Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
17 juillet 2012 2 17 /07 /juillet /2012 12:16

couv1087595.jpg

Merci à Edith (les livres d'Ed-en) qui a fait voyager ce livre jusqu'à moi.

 

 

 

Challenge rentrée littéraire chez le blog de Herrisson : délivrer des livres


Quatrième de couverture :

 

Une petite annonce dans un journal comme une bouteille à la mer. Hélène cherche la vérité sur sa mère, morte lorsqu’elle avait trois ans. Ses indices : deux noms, et une photographie retrouvée dans des papiers de famille qui montre une jeune femme heureuse et insouciante, entourée de deux hommes qu’Hélène ne connaît pas. Une réponse arrive : Stéphane, un scientifique vivant en Angleterre, a reconnu son père.

Commence alors une longue correspondance, parsemée d’indices, d’abord ténus, puis plus troublants. Patiemment, Hélène et Stéphane remontent le temps, dépouillant leurs archives familiales, scrutant des photographies, cherchant dans leur mémoire. Peu à peu, les histoires se recoupent, se répondent, formant un récit différent de ce qu’on leur avait dit. Et leurs découvertes, inattendues, questionnent à leur tour le regard qu’ils portaient sur leur famille, leur enfance, leur propre vie.

 

Circonstance d'écriture :

 

Je rédige cet avis en retard - comme souvent. Même très très en retard. Là, je ne compte même plus. 

 

Mon avis :

 

Je suis toujours fascinée par la place que les secrets de famille tiennent dans la littérature française, et par la capacité qu'ont certains personnages à ne pas se poser de question. La mère d'Hélène est morte alors qu'elle était toute enfant, son père s'est remarié et alors qu'elle arrive au porte de la quarantaine, elle ne s'interroge que maintenant sur ses origines, alors que certains faits auraient dû déclancher cette recherche plus tôt - à mon sens.

 

Ce qui fait la force de ce roman épistolaire là où d'autres se sont cassés les dents (j'ai un titre en tête, et je pense que certains penseront au même), c'est que, si les deux personnages ne se connaissent pas au début autrement que par leurs lettres, ils ne vont pas se contenter de cet échange ad vitam aeternam et se rencontreront dans la vie réelle, donnant ainsi plus de véracité à leurs échanges.

 

Bien sûr, je n'en dirai pas trop sur ce "secret" qui va les réunir. Je dirai simplement qu'Hélène Gestern a su ne pas verser dans le romantisme à l'eau de rose et raconter une histoire, ma foi, tristement crédible et possible. Tous les personnages, sans exception, ont subi les conséquences, directes ou indirectes de ce non-dit, nous replaçant dans ces années soixante finissantes bien plus moralisatrices que la nostalgie de certains peut le laisser croire.

 

Ce qui fait l'intérêt de ce roman est aussi le style : il est simple, facile à lire, ce qui demande bien plus d'effort qu'une prose ampoulée. Hélène Gestern est une auteur à suivre.

 

 

Defi-PR-4Défi premier roman chez Anne

 

Challenge-Douce-France-bis-copie

Challenge douce France par Evy


 

Repost 0
15 juillet 2012 7 15 /07 /juillet /2012 06:55

 

autrefille.jpg

édition Nil - 76 pages.

 

Mon résumé :

 

Annie Ernaux écrit la lettre qu'elle n'a jamais écrite à sa soeur aînée, décédée avant sa naissance.

 

 

Défi plume

défi la plume au féminin 2012

 

Mon avis :

 

Je relis ce texte pour le challenge ludique Un mot des titres de Calypso et comme la première fois, je ne parviens pas à rédiger un avis qui me satisfasse.

Annie Ernaux écrit à la soeur qu'elle n'a pas connue, une soeur dont elle n'a appris l'existence que par accident. Elle exclut d'ailleurs que cette révélation ait été volontaire de la part de sa mère, je partage son avis sur le fait que les "grandes personnes" à cette époque parlaient à côté des enfants de sujet sérieux sans que cela leur paraisse tirer à conséquence.

Annie Ernaux soulève beaucoup de questions et n'apporte pas les réponses à la place des seuls qui les détiennent : ses parents. Sa seule certitude est d'ailleurs atroce : ses parents ne voulaient qu'un enfant, pour des raisons économiques, Annie n'est donc née que parce que sa soeur aînée est morte.

Pourquoi ce silence ? La douleur ? L'envie de garder juste pour soi cette enfant ? Je ne trancherai pas, Annie Ernaux non plus. Elle dit : " Les parents d’un enfant mort ne savent pas ce que leur douleur fait à celui qui est vivant". Pourquoi elle-même est-elle restée silencieuse ? Le peu qu'elle a entendu, la comparaison faite par sa mère entre elle et sa soeur défunte l'a-t-il dissuadé de les questionner, a-t-elle voulu respecter leur silence ? Sur ce point non plus elle ne tranche pas. 

Tout le livre ou presque serait à citer, tant il sonne juste. Je ne peux que vous conseiller de le lire.

Repost 0
10 juillet 2012 2 10 /07 /juillet /2012 10:47

yeux.jpgédition de l'Olivier - 190 pages.

 

Mon résumé :

 

Saint-Lunaire. Noé, le patriarche, fête son anniversaire. Sa famille vient le rejoindre. Il y a Achille, né d'un premier mariage, et ses triplés, Léna, malheureuse auprès de son mari Vincent, mère de deux enfants qui, d'après elle, lui mène la vie dure, Merlin, le fils cadet, qui a confié sa fille Scarlett à ses parents Noé et Marianne dix ans plus tôt car il ne parvenait pas à s'en occuper, Stella, la petite dernière, homosexuelle, et son amie Charlotte. Il y a aussi un événement dont personne ne parle :  la mort de Violette, trente ans plus tôt, née entre Léna et Merlin.

 

Défi plume

défi la plume au féminin 2012

 

Mon avis :

 

Je l'ai lu dimanche soir, d'une traite, juste après avoir refermé un polar finlandais. J'ai adoré ce roman, même s'il est vrai que j'aurai aimé en savoir plus sur certains personnages. Voilà pour le petit bémol que je porte à ce roman, il sera le seul.


J'ai énormément aimé (n'était le bémol, je mettrai "adoré") ce roman qui sonne juste tant du point de vue de l'écriture que de la caractérisation des personnages.


Famille recomposée ? Pas tant que cela. Certes, Noé a divorcé de sa première femme, que nous qualifierions de nos jours de psycho-rigide (puritaine, au sens strict du terme, n'est pas mal non plus) mais Marianne, sa seconde épouse, n'a pas amené d'enfants dans la corbeille des noces : juste deux frères irresponsables et une mère distante, qui n'apparaissent qu'en pointillés, avant de disparaître définitivement à la suite de la tragédie qui les a frappés trente ans plus tôt.

 

De cette tragédie, qui est la morte accidentelle de leur seconde fille, Noé et Marianne ne parlent pas. Pourtant, ils ne sont pas un couple qui ne communiquent pas, je dirai même qu'ils sont un couple exemplaire dans le sens qu'il a survécu aux tourments endurés. Non, c'est simplement que lorsque Marianne commence à en parler, c'est pour dresser la longue liste des reproches qu'elle s'adresse. Elle ne parle pas de la mort de Violette, elle explose de douleurs, et la mort de Violette est un argument sans appel face à certaines situations.

 

Ne pas être responsable de la mort de sa fille n'a strictement rien à voir avec le fait de se sentir coupable, d'autant plus que la vie a continué, presque malgré eux : Stella est née un an après la mort de sa soeur (déni de grossesse familial - Noé, médecin, n'a rien vu) et Marianne a eu beaucoup de mal à s'occuper de cette enfant, qui lui rappelait tant son enfant défunte.

 

Comment se construire autour du deuil et des non-dits ? Mal ? La seule qui vit presque bien est Scarlett, en dépit de la défection (désaffection ?) de ses parents. Et pourtant, c'est elle qui a véritablement grandi avec le fantôme de Violette. Et même si son prénom a été choisi par sa mère en référence à Autant en emporte le vent, Scarlett rime avec Violette, Scarlett, qui avait l'âge de Violette morte quand elle a été confiée à ses grands-parents. Les autres ... Achille reproduit le schéma paternel, Léna étouffe dans ses habits de mère parfaite, exacte opposée de sa mère, Merlin est en éternelle errance et Stella...Je laisse le mot de la fin à Marianne :

"ça ne servait à rien de remuer tout ça. Violette était Violette et elle était morte. Stella était Stella et elle était vivante, et elle avait besoin d'elle".

 

 

Challenge-Douce-France-bis-copie

Challenge douce France par Evy

regions.jpgChallenge vivent nos régions par Lystig 



Repost 0
28 mai 2012 1 28 /05 /mai /2012 09:50

serment.jpgédition Belfond -300 pages.

 

  Merci beaucoup à Elodie des Editions Belfond pour m'avoir permis de lire le dernier ouvrage de Françoise Bourdin.

 

Mon résumé :

 

Guillaume est architecte, sa vie professionnelle est une réussite : lui et son équipe planche sur un très gros projet. Pourtant, quand son frère jumeau Robin l'appelle parce qu'il a besoin de lui, Guillaume n'hésite pas et part en Bourgogne aider son frère. Robin est atteint d'un cancer, et il n'a plus la force de gérer le vignoble alors que les vendanges approchent et que sa femme Laurence, son plus grand soutien, est sur le point de donner naissance à leur premier enfant.

 

Challenge-Douce-France-bis-copie

Challenge douce France par Evy

 

Circonstance d'écriture :

 

J'ai lu ce roman pendant le STAR, j'étais persuadée, si ce n'est d'avoir publié l'article, du moins d'avoir rédigé un brouillon. Ce n'était pas le cas. Cet oubli est réparé (en espérant qu'OB ne bugue pas aujourd'hui).

 

Mon avis :

 

La famille est au centre des romans de Françoise Bourdin. Ici, nos deux héros sont des jumeaux, et déjà, je sais gré à l'auteur d'avoir évité les clichés liés à la gémellité : non, les jumeaux ne sont pas forcés de se détester, non, les jumeaux ne sont pas identiques ou interchangeables. Guilaumme et Robin ont des goûts différents, des parcours professionnels et personnels différents et souvent semés d'embûches. Leur individualité très marquée est sans doute partie prenante dans leur attachement : ils sont Guillaume ET Robin, et non "les jumeaux".

 

Paradoxalement, je trouve que Robin a beaucoup de chance, bien qu'il soit atteint d'un cancer. Il est soutenu par les siens, tous les malades n'ont pas ce bonheur. Oui, la maladie est là, le traitement aussi, les moments d'inespoir et de désespérance également. Sont là aussi tous ceux qui soutiennent Robin, qui ne baissent jamais les bras, même quand lui est à deux doigts de craquer. (Note : et pourquoi ne pas craquer ? La désespérance, quoi qu'on dise, n'a jamais empêché la guérison tant que le traitement est suivi). 

 

Bien sûr, on pourrait arguer que la situation financière de Guillaume lui permet de s'en aller d'aider son frère sans trop de soucis. Mouais. Je répondrai que rien ne l'obligeait à ne pas se jeter à corps perdu dans le travail pour ne pas voir la dégradation du corps de son frère. Rien ne l'empêchait de se concentrer sur le désastre de sa vie sentimentale. Le cancer de Robin force les siens à regarder leur vie en face et à redéfinir leur priorité, pour ceux du moins qui ne parvenaient pas à voir clair dans leur vie, comme Guillaume.

 

La maladie force à faire le tri : ce qui est important et ce qui ne l'est pas. Au cours de ses trois cents pages de récit, les personnages vont droit à l'essentiel, quitte à laisser sur le chemin les compagnes futiles des jours passés. Même en ce qui concerne le travail de la vigne, auquel s'initie Guillaume, nous n'aurons pas de digression pesante ou d'explication redondante : le lecteur est invité à ressentir ce que vivent tous les jours ceux qui travaillent dans le vignoble.

 

J'ai gardé mon personnage préféré pour la fin : la superbe top-model futile, totalement dépassé par les événements qu'elle a provoqués (reconquérir le père en le trompant avec le fils, il fallait y penser, non ?). Je la plains, parce qu'elle se retrouve seule avec sa vacuité, son incapacité à aimer et à se faire aimer. Il n'est pas de remède pour cela. 


Challenge des quatre saisons

challengeQuatreSaisons

Repost 0
18 mai 2012 5 18 /05 /mai /2012 13:02

Saphia.jpgÉdition J'ai Lu - 126 pages.

 

Mon résumé :

 

Jbara est une adolescente de 16 ans dans les montagnes du Maghreb. Ses journées ? Garder ses moutons. Elle est une fille, elle n'a donc aucun droit, tout ce qu'elle peut faire ou penser est haram (péché). Comme elle n'a personne à qui se confier, elle parle à Allah.

 

 

Défi plume

défi la plume au féminin 2012

Mon avis :

 

Je commencerai ce billet par un avertissement : âme sensible s'abstenir. Il n'est pas question de pruderie, même si je devais en être accusée. Ce n'est pas la crudité du langage qui me choque - l'auteur différencie bien crudité et grossièreté - mais ce que véritablement ces mots racontent et recouvrent. Et le récit a été vraiment très dur à lire pour moi. Je plussoie donc : si Purge vous a semblé marquer vos limites (chacun a les siennes, loin de moi l'idée de juger), Confidences à Allah vous semblera insoutenable.

Le livre est court, il est une claque. Monologue, oui, monologue rétrospectif de Jbara qui a tant vécu et tant souffert que je me suis demandé comment il lui était encore possible de survivre après cela. Plutôt que dresser la liste de ce qu'elle a enduré (viol, prostitution...), il serait plus rapide de dire ce qu'elle n'a pas subi. Je me serai presque cru dans Pot-Bouille de Zola, que certaines scènes m'ont rappelé, tant le destin de Jbara paraît improbable, comme si une telle accumulation d'horreurs sur une seule et même jeune femme était impossible.

Elle est naïve, Jbara, au début du récit, elle est naïve et pourtant elle emploie un langage très précis, sans doute parce que ce monologue est rétrospectif et qu'elle est maintenant capable de nommer ce qu'elle a enduré, sans pour autant user de l'ironie. L'ironie, elle la réserve aux autres, aux hommes, à ceux qui jugent que tout est interdit pour les femmes. Rastignac du Maghreb (encore une comparaison avec le roman réaliste, décidément, je me raccroche à ce que je connais), Jbara se servira de ce qu'elle ne doit pas montrer pour exister et pour obtenir ce qu'elle veut. Aussi étonnant que cela puisse paraître, cette petite bergère est aussi une victime de la société de consommation, qui se sent mieux quand, grâce à un produit des plus banals (ou pas...), elle peut se raccrocher à une autre réalité que la sienne.

Ces petits moments ne sont même pas des moments d'apaisement. A aucun moment sa révolte ne faiblira. L'humour perce aussi parfois, bien que cela paraisse improbable dans un tel contexte. Ce n'est pas contre Allah qu'elle se révolte, il est son seul confident, elle se révolte contre les coutumes, contre ce que les hommes ont fait de la religion.

Confidences à Allah est un livre court, à lire chapitre par chapitre. Je remercie le forum Livraddict et les éditions J’ai Lu pour ce partenariat.

 

 

Defi-PR-4Défi premier roman chez Anne

Repost 0
19 avril 2012 4 19 /04 /avril /2012 20:00

  Couverture_de_Laura_de_Laurent_Herrou.jpg

Merci à Thomas, de la maison d'édition EP-LA Arès (www.ep-la.fr), pour ce partenariat.

 

Mon avis :

 

Je crois que je n'ai jamais eu autant de mal à rédiger un avis. Oui, je sais, je le dis souvent, mais là, j'ai vraiment l'impression que les difficultés ont été  insurmontables. J'ai presque eu envie de présenter mes excuses à l'éditeur parce que vraiment, je n'y arrivais pas. Et de là à dire que je suis satisfaite de ce que je rédige, c'est non. J'essaie simplement de ne rien changer à mes habitudes.

Premier écueil (et de taille) : je ne savais pas vraiment qui était Guillaume Dustan (merci de ne pas trop rire) à qui ce livre est dédié. En 1999, j'étais très occupée par le CAPES, et l'actualité littéraire me passait vraiment par-dessus la tête.

Deuxième écueil (toujours de taille) : ce genre de romans m'est totalement étranger. Je n'en ai pas lu avant, et il est probable que je n'en lirai plus jamais après. L'auto-fiction, très peu pour moi - je n'ai pas lu un seul roman de Christine Angot, et je ne ferai rien pour y remédier.

L'oeuvre est découpée en plusieurs parties. Un avant-propos explique les différentes strates de création, les modifications du projet initial. Suivent les quatre parties de anciennement intitulé Gris de Garonne, Ecoute (des dialogues bruts), ce que je nomme le journal de Laura et L'autre Paul, un court polar. Ou comment je gagne du temps en détaillant le livre.

Laura est l'histoire de Laurent, de sa construction - Laura est Laurent, sa part féminine. Laurent aime les hommes, Laurent aime un homme, et j'ai envie de dire que cela ne nous regarde pas. Dans son avertissement à la troisième partie du livre (le journal de sa publication en fait), l'auteur dit : "Je demande à tous les gens qui me connaissent de ne pas lire ce livre." Je comprends parfaitement pourquoi en le lisant, et j'ai de très nombreuses fois entrecoupé, arrêté, suspendu ma lecture parce que même si ce texte est publié, j'ai des scrupules à lire ses confidences intimes, sur sa vie de couple, sur sa vie intime, sur sa vie sexuelle qui se mèlent à sa difficulté à accepter son homosexualité et sa versatilité. Même si un auteur vous invite à tout savoir de lui, je n'en avais pas forcément envie. Je n'ai pas forcément envie non plus de détailler ce qui nous est raconté - ce n'est pas scrupule par rapport aux personnes qui me lisent, mais c'est qu'en temps que femme, je me sens très éloignée de ce qui nous est narré.

Pourtant, Laurent Herrou nous parle de sa part féminine, de son statut de "femme au foyer" (ce que je n'ai jamais été), de ses difficultés à accepter son homosexualité, de la culpabilisation que ses parents font peser sur lui, surtout parce que son frère est gay lui aussi. Encore un fait qui m'est étranger - parce que j'ai toujours grandi dans l'idée qu'il fallait accepter ses enfants tels qu'ils étaient, et non tels qu'on voulait qu'ils soient.

Reste à savoir pourquoi l'auteur raconte ceci. J'écarte la volonté d'être trash (je me trompe peut-être) car l'écriture est sincère, nomme les choses, les actes mais n'a pas une volonté de choquer, d'exhiber, juste d'être au plus près... de la réalité, y compris en racontant des faits apparemment banals. Au milieu d'une lecture qui me mettait mal à l'aise, j'ai presque ri quand il a été question de l'horoscope du jour.

Au delà de la parution d'un premier roman (et il est rare de lire le questionnement de l'auteur-en-devenir) se trouve aussi la question du positionnement : Laurent Herrou a été publié dans une collection ouvertement gay et ne se satisfait pas de ceci. Il voudrait être un auteur, point, ce que je comprends très bien.

Laura se termine par un court roman policier, L'autre Paul. Le personnage, claustrophobe dans son propre corps (j'ai beaucoup aimé cette formule) me fait penser au héros de Transfixions de Brigitte Aubert. Pourtant, ce narrateur anonyme mène une vie sans joie, se donnant à des hommes dont il espère l'amour, et n'obtenant en retour rien (au mieux). Une seconde narratrice prend la parole, après une ellipse narrative, Valentine. Tout comme le premier narrateur, sa vie n'est que désespérance, jusqu'à ce qu'elle rencontre Paul. Elle peut dire enfin : Je parlais peu, mais je vivais, moi. J'ai préféré cette partie de l'oeuvre, sans doute parce qu'elle est la plus accessible.

 

Defi-PR-4Défi premier roman chez Anne

Repost 0
17 avril 2012 2 17 /04 /avril /2012 18:58

ecume.jpg

édition Le livre de poche - p. 19 à  335

 

Présentation de l'éditeur :

 

L'Ecume des jours : ce titre léger et lumineux annonce une histoire d'amour drôle ou grinçante et inoubliable, composée par un écrivain de vingt-six ans.
C'est un conte de l'époque du jazz et de la science-fiction, à la fois comique et poignant, heureux et tragique, merveilleux et fantastique, féerique et déchirant. Dans cette ?uvre d'une modernité insolente, l'une des plus célèbres du Xxe siècle et livre-culte depuis plus de trente ans, Duke Ellington croise le dessin animé, Sartre devient une marionnette burlesque, le cauchemar va jusqu'au bout du désespoir.
Mais seules deux choses demeurent éternelles et triomphantes : le bonheur ineffable de l'amour absolu et la musique des noirs américains...

 

 

Un-mot-des-titres

Challenge Un mot, des titres organisé par Calypso,

Circonstance d'écriture :

 

Je suis patraque, donc cela se ressent sur la taille du billet. Je dédis cependant ce billet à mon oncle, qui m'a fait découvrir Boris Vian.

 

 

Mon avis :

 

L'écume des jours n'est pas un roman que j'ai envie de disséquer, comme les médecins ont disséqué (ou presque) le poumon de Chloé. L'écume des jours est un chef d'oeuvre qu'il faudrait donner à lire à tous les écrivaillons prétentieux qui croient avoir crée un univers, un style, une oeuvre, et prennent de haut ceux qui ne les comprennent pas.

L'écriture de Vian est d'une constante inventivité. Le jeu sur les mots n'empêche pas l'intrigue et surtout, les personnages, de prendre vie sous nos yeux. C'est un cliché, pourtant l'histoire d'amour entre Colin et Chloé est une des plus belles et des plus tragiques de la littérature contemporaine. En contrepoint, nous avons celle de Chick et d'Alise : lui se livre à sa monomanie et délaisse l'amour, Colin se donne tout entier et ce ne sera pas suffisant.

Une oeuvre à lire, à ressentir, à aimer plutôt qu'à chroniquer.

 

Challenge-Douce-France-bis-copieChallenge douce France par Evy

 

Le jazz sous-tend le texte de Vian. Je ne pouvais pas terminer ce billet sans la musique de Duke Ellington.


 

Repost 0
5 avril 2012 4 05 /04 /avril /2012 14:27

Reine.jpg Quatrième de couverture :

 

Qui est-elle, Reine ? De quoi souffre-t-elle ? D'être une femme entre deux âges ? Une épouse abandonnée ? Une enseignante frustrée ? Pourquoi fouille-t-elle les librairies à la recherche d'un roman de quatre sous ? La réponse, et l'espoir d'un apaisement, pouraient se trouver au bout de cette nuit de frasques où, de son bureau de la Sorbonne aux bas-fonds de Pigalle, sa quête va l'entraïner. De cette épopée aussi pathétique que burlesque un portrait haut en couleur et riche de secrètes vibrations.

 

Mon avis :

 

Nous avons chacun des livres, des films, des rencontres qui nous ont façonné. Je ne suis pas différente des autres, j'ai d'abord été une blogueuse ciné et j'avais alors une liberté de style que j'ai mis longtemps à retrouver. Aussi, la lecture de ce livre m'amène à me poser une seule question : pourquoi avoir perdu mon temps à lire ce livre qui l'a apporté bien moins de plaisir que le film que je venais de voir (My week with Marylin) ?

Le livre démarrait presque bien : une universitaire, Reine, renonce à corriger ses copies pour partir à la recherche d'un roman contemporain, genre qu'elle abhore, parce qu'elle ressent le beosoin rrésistible de le lire. Premier fait : ce livre lui a été suggéré par la nouvelle femme de son ex-mari, celle qui fut sa rivale heureuse auprès de lui. Il faut une grande dose de masochisme ou la volonté absolue de contrôler son image.Cette deuxième cause est la bonne.

Reine contrôle absolument tout, elle est méticuleuse à l'extrême, au point-virgule prêt. En une nuit,elle vit des aventures qui devraient changer sa vie entière.

Devraient (baîllements d'ennui). J'ai trouvé les cinquantes premières pages prometteuses, j'attendais les rebondissements suivants, que Reine enfin brise le carcan qu'elle a elle-même crée au lieu de s'enfermer dans des situations épineuses qu'elle a elle-même provoquées. J'aurai aimé plus de folies, moins de conventions universitaires ou littéraire.J'ai lu des scènes bien plus touchantes dans Regarde, nos chemins se sont fermés de Françoise Xenakis, des errances et des aventures bien plus mouvementées dans Soeurs chocolat de Catherine Velle.

Il restera une écriture qui met en abîme les affres de l'auteur dont le premier roman ne trouve pas le succès escompté lors de sa sortie. J'espère que cet angle d'attaque n'était pas prémonitoire.

 

Defi-PR-4Défi premier roman chez Anne

 

 

 

Repost 0
24 mars 2012 6 24 /03 /mars /2012 08:47

chemins.jpg

édition Le livre de poche - 200 pages

Quatrième de couverture :

 

Un jour d'été, l'époux, l'ami depuis plus de cinquante ans, se perd et ne retrouve plus la sente qu'il a tracé dans les montagnes de Corse. C'est le début, à travers la maladie, d'un isolement et d'un silence qui l'excluent peu à peu de toute vie. La femme raconte ses appels de nuit chez les pompiers, le service d'urgence de l'hôpital où les médecins le soignent du mieux qu'ils savent et où errent, entre les brancarts de grands malades, les excités, les clochards, les rejetés de partout.

 

Mon avis :

 

Si j'ai eu du mal à écrire mon avis sur ce livre, c'est parce que le seul et unique avis que j'ai trouvé sur lui était négatif - sans aucune nuance - alors que j'ai éprouvé pour ce livre un véritable coup de coeur.

Françoise Xenakis tisse un chant d'amour et de mort autour de l'homme qu'elle aime. Pas de tabou : elle raconte ce qu'elle a vécu, ce qu'elle a ressenti devant cet homme qui lentement perd ses facultés mentales. Elle décrit les urgences, ce dernier refuge pour les désespérés de toute sortes, réceptacles de toutes les misères humaines. Elle parle les médecins, ceux qui sont entièrement dévoués à leurs patients et y sacrifient leur vie entière. Elle raconte la lente répétition des jours et la progression, insidieuse, du mal. Elle évoque aussi ses gens si gentils qui lui ont conseillé de placer Iannis, pour "la soulager" et, en corrolaire, la manière dont elle avait aménagé ses journées pour répondre à ses besoins.

Ce récit est entrecoupé par des extraits de quatre oeuvres anciennes, quatre oeuvres qu'elle ne pourrait plus écrire aujourd'hui - et ce sont autant d'hommage à ce que l'homme qu'elle aime a été.

Je ne dis pas "son mari", volontairement, car les liens qui les unissent sont bien plus étroits que ceux du mariage, et ce n'est pas parce qu'il est "son mari" qu'elle prend soin de lui. Autre tabou qu'elle n'hésite pas à évoquer de manière courageuse : l'euthanasie. Il est hors de question d'y lire une solution de facilité, mais de respecter la volonté de l'autre. Il est aussi question du courage qu'il lui faut pour essayer de répondre à ce souhait, courage qu'elle se reproche de ne pas avoir eu.

Regarde, nos chemins se sont fermés est un très beau récit.

Repost 0
22 mars 2012 4 22 /03 /mars /2012 11:11

Antoine-et-Isabelle.gif  éditions Points - 442 pages.

 

Merci aux éditions Points et au forum Partage-Lecture pour ce partenariat.

 

Quatrième de couverture :

 

En 1925 à Barcelone, Antonio et Isabel rêvent d’une vie libre, à l’image des utopies de leur temps. Ils sont entraînés dans le tourbillon de l’Histoire : Antonio combat pour la République espagnole, Isabel fuit le régime franquiste. En France, après la guerre, les deux amants pourront enfin renaître de leurs cendres, sous les noms d’Antoine et Isabelle.

 

Mon avis :

 

Je voudrais déjà lancer un avertissement : si vous croyez vous trouver en face d'une banale histoire de famille, dans laquelle l'auteur se contente de broder autour des mariages, naissances et décès, avec passage obligé par des événements historiques, passez votre chemin. Antoine et Isabelle est bien plus qu'un simple hommage à ses grands-parents.

Le livre commence presque par la fin  : d'entrée de jeu, nous savons que le grand-père de Vincent sera déporté, qu'il en reviendra, et qu'il écrira le récit de ce qu'il a vécu. Pourtant, Vincent Borel ne nous parle pas de devoir de mémoire, loin de là, et je préfère le citer que le paraphraser : "je lui cède la parole. L'horreur qu'Antonio va connaître à Mathausen [...] il n'appartient qu'à ceux qui l'ont vécue de l'évoquer. S'y substituer ne serait, au mieux, qu'une machine littéraire". Aussi, j'ai beaucoup apprécié, même si j'ai toujours des difficultés avec cette période, que Vincent Borel reproduise in extenso l'oeuvre de son grand-père et que le temps de la lecture corresponde avec le temps du récit.

Mais revenons en 1919. Nous sommes en ESpagne, et nous suivons le destin des Vives et des Canuto. Les deux familles ne se connaissent pas, pourtant elles ont en commun de vouloir vivre une vie meilleure que celle qu’elles vivent. Elles se retrouvent toutes deux à Barcelone, dans des conditions à peine meilleures que celles qu’elles ont quitté. Leur point commun ? Elles arrivent toutes deux à Barcelone, où Antonio, serveur, rencontrera Isabel, ouvrière, et où ils se marieront, en dépit de l’opposition d’une des familles. Tout au long de ses années, ils feront preuve de courage et d'opiniatreté, d'engagement dirait-on aujourd'hui, face au épreuves et au qu'en dira-t-on ?

J'ai pensé à l'oeuvre de Zola en lisant ce livre. Comme dans Germinal, nous avons, en opposition à ses ouvriers qui cherchent à survivre (à défaut de pouvoir toujours vivre) une richissime famille bourgeoise, les Gillet dont nous suivrons le destin parallèlement à celui des Vives. Pourquoi Germinal ? Comme les Grégoire, Léonie a une vision très patriarcale du rôle des patrons envers les ouvriers. Il est nécessaire de prendre soin d’eux, d’une part parce qu’ils en sont incapables (tous alcooliques) et d’autre par pour prévenir toute velléité de révolte. Rien n’a changé depuis Zola. Au-delà des différences (de nationalité, de classe sociale, d’opinion politique), ils sont pourtant un point commun avec les Canuto (les parents d’Isabel) : le souci des convenances et le respect de la religion. Pas de divorce pour les uns, pas d’enfant naturel pour les autres. Tous les chapitres consacrés aux Gilet et à leurs descendants m’ont peu passionné, et il m’est arrivé de remettre leur lecture à plus tard, tant je voulais savoir ce qu’il adviendrait d’Antonio et Isabelle.

J'ai tout de même un autre regret : le ton utilisé, distant, impersonnel, comme si l'auteur ne voulait pas manifester son émotion face au destin de ses grands-parents. Il faut attendre la guerre d'Espagne, magnifiquement raconté (et pourtant, rien n'était simple dans cette guerre) pour trouver un souffle épique.

Antoine et Isabelle reste cependant un roman solidement construit, très bien documenté sans être pesant, et hautement recommandable pour tous ceux qui s'intéressent à la guerre d'Espagne et à la seconde guerre mondiale.

Repost 0

Présentation

  • : le.blog.de.sharon.over-blog.com
  • le.blog.de.sharon.over-blog.com
  • : J'ai crée ce blog pour partager mes lectures. Mes goûts me portent plutôt vers le roman policier.
  • Contact

Parlons félins.

Nunzi aussi a son blog :

le  blog de Nunzi

485

Recherche

Challenges

Logo Sharon

Le Challenge animaux du monde  a débuté le 24 juillet2011. Pour vous inscrire et déposer vos billet, c'est ici .

Si vous cherchez des idées de lecture, vous en trouverez en cliquant

 

logo

  Le Challenge romans sous influences a débuté le 18 septembre. Pour vous inscrire et déposer vos billets, c'est ici .

N'oubliez pas la bibliographie

Leblanc

 

Arsène.

Pour le Challenge Maurice Leblanc , les inscriptions et le récapitulatif ont lieu ici .

 

moliere-1318954748

 

Le Challenge Molière est à durée illimitée lui aussi .

 

Lecture

Le Challenge Histoire de famille est à durée illimitée lui aussi. Venez déposer vos billets ici ou Là.

Jetez un coup d'oeil sur la bibliographie.

 

challenge Paris(1) Le Challenge Paris je t'aime est illimité dans le temps.

Mon profil Babelio

Mon profil sur Babelio.com

Hellocoton

Ma Page sur Hellocoton

Retrouvez Sharon sur Hellocoton