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26 septembre 2010 7 26 /09 /septembre /2010 16:10

noirdehors2.jpgTitre : Noir dehors.

Auteur : Valérie Tong Cuong.

Editeur : le livre de poche.

Nombre de pages : 189.

 

Quatrième de couverture :

 

Une nuit d’août étouffante à New York. Soudain, c’est la panne générale. Tout s’arrête. Naomi, la si jolie « pute  à crack » enfermée en compagnie de l’énigmatique Bijou, dans un bar clandestin de Brooklyn, Simon, l’avocat médiatique, bloqué au 36e étage d’une tour déserte du Financial District, et Canal, ainsi baptisé depuis qu’on l’a trouvé nourrisson sur le trottoir de Canal Street, à Chinatown, voient leur destin basculer. La ville qui ne dort jamais devient une scène chaotique où s’entrechoquent les plus extrêmes solitudes.

 

Mon avis :

 

Ce roman est sobre et concis. D’emblée, il nous plonge dans une atmosphère inquiétante, car il montre que notre société est à la merci de toutes les machines qui composent notre vie quotidienne et qu’il est facile de sombrer dans le chaos le plus complet. Ceux qui ont peu sont les mieux armés pour survivre, tant ils ont déjà appris à vivre sans le superflu.

 

Trois narrateurs se succèdent. Les trois points de vue alternent sans que jamais ils ne soient redondants. Les récits rétrospectifs sont fréquents et  s’intègrent avec souplesse et naturel dans la linéarité du récit. Ils éclairent la personnalité des personnages secondaires, tout comme les réminiscences de leur passé nourrissent les narrateurs.

 

Apparemment, tout sépare Simon de Naomi et de Canal. Simon est avocat, riche et célèbre. Il méprise abondamment tous ceux qui l’entourent. Cause ou conséquence ? Il est seul. Même sa maîtresse est virtuelle. La vie de Naomi et de Canal est bien plus précaire. Naomi est au comble de la misère sociale : droguée au crack, prostituée et cloîtrée dans un bar miteux, elle vit dans une dépendance totale envers son souteneur. Bijou, sa compagne d’infortune, est son seul soutien. Canal, un jeune homme chinois, est lui aussi prisonnier de sa boutique. Pourtant, il a conquis sa liberté intellectuelle et spirituelle. Sa sagesse lui permet d’affronter la vie, sans lui avoir ôté sa générosité.

 

Le thème de la chute, et de la rédemption est omniprésent. Les personnages ont envie de se jeter dans le vide, de se dissoudre et de disparaître. Chacun a sa manière d’y parvenir, y compris en sombrant dans la déchéance la plus profonde.

 

Si je ne devais retenir qu’un personnage, ce serait le père Joaquin, exemple parfait d’altruisme, de pugnacité et de désintéressement.

Objectif

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26 septembre 2010 7 26 /09 /septembre /2010 15:53

mariendiaye-trois-femmes-puissantes.jpg

 

Titre : Trois femmes puissantes.

Auteur : Marie Ndiaye.

Editeur : Gallimard.

Nombre de pages : 317.

 

Quatrième de couverture :

 

Trois récits, trois femmes qui disent non. Elles s’appellent Norah, Fanta, Khady Demba. Chacun se bat pour préserver sa dignité contre les humiliations que la vie lui inflige avec une obstination méthodique et incompréhensible.

L’art de Marie Ndiaye apparaît ici dans toute sa singularité et son mystère. La force de son écriture tient à son apparence douceur, aux lentes circonvolutions qui entraînent le lecteur sous le glacis d’une prose impeccable et raffine, dans les méandres d’une conscience livrée à la pure violence des sentiments.

  

 

 

Mon avis :

 

J’ai eu beaucoup de mal à lire ce livre. Je ne le qualifierai pas de romans, mais plutôt du regroupement de trois longues nouvelles. Leur point commun est la violence faite aux femmes. Violence physique ? Non, violence morale. J’ai cherché d’autres liens entre les nouvelles, j’ai parfois eu le sentiment d’en trouver (des lieux, des noms), mais ce n’était pas le cas.

  

Norah semble avoir pris son destin en main : elle est avocate, elle a une fille. Pourtant, elle ne s’est pas libérée de son passé. Si elle regagne sa dignité, ce n’est qu’à la fin de la nouvelle, après avoir subi de nombreuses humiliations, y compris devant sa fille et son compagnon.

  

La seconde nouvelle est sans doute la plus insoutenable, car elle est racontée du point de vue du bourreau, lui-même victime de ses sentiments de culpabilité, de sa colère et de sa jalousie, incontrôlables tous les deux. En creux, se dessine le destin sacrifié de Fanta, le harcèlement moral dont elle est victime.

  

La troisième nouvelle montre une jeune femme à la fois résignée et combattive. Les épreuves n'ont pas entamé sa liberté - toute spirituelle, hélas.

   

Je reconnais néanmoins que la langue est dense, riche, poétique et que les états d'âme des protagonistes sont analysés de manière très fouillés. Elle n’en rend le récit que plus amer.

 

Je reconnais que la langue est dense, riche, poétique. Elle n’en rend le récit que plus amer.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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21 septembre 2010 2 21 /09 /septembre /2010 18:20

nous-etions.jpgTitre : Nous étions des êtres vivants.

Auteur : Nathalie Kuperman.

Editeur : Gallimard.

Nombre de pages : 203.  

 

Quatrième de couverture :  

 

« Cela faisait maintenant une année entière que nous étions à vendre. Nous avions peur de n’intéresser personne, pour le plan social. On attendait le grand jour, le jour des pleurs, des adieux, et peut-être éprouvions-nous quelque plaisir à rendre poignantes, par avance, ces heures où nos vies basculeraient, où nous serions tous dans le même bateau, agrippés les uns aux autres avant de nous quitter pour toujours. Et puis, un jour, alors que nos habitudes avaient repris le dessus et que nous continuions à travailler comme si rien ne devait advenir, on nous a réunis pour nous annoncer qu’un acquéreur potentiel était en pourparlers. Des sourires se sont peints, des grimaces aussi. Nous avions cessé d’y croire. Retourner à l’espoir n’était pas chose simple. »

Ils étaient des êtres vivants, ils se trouvent soudain au bord du néant social. Nathalie Kuperman fait entendre, non sans humour ni colère, leurs voix intérieures, ponctuées en basse continue par le chœur des salariés : un chant de notre époque.

 

Mon avis :

 

Nathalie Kuperman nous raconte une tragédie moderne en trois actes, avec chœur et personnage. L’unité de temps (un weekend, pas plus) est respecté, et le changement de lieu va être cause de bouleversement.

 

Se pourrait être un roman social, qui rappellerait Zola, si ce n’est que la solidarité n’est qu’un mot. Le but de chacun n’est pas tant de lutter pour conserver la maison d’édition dans son intégrité mais de garder ses avantages acquis et bien sûr, son métier. Deux camps se dessinent, dans cette entreprise : ceux qui ont des enfants et ceux qui n’en ont pas. Pour les premiers, la défense est facile : ce n’est pas moi, en tant que salarié productif, qui mérite de conserver mon poste, c’est moi en tant que personne dont dépendent d’autres personnes (et tant pis si j’ai toujours fait passer mes enfants au second plan à cause de l’entreprise). Pour les deuxièmes, la situation est plus critique. L’entreprise et leur carrière sont toutes leurs vies, comme Muriel ou Agathe. Sans enfants, elles ont développé des passions enfantines, pour ne pas dire puériles et inquiétantes, proches de la névrose.

 

Il faut dire que l’univers dans lesquels les personnages évoluent est dédié à l’enfance. Tout autant que sur le monde du travail, et les moyens de le pervertir, ce roman interroge sur le devenir des publications pour enfants, à l’heure du numérique. Il est dommage que le roman ne fasse qu’effleurer cette question. Surgit alors Paul, le repreneur, le seul qui ne sera jamais narrateur. Il se rapproche de l’ogre des contes pour enfants : gros, laid, prêt à tout dévorer sans pitié, il répand les clichés les plus éculés sur tous les sujets que vous voudrez.

 

Lors de la première partie, les chapitres sont relativement courts. Chaque narrateur, dont la voix intérieur bourdonne, est nommé en tête de chaque partie. Tous, sauf la DG : le prénom importe peu, seule la fonction a force de loi. Puis, les chapitres prennent de l’ampleur dans la seconde partie, emmenée par la détermination folle d’une seule personne. La troisième partie est plus mesurée : étonnement des uns, froide analyse de l’autre, apaisement pour de trop rares personnes. Reste toujours l’impossibilité dans cette débâcle, de s’unir.

 

Nathalie Kuperman signe un état des lieus du monde du travail en France, sans espoir d’aucune sorte.

 

Ce livre participe au challenge 1 % littéraire 2010.

 challenge-du-1-litteraire-2010

 

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18 juillet 2010 7 18 /07 /juillet /2010 20:17

Titre :Te retourne pas, Handala !

Auteur : Olivier Gérard.

Editeur :Kyklos.

Nombre de pages : 266

 

Quatrième de couverture :


Marié à Sandra, une femme qui a embrassé le judaïsme et tenait à faire l’alyah – le retour en Terre Sainte – Asso se retrouve à gérer une boutique d’articles de sport au cœur de la plus riche colonie juive d’Israël, à deux pas de Jérusalem. Son existence monotone aurait coulé sans histoire… c’était compter sans l’irruption de celui qui fut jadis son mentor : Mossan, l’homme qui, en s’appropriant son adolescence au point de vouloir faire de lui son double, a suscité sa haine.

Devenu pdg planétaire, Frank Mossan joue les philanthropes et s’avise de vouloir rendre l’eau à un village palestinien de la Vallée du Jourdain au bord de la sécheresse en le dotant des panneaux solaires qu’il fabrique. Soulevant un tollé dans la communauté juive d’Israël et chez ses colons, l’intrusion de Mossan déchaîne tout autant la fureur des terroristes islamistes.

Pris entre deux fanatismes, jeté dans la tourmente qu’ils attisent, montré du doigt comme ancien protégé du milliardaire Mossan, Asso devient, à son corps défendant, le jouet d’un complot infernal.

 

Je tiens à remercier chaleuresement les éditions Kyklos et Thot, l'administratrice du forum Partage-Lecture, pour ce nouveau partenariat.

 

 

Mon avis :

J'ai eu beaucoup de mal à le rédiger. Pour une fois, ce ne sera pas un texte structuré, mais plutôt une succession d'impressions reliées par des thèmes.

Courage :

Celui de l'auteur. Il en faut pour écrire un roman sur le conflit israélo-palestinien, qui n'est pas vraiment le thème chéri des lecteurs (ni maintenant, ni jamais). Ce choix est audacieux donc, et l'audace est d'autant plus grande que l'auteur ne prend pas partie. Il raconte avec le même soin, la même impartialité ce qui se passe dans chaque camp. L'issue du conflit semble ainsi insoluble, puisque les deux camps ont chacun des raisons de continuer le combat - et aucune de céder. La violence répond à la violence, elle est devenue la norme et provoque ainsi des réactions chez le lecteur. Je prendrai pour exemple la scène initiale, violente, primitive, intemporelle. Elle fut pour moi un choc. Peu importe pour quel pays va notre sympathie, j'ai eu envie de prendre fait et cause pour ceux qui étaient ainsi chassés de chez eux. Puis apparaît le personnage d'Asso, qui veut aider ce village.

Déracinés :

Asso est le personnage principal de ce roman, et il est, comme chacun des membres de sa famille, déraciné. Asso, orphelin, ne sait rien ou presque de sa famille. Sa mère est mort quand il était enfant, son père a trouvé la mort dans un accident (déjà, la violence accompagne sa vie), son père de substitution a une attitude équivoque à son égards (le roman dévoilera ses véritables motivations) et déjà Asso fuit, par crainte de céder à la manipulation. Où qu'il aille, il ne trouve pas de refuge, ni dans la religion (il a finalement choisi le bouddhisme, une religion prônant la non-violence), ni dans le mariage, ni dans la paternité, qui lui a été imposée par sa femme, tout comme elle lui a imposé cet exil en Israël. Sandra s'est déracinée en réponse à ses parents, qui ont renié leurs racines juives. Elle trouve dans le judaïsme un apaisement. Curieusement, alors que ses parents s'étaient convertis pour échapper aux nazis, Sandra donne un prénom à consonance germanique à son enfant, doublé d'un nouveau prénom hébraïque. Conrad/Gaï n'a alors plus vraiment d'identité, plus de pays, plus d'amis, et il va devenir une proie facile pour les extrémistes.

Roman d'espionnage ?

J'aurai facilement dit "roman policier" au début (mon genre littéraire de prédilection), mais il n'y a pas d'enquête. La mort du père d'Asso trouvera sa résolution, parce qu'elle sert l'un des camps. Quant à l'enquête qui s'ouvre à la fin du roman, elle voit ses conclusions connues d'avance, grâce aux manoeuvres des deux camps.
Les deux camps s'affrontent et, par conséquent, s'espionnent mutuellement. La méfiance est de mise, au point que chacun ignore souvent ce qu'un autre, qui est pourtant de son camp, fait. La manipulation est reine. Les jeunes sont embrigadés et n'ont que de rares sursauts face à l'embrigadement qu'ils subissent. "Subir" est d'ailleurs un terme trop fort, car la douceur, la promesse d'un avenir meilleur, l'art du discours sont autant de moyen d'attirer vers l'extrémisme et l'action armé ces jeunes qui ne rêvent plus à un avenir possible et se retrouvent avec des responsabilités d'adultes (Ali est devenu le chef de famille après la mort de son père et de son frère).
Comme pour une action militaire, l'action est extrêmement minutée, rendant ainsi l'intrigue plus palpitante, jusqu'au dénouement.

Tragédie :

Ce roman nous raconte la tragédie individuelle d'Asso. Tragédie car, comme dans les oeuvres de Racine, Asso aura beau agir, se débattre, lutter, contre les autres, contre le destin, contre ses passions inavouées, il ne pourra rien faire. Il est pris au piège. Il ne lui restera plus qu'à fuir, comme il l'a toujours fait.

Merci aux éditions Kyklos et au forum Partage-Lecture pour cette belle découverte littéraire.
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14 juillet 2010 3 14 /07 /juillet /2010 20:36

Boissard.gifTitre :  La maison des enfants.

Auteur :Janine Boissard.

Editeur : Pocket.

Nombre de pages : 437.

 

Quatrième de couverture :

 

Margaux Lespoir a quarante ans. Après la mort accidentelle de son compagnon, elle a rangé à jamais sa blouse de chirurgien et s'occupe de l'enfance maltraitée. Meurtri, son coeur a encore de l'amour à revendre. Et à la maison des enfants, on en a toujours besoin.Venue enquêter à Auxerre dans cet établissement qui recueille des jeunes à problèmes, elle y a découvert une équipe formidable, des enfants, tous attachants, qui ne demandent qu'à être écoutés pour prendre un nouveau départ. Elle n'hésite pas longtemps : à côté de son fils et de sa petite fille, Aurore, ce sera sa nouvelle famille.

Mais l'orage gronte autour de la Maison, qui, pour des raisons pas toujours avouables, en dérange plus d'un.

Pour Margaux, l'heure est venue de livrer un nouveau cobat.

 

Mon avis :

Ce roman est la suite d'Une femme en blanc. Margaux a été à nouveau éprouvée par la vie (Bernard, son mari, est mort dans un accident et elle n'a pu le sauver), et elle exerce au ministère un travail qui lui permet de panser ses blessures, en se tenant éloignée de tout geste médical. Pourtant, sa rencontre avec cette Maison des enfants va la pousser à exercer à nouveau, et surtout à se battre pour ces enfants de la Maison. Se battre pour les aider à surmonter leurs traumatismes (leurs blessures physiques sont graves, leurs blessures morales le sont bien plus) mais aussi pour que cette maison continue d'exister. Constat amer mais réaliste : la différence dérange toujours, et les discours d'enfants "normaux" et de riverains "inquiets" sont malheureusement toujours d'actualité.

Janine Boissard nous raconte cette histoire avec un style simple, rempli de tact et de pudeur, sans jamais tomber dans le misérabilisme. Margaux ne condamne pas, ne juge pas, elle essaie de comprendre les parents désemparés de ses enfants souffrants. Surtout, sa mission ne lui fait pas négliger ses propres enfants, et reprendre en main sa vie de femme. Margaux n'est pas une super-héroïne : elle ne résout pas tous les problèmes magiquement, elle ne résout pas les problèmes rapidement (le récit s'étend sur une demi-année), elle est devenue membre d'une équipe solidaire et acharnée.

Un très beau roman, rempli d'espoir.

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13 juillet 2010 2 13 /07 /juillet /2010 21:38

Titre : Le fait du prince.

Auteur : Amélie Nothomb.

Editeur : Albin Michel.

 

Mon résumé :

 

Quand un inconnu meurt chez Baptiste Bordage, celui-ci va prendre son identité. Il part alors à Versaille où il est très bien accueilli par la veuve d'Olaf.

 

Mon avis :

 

Je n'avais pas lu de romans d'Amélie Nothomb depuis cinq ans. Puis, j'ai lu Le voyage d'hiver, qui a été une déception. Le challenge Littérature au féminin m'a donné l'occasion de me replonger dans l'oeuvre d'Amélie Nothomb. linkchallenge

 

Ce livre fut une agréable surprise. Les premières pages m'avaient semblé plates et je craignais l'ennui. Pas du tout. Amélie Nothomb m'a entraîné dans une aventure burlesque, pleine d'humour noir. Son analyse de la bourgeoisie est féroce, sans que ces propos ne versent dans la méchanceté gratuite.

 

Quelle économie de moyen pour construire ce récit ! Quatre personnages, sont un chat et un cadavre, suffisent pour écrire cette histoire. L'existence de Baptiste Bordage est si vide qu'il n'hésite pas à changer son identité contre celle d'Olaf, dont il ne connaît strictement rien, si ce ne sont les mensonges. Il est accueilli très facilement par la veuve d'Olaf. Sigrid (puisqu'il la baptise ainsi) est son double féminin : elle aussi a tout quitté pour Olaf, même si ce "tout" est une famille sadique et une existence désintégrée. Olaf l'a sauvée, pourtant sa vie est toujours aussi vide. Elle ressemble à la page blanche du romancier, chacun est libre d'écrire ce qu'il veut, y compris le prénom de l'héroïne.

 

Ce roman est très drôle, et comme tout roman drôle, dissimule des préoccupations sérieuses. A quoi tient l'identité de chacun ? Un nom, un passé, un métier, des connaissances ? Comment remplir son existence, ou plutôt comment la fuir, la rendre vivable ?

 

 

Ce livre n'est pas mon roman préféré d'Amélie Nothomb, néanmoins je l'ai beaucoup apprécié.

 

fait_du_prince_m.jpg

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8 juillet 2010 4 08 /07 /juillet /2010 17:36

Soiree-sushi-SITE.jpgTitre : Soirée sushi.
Auteur : Agnès Abécassis.
Editeur : Calmann Levy
Nombre de pages : 180.

 

Quatrième de couverture :

 

L’une s’est fait larguer, l’autre s’est séparée, la troisième vient de divorcer.. Quand le cœur est à nu, rien ne vaut le poisson cru !
Sushi (n.m.) : spécialité japonaise à base de poisson presque vivant roulé dans du riz froid, peu calorique (en tout cas, moins qu’une pizza), apprécié des femmes souhaitant se donner bonne conscience;
Dédaigné des adolescents qui lui préfèrent le hamburger (plus facile à mâcher), et des hommes qui lui préfèrent n’importe quoi recouvert de fromage (comme la pizza), le sushi est un plat raffiné qui prend toute sa saveur avec de la sauce solo… heu… soja.
Consommé en groupe, il n’empêche pas de crier, de rire, de s’énerver ou de pleurer la bouche pleine, ce qui en fait un met prisé pour sa convivialité.
Traditionnellement, on définit par « soirée sushi «  la réunion de trois  copines fraîchement célibataires, qui ont autant d’angoisses à propos de leurs ados et de potins sur leur ex à partager qu’il y a de graines de sésame sur un california mali.
Et en plus, tout cela ne fait pas grossir. (On l’a dit, ou pas ?)

 

Mon avis (lu pour le Challenge Partage-Lecture ) :

Je n’avais pas lu de romans de chick-litt depuis trois ans. J’avais lu en vacances Confession d’un accro au shopping et je n’en ai pas gradé un souvenir impérissable. J’ai pourtant inscrit Soirée sushi à mon challenge Partage-Lecture parce que je voulais découvrir cette auteur.

Je n‘ai pas du tout été déçue, j‘ai dévoré ce livre en une soirée. Ce livre est extrêmement drôle, et très souvent j’avais envie de partager certains extraits. Pour parvenir à un tel degré de prouesses comiques, le texte a dû être longuement travaillé. Ecrire pour faire rire n'est pas facile.

Les personnages sont trois femmes, trois amies, chacune avec ses soucis et surtout trois mères. Pourtant, je me suis demandée si elles étaient si matures. La scène d'ouverture montre une maman au comportement d'ado avec une fille qui essaie de la raisonner. Quant à Hortense, elle se veut mère libertaire (elle n'exige pas que son fils soit rentré à une heure précise, elle ne sait même pas où ni avec qui il est) tout en réprimant son côté mère poule (elle ne sortira pas de chez elle tant que son fils ne sera pas rentré).

Le personnage que j'ai préféré est sans conteste Rubis. Croqueuse d'hommes ? Non, elle est pire que cela pour les trois amies. Elle ne manque pas de confiance en elle, elle sait ce qu'elle veut en amour et elle l'obtient. Surtout, elle n'est pas leur amie, elle leur tend donc un miroir dans lequel elles peuvent réellement contempler les causes de leurs échecs amoureux. Autant dire que la gourmande Rubis est détestée, et qu'elle s'en moque éperdument.

J'ai passé un si agréable moment à lire ce livre que le lendemain, je rachetais un autre ouvrage de cette auteur.

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4 juin 2010 5 04 /06 /juin /2010 21:28

Dominique.jpg 

Titre : Dominique.
Auteur : Eugène Fromentin.
Editeur : Le livre de poche.
Nombre de pages : 320.

Quatrième de couverture :

Un jour de chasse, le narrateur lie connaissance avec M. de Bray, que tout le monde appelle M. Dominique, et qui vient d’abattre un coq de perdrix qui revenait à son voisin. Les relations intimes bientôt nouées entre les deux hommes conduisent Dominique, un après-midi de pluie, à faire à son ami, dans un long récit enchâssé, la confidence mélancolique de sa vie tourmentée et de son impossible amour de jeunesse pour Madeleine.

En 1863, Fromentin, qui est peintre, donne avec Dominique son premier roman, et il n’en écrira pas d’autres. Dans « ce récit très simple et trop peu romanesque », dans ce livre qui n’ignore l’Histoire et om la société contemporaine s’efface, il retrace l’existence d’un personnage qui ne cesse de revenir sur son passé, et qui s’y complait. Notable aimé de tous, père de famille comblé et paisiblement retiré sur ses terres, Dominique tourne le dos à son siècle, et son énigme n’est pas dans le récit qu’il nous fait, par sans la conclusion qu’il n’en tire pas : est-il heureux comme il le semble, et vraiment guéri de son passé ?
Circonstance de lecture :
Cette lecture a commencé voici deux ans. J'ai abandoné sa lecture, puis je l'ai recommencé à deux reprises avant de le terminer.

Mon avis :

Ce roman est en demi-teinte : aucun événement majeur ne perturbe la vie des protagonistes, leur vie semble s'écouler hors du temps, sans que les bouleversements historiques ne parviennent aux Trembles.

Ce livre ne contient pas un mais deux récits. Le premier, raconté par le narrateur principal, narre la naissance de son amitié avec Dominique, et décrit la vie de la campagne, rythmé par le passage des saisons. L’écriture est ample, lyrique, les images employées sont très évocatrices, les sensations éprouvées sont retranscrites de manière poétique.

Puis vient le récit enchâssé. Le narrateur se retrouve alors dans la position du lecteur, et c’est Dominique qui lui raconte sa vie. Si La joie de vivre d’Emile Zola est le roman de la renonciation, Dominique est le roman de l’échec. Dominique renonce à une carrière littéraire, à une carrière politique, et ne sait reconnaître l’amour que lorsqu’il est trop tard. Sa lucidité sur son parcours frôle le cynisme. Il l'a ressassé tant de fois. Dominique se complaît à évoquer son passé, oubliant un présent qu’il accepte presque comme une pénitence pour ses erreurs passées.

Cynique, son meilleur ami Olivier l’est et met un point d’honneur à gâcher sa vie et par extension, la vie de ceux qui l’aiment. Lui aura tout raté, y compris sa mort. Seul Augustin, précepteur de Dominique, tire son épingle du jeu. Contrairement aux deux amis, Augustin ne se crée pas des obstacles, il passe son temps à surmonter ceux qui se dressent sur sa route mais vit heureux auprès de sa femme.

Je ne regrette pas d’avoir lu ce livre, car je souhaitais découvrir cet auteur. Je regrette qu'il n'ait pas suscité en moi davantage d'émotion.
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3 juin 2010 4 03 /06 /juin /2010 20:28

Tour-du-monde-copie-1.jpgTitre : Le tour du monde en 80 jours.

Auteur : Jules Verne.

Editeur : Le livre de poche.

Nombre de pages :

 

Quatrième de couverture :

 

            Phileas Fogg, gentleman anglais, parle avec les membres de son club qu’il fera le tour de la terre en 80 jours. Et, aussitôt, le voilà parti, accompagné de son domestique Jean, un Parisien, dit Passepartout. Il devra être revenu à Londres, pour gagner, le samedi 21 décembre 1872 à 20 heures 45 minutes.

            Soupçonné d’être l’audacieux voleur de la Banque d’Angleterre, Phileas Fogg va être filé tout au long de ses pérégrinations par le détective Fix qui ne peut cependant pas l’arrêter, le mandant d’amener arrivant toujours trop tard.

            Les pays traversés, les multiples aventures, les stratagèmes employés pour contourner les nombreux obstacles, l’activité débordante de Phileas Fogg pour lutter contre le temps en ne se départant jamais de son flegme tout britannique, les personnalités de Passepartout et de l’obstiné Fix, font du Tour du monde en 80 jours un merveilleux roman, l’un des meilleurs de Jules Verne, dont le succès considérable ne s’est jamais démenti depuis sa parution, en 1873.

 

Mon avis :

 

            Il est à la fois amusant et difficile de rédiger un avis sur ce livre. Amusant, parce que je ne pense pas vous faire découvrir ce livre. Au contraire, je suis prête à parier que nous avons tous, si ce n’est lu, du moins entendu parler de ce roman de Jules Verne. Difficile, car que dire qui n’est pas déjà été dit sur ce célèbre roman ?

 

            Philéas Fogg et Jean Passepartout sont les deux personnages principaux que tout oppose : nationalité, aspect physique, métier, âge, habitude de vie. C’est au moment où Passepartout pense avoir trouvé la stabilité qu’il désire que son maître, le casanier, le ponctuel, le routinier Philéas Fogg, se lance dans une aventure rocambolesque.

 

            Rien ne manque dans ce roman d’aventures, et surtout pas le méchant. Fix, détective privé, est un méchant honnête, puisqu’il est à la fois capable de tenir ses promesses (protéger Mrs Aouda pendant que Fogg va sauver Passepartout) et d’entraver le voyage de nos deux héros.

 

            Il ne manque pas non plus de jeune fille en détresse à sauver. Si ce n’est que la jeune fille en détresse est veuve, a reçu une très bonne éducation, est victime d’une coutume barbare, que Jules Verne dénonce, et se montre d’un courage à toute épreuve, quelles que soient ces épreuves.

 

            Le tour du monde comporte une part d’ombres. Fogg voyage dans les colonies britanniques, quasi exclusivement. De là à voir l’apologie des bienfaits du colonialisme, il n'y a qu'un pas qu'il est facile de franchir. Fogg ne voyage pas, il n'est pas un touriste, il ne cherche pas à découvrir l'autre, il saute d'un moyen de transport à un autre, parfaitement indifférent. Disons-le : Fogg est loin d’être sympathique. Son passé est inconnu, il est seul au monde, il est d’une ponctualité maladive. Son flegme n’est pas loin de l’indifférence. Il ne sauve Mrs Aouda que parce qu'il est en avance sur l'horaire prévu, non parce qu'il s'émeut contre une coutume barbare. "Il la sauve" est un bien grand mot, puisque c'est son domestique qui prend tous les risques. Jean Passepartout est son contraire. Touche à tout, ses imperfections font que le lecteur s’identifient facilement à lui. Il est le roi de la gaffe, dès le début (il oublie d’éteindre la lumière dans sa chambre) et poursuit ses catastrophes, tout autour du monde, tout en restant éminemment sympathique, à cause de son humour, de sa fidélité et de son courage.

 

Peu à peu, grâce à lui, ce maître s'humanise. A Londres, Fogg laisse entrevoir (entrevoir seulement) son soucis d'autrui. Si Fogg se lance à la recherche de Passepartout, ce n'est plus parce qu'il a le temps. Le temps qui passe n'est plus synonyme de futilité, il est synonyme de vie ou de mort. Fogg n'est plus seul, il a désormais deux personnes dont il se soucie, et c'est pour elles désormais que l'aventure continue.

  

Si le tour du monde, au-delà de ses très nombreuses adaptations, pas toujours fidèles, remporte encore du succès, c'est parce qu'entre tous les romans de Jules Verne, il mélange le mieux explications scientifiques, aventures et personnages nettement caractérisés. Les illustrations de Hetzel sont à mes yeux indissociables de cette oeuvre.

 

 

 Un très beau roman, à lire, à relire, à faire découvrir ou à offrir.

           

  Lu dans le cadre du Challenge Monsieur Madame 49036677 p

 

En effet, Philéas Fogg est un Monsieur rapide (note : la couverture du livre était plus expressive quand j'étais enfant, puisque l'on pouvait voir monsieur Rapide courir.  9782012248397-G.jpg

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9 mai 2010 7 09 /05 /mai /2010 13:59

age-blesse.jpg

Titre : L'âge blessé.

Auteur : Nina Bouraoui.

Editeur: J'ai lu

Nombre de pages : 92.

 

Mon ressenti :

Cette oeuvre a bousculé mes repères de lecture. Nous n'entendons que la seule voix de la narratrice, tantôt âgée (j'ai cent ans, dit-elle), tantôt enfant. Pas de personnages décrits avec précision, pas de chronologie, fusse-t-elle difficile à suivre, pas d'intrigue. Seuls les chapitres dans lesquelles la narratrice affirme être enfant permettent de se raccrocher à des éléments connus.

J'ai eu l'impression d'être entrée dans la conscience de la narratrice, qui nous raconte avec une précision rare ses souvenirs, parle des sensations qu'elle a éprouvées, des émotions qu'elle a ressenties. Ce qui est dérangeant est que ce ne sont pas des sensations ou des émotions agréables. La peur, la violence (suggérée plutôt que montrée), sa peur de la violence et sa solitude sont omniprésentes, et m'ont mises plusieurs fois mal à l'aise.

J'ai été très sensible au travail de la langue, si bien que j'ai eu l'impression de lire un poème en prose plutôt qu'un roman. Je me surprenais à compter les syllabes, à noter les gradations et les énumérations, à suivre les progressions thématiques et les jeux sur les sonorités, ou encore à revenir en arrière pour relire un chapitre afin de le comparer à un autre.

Je tiens à remercier les éditions J'ai lu et Partage-lecture pour m'avoir choisi pour ce partenariat.  Je ne pense  pas que ce premier contact avec l'oeuvre de Nina Bouraoui ne sera pas le dernier.
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