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16 octobre 2011 7 16 /10 /octobre /2011 09:41

mingus-mood.jpgEdition Jullliard - 244 pages.

 

Merci à Denis et à Anne qui ont fait voyager ce livre jusqu'ici

 

Mon résumé :

 

Années 80. Une journaliste vient interviewer un ancien jazzman. Elle écrit un article sur son vieil ami Charlie Mingus, récemment disparu. Elle veut tout savoir, notamment ce qui a présidé à l'enregistrement de l'album Tijuana Mood, en 1957.

 

Rentree-litteraire.jpg

 

Mon avis :

 

Je trouve qu'on ne parle pas assez de ce livre. Des romans qui tentaient de transcrire les émotions d'un musicien, j'en ai lu, et certains étaient si remplis de lieux communs que je n'ai pas jugé utile d'écrire un article à leur sujet.

 

Pour vous dire pourquoi mon sentiment est très différent, il faut d'abord dire en quoi Charlie M est un musicien différent. Pas de complaisance avec lui-même, pas de pose de musicien "qui est enchaîné huit heures par jours à son instrument et se donne tout en entier à la musique", tout en guettant du coin de l'oeil les admiratrices potentielles et l'approbation des critiques. La musique est sa vie, son seul moyen d'exprimer sa colère et sa rage : le jazz permettait de telles révoltes à l'époque. Se jetant sur scène, Charlie livre véritablement grâce à son inspiration  un combat contre tout ce qu'il a vécu dans cette Amérique des années 50 où la ségrégation est une réalité. Les mots, il les maîtrise mal, même sa psychanalyse (assez réjouissante) se fera en partie grâce à son instrument.

 

Nous pouvons aussi compter sur la bienveillance et la tendresse du narrateur, musicien engagé dans la lutte pour les droits des Noirs. Bien que le roman soit bâtie comme une interview, nous entendons rarement la voix de la journaliste, pourtant pugnace. Le narrateur  va au plus juste et s'il livre beaucoup sur son ami, sur les difficultés des autres jazzmen, qui paient souvent d'une mort précoce leurs excès et leurs combats, il dira fort peu de choses sur lui-même. Parfois, c'est à Charlie lui-même qu'il s'adresse, en le tutoyant, lui disant ainsi tout ce que dans le feu de l'action, il n'a pas eu le temps de dire.

 

Un très beau roman que je vous recommande chaudement.

 

 

Challenge rentrée littéraire chez Hérisson

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15 octobre 2011 6 15 /10 /octobre /2011 21:25

7714444922_rien-ne-s-oppose-a-la-nuit.jpgEditeur : Jean-Claude Lattès - nombre de pages : 437.

 

Un-mot-des-titres

 

Quatrième de couverture :

 

Ma famille incarne ce que la joie a de plus bruyant, de plus spectaculaire, l’écho inlassable des morts, et le retentissement du désastre.

 

Aujourd’hui je sais aussi qu’elle illustre, comme tant d’autres familles, le pouvoir de destruction du verbe, et celui du silence.

 

Challenge psyMa troisième participation au challenge Psy

 

Mon avis :

 

J’ai lu ce roman il y a plus de trois semaines, et j’éprouve le plus grand mal à me détacher de lui. Je le feuillette souvent, et je le conseille à toutes mes amies.

 

Ce livre n’est pas un coup de cœur, il est un électrochoc. Chacun réagira différemment selon son histoire familiale. Pour ma part, j’ai repris mes recherches généalogiques (autant vous dire que comme le nœud du problème se situe entre 1844 et 1913, les résultats ne sont pas garantis).

 

Delphine de Vigan nous montre d’abord comment l’écriture de ce livre s’est imposée à elle, comme une nécessité. Elle montre comment l’ombre de sa mère a toujours été là, même dans ses ouvrages dont elle paraît absente. Elle raconte ses interrogations, appréhendant les réactions de sa famille à la publication du livre et surtout à la révélation des secrets qu’elle a mis à jour.

 

Son but n’est pas tant de savoir ce qui a poussé sa mère à mettre fin à ses jours, mais ce(ux) qui a causé sa folie et son internement, à l’âge de 33 ans, âge christique. Delphine de Vigan montre la difficulté d’écrire sur le réel. Les témoignages sont nombreux, se recoupent parfois, mais sont rarement identiques. Elle parle aussi de la difficulté de ne pas romancer ce qu’elle écrit, de ne pas sombrer dans un lyrisme facile, totalement inapproprié selon elle.

 

Bien qu’elle parle de faits très intimes, je n’ai jamais ressenti un sentiment de voyeurisme ou d’impudeur, grâce à la force qui imprègne son écriture.  Je ne suis pas une adepte forcenée de la psycho-généalogie, pourtant la répétition de certains faits, de génération en génération, sont troublants et je ne sais pas si l’auteur en était consciente.

 

Ce livre ne se chronique pas, il se lit.

 

Rentree-litteraire.jpg

Challenge rentrée littéraire chez Hérisson

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14 octobre 2011 5 14 /10 /octobre /2011 18:49

l-affaire-blaireau-111826-250-400.jpg 

 

Comme promis lors de son inscription au Challenge animaux du monde , je prête mon blog à Aline pour qu'elle y dépose ses articles. Voici sa première participation.

   

L’affaire Blaireau, ni vu ni connu

Alphonse Allais

 

4e de couv. : Une erreur judiciaire à Montpaillard ? La petite ville est en émoi : jamais un tel événement n’était venu troubler son paisible ennui provincial.. Soudain, rien ne va plus ! Une folie furieuse et contagieuse s’empare de ses habitants. Le maire est dépassé. Disputes… Empoignades… Manifestations… On veut renverser le gouvernement ! Décidément, ce petit monde bien réglé ne tourne plus rond. Et c’est un braconnier débonnaire qui, sans le vouloir, sème une telle pagaille. Héros malgré lui, tour à tour brigand, bagnard, saint et martyr… Ce bougre de Blaireau n’en demandait pas tant !

Sous la plume à la fois féroce et tendre d’Alphonse Allais, une satire sociale d’une brûlante actualité…

 

Pourquoi je l’ai lu : A cause de la photo de Louis de Funès, période « films en noir et blanc » avec gavroche, cigare et l’œil qui frise sur la couverture.

 

Le Livre : Premier roman lu dans le cadre du challenge « Animaux du monde » (merci Sharon de bien vouloir m’héberger le temps de ce challenge), comme je m’en doutais, « L’affaire Blaireau » n’a aucun lien avec les animaux si ce n’est son titre, nom du principal protagoniste. L’histoire est une satire de l’appareil judiciaire et pénitentiaire qui suit une logique poussée jusqu’à l’absurde ce qui en met en évidence les dysfonctionnements et les lacunes. Même si les critiques sont toujours d’actualités, elles étaient sans doute plus vraisemblables lors de la parution du livre qu’aujourd’hui. Les personnages sont simplifiés à l’extrême et parfois jusquà la caricature : une femme romantique, un directeur de prison paternaliste, 17 ( !) révolutionnaires… Seul Blaireau, le personnage central, est plus finement décrit. Ce braconnier brille à la fois par sa simplicité et son bon sens, par sa générosité et par sa grandeur d’âme.

Le style est claire, efficace et plein d’humour comme le montrent les nombreuses digressions de l’auteur ou encore les titres des chapitres. Par exemple le chapitre II : Dans lequel le lecteur continuera à se créer de brillantes relations notamment dans la famille de Chaville et chez quelques-uns de leurs invités.

Ce livre m’a permis de découvrir un auteur et donné envie de voir l’adaptation cinématographique. Agréable à lire, cette comédie m’a fait passer un agréable moment.

 

Logo Sharon

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9 octobre 2011 7 09 /10 /octobre /2011 14:24

jours-sans-faim-delphine-vigan-L-sM4FeX.jpgéditions J'ai lu - 215 pages.

 

Mon résumé :

 

Le nom de Laure rime désormais avec Danger de mort. Parce qu'elle ne pèse que 38 kilos pour 1 m 75. Elle accepte son hospitalisation dans une unité spécialisée. Ce roman est le récit d'une renaissance.

 

Circonstances de lecture :

 

Ce livre a été dédicacé par Delphine de Vigan au salon du livre du Mans. Je l'ai lu dans le train qui me ramenait sur Paris. Ce livre a été publié initialement sous un pseudonyme.

 

Mon avis :

 

Premier roman de Delphine de Vigan, cette oeuvre est une claque - sans doute, mon expérience de l'anorexie y est pour quelque chose. Déjà, l'auteur nous emporte par un style unique, sans chichi ni misérabilisme. Elle dit les choses, elle les analyse, presque avec froideur, sans fierté, sans pitié, sans juger : ceux dont elle a cotoyé le quotidien méritent mieux.

 

Elle montre le corps dans ce qu'il a de plus nu, de plus intime. Pourquoi, un jour, décide-t-on de ne plus se nourrir ? Si Laure, peu à peu, trouve une réponse à son interrogation, à ses colères, elle sait que tous n'y parviendront pas, et s'ils y parviennent, ils ne le diront sans doute pas à leurs proches. Ce qui sauve Laure, à mon avis ? Sa colère. Tant qu'elle est en colère, elle est vivante, paradoxalement. Même si elle a cherché à épuiser son corps par tous les moyens(quelle justesse  dans ses descriptions), si elle se rappelle ce qui l'a mené à cet état,  même si elle se rebelle, l'étincelle de vie n'a pas quitté Laure. Ses fugues, au lieu d'être des tentations de rechuter, sont l'expression de  son désir de reprendre sa vie en mains (ne nous leurrons pas : la guérison est très lente, même quand le corps semble être guéri, la tentation et la douleur restent longtemps présentes).

  

Bien sûr, après la lecture de Rien ne s'oppose à la nuit, certaines pages prennent une autre résonnance. Déjà, elle évoque la "folie" de sa mère, leur difficulté à vivre, son sentiment de culpabilité pour avoir "abandonné" sa petite soeur. J'aimerai parler de "jeu subtil de dévoilement" puisque Delphine de Vigan s'est doublement mise à distance en utilisant un narrateur à la troisième personne et en optant pour un pseudonyme, mais ces termes sont trop littéraires par rapport à la force de ce récit.

 

N'hésitez pas : lisez-le.

 

LA PLU~1

Ma onzième participation au défi d'Opaline

Ma deuxième participation au challenge Psy

Challenge psy

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6 octobre 2011 4 06 /10 /octobre /2011 09:24

l-envie.jpg

 

Editeur : Robert Laffont - Nombre de pages : 161.

 

Merci à Stéphie d'avoir fait voyager ce livre.

 

Quatrième de couverture :

 

« Pendant une longue période, qu’au fond je n’ai à cœur ni de situer dans le temps, ni d’estimer ici en nombre d’années, j’ai vécu dans peut-être la pire insubordination de notre époque, qui est l’absence de vie sexuelle. Encore faudrait-il que ce terme soit le bon, si l’on considère qu’une part colossale de sensualité a accompagné ces années, où seuls les rêves ont comblé mes attentes – mais quels rêves – et où ce que j’ai approché, ce n’était qu’en pensée – mais quelles pensées.

Sur ce rien qui me fut salutaire, et dans lequel j’ai appris à puiser des ressources insoupçonnées, sur ce qu’est la caresse pour quelqu’un qui n’est plus caressé et qui, probablement, ne caresse plus, sur l’obsession gonflant en vous et dont on dit si bien qu’elle vous monte à la tête, sur la foule résignée que je devine, ces gens que je reconnais en un instant et pour lesquels j’éprouve tant de tendresse, je voulais faire un livre. »

 

Mon avis :

 

Je crains que mon avis ne soit pas d’une originalité folle, par rapport à tous ceux que j’ai déjà lus. Sophie Fontanel a le courage de parler d’un sujet tabou : l’absence de sexualité. Il ne s’agit pas ici de « misère sexuelle » mais de l’absence d’envie. A une époque où il est difficile de trouver un magazine de société qui ne parle pas de ce sujet, je salue son courage. En revanche, je regrette qu’elle ne soit pas allée au bout de son sujet. Son corps se refuse, soit – il est question de sexualité, mais à aucun moment elle ne parle d’amour, ni avec ce partenaire, ni avec celui avec lequel elle a retrouvé l’envie, justement. Le programme annoncé en quatrième de couverture n’est pas vraiment abouti.

 

Très vite, il n’est plus question de son étrangeté, qui a entraîné un certain rejet de la part de ses proches, et leur volonté de la faire rentrer dans le droit chemin, mais de la sexualité des autres. Elle devient la confidente toute désignée des problèmes et des expériences des autres. Elle aurait pu évacuer cet état de fait en deux lignes, non, elle consacre un chapitre (ils ont tous très courts) à chacun d’eux, dévoilant minutieusement ce qu’ils lui ont raconté. Le texte devient alors banal, dressant un catalogue de toutes les pratiques sexuelles qui existent, y compris l’utilisation de sites pornographiques. Parfois, une voix s’élève, touchante, quelques pages sont aériennes, disant la poésie d’un geste, d’une démarche, d’une recontre. Je regrette simplement de ne pas avoir éprouvé ce sentiment pendant toute ma lecture.

 

 

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Challenge rentrée littéraire chez Hérisson

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1 octobre 2011 6 01 /10 /octobre /2011 20:25

arton26265-4c65b.jpgCirconstance de lecture :

 

J'ai acheté le livre ce matin chez mon bouquiniste préféré. Aussitôt acheté, aussitôt lu.

 

Mon avis :

 

J'ai lu beaucoup d'avis sur ce livre sur le net, souvent positif et émanant aussi souvent de femmes qui ont déjà des enfants. J'étais donc curieuse de le lire, moi qui n'ai pas d'enfants et n'en aurais peut-être pas.

 

Ce qui m'a surpris est l'acuité avec laquelle elle parle à cet enfant qui pourtant n'existera jamais, à quel point elle semble tout avoir envisagé de son avenir virtuel et de ce qu'il aurait été, de ce qu'il aurait changé dans sa vie et celle de S., son compagnon qui l'accusait de frustrer ses désirs de paternité (j'avoue ne jamais penser à l'enfant que je n'ai pas, je trouve juste dommage, si je n'ai pas d'enfants, de ne pas lui transmettre tout ce qui m'a été donné par les mien(ne)s). Bien sûr, certains arguments pour la convaincre de devenir mère sont rebattus - comme si avoir un enfant apportait la stabilité personnelle et professionnelle, comme si, finalement, avoir un enfant rendait adulte.

 

Linda Lê récuse aussi des clichés : écrire n'est pas enfanter. Elle revient aussi, profondément, sur l'absence d'affection qui a marqué sa jeunesse, sur le traditionnalisme de sa mère (je n'ose dire "machisme") et sa dureté à l'égard de ses filles. Sur sa solitude, aussi, sa peur de reproduire le schéma maternelle ou de se placer dans l'excès inverse.

 

A l'enfant que je n'aurai pas est un texte très travaillé mais aussi très émouvant, un texte court qui dit l'essentiel, bref, ce texte est une des belles rencontre de la rentrée littéraire.

 

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Challenge rentrée littéraire chez Hérisson

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16 septembre 2011 5 16 /09 /septembre /2011 10:27

 

 

Panda.jpgéditeur : Zulma. - nombre de pages : 175 pages.

 

Quatrième de couverture :

 

Grâce à ses talents de cuisiniers et à son charisme indolent, Gabriel – à peine débarqué d’on ne sait où – tisse des liens très forts avec les habitants d’une petite ville de Bretagne : une bien belle réceptionniste d’hôtel, deux junkies au bout du rouleau et surtout José, le patron du Faro, dont la femme est à l’hôpital.

            Pareil au panda en peluche échoué sur le comptoir du Faro, Gabriel offre sa personne et son temps à celles et à ceux qui viennent à lui, plus surpris ou séduits que méfiants. Et pourtant, s’ils savaient….

            Une fois de plus, Pascal Garnier déploie ici tout son charme.

 

Merci à Jeneen d'avoir fait voyager ce livre.

 

Mon avis :

 

Il est difficile de rédiger ce billet sans dévoiler l’intrigue, surprenante de bout en bout. Tout paraît simple, pourtant, au début du roman. Une petite ville en Bretagne. Un hôtel. Un bistro restaurant. Un nouvel arrivant, qui s’installe immédiatement dans la vie des habitants. Des retours en arrière, en italique, nous renseignent sur la vie de l’énigmatique personnage principal : de courts instantanés viennent éclairer son présent.Les personnages qui hantent ce roman sont tous singuliers, comme le style, inimitable et rare. 

A découvrir donc, pour entendre une voix unique.

 

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11 septembre 2011 7 11 /09 /septembre /2011 11:18

LIbraire.jpgédition Le livre de poche - 186 pages.

 

Mon avis :

 

J'ai failli passer à côté de ce livre, je le reconnais franchement. J'ai même failli l'abandonner et remettre sa lecture à plus tard, parce que ce n'était pas le bon moment. Je ne me suis pas acharnée, j'ai juste coupé sa lecture avec celle d'un thriller (le dernier Tess Gerritsen, qui sera aussi mon prochain billet) et j'ai pu terminer ce livre plus sereinement.

 

Le libraire est un livre doux, tendre, poétique. Quel personnage que ce libraire ! Il n'a pas de nom, il n'est pas décrit, il a juste une passion effrénée pour les livres et la lecture. La lecture ne rythme pas sa journée, sa journée est lecture. Il accueille ses clients, certes, mais jamais il n'est un marchand de livres - il se refuse à vendre certains titres. Il n'aime rien tant que les défis qui lui sont lancés par les vrais amoureux des livres. Il aime aussi s'inspirer de ces clients pour sa traditionnelle tasse de tisane, dont il assortit les parfums à ce qu'il vient de ressentir. Quitte à boire une tisane particulièrement infâme.

 

Certains visiteurs sont pour le moins inattendus, pourtant jamais le ton ne perdra de sa poésie et de sa tendresse, même devant une dame en noir armée de sa faux ou devant un client particulièrement impoli (et je pèse mes mots).

 

Jamais un titre contemporain ne sera cité. Regis de Sà Moreira n'écrit pas un pamphlet contre la littérature contemporaine, libre à vous d'imaginer quel titre vous (qualif"éize) qualifieriez de mauvais. Par contre, il fait la part belle aux classiques, décidément source d'inspiration (l'Odyssée, Anna Karénine) et n'est pas à un paradoxe près : ce libraire, caché au milieu de ses livres, n'hésite pas à renvoyer ses clients au café pour répondre à leurs attentes.

 

Je n'apporterai qu'un seul bémol : moi aussi je lis souvent la dernière page des livres que je lis, et je n'ai nullement l'intention de guérir de cette manie.

 

challenge-le-nez-dans-les-livres1Avec ce livre, je clos ma participation au challenge Le nez dans les livres organisé par George.

 

J'ai laissé volontairement le saut d'un de mes félins domestiques dans l'article.

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6 septembre 2011 2 06 /09 /septembre /2011 03:08

Electrico-W.jpgEdition Jean-Claude Lattès - 286 pages.

 

Quatrième de couverture :

 

En septembre 1985, Antonio, un photographe, retourne à Lisbonne après dix ans d'absence. Il y retrouve Vincente, le correspondant du journal, afin de suivre le procès d'un tueur en série.

Encore enfant, Antonio a rencontré en une fillette, Canard, l'amour mythique, celui qui permet de grandir sans jamais s'affadir, mais ce rêve de bonheur s'est déchiré. Vincent a ses raisons pour vouloir guérir cette blessure. Lui qui est si peu doué pour la vie, lui qui n'achève jamais rien de ce qu'il entreprend, va tenter de retrouver Canard et de réparer le passé.

En virtuose des jeux de l'amour et du hasard, Hervé Le Tellier veut croire qu'il n'est de destin qui ne se laisse dompter.

 

Rentree-litteraire.jpg

Challenge rentrée littéraire chez Hérisson

 

Mon avis :

 

J'ai eu du mal à rédiger cet avis parce que j'ai eu peur  d'être passée à côté de ce livre et de ses enjeux.

Vincent, plus que le narrateur de ce roman, en est le grand ordonnateur. Tel un écrivain reconnu, il dote ce livre d'un prologue, justifiant l'écriture de ce texte, et d'un épilogue qui vient boucler la boucle du récit. En effet, comme beaucoup de journaliste, Vincent se veut écrivain. Il n'y parvient pas mais, tels ces novellistes du XVIe siècle, traduit les Contos aquosos d'un auteur portugais méconnu. Surtout, il veut récrire la vie de son camarade, qui vécut une histoire d'amour aussi pure que tragique avec une amie d'enfance.

Vincent n'agit pas par altruisme : mettre Antonio face à son passé est une manière de bouleverser son présent et ses amours (le pluriel est de mise pour lui) épanouies. Le reportage sur le tueur en série n'est qu'un prétexte et il n'occupera que peu de places dans le récit : Vincent est bien trop lyrique, presque trop littéraire pour ce genre d'écrit.

Vincent ne comprend pas les femmes : postulat simple, dont le lecteur verra l'application tout au long de ces neufs chapitres, centrés chacun sur un personnage différent. Je le qualifierai presque de masochiste, tant il désire des femmes qui n'ont d'autres buts que de le faire souffrir. Même quand l'ébauche d'un sentiment semblerait possible, sa maladresse met tout en cause. Cette maladresse ressort également dans son enquête, qu'il croit discrète et judicieuse, pour retrouver Canard. Elle met surtout en avant son extraordinaire manque de confiance en lui.

Electrico Wnous permet de nous replonger dans le passé pas si lointain du Portugal, mais un passé déjà oublié, dans un état d'esprit proche de celui de l'Espagne sous Franco - je me demande aussi qui se souvient de la guerre en Angola.

Si je n'ai guère apprécié Irène, la séductrice garce, j'ai beaucoup aimé Aurora, artiste libre aux multiples facettes, et Manuela, dont l'histoire est le pendant féminin d'Antonio, jusque dans la ligne de tramway qu'elle utilisait - si ce n'est que son histoire a la brutalité de la franchise. Aurora, Manuela, Canard et même Agnès, ces quatre personnages féminins ont en commun une intégrité, un courage même qui donne bien pâle figure à Antonio et aux autres personnages masculins du récit.

Electrico W est un roman à part dans cette rentrée littéraire, j'espère qu'il trouvera sa place au milieu des livres très attendus.  

 

 

Merci à  Newsbook et aux éditions Jean-Claude Lattès pour ce partenariat.

 

Logo Partenariats News Book

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30 août 2011 2 30 /08 /août /2011 21:30

Sissi.jpg

éditions J'ai lu - 186 pages.

 

Mon avis :

 

Je ne pouvais pas participer au challenge Vie de Chateau sans qu'il y figure un ouvrage sur Sissi. plutôt qu'une biographie (j'en ai lu deux) ou les mémoires d'une proche (Mes années avec Sissi d'Irma Sztaray), je vous propose ce roman, extrêmement fidèle à la vie d'Elisabeth d'Autriche, née duchesse de Bavière.

Agnès Michaux donne la parole à Sissi, aux termes de sa vie - l'action débute en 1892 et nous mènera jusqu'à son assassinat, en 1898, seule la fin est racontée par un narrateur omniscient. Elle n'est pas apaisée - elle ne le sera jamais - elle est lucide sur son rang, sur son rôle, sur son image. Ancêtre de nos princesses anorexiques, Elisabeth s'astreignait à un régime très strict et pratiquait des activités physiques à outrance. Elle n'était pas maîtresse de sa vie de femme, ni de sa vie de mère, si ce n'est avec Valérie, sa dernière fille, la seule qu'elle put élever. Elle entendait maîtriser son apparence physique. Très tôt (dès 32 ans), elle refusa de montrer son visage, marqué par les peines. Elle le dissimulait au moyen de voiles, d'éventails : sa beauté serait ainsi cellée pour l'éternité.

Le récit est fluide, en dépit des allers et retours dans le passé et du contexte historique parfaitement restitué. Peut-être ai-je aussi cette impression parce qu'aucune partie de la vie de Sissi ne m'était étrangère. La tragédie de Mayerling est connu, la folie de son cousin Louis II de Bavière aussi. En revanche, la mort prématurée de sa première-née Sophie (qu'on lui reprocha), celle de sa soeur, la très belle Sophie d'Alençon, brûlée vive dans l'incendie du bazar de la charité, le décès, encore jeune, de sa soeur aînée Hélène ne sont pas nécessairement connus, pas plus que l'existence tumultueuse de sa soeur Marie, qui dut abandonner sa fille illégitime et qui calomnia sa propre soeur auprès de Rodolphe.

La calomnie, les rumeurs, Sissi dut les affronter bien avant la presse à scandale. Dès son union avec l'empereur, elle déplut, souverainement. Elle n'était pas celle que l'on attendait, et Sissi dut devenir Elisabeth d'Autriche - et ne parvint pas à être ce que l'on attendait d'elle, d'autant plus qu'elle découvrit les premières infidélités de son mari. Elle tomba malade - de nos jours, nous dirions qu'elle somatisait et à ce moment de sa vie, il ne restait que deux solutions, soit mourir (ce qui aurait arrangé presque tout le monde à la cour), soit prendre son destin en main - ce qu'elle fit, s'écartant le plus possible du pouvoir, de l'étiquette, où qu'elle aille. Elle écrivit, beaucoup, elle eut des passions pour un pays, pour une villa, mais chaque fois qu'elle crut avoir trouvé un endroit propice à l'apaisement, elle repartait, inexorablement, alors que les deuils se succédaient - jusqu'à sa propre mort.

 

chateau16 

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