur l'esclavage et la formation du collectif, une fable lumineuse et puissante sur la liberté.

 

Mon avis :

 

Mon premier livre de l'été sur le football et le second sur l'esclavage. Je laisse de côté ce classement thématique abrupte, pour revenir à ce roman. La structure narrative en est curieuse : le prologue et l'épilogue entourent un récit qui prend place au même endroit, mais quelques années auparavant, alors même que le personnage principal de ce prologue soignait tant bien que mal les blessés sur les champs de bataille de la guerre de Sécession.

 

Autre point commun : les choux. Ils vont devenir les instruments de libération des esclaves de la plantation de coton, dans des parties de "chouball", enjeu de paris pour les riches propriétaires. Les esclaves n'ont pas de droits, juste des règles à respecter, sous peine de châtiment. Ils planeront longtemps sur eux avant de tomber, injustes et choquants.

 

Ce récit central est parfaitement équilibré. La voix du narrateur omniscient se fait entendre, annonçant ainsi les aspirations des personnages. J'ai un peu décroché dans les parties de "chouball". Je ne connais strictement rien au football, que ce soit aux stratégies mises en places, ou aux sensations ressenties par les joueurs, seul un "footeux" pourrait confirmer ou infirmer cette partie du texte. Certains scènes (la punitions des esclaves, l'incendie) sont difficiles mais pas insoutenables. Le dénouement ouvre un horizon apaisé, presque heureux.

 

Yamina Benahmed Daho est une auteur à suivre.  

 

  Je joins ce morceau d'Otis Redding, parce que je trouve qu'il sonne juste avec la tonalité du roman.

 

 

 

 

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11 juillet 2011 1 11 /07 /juillet /2011 09:22

Carnet-noir.jpgéditions Folio - 464 pages.

 

Mon résumé :

 

L'inspecteur Rébus n'a pas de chance, vraiment. Alors qu'il était dans son salon de massage préféré en train de lire la Bible, occupations saines pour le corps et pour l'esprit, voilà qu'un homme entre en titubant dans le susdit salon : il vient d'être agressé. A cette enquête qui n'en est pas encore tout à fait une - le jeune homme se montre assez récalcitrant , se joint une opération d'envergure destiné à faire tomber - ou plutôt à essayer de faire tomber - un caïd écossais bien connu. N'oublions pas que le docteur Patience, petite amie de John Rébus, l'a mis à la porte (lui et ses affaires) et que c'est justement le moment que son petit frère choisit pour s'incruster chez lui, après sa sortie de prison. Challenge-anglais

 

Mon avis :

 

J'ai adoré ! Et pourtant, je ne l'ai pas lu dans des conditions de lectures optimums. Plusieurs enquêtes se mêlent en tre elles, sans qu'au début il soit vraiment possible de voir les liens entre elles - même pas avec le prologue, qui avait pourtant donné une tonalité assez sombre au roman. Il faut dire que l'inspecteur John Rébus est un personnage fascinant. légèrement désinvolte, bourré d'humour, comme le prouve ce dialogue avec le sergent Brian Holmes, qui sort tout juste du comas : 

- Dites-moi, je suis atrocement défiguré et personne n'ose me le dire ?

- Non, vous êtes aussi moche qu'avant.

Je ne doute pas que ces propos dissimulent sa sensibilité, car il s'en prend, des coups, l'inspecteur Rébus, au cours de ces enquêtes. Je ne parle même pas des bâtons dans les roues que certains lui jettent comme à plaisir. Je compte les multiples agressions dont sont victimes ses proches, et une tentative mal orchestrée pour le mettre définitive hors de la course. Autant dire que ses adversaires le connaissent vraiment très mal. Sortir une affaire classée, risquer la suspension, être suspendu (comme son frère) et poursuivre son but malgré tout, quitte à utiliser à bon escient quelques connaissances semblent le quotidien de ce cher Rebus. Kiltissime 1

 Ce policier atypique est aussi l'occasion de nous montrer l'ennuyeux travail de routine des policiers, et la rivalité entre Rebus et son collègue Flower. L'ensemble des policiers compte alors les points, et l'avantage revient dans cette affaire à John.

Bien sûr, la part belle est faite à l'Ecosse, sa gastronomie, ses problèmes. Les bookmakers s'enrichissent, les restaurateurs sont fans d'Elvis, les bouchers font des heures supplémentaires, et les matchs de football déchaînent aussi les passions.

J'ai très envie de me plonger dans une nouvelle enquête de Rébus.

 

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10 juillet 2011 7 10 /07 /juillet /2011 21:41

Trouville.jpgéditions l'Ecole des loisirs - 67 pages

 

Mon résumé :

 

Maurice (nommé ainsi en l'honneur de son grand-père) a attrapé la scarlatine et personne ne peut le garder, sauf sa grande-tante Willa, qui habite Trouville. Elle a aussi la réputation d'avoir un sale caractère.

Voici donc Maurice à Trouville, avec Willa, Michel - une boule de poil identifié comme un chien - et un ancien palace à explorer.

Challenge youg adult

 

Mon avis :

 

J'ai adoré la lecture de ce court roman. Le postulat de départ abracadabrant (maman et papa sont trop occupés pour veiller sur le fiston malade), c'est dire si Malka Ferdjoukh a du talent pour le retourner et baser sur lui un récit qui apporte une bouffée d'air frais à la littérature jeunesse actuelle. Alors :

-i vous aimez Trouville, son hotel des Roches Noires, ses villas et son atmosphère.

- l'humour, même dans des situations qui ne prêtent pas forcément à sourire.

- les chiens qui ne ressemblent à aucun chien reconnu.

- les bouffées de nostaligie.

- les histoires d'amour qui traversent le temps.

lisez ou offrez Trouville palace.

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9 juillet 2011 6 09 /07 /juillet /2011 10:47

Club.jpgéditions L'école des loisirs, collections Médium - 72 pages.

 Quatrième de couverture :

 

Martin et ses amis se doutaient bien que cela arriverait un jour, que l'un d'entre eux finirait pas se faire tabasser, simplement à cause de sa façon de s'habiller ou de ses bizarreries. Cela aurait pu tomber sur Bakary, tellement bon en maths qu'il énerve tout le monde ; sur Fred, le musicien, qui se teint les cheveux en vert ; ou même sur Martin, particulièrement doué pour l'ironie. Finalement, c'est arrivé au plus gentil d'entre eux, à Erwan, le bricoleur de la bande., dont le seul tort est de porter un costume et une cravate. Et c'est comme si cette agression avait blessé les trois autres. Au collège, ils deviennent encore plus distants. La moindre injustice met leurs nerfs à vif. la colère circule en eux, leur donnant une énergie folle ! ils veulent agir, mais à leur manière, forcément particulière.

 

Mon avis :

 

Voilà un étrange roman sur lequel je dois écrire mon avis. En dépit de sa brièveté, je ne me suis pas sentie très à l'aise avec ses personnages, sans doute à cause de leur fameuse "inadaptation". En quoi consiste-t-elle ? Difficile à dire - le fait qu'ils s'habillent avec soin et que, du coup, ils sont persécutés par les autres élèves ? Je n'en ai pas tellement vu les preuves, si ce n'est qu'Erwan a été agressé à son retour du collège, sans que l'on sache très bien par qui ni pourquoi.

 

Le ton de Martin, le narrateur, m'a aussi dérangé. Il se définit comme ironique - rarement personnage de romans se sera jugé avec autant d'acuité. Cependant, tant d'ironie chez un personnage aussi jeune, tant de pessimisme aussi ne me paraît pas normal. Il serait question d'aborder l'avenir avec optimisme grâce à ce roman. Où est la confiance en l'avenir, quand le narrateur dit  : "j'avais l'impression que depuis l'enfance on nous mithridatisait contre la tristesse et le renoncement. Notre corps et notre esprit allaient s'habituer à ces poisons, à tel point qu'un jour nous ne réagirions plus quand les choses terribles arriveraient. Nous ne réagirions plus à nos vies. la tristesse et l'ennui ne seraient plus ni tristes ni ennuyeux, ils seraient notre normalité, notre quotidien. "p. 44-45. Challenge youg adult

 

Bien entendu, je n'ai pas non plus aimé le point de vue donné sur les professeurs - alcooliques et passionnants ou sobres et ennuyeux, il faut choisir - car rien n'est aussi simple dans l'éducation nationale. Je passe également sous silence d'autres points qui m'ont dérangé (pas la peine de m'énerver pour un livre). Le père est bien sûr absent. Pardon ! Ce grand médecin, qui consulte en pyjama, chatte tous les soirs sur internet avec son amie virtuelle, et est soucieux de donner une bonne éducation à son fils. Rendons-lui justice : en cas de soucis, il est efficace. Je n'ai pas non plus été émue par la relation que le narrateur entretient avec sa mère défunte (je crois que je vais commencer à compter le nombre de romans de littérature jeunesse dans lesquels les jeunes héros vivent dans des familles monoparentales).

 

Leçon de vie, oui, le temps fait évoluer les choses, mais lentement, les adolescents les plus malheureux seront sans doute des adultes heureux et vice-versa, le tout est de trouver des moyens de surmonter les injustices, même de manière virtuelle. Je ne suis toujours pas convaincue par ce récit et n'étant pas convaincue, je ne saurai convaincre mes élèves de le lire.

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8 juillet 2011 5 08 /07 /juillet /2011 12:16

chats 025

Pour ma seconde participation au challenge Challenge "Vie de château" , je vous présente un téléfilm en deux parties qui offre un autre point de vue sur le personnage de madame de Maintenon : L'allée du roi, réalisé par Nina Companeez en 1996 et adaptée de manière très fidèle du roman éponyme de Françoise chandernagor.

 

Ici, madame de Maintenon est non seulement le personnage principal mais aussi la narratrice du téléfilm. Elle commente ainsi les différents événements de sa vie, non sans ironie parfois. Ne dit-elle pas qu'elle est née "sur la paille" (sans jeu de mots).

 

Françoise d'Aubigné a souffert. Famille protestante, ruinée. Mal aimée par sa mère, qui lui préférait son frère aîné, mort tragiquement. Recueillie par une tante bigote qui ne rêve que d'en faire une bonne religieuse. La première partie ne nous montre pas une irrésistible ascension, elle nous rend attachante cette petite fille mal aimée, mal fagottée qui a préférée épouser un infirme plutôt que s'enfermer dans un couvent, un  infirme qui avait su reconnaître l'intelligence de cette gamine timorée et l'initier à la vie des salons parisiens. Allee.jpg

 

Françoise (Dominique Blanc) est jeune, amoureuse, loin de l'image austère de madame de Maintenon. Amoureuse déçue, car pour son amant (Samuel Labarthe), elle est de trop basse extraction pour qu'il envisage de l'épouser. Bien sûr, je n'ai pas pu m'empêcher de sourire, sachant qui daignera l'épouser, en dépit de sa "basse extraction".

 

Françoise veuve Scarron découvre Versaille grâce à son amie Bonne d'Heudicourt (Raphaeline Goupilleau). Bien sûr, la scène que je me passe et repasse est le ballet, au château de Versaille, où le roi fête sa double victoire : sur le champ de bataille mais aussi dans le lit de la marquise de Montespan. La musique qui illustre le ballet n'est autre que la passacaillle d'Armide :

 

 

Moment intéressant, car pour la première fois, le regard du roi croise celui de Françoise Scarron. Une future proie ? Pourtant, la jeune femme n'a pas vraiment le profil des conquêtes royales et c'est un tout autre rôle qu'elle jouera, dans l'ombre : gouvernante des enfants que Louis XIV ne peut reconnaître, puisque Françoise-Athénaïs de Montespan (Valentine Varela, fille de la réalisatrice). Vie de l'ombre, vie douloureuse (l'aînée mourra, le second, futur duc de Maine, ne marchera que grâce aux soins patients de Françoise Scarron), vie de mère par procuration - dans ce film, Louis XIV voit d'abord Françoise Scarron comme une mère pour ses enfants, bien plus que leur mère biologique ne l'a été.  

 

La deuxième partie s'ouvre sur une reconnaissance : le roi a trouvé moyen de reconnaître ses enfants (Madame de Montespan en mettra huit au monde) et Françoise Scarron, qui est restée leur gouvernante, vit désormais à la cour avec eux. La Montespan, que ses nombreuses grossesses ont épaissi, n'est pas avare en piques et autres pointes, autant dire que la transformation de la veuve Scarron en madame de Maintenon lui reste en travers de la gorge, d'autant plus que les trahisons du roi (la trop belle Angélique de Fontanges) se multiplient.

 

Le temps n'est plus aux réjouissances, l'affaire des poisons éclatent. Madame de Maintenon fonde Saint-Cyr, qui est son enfant, elle a ainsi un visage plus humain que dans le film de Patricia Mazuy.

 

Que lui reste-t-il, maintenant qu'elle est au sommet ? Se conformer aux bons plaisirs du roi, et l'épauler en toutes circonstances. L'ombre recouvre Versaille, les déceptions suivent, les défaites, les deuils se succèdent, tout d'abord sans rien changer (le chagrin ne dure jamais à Versaille), puis deviennent de plus en plus pesant, surtout quand le plus puissant souverain d'Europe n'a plus qu'un frêle enfant pour héritier. Louis XIV meurt, et Madame de Maintenon se retire à Saint-Cyr. Ce n'est qu'à la fin que le titre prend tout son sens. chateau16

 

Je ne suis pas particulièrement fan des dernières productions de Nina Companeez (j'ai zappé A la recherche du temps perdu et pas vraiment apprécié La poursuite du vent, la série qu'elle réalisa juste après L'allée du roi), pourtant j'ai une tendresse particulière pour cette oeuvre, l'une des rares à montrer l'intimité du souverain en dehors des "représentations" de la Cour.  

 

Ma prochaine étape dans le challenge sera la lecture des tomes 7, 8 et 9 des Colombes du roi Soleil d'Anne-Marie Desplat-Duc. J'ai lu les six premiers tomes (avant de tenir mon blog), je ne vais pas m'arrêter si près de la fin de la série

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7 juillet 2011 4 07 /07 /juillet /2011 17:52

La-conspiration-de-Whitechapel.jpg

Quatrième de couverture :

 

Printemps 1892. John Adinett, un membre respecté de la haute société londonienne, est jugé pour le meurtre d'un de ses meilleurs amis. Le commissaire Thomas Pitt, chargé de l'enquête, est appelé à témoigner. Mais à l'issue de ce bien étrange procès, le voilà trâiné dans la boue, démis de ses fonctions et exilé dans un des quartiers les plus sordides de Londres. Seule sa femme, l'intrépide Charlotte, sera capable de reprendre l'enquête de son cher mari afin de sauver sa carrière et sa vie des griffes du mystérieux et puissant Cercle Intérieur... Des somptueux salons de l'aristocratie aux taudis de L'East End, Anne Perry n'a pas son pareil pour faire le portrait d'une société victorienne gangrenée par l'injustice sociale et au bord du chaos.

 

 Challenge-anglais 

 

Mon avis :

 

Ce roman marque une étape importante dans la vie de Pitt. Sa carrière a souvent été en danger, car il n'a jamais eu peur de chercher la vérité, y compris dans la haute société mais jamais elle n'a été réduite à néans comme dans ce volume. Pire, s'il parvient à sauver un semblant d'emploi dans la police, et à assurer ainsi la subsistance de Charlotte et de leurs deux enfants, il  se trouve exilé dans un quartier sordide, autant pour le punir que pour chercher à le protéger - aller comprendre les méandres de la justice des hommes.

 

C'est au moment de cette disgrâce que se mesure la solidité des attachements noués : jusqu'où iront ses proches pour le réhabiliter ? Je ne parle pas de Charlotte, dont le soutien indéfectible à son mari n'est pas un mystère - elle est déjà bien occupée avec sa maison et ses enfants. Je parle de son adjoint, avec lequel il ne s'est pas toujours entendu, je parle de Grâce, la petite bonne que lui et Charlotte ont recueilli et bien sûr, de la tante Vespasia, qui voit revenir un homme qu'elle a passionnément aimé dans sa jeunesse.

 

Ce qu'ils vont découvrir ? Rien moins l'identité de Jack l'éventreur. Vous me direz sans doute que des dizaines de théories se sont succédées,sans jamais apporter quelque chose de véritablement nouveau. Là, tout est différent car tout se tient, du début et à la fin, et fait bien plus froid dans le dos que la théorie d'un tueur isolé. Elle prend place dans une Angleterre en crise : la reine Victoria se cloître dans son palais, toujours en deuil de son mari, le mécontentement n'est plus seulement populaire, il gagne les hautes sphères, proches du pouvoir, et il suffirait d'une étincelle pour que tout explose - au propre comme au figuré.

 

La fin du roman ne résout pas tout : si le calme est revenu en apparence, bien des illusions auront été perdues et Thomas Pitt s'est fait un nouvel ennemi.

 

 

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6 juillet 2011 3 06 /07 /juillet /2011 19:33

Soeur blancheéditions romans du monde - 110 pages.

 

Quatrième de couverture :

 

Pointe de la Bretagne, Youenn n'a que 15 ans en ce début de 19e siècle. il doit pourtant fuir la terre où il est né : il vient de tuer le châtelain voisin, qui tentait d'abuser de sa jeune soeur. Il débarque aux Antilles et découvre l'esclavage. une autre forle de soumission qui le révolte... Mais comment agir contre l'opression ? Et comment faire oublier la blancheur de sa peau ? Un jour, comme il l'avait fait pour sa propre soeur, Youenn se met en danger pour sauver une jeune fille noire.

 

Mon avis :

 

Si vous avez aimé Les clients du bon chien jaune de Pierre Mac Orlan, alors vous aimerez ce roman de littérature jeunesse à l'écriture soignée. Je me croyais, au début du roman, dans les pas d'Yves-Marie : Brest, et le quartier de Kéravel, les forçats qui éduquent le jeune Youenn. Là s'arrête le point commun. Youenn a la maturité de ses quinze ans, suffisamment de jugements pour comprendre la disproportion entre le châtiment et la faute commise par "le philosophe", son meilleur instructeur. Il effectue aussi le chemin inverse d'Yves-Marie, puisqu'il revient au pays pour retrouver sa mère et sa soeur, servantes toutes deux.

 

Youenn a du jugement, pourtant il écoute son impulsion et son courage en se portant au secours d'une jeune fille, qu'il reconnaît pour être sa soeur. C'est la première fois que sa vie est bouleversée par un acte de courage insensé, ce n'est pas la dernière. Il doit sa survie à sa débrouillardise et embarque, à nouveau.

 

Je ne qualifierai pas ce voyage initiatique, car Youenn a déjà des idées bien arrêtés, et s'il cite la déclaration universelle des droits de l'homme, il n'est pas un Candide quand il découvre l'esclavage (et les conditions de vie des esclaves), ni un contemplatif. Il a le tort (mais en est-ce vraiment un ?) de toujours écouter son sens de la justice. Challenge youg adultSon ami Job est plus préoccupé par ses intérêts personnels - ce qui ne l'empêche pas de se comporter comme un véritable ami. Plus âgé, plus soucieux de son confort que de modifier l'ordre des choses (ses années de navigation ont été rudes), il restera sur l'île, pour des raisons différentes.

 

Soeur blanche, soeur noire est un roman d'aventures superbement illustré, où la fin n'est que le début d'une nouvelle aventure. Mon léger bémol (mais en est-ce vraiment un ?) est que le vocabulaire est un peu difficile pour de jeunes lecteurs.

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6 juillet 2011 3 06 /07 /juillet /2011 07:07

sardo.jpgMerci à Newbook et aux éditions First pour ce partenariat.

 

Logo_Partenariats_News_Book.png

 

Mon avis :

 

Mon expérience de la littérature italienne est plutôt faible si je dois la comparer à mon expérience de l'opéra italien. Je n'ai guère lu (récemment) qu'Alberto Moravia, Federico Moccia, Susanna Tamaro, Curzio Malaparte et, bien sûr, Andrea Camilleri, qui m'a offert mon seul contact littéraire avec la mafia.

 

Dans les nuits de Favinio, il est principalement question de cette organisation, vu d'un point de vue très particulier : celui d'un tout jeune gardien de prison, chargé de surveiller des fin de peine jamais. Il n'a pas choisi ce métier, il effectue son service militaire de neuf mois sur l'île de Favonio et le roman s'ouvre avec sa première nuit de garde, qui sera ponctuée par un événement tragique (le premier, mais pas le dernier). Les nuits désignent non seulement ses tours de garde, mais aussi le temps qu'il passe à noircir ses cahiers où il note ses souvenirs, ses impressions. Sa découverte de ce milieu éclipse peu à peu sa vie d'avant, et même son histoire d'amour avec la sensuelle Nella.

 

Nous assistons ici à une conception de la Mafia "à l'ancienne". Certes, la guerre des clans existent, personne ne le nie, mais les mafieux ont un code de l'honneur et sont attachés à le faire respecter. Pas de meurtres d'enfants, pas de meurtres d'innocents, sinon les coupables sont "dénoncés" par leur propre commanditaire. Gare à celui qui rentrerait à la prison et aurait commis les pires des crimes (viol et meurtres d'enfants ou d'innocents) : le jugement de ce tribunal implacable est pire que celui du tribunal ordinaire et les enquêtes ont beau être diligentées, peu de choses peuvent être empêchés. Que peuvent craindre de pire les "fin de peine jamais" ? Nous ne sommes pas encore à l'époque des repentis.

 

Je diviserai ce livre en trois parties. Dans la première (approximativement les cent premières pages), le narrateur apprivoise le monde de la prison, découvre ses us et coutumes (les anciens le laissent parfois patauger), s'en étonne d'abord puis s'habitue. il nous décrit cette vie quotidienne sous forme de courts chapitres, ponctués par les confidences de quelques détenus. Les détenus ont beau avoir un lourd passé criminel (homicides, enlèvement, extorsion de fonds, des "curriculums impressionnants"), le calme qui règne dans cette prison, où cinq à six détenus peuvent cohabiter par cellule, est surprenant. Les rites sont immuables et ponctuent le quotidien : la douche (deux à trois fois la semaine), la promenade, le repas (copieux) du dimanche et surtout, les visites de la famille.

 

La seconde partie montre l'étrange amitié qui se lie entre lui et le parrain Carmelo Sferlazza. Même au sein de la prison, il reste le chef incontesté et respecté. Je m'attendais au pire quant aux "services" qu'il demanderait au jeune homme, je ne m'attendais pas à quelque chose d'aussi surprenant.

 

La troisième partie (après la page 250) nous amène doucement vers l'époque actuelle et montre les conséquences de cette année très particulière sur la vie du narrateur. Un petit regret : le dénouement m'a fait songer à une comédie romantique (mais cela n'engage que moi).

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5 juillet 2011 2 05 /07 /juillet /2011 09:50

chats 025Je commence mon Challenge "Vie de château" par ce qui me semblait au départ le plus difficile, et se révèle au contraire le plus facile, étant donné la somme de lecture qui m'est impartie pendant les vacances : un film. Je ferai preuve également de logique dans le déroulement de mon challenge, en mettant d'un côté Versaille et sa cour, de l'autre Elisabeth d'Autriche et sa descendance.

 

J'ai choisi de vous présenter Saint-Cyr (2000) de Patricia Mazuy parce qu'il apporte un point de vue singulier sur un personnage historique que vous rencontrerez à nouveau durant mon challenge, à savoir Madame de Maintenon.  

 

Nous la retrouvons à un moment très particulier de sa vie, au sommet de sa réussite si j'ose dire. Françoise d'Aubigné, veuve Scarron (Isabelle Huppert) est devenue l'épouse morganatique de Louis XIV (Jean-Pierre Kalfon). Elle a obtenu du souverain la création de la maison de Saint-Cyr, pour recueillir les jeunes filles nobles et pauvres, dont les pères, les frères sont morts pour le roi. Elle souhaite que ses jeunes filles reçoivent une bonne éducation, puissent se marier et deviennent la gloire du royaume, bref, échappe  à la vie qui a été la sienne (elle est devenue à seize ans l'épouse du poète infirme Scarron, qui a eu la charité d'épouser une orpheline sans dot). Que de compromission a-t-elle dû faire pour en arriver là ! Sa première apparition au côté du roi nous renseigne assez là-dessus, sans qu'il est besoin de grande démonstration. Saint Cyr

 

L'arrivée des toutes jeunes filles est une des scènes phares du film. Elle montre assez dans quel état de désolation les guerres perpétuelles du roi ont laissé la France. Chacune, dans son patois (ces jeunes aristocrates ne maîtrisent pas le français) raconte qui la mort de son père, qui la mort de frère, qui la ruine de sa famille. Une amitié se noue pourtant, entre Lucie de Fontenelle (Nina Meurisse) et Anne de Grandcamp (Morgane Moré).

 

Le temps passe, les jeunes filles s'épanouissent grâce à une éducation relativement moderne (pour l'époque) etle point d'orgue doit en être la représentation d'Esther, pièce écrite tout spécialement par Racine (formidable Jean-François Balmer). La scène de la représentation est une de mes préférées : musique, décor, lumière, interprétation, j'ai vraiment eu l'impression d'être replongée dans un spectacle du grand siècle.

 

Point d'orgue, et point de chute : madame de Maintenon mesure son erreur. Ses petites protégées ne sont pas vues comme des jeunes filles d'exception, mais comme un réservoir de chair fraîche pour une cour en manque de nouveauté. Dès lors, la maison se replie sur elle-même. La part d'ombre ne cesse de croître. Madame de Maintenon impose de nouvelles règles, bien plus strictes, qui font la part belle à la religion, et si Anne rêve de liberté, Lucie, qui voue une admiration sans borne à madame de Maintenon, sombre et se mortifie chaque jour davantage. Il faut dire que Saint Cyr a été construit sur des marais, et que la fièvre emporte les jeunes pensionnaires (voir l'évolution de la taille du cimetière, entre le milieu et la fin du film, révélatrice de l'hécatombe). chateau16

 

Lapalissade : la mort n'est pas perçue de la même manière à cette époque qu'à la nôtre, elle est envisagée comme une délivrance, par rapport à une vie de souffrance et de compromission. Dernière scène phare : la prise d'habit d'une demi-douzaine de jeunes filles, dont certaines ont participé à la création d'Esther. Elles deviendront à leur tour les maîtresses de Saint-Cyr. L'éducation qu'elles ont reçue les rend-elle inaptes à s'adapter à la vie réelle ? Ou bien le peu qu'elles ont vu de la Cour leur a-t-elle fait comprendre qu'elles ne souhaitent pas cette vie-là ? Madame de Maintenon a atteint ses deux buts : gagner son salut et éviter à ses filles la vie qu'elle a dû mener.

 

Saint-Cyr est le film réussi d'un échec. 

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