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14 août 2012 2 14 /08 /août /2012 15:47

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éditions Points - 441 pages.

 

Merci à Livraddict et aux éditions Points pour ce partenariat.

 

Quatrième de couverture :

 

Grand chercheur en matière d'ordinateurs moléculaires, Henry Pierce est en train de se séparer de sa petite amie, Nicole. Il prend un nouvel appartement et un nouveau numéro de téléphone, mais les premiers coups de fil qu'il reçoit sont étranges. Tous émanent d'hommes qui veulent parler à Lilly, une hôtesse d'accompagnement répertoriée sur un site web à caractère pornographique. Intrigué, Henry Pierce commence à enquêter, mais ne peut entrer en contact avec cette Lilly qui lui cause tant d'ennuis. L'affaire prend un vilain tour lorsqu'il est soudain agressé et laissé pour mort, par deux voyous. Qui est derrière cette histoire qui le replonge dans un passé qu'il a pas tout fait pour oublier ? Et surtout... pourquoi ?

 

77158541_o.jpgChallenge Thriller et Polar chez Liliba

 

Mon avis :

 

Ma première rencontre avec Michael Connelly n'avait pas été concluante. Quand Livraddict a proposé ce partenariat, je me suis dit : pourquoi pas ? Je dois dire que j'ai bien aimé ce livre, en dépit de quelques petits défauts.


Le héros, Henry, est un passionné par son travail, rien d'autres ne compte pour lui, et il ne s'en aperçoit que lorsqu'il est trop tard : sa compagne Nicole, qui travaille dans sa société, l'a quitté puisqu'il a été incapable de changer de comportement. Aussi, sa volonté d'en savoir plus sur cette "Lilly" ne peut qu'étonner. Il ne faut pas y voir de la perversion, une curiosité malsaine, non, l'origine de son intérêt est à chercher dans son passé. Ne vous laissez pas tromper par le "qu'il a tout fait pour oublier". La nuance est extrêmement large entre ressentir de la culpabilité et être coupable, et Henry rentre dans la première catégorie, à cause de la décision qu'il a prise. A sa place, qu'aurions-nous fait ? Je ne sais pas, et je le dis sincèrement.


Ce sentiment de culpabilité est ce qui le pousse au secours de Lilly puis de Robyn, sa partenaire professionnelle. Le chercheur qu'il est ne peut s'empêcher de tout rationnaliser, de chercher cause et conséquence - quand il parvient, bien sûr, à s'extraire de ses obsessions. Son enquête personnelle, très poussée, ne l'empêche pas de mener son travail à bien, et je dois dire que là, j'ai vraiment failli décrocher. Ses recherches, ses travaux, leurs résultats, leurs applications, sont très largement détaillées jusqu'à la présentation finale et participent même au dénouement du roman. Je dois dire que la répétition de ses procédés m'a ennuyée - je mets au défi le lecteur de Darling Lilly de ne pas savoir à quel point Henry Pierce est un brillant chercheur et à quel point ses découvertes vont changer la vie. Il lui faudra une semaine pour que la sienne soit changée à tout jamais, il faudra beaucoup de remises en cause pour qu'il comprenne à quel point il a pu blesser son entourage.

 

Darling Lilly est aussi la recherche de l'arlésienne, cette Lilly dont tout le monde parle et  que tout le monde recherche. Henry est sans doute le seul à ne pas la chercher pour en tirer un profit personnel - sa propre mère a surtout besoin de son chèque mensuel. Même son apparence ne lui importe pas tant que cela, en comparaison de sa situation personnelle. Lui seul d'ailleurs semble apte à la retrouver, au contraire des détectives privés qui l'entourent - Henry est véritablement un chercheur professionnel.

 

Darling Lilly est un polar certes un peu classique, un peu trop scientifique, il reste néanmoins solidement construit et agréable à lire, jusqu'à un dénouement très bien mené.

 



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14 août 2012 2 14 /08 /août /2012 09:31

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édition Serpent à plumes - 476 pages.

 

Quatrième de couverture :

 

Jerry Petersson est un riche avocat parvenu. Tout le monde le déteste. Aussi, quand on retrouve son cadavre dans les douves du château qu'il vient d'acheter, personne n'est étonné. Malin mène l'enquête, qui l'amène sur l'île de Ténérife. Un dépaysement dont elle a bien besoin. Rien ne va plus chez elle. C'est l'automne à Linköping. Il pleut, le temps est maussade et froid. Malin, maintenant bien connue du public français, est toujours aussi fragile. Elle devra affronter ses vieux démons et sa solitude pour se lancer aux trousses du tueur.

 

Challenge des quatre saisons

challengeQuatreSaisons

Mon avis :

 

 

J'ai réussi à le terminer et croyez-moi, c'est un exploit. J'ai mis plus de deux semaines à en venir à bout, alors qu'il ne m'avait fallu qu'une journée pour lire chacun des précédents tomes. Que s'est-il passé ?

Déjà, l'indigestion n'est pas à prendre en compte : abondance de biens ne nuit pas. J'aime toujours autant entendre les voix de l'enquête, ces voix des morts, lucides, bien qu'elles ne sachent pas tout. J'aime aussi quand Malin se laisse aller à enfin, les écouter, et écouter ses intuitions. Mais je n'aime pas ce que Malin est devenue.

Le personnage du flic alcoolique, cliché s'il en est, très peu pour moi. J'en ai soupé. Comme Malin le dit elle-même, ce n'est pas tant ce qui est arrivé à sa fille qui l'a rendu alcoolique, non, c'est bien plus pervers : ce qui est arrivé à sa fille lui a enfin donné l'autorisation de boire qu'elle attendait depuis longtemps. J'ajoute qu'il ne faut vraiment pas compter sur moi pour lui trouver ses excuses pour la manière inqualifiable dont elle se comporte envers Tove. La différence entre la mère et la fille est simple : Tove, qui a du mûrir plus vite que prévu à cause du comportement de sa mère, voit les choses en face et les dit. Malin ne supporte pas d'être confrontée à ce qu'elle est réellement et lui oppose ce qu'elle pense être son image véritable, quitte à agresser violemment celle qu'elle aime le plus au monde, tout en se le reprochant amèrement après, sans jamais reconnaître en face ses torts, sans jamais écouter les appels de sa fille. Mécanisme pervers, dont Malin ne peut se sortir à elle seule : tant qu'elle ne se reconnaîtra pas comme alcoolique, elle ne pourra guérir.

Bref, tous ses développements, qui mettent même l'enquête en péril et obligent son supérieur à composer avec les errances de Malin, m'ont ennuyée. Quant à l'enquête elle-même, je ressens un incommensurable gâchis. Nous avons d'un côté Jerry, un homme qui s'est fait tout seul et qui est presque le personnage le plus sympathique de l'enquête. Il est seul, absolument. Sa jeunesse n'a pas été facile, il s'en est sorti, peut-être aussi parce que son père l'aimait, malgré tout, et parce qu'il a su user des qualités qui lui avaient été donnés en partage. Il appartient à ce monde des sans-grade, des domestiques, des serfs presque que méprisent les Fagelsö, l'illustre famille dont il a racheté le château. Le fils a tout fait pour être aimé par son père : ses échecs leur ont fait perdre le château. Il a néanmoins réussi à imposer la femme qu'il aime. La fille a toujours tout fait comme son père le lui demandait, sauf peut-être en divorçant. Son absence de courage n'aura pas gâcher que sa vie. Axel, le père, est un homme d'un autre temps, qui croit en la justesse de tout ce qu'il fait et de tout ce qu'il ordonne. Même son amour pour Bettina, sa défunte épouse, ne parvient qu'à peine à l'humaniser.

Automne est finalement l'histoire d'hommes, de femmes, que le passé vient rattraper, de pères qui, comme dans les deux précédents opus, ont maltraité leurs enfants, de mères qui les ont aimés - ou pas, de parents qui n'ont pu protéger leurs enfants, renvoyant Malin à ses propres échecs.

J'ai commencé Printemps. J'avance tout aussi lentement.

 

dc3a9fi-scandinavie-noireDéfi Scandinavie noire et blanche

Le challenge Voisins voisines organisé par Anne.Logo-Voisins-Voisines-Calibri-noir-cadre-blanc

 

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Challenges littératures nordiques par Myuiki

 

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13 août 2012 1 13 /08 /août /2012 03:03

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édition Panini - 196 pages

 

Quatrième de couverture :

 

Dans le collège Cross, étudiants humains et vampires cohabitent secrètement. Yuki, avec l’énigmatique Zero, doit s’assurer que cette cohabitation reste pacifiste. La jeune fille souhaite un futur dans lequel Hommes et vampires puissent coexister sans se combattre. Une conviction dictée aussi par les sentiments qu’elle éprouve pour le noble Kaname, le chef charismatique des vampires du collège. Un garçon qui, un jour, lui a sauvé la vie...

 

 

Dragon2012feu

Le challenge Dragon 2012 organisé par Catherine

 

Mon avis :

 

Les vampires sont à la mode. Cependant, j'ai trouvé une ressemblance entre cette saga et Enigma d'Endo Tatsuya. Comme pour cette série, l'action se déroule dans un établissement scolaire un peu particulier et des récapitulatifs des actions précédentes, liens entre les différentes nuits, prennent place en tête de chapitre. Je ne cache pas que ce procédé m'agace parfois, mais qu'il doit être bien pratique lors de la parution en feuilleton.


Ce collège est très particulier. En plus des codes et des règles propres à un établissement scolaire ordinaire s'ajoute l'étrange ballet qui voit l'échange entre les étudiants diurnes et les étudiants nocturnes, tous plus beaux et doués les uns que les autres. Les capacités de séduction des vampires est un trait constant dans la littérature. Mais, comme dans tous les univers trop beaux, les difficultés s'accumulent. Maintenir les étudiants diurnes (surtout les étudiantes) est compliqué, tout comme empêcher les vampires de s'offrir un extra à une jugulaire sympathique. Deux gardiens semblent être un chiffre bien faible pour endiguer ces dangers, et même sans être devinesse, il était évident pour moi que j'allais découvrir sur eux des secrets, dans ce tome ... ou dans un autre. Le graphisme est particulièrement réussi, les mouvements sont fluides et élégants, ils respirent, si j'ose dire pour une saga vampirique.

 

J'ai très envie de lire la suite, même si je crains d'être déçue. A ce jour, quinze tomes sont publiés en France. Cela fait beaucoup... pour mon porte-monnaie, surtout que je ne suis pas sûre de les trouver à la bibliothèque. 

 

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Challenge Sur les traces du Japon

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12 août 2012 7 12 /08 /août /2012 13:11

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édition Kurokawa - 192 pages.

 

Présentation de l'éditeur :

 

En voulant ressusciter leur mère, Edward et Alphonse Elric vont utiliser une technique interdite relevant du domaine de l'alchimie : la transmutation humaine. Seulement, l'expérience va mal tourner : Edward perd un bras et une jambe et Alphonse son corps, son esprit se retrouvant prisonnier d'une armure. Devenu un alchimiste d'Etat, Edward, surnommé "fullmetal alchemist", se lance, avec l'aide de son frère, à la recherche de la pierre philosophale, leur seule chance de retrouver leur état initial. Ils commencent à enquêter sur un étrange homme, "le fondateur" qui passe pour un faiseur de miracles...

 

Circonstance d'écriture :

 

Pas fermé l'oeil de la nuit. Avis plein de fautes, j'en suis sûre. D'ailleurs, cela fait vingt minutes que je dors les yeux ouverts sur cette page.

 

 

Dragon2012feu

Le challenge Dragon 2012 organisé par Catherine

 

Mon avis :

 

Je serai honnête : au début, je n'ai pas du tout accroché à ce manga. Les premières images étaient trop sanglantes, le graphisme et le scénario me semblaient bien plus axés vers un public masculin que féminin. D'un autre côté, les mangas vraiment féminins et gnan-gnan, très peu pour moi, j'ai donc tenté à nouveau l'expérience et poursuivis ma lecture au-delà des vingt premières pages. Vous vous doutez bien que si j'écris cet article, c'est que je suis allée jusqu'au bout.


Ce qui m'a plu ? L'attachement indéfectible des deux frères l'un pour l'autre, qui ne se dément pas dans les quatre volumes suivants. Le scénario, bien construit et rempli de rebondissements. Les nombreuses rencontres. Le fait que rien n'est jamais acquis, ni sûr dans ce récit - l'ennemi ou plus simplement l'adversaire peut surgir de partout. J'ajoute qu'Edward est particulièrement attachant quand il s'énerve (petit, lui ? Nooooooooon, pas du tout).

 

Dur, dur, la vie d'Alchimiste d'état. 

 

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Challenge Sur les traces du Japon

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12 août 2012 7 12 /08 /août /2012 12:25

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édition Kana - 186 pages.

 

Quatrième de couverture :

 

Sébastian est majordome au service de Ciel Phantomhive, héritier d'une grande famille de la noblesse anglaise. En matière d'érudition, d'éducation, d'art culinaire, rien à redire, il est parfait. Mais ne vous fiez pas à sa distinction, si vous vous en prenez à son jeune maître, vous découvrirez sa vraie nature...

 

Circonstance de lecture :

 

J'ai reçu ce manga au cours du Swap spécial vacances 2012. Aussitôt reçu, aussitôt lu.

 

 

Dragon2012feu

Le challenge Dragon 2012 organisé par Catherine

 

Mon avis :

 

J'ai beaucoup aimé ce manga - précision un peu inutile, car quand je n'aime pas un manga, je ne le chronique pas.


L'intérêt premier de ce manga est son personnage principal, Sebastian. J'ai beaucoup aimé son graphisme, son inquiétante perfection, car il est réellement parfait, même si les autres membres du personnel sont capables des pires bévues, des plus absurdes catastrophes, que Sébastian parvient à réparer avec une ingéniosité et une célérité époustouflante. Je vous le dis, je suis fan. Et s'il n'est pas Superman, comme il le dit lui-même, il est un excellent professeur de valse, et le redoutable défenseur de son maître, Ciel Phantomhive. Redoutable, mais pas redouté par les charmantes personnes qui rôdent autour de Ciel, le tourmenté comte Phantomhive. Croire qu'il n'est qu'un enfant gâté, un héritier fort fort riche, serait une incommensurable erreur. C'est fou ce que certaines personnes peuvent se fourvoyer.

 

Bref, un manga que j'ai beaucoup aimé, et dont je vais m'empresser de lire le tome 2.

 

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Challenge Sur les traces du Japon

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11 août 2012 6 11 /08 /août /2012 16:32

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édition Le livre de poche - 220 pages.

 

Mon résumé :

 

Rien ne va plus. Vous ne pouvez imaginer la catastrophe qui s'est abattue sur la vie de l'illustre Hercule Poirot. Je vous le donne donc en mille : sa secrétaire, Miss Lemond, a fait des fautes d'orthographe dans un de ses courriers. Ce n'est pas normal, n'est-ce pas ? Il l'interroge donc. Elle lui confie que sa soeur Mrs Hubbard, devenue veuve, est devenue gérante d'une pension qui accueille des étudiants du monde entier. Des événements bizarres ont eu lieu, qui angoisse la soeur de Miss Lemond, et Miss Lemond par la même occasion. Ne voulant qu'une aussi excellente secrétaire soit tourmentée plus avant, Hercule Poirot va intervenir, et ce qu'il découvre est inquiétant.

 

Mon avis :

 

Voilà sans doute une des enquêtes les plus réussies d'Hercule Poirot. Il n'a pas perdu de sa superbe, ni de son orgueil. Il évolue comme un poisson dans l'eau dans cette résidence, avec ces étudiants qui, pour certains, ont des théories psychologiques sur les causes de la criminalité à faire dresser les cheveux sur la tête de ce bon papa Poirot. Malheureusement pour ces jeunes gens, les théories de Poirot se trouveront vérifiées - et très largement.


Poirot a déjà survécu, au tout début du livre, à d'effroyables révélations. Sa secrétaire, la si parfaite Miss Lemond, a une famille ! Elle est donc... humaine ! Quelle horreur ! Pire, elle a un prénom : Félicity. Poirot ne s'était jamais interrogé sur le fait qu'elle en ait un. Et comme Poirot craignait seulement le pire, il découvre que la soeur de Miss Lemond lui ressemble beaucoup, les deux soeurs ont les mêmes qualités. Imaginez un témoin qui dit scrupuleusement ce qu'elle sait, et précise ce dont elle n'est pas réellement sûre, d'autant plus qu'elle a des nerfs d'acier, et qu'elle adore ses pensionnaires.Cette Mrs Hubbard est une perle pour l'enquête.


Ou plutôt, le monumental gâchis. Il est question d'argent, beaucoup, Il est question d'hérédité, des liens du sang et des liens amoureux. Le constat est très pessimiste : ceux qui barrent la route du criminel doivent être éliminés, peu importe les liens qu'ils ont avec lui. Le constat peut être optimiste aussi, comme il l'était déjà dans Le crime du golf : l'hérédité ne fait pas tout, et l'amour, vrai, sincère, peut être possible, surtout si une femme de caractère prend les choses en main et qu'un étudiant nigérien veuille bien devenir garçon d'honneur. Il faudra néanmoins lui demander de ne plus parler de ses troubles gastriques, et espérer que, d'ici là, il digère la nourriture britannique. 

 

Pension Vanilos, ou comment une enquête en huit-clos peut offrir de vastes ouvertures sur le monde.

 

 

 

Challenge-anglaisCe livre marque ma trente-sixième participation cette année au Challenge God Save the livre organisé par Antoni et mon trente-deuxième au Challenge Agatha Christie organisé par George.challange-agatha-christie

 

 

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9 août 2012 4 09 /08 /août /2012 00:05

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édition Albin Michel - 146 pages.

 

Mon second avis dans le cadre du prix Confidentielles

 

Extraits (ils valent mieux qu'un long discours) :

 

J'ai douze ans, et ce soir, je serai morte.

Il n'y avait qu'avec mon grand-père que je n'avais peur de rien.
Ce soir-là, en éteignant la lumière, j'ai pensé pour la première fois qu'il serait doux de le rejoindre.

 

  Challenge psySeptième participation au Challenge Psy organisé par Métaphore.

  Mon avis :

 

J'ai beaucoup aimé ce livre - je sens que ce commentaire lapidaire ne va pas beaucoup vous aider.


Dès la première ligne, l'enjeu est donné : la toute jeune narratrice, âgée de douze ans, tente de se suicider et met tout en oeuvre pour réussir ce qu'elle a entrepris. Nous sommes dans les années soixante, ces années où le bonheur peut se résumer à la réussite matérielle et à l'ambition qu'ont les parents que leurs enfants auront une vie meilleure - en l'occurrence, leurs deux filles. Dans ce contexte, la "petite" ne peut rien dire des tourments qui l'habitent, tout simplement parce que personne ne peut la comprendre. La seule personne qui aurait pu le faire est morte, et même de cette mort, la "petite" a été dépossédée, puisqu'elle a été tenue à l'écart. En voulant la protéger, comme on le faisait à l'époque (et comme certaines familles le font toujours), ses parents ont nié la possibilité de sa douleur et l'ont mise à l'écart. Elle est et restera "la petite".


Le livre est aussi l'occasion de nous dresser un instantanée des enseignants de cette époque, pas même de manière satirique, non un constat devant des formules toutes faites et une impossibilité à se remettre en cause. Effrayant, mais juste, y compris quand j'étais élève. Les psys ne sont pas mieux lotis. L'une n'est que curiosité devant la petite suicidaire : pourquoi veut-on mourir si jeune ? Elle trouble ses statistiques tandis que sa camarade de chambrée n'est qu'une délaissée de plus - qu'un chiffre sans intérêt. La deuxième psy est bien plus compréhensive, sans doute parce qu'elle écoute sa jeune patiente avant de l'analyser - le B-A Ba.


Présenté ainsi, vous pourriez croire que le livre sonne comme daté. Il n'en est rien, la souffrance est intemporelle, ce sont les manières de réagir qui ancrent ce texte dans un contexte particulier. L'écriture, limpide, précise, fait que je n'ai pas vu passer ses presque 150 pages - le temps d'une renaissance ? La "petite" est presque trop lucide dans ce texte, et j'aime à penser qu'il s'agit là d'un texte rétrospectif, et donc la preuve qu'elle s'en est sortie - définitivement.

 

 

Défi plume

défi la plume au féminin 2012

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8 août 2012 3 08 /08 /août /2012 17:30

bizango.jpgédition Les allusifs - 295 pages.

 

Quatrième de couverture :

 

Dans les rues de Montréal, erre un homme doté de facultés extraordinaires qui s'apparentent à une malédiction. Une nuit, après être venu à la rescousse d'une prostituée haïtienne malmenée par le bras droit de son pimp, il se lie d'amitié avec cette jeune femme rebaptisée Gemme pour sa clientèle. Une inquiétante cavale s'ensuit. Non seulement cet être étrange et sa protégée sont poursuivis par les sbires lancés à leurs trousses par le redoutable gangster et proxénète Chill-O, mais ils essaient aussi d'échapper aux enquêteurs de la police. Mais qui est-il à la fin ? D'où vient-il ? S'agirait-il, comme le suggère Papy Boko, le vieux sage consulté par Gemme, d'un bizango, une de ces créatures issues du folklore haïtien capables de se dévêtir de leur peau humaine pour devenir autre chose ?

 

Circonstance de lecture :

 

Ce livre fait partie de la sélection du mois d'août du prix Océans. J'ai choisi de commencer par ce livre parce que j'étais séduite par son format et par le quatrième de couverture.

 

prix

 

Mon avis :

 

S'il fallait qualifier cette lecture d'un mot, je dirai "plaisante". Ce n'est pas vraiment l'adjectif que je me serai attendue à accoler au vue du quatrième de couverture. Il est vrai que je suis une grande fan de romans policiers et que peu de choses m'ont surprise dans le déroulement de cette intrigue.

Ces intrigues, devrais-je dire, car autour de l'intrigue principale qui a pour héros Gemme et le Bizango, nous avons une intrigue secondaire qui nous montre le travail des enquêteurs. D'un côté, se trouvent les enquêteurs officiels, à savoir les policiers dont Lorenzo Appolon est une figure centrale. J'ai été heureuse de trouver un flic ordinaire (peut-être trop ?) avec juste ce qu'il faut de tourments pour en faire une personnalité intéressante. Il est bien conscient que les gangs sont la priorité des autorités, alors qu'ils ne sont responsables que de 2 % des délits commis. Une manière comme une autre d'exarcerber le racisme latent en maintenant les tensions entre les communautés, et de masquer les problèmes réels. De l'autre côté, nous avons Andréa Belviso, une véritable journaliste - elle tranche par la rigueur de son travail avec ses collègues, plus préoccupés par l'audience et le tirage que par la véracité des faits. Elle a déjà été confrontée au bizango par le passé, ce qui explique son intérêt pour l'affaire.

Je parlais déjà du caractère "ordinaire" de Lorenzo Appollon, je pourrai en dire autant de Gemme et de son protecteur, le ganster Chill-O. Gemme est l'archétype même de la prostituée qui est restée pure en dépit de ce qu'elle a vécu et que plus rien ne pourra forcer à se soumettre - un personnage trop idyllique pour être vrai. Quant à Chill-O et ses sbires, ils sont entièrement négatifs : ni remords ni regrets pourraient être leur devise, s'ils savaient ce que ces mots signifient.

Reste, bien sûr, le bizango, seul personnage qui semble agir en dehors des notions de bien et de mal. Pourquoi aide-t-il Gemme ? Lui-même cherche à comprendre. Grâce à ce personnage, nous nous retrouvons plonger dans la communauté haïtienne, son folklore, ses croyances. Je dois dire que ce sont les passages que j'ai préférés dans le livre, et je ne me serai pas lassée s'ils avaient été plus nombreux.

Bizango est un roman agréable à lire, à la croisée du fantastique et du policier.

 

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7 août 2012 2 07 /08 /août /2012 19:17

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édition Fayard - 296 pages.

 

Quatrième de couverture (extraits) :

 

Un petit matin de janvier, au lieu-dit de L’Ermitage, Marianne Gil est réveillée par une pluie de coups frappés à sa porte. Son ami Joe, affolé, a découvert le corps sans vie d’une jeune fille derrière les granges, au fond de la propriété. Ils préviennent les autorités.
Le capitaine Francis Humbert, de la brigade de recherches de Chaumont, prend la tête des opérations. Les premières constatations révèlent que la victime a été étranglée, mais rien ne permet d’établir son identité. Qui est-elle ? Et que faisait-elle seule, dans les bois, en plein hiver ?

 

Mon premier avis dans le cadre du prix Confidentielles

 

Mon avis :

 

La femme seule, qui donne son nom au titre, est Marianne Gil. Elle a connu la gloire, en étant la compagne de Marc Eden, un célèbre chanteur. Elle est toujours célèbre, sous un autre nom : Marianne Nelson. Si la célébrité est toujours là, elle vit cependant recluse à l'Ermitage, avec ses trois chevaux, se consacrant à l'écriture. La personne qu'elle voit le plus est sans doute Joe, le vétérinaire, chargé de prendre soin de ses animaux en son absence : c'est lui qui a pouliné Joyce, la jument sauvée de l'abattoir par Marianne. Aussi, la présence de cette jeune morte inconnue sur ce qu'elle considère comme son refuge va mettre à mal sa tranquillité - qui n'était que superficielle.

Marie Vindy nous plonge dans les méandres de la haute bourgeoisie, dans laquelle rien de doit sortir du cadre. Étouffante, cette atmosphère ? Non, pas du tout : la preuve en est que Marianne a cessé toute relation avec ses parents, qui sont bien à l'abri à Paris - et eux n'ont pas essayé de renouer les liens avec leur fille. La bourgeoisie de province ne vaut guère mieux, à l'image des parents de la jeune victime, contre lesquels je déverserais bien quelques piques, mais j'en dévoilerai alors trop sur l'intrigue.

Pour mener l'enquête, nous avons le capitaine Francis Humbert, et bien qu'il soit extérieur au milieu de Marianne, lui aussi étouffe dans son logement de fonction trop strict (et peut-être aussi dans son uniforme). Ceci ne va pas l'empêcher de mener l'enquête avec beaucoup de rigueur et beaucoup de précautions également. Les différentes procédures de l'enquête nous sont d'ailleurs expliquées avec soin, sans que jamais elles ne viennent alourdir le récit. C'est peu de dire que la position de l'enquêteur va s'avérer très vite délicate : il tombe amoureux de Marianne, et quoi qu'il pense, les circonstances et le déroulement de l'enquête la mette au premier rang des suspects. C'est sans doute

l'une des seules choses que je reprocherai à ce roman : mêler une romance somme toute conventionnelle à cette intrigue solidement construite. De même, j'aurai aimé que les autres enquêteurs soient davantage développé. Bien qu'ils ne chôment pas et qu'Humbert leur confie des tâches délicates ou ingrates, ils sont relégués au second plan de l'intrigue, tel Ladro, que j'aurai bien vu en véritable second d'Humbert.

Roman des secrets de famille, Une femme seule est aussi un roman sur l'apparence du regard. Voir et ne pas être vu sont deux points essentiels de l'intrigue. Marianne Gil ne veut plus être vue, alors que Marc Eden ne demande qu'à être exposé le plus possible. Certains ont détourné le regard devant certaines pratiques, d'autres ont ouvert tout grand leurs yeux pour ne pas perdre une miette du spectacle. A ce jeu, il n'y a pas de gagnant.

Je sais que c'est sans doute beaucoup demander, mais j'aimerai bien retrouver ses enquêteurs dans un second roman.


 

regions.jpgChallenge vivent nos régions par Lystig 

  Challenge Thriller et Polar chez Liliba77158541 o

 

 


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6 août 2012 1 06 /08 /août /2012 19:37

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Vous devez vous dire "cela faisait longtemps". Et oui, je me suis inscrite au swap Spécial vacances 2012 organisé par Strawberry  et j'ai reçu mon colis (j'espère que le mien arrivera aussi à destination !).

 

Ma swapée est Snoopixi dont je vous invite à découvrir le blog.

 

Plutôt que de longs billets, je vous invite à découvrir en images à quel point j'ai été gâtée. 

 

Je commencerai par le marque-page, d'abord parce qu'il est superbe, ensuite parce qu'il est fait main.

 

P060812 19.41

 

les livres ensuite :

 

P060812_19.36.jpgVous noterez que j'ai glissé entre les deux une des gourmandises qui était contenue dans le colis.

 

Trois magazines de jeu :

 

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Les gourmandises. Je ne vous cache pas qu'il y avait une recette qui accompagnait le thé. Je ne la divulgue pas tout de suite : je compte m'en servir pour un certain challenge (que je n'ai pas vraiment commencé) :

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et pour terminer, la lavande, artistiquement arrangée :

 

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