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20 décembre 2011 2 20 /12 /décembre /2011 20:10

Marianne.gifédition Magnard - 120 pages

 

Mon résumé :

 

Pierre André est revenu dans son village natal, pas plus riche qu'avant mais appauvri de ses ambitions. La quarantaine, célibataire, il est intrigué par la vie que mène Marianne Chevreuse, sa filleule. Agée de vingt-cinq ans, celle-ci n'est toujours pas mariée. Pour quelles raisons ? Justement, Pierre André est sollicité pour favoriser son mariage avec le fils d'un ami. Et si tout ne se passait pas comme prévu ?

 

Mon avis :

 

Court roman de George Sand, Marianne est bien moins connu que La mare au diable ou La petite Fadette, romans toujours au programme de l'éducation nationale. J'ai pourtant retrouvé dans celui-ci la simplicité apparente de La mare au diable. Un homme, Pierre. Il a voyagé, il est revenu de tout, et n'était la nature qui l'entoure et qu'il aime, je dirai qu'il souffre de spleen. Il m'a un temps fait penser à Dominique d'Eugène Fromentin, si ce n'est qu'il n'a  aucun amour défendu, aucun secret inavouable dans ses bagages. Il connaît les plantes, note ses impressions dans un petit carnet noir, et si son retour est un semi-échec, Pierre est heureux des voyages qu'il a pu effectuer.

 

Face à lui, une jeune fille, Marianne. Elle possède une métairie et y vit simplement. Suzon, sa jument, n'est pas sans évoquer La Grise (je devrais dire "les", car elles sont deux). Elle est un mystère pour Pierre. Il la juge très hâtivement, fustigeant "sa prudence calculée" et "son dessèchement volontaire". Lui-même a des jugements à l'emporte-pièce sur les femmes :  "d'où vient que Marianne se tourmente de devenir une exception ? Connaîtrait-elle comme moi le chagrin de n'avoir pas su utiliser sa propre valeur ? Ceci n'est point un mal féminin. La femme a un autre but dans la vie . Etre épouse et mère, c'est bien assez pour sa gloire".  Comme la narration se focalise sur Pierre et que celui-ci est aveuglé par son amour pour Marianne, qui fausse tous ses jugements, l'interprétation des faits est forcément faussée. S'en est presque drôle, tout comme la "jalousie" de PIerre quand son pseudo-rival arrive comme un cheveu sur la soupe, jeune peintre qui ne voit pas, (dixit Marianne) infatué de lui-même. J'avais presque l'impression d'être au théâtre, dans une pièce de Musset, en lisant certaines répliques. Après tout, la règle des trois unités est quasiment respectées, et le problème du mariage a de tout temps occupé le centre de la scène.

 

Un bien joli roman, qui mériterait d'être plus connu. 

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16 décembre 2011 5 16 /12 /décembre /2011 19:43

ayounaEdition Grasset jeunesse - 158 pages

 

Quatrième de couverture :

 

La décision est irrévocable : Ayouna doit quitter la petite maison où elle a grandi pour épouser le puissant seigneur Fatih Nazem. Mais la jeune fille ne l'entend pas de cette oreille : jamais elle ne se donnera à lui ! Enfermée dans un palais, Aoyuna va rencontrer ses habitants, de Madame Asmar, la sévère intendante, au jeune palefrenier Karim et à Lulua, la petite fille. Comment, en découvrant leurs secrets, réussira-t-elle à prendre son destin en main et à rendre à tous leur liberté ?

 

Mon avis :

 

Ce que j'aime chez Kochka, c'est sa capacité à écrire des romans de littérature jeunesse extrêmement varié. Après le Grand Joseph, qui évoque la guerre au Liban, Ayouna ou les ailes de la liberté est à la fois un conte et un récit contemporain. 


Le thème principal est pour moi le marigae forcé, thème malheureusement très actuel. Le pire est sans doute que les parents d'Ayouna lui fond subir ce à quoi eux-même ont échappé, un mariage de raison. Paradoxe, donc, car même s'ils disent ne pas avoir de regret, leurs actes prouvent implicitement le contraire. Autre donnée implicite : que deviennent les enfants d'un couple quand l'amour n'est plus là ? Le résult n'est pas très éloigné de situations que je rencontre dans mon métier.

 

Comment trouvr la liberté dans une union imposée ? En se révoltant. Fatih Nazem ne cherche pas l'amour, il n'y croit plus depuis que la première femme qu'il a aimé l'a trahi. Il cherche à posséder, il cherche à briser toute envie de liberté.Il emprisonne non seulement les autres mais il ne se rend pas compte qu'il est emprisonné depuis de nombreuses années. Bien sûr, comme nous sommes dans un conte, ce que ne manque pas de souligner le narrateur, il ne faut pas des années pour que la situation change, il lui suffit de quelques nuitset de quelques actes symboliques. Tel un Barbe-Bleu moins sanguinaire que l'original, Fatih a eu sept épouses, qui ont toutes fini par quitter son somptueux palais parce qu'elles sont toutes transgressé l'unique interdit qu'il leur avait imposé. 

 

Une critique a été adressé à ce roman : il ne peut pas plaire aux garçons parce que l'héroïne est une fille. Je ne dit pas que tous les garçons aimeront ce roman-conte. je dis que ce jugement est particulièrement réducteur, pour ne pas dire sexiste.

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10 décembre 2011 6 10 /12 /décembre /2011 17:36

b

etela.jpgédition Grasset - 283 pages.

 

Quatrième de couverture (extraits) :

 

Comme chaque année, trois couples d'amis passent le 14 Juillet au bord de la mer, en Normandie. C'est un rite immuable et léger. Une parenthèse joyeuse.

Cet été-là, pourtant, un adolescent inconnu surgit et s'immisce dans leur petit groupe pour raviver, peut-être malgré lui, des culpabilités anciennes, des blessures, des secrets. en quelques jours, le destin de ces êtres va basculer.

 

Mon avis :

 

Bravo pour la quatrième de couverture, elle ne pouvait pas être plus racoleuse. Un peu plus, et elle pourrait se lire avec de trémolos dans la voix.


Qu'attendais-je de ce roman ? Pas la révélation de secrets, non, c'est un thème rabattu, et il est difficile, pour ne pas dire quasi impossible, de surprendre encore avec un tel sujet. J'attendais au moins une émotion, entendre la petite musique des mots. Je n'ai ressenti qu'un ennui distingué.


Pour citer encore la quatrième de couverture, le roman se veut une réflexion sur ce que signifie être un homme et être une femme. Les personnages peuvent se payer le luxe de s'interroger sur leur existence car ils n'ont strictement aucun autre problème que cette question philosophique. Réfléchissent-ils vraiment ? Je n'en ai pas l'impression. Certes, Delphine, Lola et Marie, les trois amies, dressent le bilan de leur existence, mais leurs réflexions ne sont trop souvent qu'un ramassis de cliché que je vous épargne. 

 

Autre trait marquant : ils sont incapables de communiquer entre eux et si l'auteure ne se focalisait tour à tour sur chacun d'eux, ils resteraient de parfaits inconnus, accomplissant les mêmes rituels depuis seize ans. Leurs vies elles-mêmes sont des successions de clichés, entre la mère au foyer riche bourgeoise qui trompe son mari par ennui, l'ex-reporter de guerre qui, se comportant comme un homme, accumule les conquêtes, et l'actrice  sur le retour qui ne se parvient plus à décrocher un seul rôle. Je ne vous parle même pas des hommes, leur aboulie est presque risible. J'ai bien sûr une prédilection pour Nicolas, le professeur, qui est pour moi le personnage le moins crédible. Je le vois mal transmettre son savoir à des adolescents, se poser des questions de pédagogie. Son soucis à la hanche ne l'humanise même pas, il lui ajoute juste un défaut en plus : l'orgueil.

 

Les enfants sont plus intéressants, bien que leurs parents :

1 les jugent avec sévérité (surtout leurs fréquentations). 

2 ne nous épargnent pas non plus les clichés "seize ans, c'était bien, juste avant que les choses ne prennent une sale tournure" .

 

Alex, Jeanne, Rose et Dimitri "l'intrus", vivent sans trop se poser de question, ce qui fait leur charme, tout en menant l'existence d'adolescents ordinaires. Leurs parents ne les ont pas vus grandir, eux les ont vus devenir indifférents. La torpeur du récit sera enfin secoué grâce à aux - alors qu'il ne restait qu'une cinquantaine de pages. Il était trop tard pour m'attacher aux personnages. Ils ont pourtant réveillé en moi des souvenirs cinématographiques. J'ai (un peu) pensé aux Petits mouchoirs, et trouvé des ressemblances entre les deux bandes d'amis qui veulent que tout (tous?) reste immuable. Je me suis aussi rappelé Trois couples en quête d'orage, sorti en 2005, avec Claire Nebout et Aurélien Recoing (qui jouait un prof de maths), film qui valait bien mieux que ce titre.


challengeQuatreSaisons

Challenge quatre saisons

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6 décembre 2011 2 06 /12 /décembre /2011 14:49

Jayne.jpgEdtion Grasset - 197 pages.

 

Mon résumé :

 

Vie et mort tragique de Véra Jane Palmer, alias Jayne Mansfield, actrice, amante et mère.

 

Mon avis :

 

Je n'ai jamais vu un seul de ses films - jamais. Je ne crois pas que la télévision en diffuse et s'il est une chose que je ne fais pas, c'est courir les cinémathèques - j'ai beaucoup de mal désormais à suivre un film dans son intégralité. Si je connais l'actrice, c'est par procuration : sa fille Marishka Hargitay est l'héroïne de New York Unité spéciale.

 

Dire que j'ai aimé ce livre ? Spontanément, je dirai non. Je l'analyse tout en gardant mes distances avec lui, je n'ai pas réellement ressenti d'émotions à sa lecture. Pourtant, Simon LIbérati montre la tendresse qu'il éprouve pour Jayne Mansfield dans ce récit. Il reconstitue avec soin mais aussi avec chaleur les derniers jours de la star déchue, sans sombrer dans le voyeurisme. Au vue des événements racontés, ce n'était pas tâche aisée.

 

Le tour de force est de raconter les vies et les morts de Jayne Mansfield, sa boulimie affective (amants, enfants, animaux) et d'écrire la parabole de la déchéance des stars et de la vulgarisation de l'acteur, produit de consommation comme un autre. Cinq ans après le décès de Marylin, Jayne Mansfield apparaît comme obsédée par l'idée de devenir mythique, de "réussir son envol", à défaut d'avoir pu devenir avec son nouvel amant aussi célèbre que Burton et Taylor, ses voisins. Déjà transparaissent le goût de la publicité, les règlements de compte par journaux et avocats interposés. Déjà, la violence, la drogue, et les excès en tout genre grèvent la vie de l'actrice - et pas seulement la sienne. Le sordide n'est jamais loin.

 

Alors, ai-je aimé ? Non, toujours pas. Avec le recul, cette histoire de bruit et de fureur laissent un goût amer, même s'il était bon que certaines vérités soient rétablies.

 

 

Rentree-litteraire.jpg

Challenge rentrée littéraire chez Hérisson

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4 décembre 2011 7 04 /12 /décembre /2011 16:56

le-carnet-de-theo---dans-ma-bulle-248363-250-400.jpgédition Rageot - 298 pages

 

Circonstances de lecture :

 

J'ai acheté le livre au salon de Montreuil, j'ai commencé à le lire alors que j'attendais pour me faire dédicacer Tara Duncan, tome 9. Je l'ai terminé au petit matin. Autant vous dire que ce livre est un coup de coeur, que j'attends la sortie du tome 2 avec impatience (ce roman est le premier tome d'une trilogie). 

 

Mon avis :

 

Théo, en classe de 3e 1 dans un collège catholique très strict, tient un "carnet intime" sur son ordinateur. Signe particulier : relate dans celui-ci son année scolaire particulièrement mouvementée, entre des parents aux abonnés absents (sauf pour se disputer entre eux), un meilleur ami champion en gaffe mais pas dans les disciplines scolaires et un tempérament explosif. Défendre son meilleur ami Samuel c'est bien, le faire à coup de poing, surtout dans un établissement catholique huppé peut vous attirer de gros ennuis, et ce n'est pas Théo qui vous dira le contraire.

 

Notre jeune diariste ne passe pas son temps à se regarder le nombril.  Ce qui est raconté et dessiné dans son carnet est tout d'abord fort réjouissant, fort captivant. La bande-son m'a également beaucoup plu, contemporaine sans se vouloir absolument en fase avec l'actualité. Un roman qui s'ouvre par un morceau de Placebo, dont ma meilleure amie et moi fûmes de grandes fan ne pouvaient que me séduire. Je ne vous parle pas (trop) non plus de Kyo, que Théo a sauvé d'une mort horrible (mais infligée à de trop nombreux félins). Ce charmant félin, à qui une dépression a été diagnostiquée,n'est pas en reste pour commettre quelques bêtises ou vivre des amours impossibles.


Théo a de nombreux objectifs : ne pas terminer sa scolarité dans un établissement catholique en est un et comme ses notes vont de juste moyennes à excellentes dans ses matières de prédilection, il lui faut louvoyer pour atteindre ce but. Autre objectif : échapper à ses séances avec une charmante psychologue qui se fiche de son mutisme mais empoche l'argent de la séance. Une rencontre avec un vieux japonais (à l'âge de Théo, tout est relatif) lui permet de donner le change et change son destin : en lui montrant ses dessins, Théo voit confirmer sa vocation de mangaka.

 

La narration est particulièrement subtile et agréable.  Sii vous n'êtes pas fan de manga (ou si, comme moi, vous êtes parfaitement ignare sur la question), rassurez-vous :  le récit est suffisamment fluide et enjoué, les notes de fin suffisamment nombreuses pour que vous vous découvriez soudain l'envie d'explorer un peu plus ce genre littéraire. Les illustrations, bien placées, participent pleinement à la construction de l'intrigue (mention spéciale pour celui où l'on voit Théo, Samuel et Kyo en train de regarder un film).

 

Si la maturité de Théo est exceptionnelle, en dépit d'interrogations bien de son âge, il faut en chercher la cause dans un passé qui lui sera peu à peu dévoilé. Sa vie et celles de ses parents ne sont pas les seules à comporter des zones d'ombre que ce soit celle de son ami japonais ou des parents de son ami Samuel.


Vivement la suite !

 

 

Rentree-litteraire.jpg

Challenge rentrée littéraire chez Hérisson

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29 novembre 2011 2 29 /11 /novembre /2011 10:46

Nina-par-hasardEdition Sabine Wespierger - 190 pages.

  challenge-abc2012

Mon avis :

 

Autant élucider tout de suite une énigme : Nina s’appelle ainsi « par hasard », sa mère, Suzy, n’a pas d’explication à lui donner à ce sujet. Si j’ai choisi ce livre, vous vous doutez sans doute que le hasard n’y est pour rien.


Nina vit à Roubaix, pas par choix, mais parce que sa mère Suzy s’y est établie après avoir quitté son mari, le père de Nina. Elle est retournée dans la région de son enfance, en quelque sorte, grâce à Louise, son amie, qui lui a trouvé du travail dans l’une des dernières filatures de Roubaix. Des hommes traverseront la vie de Suzy, surtout Ricco. Cet homme, elle « l’a dans la peau », expression que Nina, encore enfant, ne comprend pas. Ce qu’elle comprend, en revanche, c’est qu’elle n’est qu’une « miette » dans la vie de sa mère, qui donnera toujours plus d’importance à ses amours qu’à sa fille. Aujourd’hui, Nina a touché son premier salaire de coiffeuse. Elle cherche un cadeau pour les 41 ans de sa mère, un cadeau qui lui fasse oublier son désastreux dernier anniversaire, la grève, les menaces de licenciement, la solitude.


Quatre jours suffisent pour bouleverser la vie de Nina. Quatre jours et une heure. Elle nous raconte la vie quotidienne qui s'oriente autour d'un point fixe : l'usine. En semaine, les femmes y travaillent et subissent les agissements de leur chef, monsieur Legendre. Dès le matin, elles ne pensent qu'au moment où elles partiront. Le soir, elles accomplissent les mêmes gestes routiniers, échangeant des confidences, tissant ainsi des liens socio-affectifs. 

 

Nina se sent encore mise à l'écart, elle les observe mais ne veut pas vivre comme elles. pendant ces quatre jours (dont le quatrième de couverture nous révèle trop), elle revit les événements marquants de sa jeunesse, rythmée par les rencontres amoureuses de sa mère. Chaque fin de chapitre se termine par un court texte en italique, nous éclairant sur l'heure que Nina a passée chez monsieur Desplat, le directeur de l'usine et sur ses rêves, ses aspirations. Si elle s'appelle Nina "par hasard", elle s'identifie beaucoup à la Nina de la  Mouette, qui rêve de devenir comédienne.

 

LA PLU~1La fluidité du style de Michèle Lesbre rend particulièrement lisible ce roman que j'ai lu d'une traite. Pourtant, elle montre bien la grisaille, l'abandon progressif de la ville, la peur quotidienne du chômage et du lendemain, la facilité avec laquelle un destin peut basculer. Ce livre était dans ma PAL depuis un an, je crois vraiment que j'ai choisi le bon moment pour le lire.  De par son auteur et son sujet, c'est tout naturellement que j'inscris aussi ce livre au défi la plume au féminin

 


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25 novembre 2011 5 25 /11 /novembre /2011 16:13

heska-les-gentils.gif

Tout d'abord, je tiens à remercier Georges qui a fait voyager son livre jusqu'à moi. Ce fut une très belle découverte. Etant débordé en cette période de l'année, j'ai juste eu un peu de mal à rédiger mon avis.

 

Je dois dire que j'adore cette couverture, hautement improbable et bourrée d'énergie. Unissant le réel à la fiction, elle est celle qui illustre les carnets sur lesquels écrit Jérome, le narrateur de ce roman. Il est un employé comme les autres, il est juste ostracisé par ses collègues. Il n'est pas intégré à l'équipe, dirait-on. Son seul ami est Etienne, un inconditionnel de Star Wars.

 

Un jour pourtant, ce sera la goutte d'eau qui fera déborder le vase (l'art de ne pas trop en dire...), et Jérôme, plutôt que n'être que rage, colère, entrer dans une secte, que sais-je encore, va commencer à s'intéresser aux antipathes, toutes ses personnes dont les actes, les comportements, les paroles nuisent aux autres. Tel un scientifique, il les observe, classifie leur comportement et surtout, cherche un moyen pour changer leur comportement, aidé par son zélé ami Etienne, qui se révèle un geek très performant.

 

Nous sommes au XXIe siècle, ne l'oublions pas, et diffuser ses idées est très facile grâce aux réseaux sociaux. Jérôme se retrouve presque malgré lui à la tête d'un nouveau courant philosophique (vous reconnaîtrez qu'il s'en crée rarement), le cimonde, dont le but est de modifier radicalement les antipathes, y compris ceux qui s'ignorent. C'est possible, il suffit juste d'agir.

 

Méfiez-vous des apparences semble être le deuxième message de ce livre. Il est facile de juger sur des apparences et de tirer des conclusions hâtives. Il est facile de projeter sur les autres ses propres angoisses, son propre mal-être. La réalité est souvent différente. 

 

Pourquoi les gentils ne se feront plus avoir est un roman enlevé, bondissant, à la narration plaisante et farfelue, un roman injustement méconnu.

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8 novembre 2011 2 08 /11 /novembre /2011 10:00

Memoire1.jpgédition Julliard - 84 pages.

 

 

Mon avis :

 

Je reste dubitative après la lecture de ce roman, dont le sujet est le devoir de mémoire. Le héros est garçon dont nous allons suivre l'itinéraire, de son enfance à l'âge adulte. Son parcours a été bouleversé par sa découverte fortuite de la Shoah, entr'aperçu à la télévision, dans des circonstances dont il ne se souvient pas vraiment. Soit. Lui qui n'est pas concerné, il sent peser sur lui le poids, la culpabilité de la Shoah. Lui qui n'est pas juif, lui qui ne descend pas de déporté, lui qui n'a rien à voir avec ces six millions de morts s'invente alors une histoire, se donne quasiment une légitimité pour justifier sa souffrance.

 

Le premier mot qui me vient à l'esprit est complaisance. Le narrateur se délecte des détails de la Shoah, s'en enivre presque jusqu'au vertige. Devoir de mémoire oui, ressasser sur 84 pages les crimes des nazis, non. Faut-il qu'il ne communique pas avec ses parents (le roman ne comporte strictement aucun dialogue), faut-il que son existence soit vide pour qu'il la remplisse avec la disparition d'autrui ? Du coup, il veut expérimenter les souffrances des déportés, se rapprocher au plus près de la nature humaine, dépourvue de toute culture (ou assimilé). S'il se contente de les imaginer dans un premier temps, d'imaginer également des actes d'héroïsmle, il devient anorexique, comparant la façon dont il est dorloté à l'hôpital aux douleurs éprouvés par les déportés, condamnés à mourir d'épuisement sans que personne les soutienne. J'ai eu l'impression désagréable que l'auteur enfonçait une porte ouverte en énonçant ses faits. Surtout, j'ai eu l'impression qu'elle ne connaissait rien au mécanisme de l'anorexie (voir Jours sans faim de Delphine de Vigan pour un récit criant de vérité sur le sujet). Est-ce à cause du procédé narratif ? La narration est faite à la seconde personne du singulier, et ce "tu" ne crée aucune intimité avec le personnage principal, au contraire, il a accru la distance entre lui et moi.

 

Le second mot qui me vient à l'esprit est : pourquoi ? Quel est le but de ce roman ? Notre vie ne sera jamais comme avant à cause de la Shoah ? Je le savais déjà, comme je sais aussi que les crimes contre l'humanité ne se sont pas arrêtés en 1945, comme je sais aussi que l'imagination des hommes a toujours été sans limite en ce qui concerne la cruauté. Le personnage principal constate que les personnes qui l'entourent continuent à vivre normalement tout en sachant que six millions de personnes sont mortes dans les camps. J'aurai envie de lui dire qu'il confond devoir de mémoire et blocage dans le passé. Cette connaissance entraîne un repli sur lui-même, pas même une désespérance au sujet du genre humain, non, une absence quasi-totale d'action, ou, encore une fois, des constatations en forme de lieux communs, que je vous épargnerai. Le véritable sujet du livre semble l'analyse d'une névrose (je n'ose dire dépression, tant elle s'étend sur plusieurs décennies), mais une analyse pas assez fouillée, sans véritable issue. Bref, cette lecture n'est même pas décevante, elle ne me laissera sans doute bientôt aucun souvenir, au contraire d'autres oeuvres, bien plus puissantes. 

 

Rentree-litteraire.jpg

Challenge rentrée littéraire chez Hérisson

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28 octobre 2011 5 28 /10 /octobre /2011 09:26

le-club-des-incorrigibles-optimistes-p.jpgMerci à Babélio et au Livre de poche pour ce partenariat.

 

 

Mon avis :

 

Je sais que ce roman a obtenu beaucoup de succès. Je dois dire que je ne l'ai pas vraiment apprécié et que je l'ai lu parce qu'il fallait que je le termine, mais ma lecture a été plutôt poussive.

 

Les 728 pages n'en sont pas la cause, car l'écriture reste toujours fluide, plaisante. Non, au bout d'une centaine de pages, je m'ennuyais déjà, car je trouvais l'intrigue extrêmement répétitive. Le soucis n'était pas tant que l'on délaissait un personnage pour en suivre un autre, un de ces immigrés venant de l'Est, maltraités par la bureaucratie française (comme quoi, le travail clandestin des sans-papiers n'est pas une nouveauté des années 2000) mais je ne parvenais pas à m'attacher à ses hommes, tous quasiment interchangeables à mes yeux. Il m'a fallu l'apparition de Tibor et d'Imré, celle de Leonid (bref, l'apparition d'histoires d'amour, d'amitié et de trahison) pour que je m'attache réellement à des personnages.

 

Le second soucis est les abondantes anticipations. J'avais l'impression qu'elles rendaient inutiles la lecture de la suite du récit, puisqu'elles désamorçaient toute tension, et m'interdisaient de poser des hypothèses de lecture. De même, je trouvais très répétitive ces parties de baby foot, ses aller et retours au collège, son amitié même avec Nicolas, Pierre et Cécile. Pour moi, ces personnages n'ont ni corps ni visage, bref, l'auteur n'a pas réussi à leur faire prendre chair, pas plus qu'à la famille de Michel. Je me suis même surprise à accueillir certains événements avec indifférence parce qu'ils étaient trop mélodramatiques à mes yeux.

 

Le club des incorrigibles optimistes ne me laissera pas un souvenir impérissable - à croire que je suis fâchée avec les livres qui ont reçu le prix Goncourt des lycéens. 

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23 octobre 2011 7 23 /10 /octobre /2011 12:15

9782259214469.gifMerci à Babélio et aux éditions Plon pour ce partenariat. 

 

Mon avis :

 

J'étais ravie de découvrir ce livre. Je l'avais repéré en librairie et quand Babélio l'a proposé dans sa Masse critique, j'ai aussitôt postulé. Je ne m'attendais pas du tout à ce que j'ai lu, j'ai eu beaucoup de mal à écrire ce billet et surtout, à ne pas devenir trop virulente.

 

Une première chose m'a génée, un rien, un point de détails certes, mais qui pour moi en disait long : la narratrice se désigne comme un "avocat", et non comme une avocate. Je ne me considère pas comme une féministe forcenée, je ne comprends pas qu'elle revienne ainsi en arrière. Prise de distance, déjà, avec ce métier, ou avec sa féminité ?

 

L'héroïne subit une crise de la trentaine, un burn out comme on dit. Elle nous raconte en détails et sans une once de recul son malaise au palais de justice, qui fait suite à d'autres malaises, réguliers : son corps tirait la sonnette d'alarme, elle n'a pas su en tenir compte. Je dois dire que j'ai déjà envie de lancer quelques piques acerbes sur cette charmante jeune femme qui ne sait pas discerner une crise cardiaque, qui aurait lieu tous les deux jours, d'une crise de tachycardie. Tiens ! Je suis justement en train de le faire, signe que mon agacement n'est toujours pas retombé. Je n'ai garde d'oublier non plus ce qu'elle pense de ses "clients" ou de ses "adversaires", enveloppant tout le monde dans une même terminologie méprisante et répétitive.

 

Viennent ensuite la chute, la déchéance pour cette avocate "gratuite" comme aime à le répéter sa mère, qui s'exprime presque toujours en majuscule - sauf quand sa fille sera hospitalisée, il faut la ménager, la pauvre petite. C'est vraiment magnifique, ce bénévolat à une époque où tout se monnaie. Vraiment, j'en ai la larme à l'oeil, surtout quand je pense à tous ses jeunes avocats qui ont du mal à se constituer une clientèle et qui auraient bien du mal à exercer gratuitement. Du coup, j'en oublie presque à vous dire en quoi consiste cette déchéance : elle est envoyée en CAP centre d'accueil psychiatrique. Elle inquiète maman et surtout, elle a déçue papa (soupirs de ma part). J'admire son sens du devoir et de l'abnégation : hospitalisé, elle a encore la force de s'inquiéter pour les siens. Merveilleux. Merveilleux surtout, la trentaine passée, de s'inquiéter encore de décevoir ses parents. Elle aime son père, elle l'admire, tant mieux. Ne devrait-elle pas plutôt accomplir ses rêves plutôt que ceux de son père  ?

 

Ses rêves, justement, elle les a perdus de vue. Elle est écartelée littéralement entre ses aspirations d'enfance, le paradis perdu de l'enfance, là-bas, en Afrique, là où vécut Rimbaud et où Hugo Pratt passa, un jour et la réalité des palais de justice français. Elle a de la chance pourtant : contrairement aux sept autres patients de son étage, dont elle détaille avec complaisance, pour ne pas dire avec suffisance les pathologies, elle n'est pas folle, elle n'a même pas de traitement. Elle rencontre néanmoins un psy hors-norme, dont les pratiques sont pour le moins irréelles. Ses quatre jours lui seront profitables : elle sort, guérie. Merveilleux (oui, je sais, cela fait trois fois que je le dis). Double bonheur : papa lui offre de prendre en charge son séjour en Afrique aussi longtemps qu'elle le voudra (cinq mois, donc, tout frais payé - une avocat gratuite n'a pas d'économie, ou si peu). Ses pages m'ont paru les plus belles, bien qu'elles marquent un retour à la réalité : le pays de l'enfance n'existe plus, si tant est qu'il est réellement existé ailleurs que dans son regard d'enfant.

 

J'ai déserté le pays de l'enfance est ma plus grande déception de cette rentrée littéraire.

 

Rentree-litteraire.jpg

Challenge rentrée littéraire chez Hérisson

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