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21 mars 2012 3 21 /03 /mars /2012 13:21

Tombeau-de-Romain-Gary.jpg

édition Babel - 108 pages.

 

Quatrième de couverture :

 

Romain Gary a traversé le siècle en nomade, en apatride, sans se soumettre aux écoles littéraires, sans rien céder aux modes, déjouant toutes les classifications, mettant orgueilleusement en actes sa liberté de romancier. Insaisissable et insaisi, fidèle et rebelle au dessein grandiose que sa mère avait formé pour lui, il s’acharna à consumer sa vie de fils, d’amant, de mari et de créateur jusqu’à renaître de ses cendres et enfin s’inventer autre. De l’entrée en scène de l’écrivain Romain Gary jusqu’à l’apothéose d’Emile Ajar, c’est tout à la fois l’artiste et l’homme multiple que Nancy Huston dévoile dans un face à face (avec l’auteur, avec ses œuvres) et un tutoiement d’une lucidité brûlante, presque douloureuse.

 

Circonstance de lecture :

 

J'ai acheté ce livre au salon du livre, et Nancy Huston me l'a dédicacé. C'est la première oeuvre de cette auteur que je lis.

Défi plume

défi la plume au féminin 2012

 

Mon avis :

 

Quand j'ai lu ce titre, j'ai immédiatement pensé au tombeau de Lully de Marin Marais, ou au tombeau de Couperin par Maurice Ravel, ces oeuvres crées en hommage à des musiciens admirés.

Hommage, oui, mais pas hagiographie. Nancy Huston connaît l'oeuvre de Romain Gary, ses qualités comme ses défauts, elle l'analyse subtilement, donnant envie d'en lire davantage - ou au contraire de pousuivre sa route.

Elle ne fait pas non plus de cadeaux à l'homme, au diplomate. Ne croyez pas à une charge féroce cependant - ne rien cacher, ne pas dissimuler cette personnalité tortueuse, façonnée par une mère qui l'a crée, avant qu'il ne la recrée à son tour. Tant d'autres faits l'ont forgé, comme la guerre. Il l'a faite, réellement, il fut membre de l'escadrille Lorraine. Il ne l'a pas racontée - parce que tuer n'est pas anodin pour lui, comme il le répètera toute sa vie.

Qui vivait vraiment ? Romain Gary, les doubles qu'il s'était crée, ses personnages de papier ? Romain Gary a récrit sa vie, il a choisi sa mort - pour que personne ne le fasse pour lui.

Nancy Huston tutoie Romain Gary, mais ce n'est ni une pose d'écrivain, ni une facilité. Elle crée ainsi un lien entre elle et lui, entre ses lecteurs et lui, loin de la froide distance d'une biographie formelle.

A lire si vous aimez Nancy Huston et Romain Gary. 

 

Défi les douze d'Ys

  2012

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12 mars 2012 1 12 /03 /mars /2012 20:41

1808-medium.jpgédition GF-Flammarion - 300 pages.

 

Circonstance de lecture  :

 

Je n'avais pas lu d'oeuvre de Diderot depuis la fin de mes études universitaires. J'avais très envie de lire les bijoux indiscrets depuis des années. Grâce au challenge d'Ys, c'est aujourd'hui chose faite.

 

Mon résumé :

 

Dans l'empire du Congo, le sultan Mogogul s'ennuie. La favorite lui suggère donc d'aller voir le génie Cucufa. Celui-ci confectionne une bague qui permet de connaître les secrets des femmes de la cour.

 


Défi les douze d'Ys

  2012

Mon avis :

 

Le mot qui me vient à l'esprit est "foisonnant". Ce livre a plusieurs niveaux de lectures. Il est avant tout un roman libertin, à la manière de Crébillon. Il faut en effet être très naïf pour ne pas deviner la véritable nature des bijoux - et les aventures racontées sont toutes plus scabreuses les unes que les autres.


Profondément misogyne ? Oui et non. Oui, car il démontre qu'aucune femme n'est ce qu'elle paraît être. Les prudes ? Des hypocrites. Les veuves ? La pension qu'elles espèrent toucher à la mort de leur mari est leur seule vertu. Les coquettes ? Si elles ne sont pas outrageusement dépensières, elles ont presque la sympathie des protagonistes principaux.


  Non, car ce n'est pas un simple ouvrage libertin et bien avant le Supplément au voyage de Bougainville, Diderot en avait des choses à dire, et des coutumes à remettre en cause.La Tartufferie ne s'est pas éteinte avec le 17e siècle, les questions théologiques passionnent, le jeu ruine, non seulement les familles mais aussi les états, les sectes de tout bord pullulent et à travers leurs querelles, ce sont d'autres querelles qui sont visées. Rien de mieux que de situer l'action dans une contrée imaginaire, mais qui comporte tant de points communs avec la nôtre (depuis quand le bois de Boulogne est-il au Congo ou les sultans vont au théâtre ?) pour mieux critiquer ses contemporains, et prendre le moins de risques possibles. Diderot sera emprisonné à Vincennes l'année suivant, pour une autre oeuvre : on n'est jamais trop prudent.


Bien sûr, le roman reste avant tout leste, et il n'est pas percutant comme les Lettres persanes, la satire n'est pas aussi aiguisé que dans Zadig de Voltaire mais quitte à lire de la littérature érotique, autant qu'elle soit bien écrite et qu'elle ne soit pas que de la littérature érotique.

 

Un classique par mois organisé par Cécile

 

classique-final2

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5 février 2012 7 05 /02 /février /2012 21:11

la-ceremonie-d-hiver-M36210.jpg

Edition du Rouergue - 92 pages.

Mon avis :

 

La vengeance est un thème littéraire universel. Je citerai simplement Colomba et Le comte de Monte-Cristo, mes deux oeuvres préférées sur le sujet. Pourquoi ? Parce que ses oeuvres ont un point commun : les héros iront jusqu'au bout de leur vengeance, loin de la notion de pardon, surexploitée elle aussi. Je pense à un certain roman policier qui se termine par ce mot et qui m'a semblé délicieusement sirupeux.

 

Mais je m'égare. Ce (trop) court roman de littérature jeunesse s'ouvre sur une cérémonie d'hiver, que pratique l'héroïne, Eden, farouche et déterminée. Son but ? Venger sa grand-mère et venger Maisy, une de ses petites files indiennes dont la mort n'a bouleversé personne. Je ne vais pas vous dévoiler l'intrigue, je vous poserai juste une question : avez-vous déjà lu des histoires de vengeance qui ne s'accomplissait pas ?

 

Le livre est abrupte, âpre, rappelant au passage des vérités qui dérangent. L'écriture ne s'embarrasse pas de fioriture inutile et même si le récit comporte des retours en arrière, ils ne sont pas là pour embrouiller l'intrigue mais pour montrer comme Eden s'est forgée sa personnalité.

 

J'aurai cependant une réserve : ce livre n'est pas pour moi un livre pour ado, mais un livre pour adulte.

 

Challenge des quatre saisons

challengeQuatreSaisons

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30 janvier 2012 1 30 /01 /janvier /2012 19:38

OIse_aue.jpgédition de l'Olivier - 235 pages

 

Merci à Leiloona d'avoir fait voyager ce livre jusqu'à moi.

 

Mon résumé :

 

L'inspecteur Taïbo enquête : la villa de Gustavo Izarra aurait été cambriolée, mais rien n'a disparu. Il est reçu par madame Gustavo Izarra. Paloma, la fille unique du couple, a quitté la villa depuis son dix-huitième anniversaire. Et si c'était elle qui était venue comme pour laisser un message à sa mère ?

 

Mon avis :

 

Je n'avais pas particulièrement aimé Ce que je sais de Véra Candida. J'avais aimé le style, mais pas l'histoire. Dans Des vies d'oiseaux, je suis totalement conquise. Cette prose est magnifique, musicale, poétique, envoûtante, en un mot : magique. La beauté de l'écriture est une invitation à lire et à relire les plus beaux extraits de ce roman.

 

Il est aussi l'histoire, simple et juste. Vida, la mère, vient d'Irigoy, un ghetto. Son riche mariage lui a permis de le quitter, pour se retrouver enfermée dans une cage dorée. ) Les fleurs la passionnent et sont quasiment sa seule ouverture vers le monde extérieur. Elle s'est complètement effacée devant la volonté de son mari Gustavo. Pourtant, au fond d'elle, il reste un tout petit peu d'esprit critique, une forme de résistance passive face à cet homme pour qui seul sa réussite sociale compte. Le départ de sa fille unique Paloma, sa rencontre avec l'inspecteur Taïbo (nom choisi en hommage à l'auteur de polar ?) bouleverse sa vie plus qu'elle ne l'aurait pensé.

 

Paloma est le deuxième personnage féminin important de cette histoire. Elle porte un nom d'animal (choix que se reproche son père). La petite fille modèle ne se laissera pas modeler longtemps, la mort de sa meilleure amie Chili exacerbera son envie de liberté : elle ouvre la porte de la cage et s'enfuit, avec la complicité (active ? passive ? difficile de trancher) de sa mère.

 

En effet, c'est sa mère qui lui a présenté Adolfo, originaire comme elle d'Irogoy. Lui est un coucou, si j'ose dire, puisqu'il squatte le nid des autres oiseaux (richissimes il est vrai). La première femme de sa vie, sa mère, est partie pour fonder une autre famille, son frère est sous la coupe de son père, violent et cruel. Son parcours aurait pu être tragique, sa rencontre avec Paloma lui offre un nouvel horizon, pour lui, pour son frère aussi.

 

Des vies d'oiseaux est le roman des (nouveaux) départs. Il est aussi le roman de ceux qui n'ont pas su ou pas voulu partir. Après tout, Gustavo se sent très bien tout seul, dans sa villa dont les fenêtres ne peuvent pas s'ouvrir. Le père d'Adolfo n'est rien hors d'Irigoy. Partir ne signifie que rarement fuir (si ce n'est pour la mère d'Adolfo ou les parents de Chili, après la mort de leur fille) mais plutôt se retrouver, comme Vida, plus courageuse que sa fille ne l'aurait cru ou comme Angela, soeur de Chili. 

 

Des vies d'oiseaux est un très beau roman et une très belle découverte.

 

 

Challenge rentrée littéraire chez le blog de Herrisson : délivrer des livres


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27 janvier 2012 5 27 /01 /janvier /2012 19:51

Homme-soeur.gif.jpgéditeur : POL - 272 pages

 

Quatrième de couverture :

 

A cet instant précis, Cooper - qui, soit dit en passant, aurait préféré qu'on ne mentionne pas son nom - attend sa sœur. Il l'attend depuis des années. Sans en parler à personne. Il vaut mieux donc ne pas compter sur lui pour s'expliquer sur les raisons d'une conduite aussi étrange. C'est son secret. Sauf qu'à cet instant, justement, il ne sait pas encore ce que son secret va lui coûter.

 

Mon avis :

 

J'ai tenté de lire ce livre une première fois voici quelques semaines, et je ne suis pas parvenue à aller au-delà d'une trentaine de pages. Ce n'était pas le moment. J'en ai repris la lecture en début de semaine, et là, après un roman plus douloureux (Désolation de David Vann pour le nommer), sa lecture m'a semblé très facile.   

 

Alex Cooper attend sa soeur Louise. Elle est partie aux Etats-Unis où elle mène une vie des plus mouvementées, tant du point de vue personnel que professionnel. Elle ne contacte son frère que de loin en loin, distillant les informations au compte-gouttes, veillant à lui donner sa dose juste nécessaire pour qu'il tienne jusqu'au prochain appel. Son frère est son contraire. Modeste employé de banque, il mène une vie des plus monotones, tellement ennuyeuse, tellement banale qu'elle n'en est ni agréable ni désagréable à lire. Le monde de l'entreprise n'est qu'un décor pour montrer son obsession.

 

Mon étonnement ? N'avoir quasiment rien ressenti en lisant ce livre. Alex est amoureux de sa soeur ! Je devrais être horrifiée. Même pas : il est le seul à en souffrir, à se miner jour après jour, au point de n'avoir aucune vie amoureuse (et je ne vous parle pas non plus de sa vie professionnelle, une catastrophe).  Là, je devrais compatir. Même pas. Je l'ai regardé d'un oeil très extérieur, lui qui reste extérieur à tout ce qui ne concerne pas sa soeur. Je ne peux éprouver de l'empathie pour un homme qui n'en éprouve pour personne, au point parfois de se retrouver dans des situations rocambolesques, et presque dérisoires n'était son immense détresse morale et physique. Même son plongeon dans la dépression ne m'a pas atteint, la faute sans doute à cette écriture qui m'a toujours maintenu en dehors de ce personnage, bien que son point de vue soit toujours respecté. De plus, toutes les paroles sont intégrées au récit - une preuve de l'incommunicabilité qui s'est installée entre les personnages ou une volonté de tout intégrer dans le point de vue du narrateur extérieur au récit ? Le résultat est une certaine uniformité et une absence d'émotion.

 

Je reste donc sur cette impression : un livre au style agréable, facile à lire grâce au découpage en brefs chapitres, un livre qui me donne envie de découvrir d'autres romans de cet auteur.

 

Challenge livre inter

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22 janvier 2012 7 22 /01 /janvier /2012 16:46

9782841115402.jpg

édition Nil - 64 pages.

 

J'aime beaucoup cette collection de livres. Je voulais découvrir ce titre si parlant. Celui qui est parti à l'entracte, c'est Nicolas, ami d'enfance de l'auteur. Leurs proches avaient "Deux Nicolas pour le prix d'un". Aujourd'hui, il n'y a plus que Nicolas, l'auteur, qui écrit à Nicolas le suicidé.


Quel beau texte. Quel courage aussi d'écrire cette lettre. Parce que rien n'est plaintif dans cette lettre. Pas de jugement moral. Pas de complaisance. Pas de colère non plus. Nicolas Estienne d'Orves ne cède à aucune facilité.


Écrire, c'est ressusciter leur adolescente commune. C'est, pour l'auteur, se raconter avec lucidité. C'est rendre l'autre vivant pour toujours. C'est ne rien cacher de ce qu'il était tout en respectant ses non-dits. Les mots qu'il n'a pas dit, les confidences qu'il n'a pas faites ne seront pas révélées.


Le texte est très littéraire, comme l'aurait aimé son destinataire. Il a maintenu constamment mon attention, jusqu'aux deux dernières phrases, magistrales.


A lire absolument.

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20 janvier 2012 5 20 /01 /janvier /2012 19:18

lesoursnontpasdeproblemedeparking.jpg

J'accueille sur mon blog une nouvelle participante au challenge Animaux du monde : Béa. Voici sa première participation : Les ours n'ont pas de problème de parking, de Nicolas Ancion.(ed. Pocket « Nouvelles voix » 123 pages )


  
      Oh le joli recueil de nouvelles que voilà ! Le titre, prometteur, donne déjà le ton, et j'ai le plaisir de vous dire que le contenu est à l'avenant.
     Ces nouvelles se lisent d'une traite et on est très étonnés d'y trouver des animaux en peluche qui kidnappent des ambassadeurs, Marc Dutroux (?!), des Pères Noël, des turcs, des gosses, des vieux....
    Le mélange est hétéroclite mais pourtant loin d'être incohérent (L'auteur, non sans malice, fait revenir des personnages d'une nouvelle à l'autre et l'enfance occupe une place de choix dans la plupart des textes). J'ai été séduite, amusée, émue aussi parfois. C'est rondement mené, l'écriture est habile et très vivante. Nicolas Ancion a des formules savoureuses : «  y a des fois où je me dis que quand on a distribué les talents, je devais être caché par un plus grand que moi » (L'album de foot), tragi-comiques :«  les gens ne font jamais ce qu'ils disent. Ils laissent échapper les mots comme ça, pour la bonne conscience, mais après ça ils baissent les bras et ils laissent tourner le monde dans le mauvais sens.(...) Yvonne aussi elle était comme ça. (…) Je ne vois pas pourquoi elle aurait été différente. J'avais pas épousé une extraterrestre. J'habitais Wépion, pas Hollywood. » (Le grand méchant Marc)
     Forcément, certaines  nouvelles sont plus réussies que d'autres, mais l'ensemble est vraiment à découvrir.
    Décalé et délicieux.
Béatrice (Béa du 93)

 Premier livre lu dans le cadre du challenge «  Animaux du monde »

Logo Sharon

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7 janvier 2012 6 07 /01 /janvier /2012 09:55

fanny-saintenoy_Juste-avant_flammarion.jpgMerci à Livres d'Ed-en d'avoir fait voyager ce livre jusqu'à moi.

 

Quatrième de couverture :

Voici un texte qui alterne poésie douce et drôlerie franche. Par la voix d'une très vieille dame sur son lit de mort, et par celle de son arrière-petite-fille, une jeune femme que la vie moderne bouscule, cinq générations parlent. Face aux duretés de la vie, face à la mort qui sème la zizanie, leurs histoires transmettent une gaieté indéfectible. Un premier roman, un récit court qui traverse le siècle, réussite rare de vigueur et de simplicité.

 

Mon avis :

 

Ce livre est un premier roman. Bonne nouvelle : il n'est pas rempli de promesses sur l'oeuvre à venir de l'auteur, il est une réussite. J'ai eu même envie de dire "ça ne se voit pas que c'est un premier roman" pour parler avec autant de gouailles que l'héroïne.


Ce roman peut autant se définir par ce qu'il n'est pas que par ce qu'il est. Il n'est pas pesant, il n'est pas larmoyant. La vie de l'héroïne balaie le siècle mais jamais au grand jamais, même dans les temps forts de ce siècle (première guerre mondiale, seconde guerre mondiale, mais aussi première guerre en Irak, dont on parle fort peu, finalement), elle ne sera une pesante reconstitution historique, parce que ceux qui ont vécu ces périodes ne ressentent pas le besoin de détailler le savon qu'ils utilisaient ou les réclames qui couvraient les murs. 


Pas larmoyant, certes, mais pas non plus idyllique. Il n'aurait plus manqué qu'au soir de sa vie, Granny, comme l'appelle affectueusement Fanny, la narratrice (l'auteur ?) sombre dans la béatitude la plus profonde et nimbe de rose les heures les plus difficiles et les plus douloureuses de sa vie. Ce qu'elle a vécu, ce qu'elle a souffert, elle s'en souvient. L'injustice de la mort de sa vie. La cruauté des religieuses. L'indifférence de sa mère, femme autoritaire comme il y en avait plus qu'on ne croit en cette période. L'absence des hommes, disparus ou partis. Elle ne croit pas à l'hérédité, pourtant de génération en génération, une femme se retrouve seule avec sa fille unique à élever. Il paraît qu'il faut juste se rendre compte de ce schéma répétitif pour briser la fatalité. Je me demande ce que Fanny penserait de ce jugement.

 

Bien sûr, en lisant ce livre, j'ai pensé à ma propre aïeule qui elle aussi avait deux filles pendant la première guerre mondiale, un mari au front, revenu blessé lui aussi. J'ai pensé à cette longue chaîne féminine qui m'unit à elle, Geneviève, en passant par ma grand-mère, qui avait 39 ans à la naissance de ma mère. J'ai pensé à mon grand-père qui manifestait en 36 et qui n'est pas allé aussi loin que Louis - n'ai-je pas déjà dit que ma grand-mère avait une forte personnalité et que quand on a cinq filles à élever, on ne s'expose pas exagérément ? 

 

Ce qui se dégage aussi de ce texte est la profonde tendresse entre l'aïeule, mourante, et son arrière-petite-fille. Les deux voix se répondent avec beaucoup de douceur, sans que jamais leur alternance ne paraisse artificielle. Au contraire, j'ai eu l'impression de découvrir comme un contrepoint musical, chant et contre-chant, entre ses deux voix. Les souvenirs et les regrets aussi, pourrai-je dire si le titre n'était déjà pris. Les voyages de Fanny remplacent tous ceux que Granny n'a pu faire - et n'a même pas eu envie de faire. Les photos, ces morceaux de temps arrêtées, sont interprétées différemment par les deux femmes mais l'émotion ressentie est partagée également. Et toujours, cette douceur et cette délicatesse nous rendent les personnages particulièrement attachants.

 

Juste avant est un livre touchant, délicat, à découvrir absolument.

 

 

Rentree-litteraire.jpg

Challenge rentrée littéraire chez Hérisson

Defi-PR-4Défi premier roman chez Anne

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30 décembre 2011 5 30 /12 /décembre /2011 20:29

Amalia.gif

 

Edition Folio - 300 pages.

Mon résumé :

 

Ann surprend Thomas, son compagnon, avec une autre femme. Elle quitte tout : son métier, sa maison, jusqu'à son identité. Pour renaître ?

 

Mon avis :

Je termine ce livre et je dois dire que je ne suis pas séduite par ce que j'ai lu. Quand je n'aime pas, j'ai une forte tendance à analyser pourquoi et à décortiquer le roman.


Ann fuit, comme son père avant elle apprenons-nous dans le cours du récit. Si je puis comprendre pour quelles raisons elle désire cette coupure nette avec son compagnon, en revanche les fuites à répétition deviennent vite des clichés, surtout quand les situations tragiques s'accumulent. La froideur du récit m'a dérangé mais aussi l'immobilisme des personnages. Ils restent figés dans une posture qu'ils ne quitteront pas, et c'est presque avec soulagement que j'ai refermé ce livre, après une première partie qui m'avait pourtant plu. 

 

Je le sens, mon billet devient décousu, mais je n'ai pas envie de corriger ce premier jet, je n'arrive pas à me défaire de cette impression de malaise qui m'a accompagnée pendant la deuxième partie du récit. Au détour du chemin est évoqué la Shoah, en toile de fond. Le père d'Anne est un survivant pour qui une vie normale était insupportable, mais a tout de même bien vécu loin de ses enfants et de sa femme, stigmatisant leur volonté de vivre, simplement. Difficile de se construire quand votre père vous reproche d'être en vie.

 

Il est beaucoup question de douleur et de souffrance, parfois à la limite de la complaisance. Je ne parle pas d'Ann, non, sa vie n'a trop souvent été que douleur, je parle des hommes qui cotoient sa vie, Thomas en premier lieu.

 

La musique est là, aussi, mais difficile d'accès, rare. J'ai eu du mal à me la représenter, comme si, finalement, elle était réservé à ses happy few qui aiment la musique d'Anne Hidden.

 

Un livre refermé sans regret, presque avec soulagement.

 

challenge-abc2012

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23 décembre 2011 5 23 /12 /décembre /2011 21:18

Lune.jpg

Edition Zulma - 155 pages

 

Mon résumé :

 

Martial et Odette sont tous les deux à la retraite, et assez aisés. Il se laissent convaincre par un agent immobilier d'acheter une résidence aux Conviviales, un endroit ultra-sécurisé, réservé aux séniors. Ils s'ennuient ferme (il pleut sans arrêt) jusqu'à l'arrivée de leurs premiers voisins, Maxime et Marlène.

 

Mon avis :

 

Quel  choc ! Lire ce livre est un véritable régal. Je ne saurai trop vous le recommander. Pascal Garnier egratigne férocement tous les travers de notre société aseptisé. L'obsession sécuritaire est en ligne de mire. De qui se protège-t-on, dans cette résidence ? La liste est très longue. La liste réelle d'abord : les cambrioleurs, les assassins, tous ceux qui nous menacent dans l'ombre et dont on nous rebat les oreilles dans les journaux. Les animaux, ensuite, impitoyablement écartés ou éliminés. La liste implicite prend bientôt le relais : la famille, puisqu'il est interdit de recevoir les siens plus de quinze jours de suite. Tout adulte plus jeune que nos séniors, qui risqueraient de géner leurs vacances éternelles (prémices du repos éternel). Je ne vous parle même pas de cette menace abominable, qui vient s'installer tout près de la résidence au beau milieu du roman : des gitans !Ils sont pourtant rayonnants, libres, en un mot : vivants.

 

Ils sont pourtant charmants et policés, nos jeunes retraités. A eux cinq (ils sont rejoints par Léa, la seule à montrer un peu de bon sens et de courage en dépit de ses crises d'absence), ils créent des petits rites sympathiques, partagent leurs loisirs culturels ensemble. Il ne faut pas longtemps pour que le vernis craque et pour que chacun dévoile une partie de sa personnalité qu'il ne soupçonnait pas toujours et qu'il est ravi de laisser s'épanouir. Difficile pour nos retraités de vivre 24 heures sur 24 sous l'oeil des caméras, comme si la résidence n'était devenu qu'une vaste télé-réalité (Big Brother nous regarde) et sous celui du gardien, le peu sympathique M Flesh. Construite ainsi, menée avec le style implacable de Pascal Garnier, les péripéties et le dénouement ne peuvent être que renversants. Quant au titre, éminement poétique, il trouve sa parfaite justification au cours du récit.

 

Je ne puis que vous recommancer ce titre et surtout, cet auteur merveilleux. J'ajoute que j'adore vraiment le soin que la maison d'édition Zulma (nom emprunté à un poème de Tristan Corbière) porte à la confection de ses livres.

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