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20 mars 2012 2 20 /03 /mars /2012 20:22

Assassin-modere.jpg

édition le promenheur - 132 pages.

 

Présentation de l'éditeur  (extraits):

 

Dans les sables de la " Polybie ", province en bordure de l'Egypte, le nouveau Gouverneur, Lord Tallboys, échappe de peu au sort de son prédécesseur et manque d'être assassiné au soir de la proclamation d'un compromis supposé calmer l'ébullition nationaliste.

Dans un petit village des collines du Wessex, un pasteur puritain, David East mène une croisade pour réformer les mœurs et supprimer les pubs. Au cours d'une promenade, il est assassiné par un personnage à l'identité incertaine. 

 

Mon avis :

 

Quel bonheur de lire Chesterton ! J'adore décidément cet écrivain, dont j'ai trouvé plusieurs ouvrages à la BM. J'ai lu ce livre il y a huit jours mais j'ai vraiment manqué de temps pour rédiger un avis correct, pour un ouvrage politiquement incorrect.

La première nouvelle, longue d'une centaine de pages, est fortement réjouissante, grâce au ton délicieusement ironique du narrateur. Peu importe, finalement, que la victime (légèrement blessé) soit un gouverneur. C'est un cercle de famille doucement dysfonctionnel qui nous est montré, au beau milieu d'un pays en crise,et le titre l'assassin modéré est particulièrement bien choisi. De rebondissements en retournements de situation, l'identité du coupable et surtout le mobile ont de quoi séduire.

L'homme au renard m'a davantage séduit par son ton grinçant et sa remise en cause de la bienséance hypocrite, dans une Angleterre champêtre. En effet, qui a bien pu assassiner ce pasteur si strict, qui avait en plus le soutien du notable local ? Celui-ci est même prêt à lui donner sa soeur en mariage. Sans son aide, le pasteur n'aurait jamais pu contraindre tous les pubs à la fermeture. Tous sauf un, à l'enseigne de la queue de renard. Mystère, renversement de situation sont au rendez-vous de cette courte nouvelle.

N'hésitez pas : découvrez les romans de GK Chesterton.

 


Challenge-anglaisAntoni : challenge God save the livre.

 


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10 mars 2012 6 10 /03 /mars /2012 01:40

Ours.jpg

édition Belfond - 406 pages.

Merci à Babélio et aux éditions Belfond pour ce partenariat.


Circonstance d'écriture :

 

Toujours autant de mal à rédiger des billets qui me satisfassent. Toujours aussi insomniaque.

 

Mon résumé :

 

1980. Le mari de Letty Flemming est décédé. Suicide, dit-on. A l'ambassade de Bonn où il était en poste depuis sept ans, le mot "traitre" circule. Letty prend alors la décision de partir sur une île d'Ecosse avec ses trois enfants, Georgie, 17 ans, l'aînée modèle, Alba, 13 ans, toute de colère rentrée et Jamie, le petit dernier, hypersensible, que tous ont voulu épargner. Un peu trop peut-être.

 

Mon avis :

 

Je commencerai par une petite déception : bien que ce roman s'appelle l'été de l'ours (traduction littérale de son titre anglais), celui-ci n'est pas le personnage principal du roman. Il aura une place importante (certains chapitres sont racontés de son point de vue) avant d'acquérir une dimension symbolique à travers les yeux du petit Jamie, qui ne parvient pas à faire le deuil de son père mais il n'est pas le sujet central du livre.


Le deuil. Le mot est jeté. L'un des sujets principaux du livre est là. Letty et ses enfants ne peuvent faire le deuil de Nicholas parce que l'oppobre a été jeté sur son nom. Letty est dans un dilemme. D'un côté, elle ne parvient pas à communiquer avec ses enfants, parce que rien n'est plus difficile que de trouver les mots quand la souffrance vous submerge, de l'autre, ceux-ci sentent bien, à travers les non-dits de leur mère et de leurs amis de Bonn que quelque chose ne va pas, quelque chose qui les arrache à cette ville où ils ont vécu sept ans, où ils avaient leurs amis, leurs écoles.


1980 : nous sommes en pleine guerre froide. Si nous lisons un roman sur la seconde guerre mondiale, nous saisissons immédiatement l'arrière-plan historique mais là, combien de lecteurs ont oublié ce qu'était la guerre froide ? D'ailleurs, combien de romanciers consacrent un roman sur cette période pendant laquelle les relations Est-Ouest étaient plus que tendues ? Je pense certes à La taupe de John Le Carré, je pense aussi à Berlin 73 qui présente une vision plutôt riante de la vie à l'Est (sans commentaires). Ici, Bella Pollen montre l'envers du décor, les obligations des femmes de diplomates, et la hiérarchie qui règne entre elles, la manière dont elles doivent se comporter pour que leur mari puisse faire carrière. Elle montre aussi combien il est difficile pour un diplomate de faire son devoir parce qu'il lui a fallu avant toute chose définir en quoi il consistait. Si le mot "espion" peut subjuguer les enfants (et nous faire irrésistiblement penser à James Bond), il est surtout lourd de conséquence pour Letty qui doit non seulement surmonter la mort de son mari mais tenter de comprendre ce qui s'est passé, avec trois enfants à sa charge.

 

Et là, je reviens, presque logiquement, à ce thème du deuil que chacun vivra véritablement à sa manière. La mère, bien qu'elle agisse, est emmurée dans son chagrin, et comme elle ne communiquait plus avec son mari - pour ne pas le déranger, lui avait-on conseillé, en une réminiscence d'un manuel de la bonne épouse des années 60 - elle ne parvient plus non plus à parler avec Alba, sa seconde fille. Alba commence une crise d'adolescende cabarinée, manipulant sa soeur aînée, houspillant son frère, submergée qu'elle est par son mal-être. De nos jours, on dirait qu'elle teste les limites, et qu'une fois qu'elles sont posées, elle trouve un nouveau moyen de les franchir. Georgiana tente de concilier son rôle (ingrat) d'aînée modèle, de confidente de son père et de toute jeune fille. Quant à Jamie, ce doux rêveur, il est celui à qui on en a dit le moins, parce qu'on ne peut pas tout dire à un enfant aussi sensible (encore un préjugé toujours valable). Du coup, Jamie vit une vie quasiment parallèle à celle de sa famille, il voit ce que les autres ne voient pas, les mots et les gestes prennent d'autres sens pour lui. Il est à la fois terriblement attachant et terriblement égoïste. Terriblement résistant aussi.

L'été de l'ours est un roman psychologique (pour l'analyse des sentiments), historique (pour la guerre froid) qui tend parfois vers le conte. Dis ainsi, cela paraît peu crédible, pourtant Bella Pollen réussit à concilier les trois. J'espère maintenant que ses précédents livres seront traduits en français.

 

Challenge-anglaisAntoni : challenge God save the livre. 

challengeQuatreSaisonsChallenge des quatre saisons



 


 

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26 décembre 2011 1 26 /12 /décembre /2011 00:18

Rien.gifLes éditions du Sonneur- 46 pages.

 

Quatrième de couverture :

 

En quête du rien est le portrait primesauter, drôle et absurde d'un homme condamné à l'inactivité et au calme dans une société qui en est dépourvue. Ou comment la tranquilité peut finir par rendre fou.

 

Mon avis :

 

Cette nouvelle est  assez réjouissante, et très éloignée des grands romans de Wilkie Collins. Son narrateur et personnage principal, qui se nomme William lui aussi, est contraint au repos forcé. Il doit éviter toutes les émotions, et rien que cette partie de l'ordonnance promet bien du plaisir.

 

Heureusement, il est un point positif dans sa vie, un point fixe : il est toujours d'accord avec sa femme. Ce point à lui seul est la garantie d'une vie sereine. Les voici donc partis en voyage, ô non, pas très loin (il lui faut se ménager) mais dans un paisible village de l'Angleterre. Là, deux sujets de drôlerie surgissent :

- sa volonté de suivre à la lettre l'ordonnance du médecin, quitte à tenter de faire coïncider chaque fait avec chaque prescription.

- la découverte que l'écart est grand entre la campagne rêvée, sublimée par les poètes et autres romanciers, et la campagne réelle. Un peu plus et notre narratteur pouvait rédiger un magnifique article sur les oiseaux qui peuplent la campagne et les noms qu'on leur donne. Un peu plus, et notre narrateur voyait sa vie transformée à  tout jamais.

 

Vivement un peu de travail, le repos, ce n'est vraiment pas la santé.

 

 

tea2Cinquième participation au mois anglais organisé par  Lou, Cryssilda et Titine. 


Challenge-anglais49e participation au challenge God save the livre organisé par Antoni

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24 décembre 2011 6 24 /12 /décembre /2011 00:00

Dragons

 

édition Casterman - 312 pages.

 

Quatrième de couverture :

 

Findus a commis l'irréparable : il a envoyé une lettre d'amour à Capricia O'Strogoth, fille de l'impitoyable chef de la tribu des Mochetrogoths. Erreur, grave erreur. Car, en ces temps reculés, l'envoi de petits mots à caractère sentimental était chose sérieuse. Dangereuse. Potentiellement mortelle. Qui d'autre que le légendaire Harold, "celui qui murmure à l'oreille des dragons", pourrait sauver son ami d'une mort lente et douloureuse ?

 

Circonstance de lecture :

 

Merci à Babélio et aux éditions Casterman. Quand leur nouvelle masse critique a eu lieu, je n'ai coché que deux livres, et j'espérai vraiment être choisie pour celui-ci. Je suis donc ravie d'avoir pu lire le septième tome des aventures d'Harold et de son vaillant dragon.

 

Mon avis :

 

Laissez-moi vous présent Harold Horrib' Haddock III, "aux membres grêles et au visage anxieux criblé de taches de rousseur", fils de Stoïk la brute, chef de la tribu des Hooligans Hirsute "homme de stature imposante dont la barbe rousse évoquait une crinière e lion vigoureusement peignée à rebrousse-poil par un dompteur psychotique".

 

Tout d'abord, je tiens à vous rassurer : même si vous n'avez pas lu les six tomes précédents, ou si leur souvenir s'est estompé, vous suivrez sans problème l'intrigue de ce roman.  Cela fait longtemps que je ne me suis pas plongée dans ses aventures, je ne me souviens absolument plus de sa rencontre avec Kamikazi, et cela ne m'a pas du tout dérangée.  Cette intrigue est particulièrement réjouissante, tant elle est remplie de rebondissements plus savoureux et plus mouvementés les uns que les autres. Il faut dire que ce pauvre Harrold aura fort à faire entre respecter les promesses faites de retrouver l'héritière de la tribu des Bouchers bourrus  du Bayou (ne l'aimerait-il pas en secret ?) et réparer les catastrophes en tout genre provoquées par ses proches. Je ne saurai dire lequel est le plus maladroit, de Crockmou, qui avale tout ce qui passe à sa portée pour le pire et pour le meilleur (il n'est pas le critique culinaire de l'année), de Stoïk la brute, dont le sens du commandement n'a d'égal que son absence de sens de l'orientation ou encore de Findus, son meilleur ami, qui a de temps en temps les fils qui se touchent.

 

Voyage initiatique ? Je dirai plutôt voyage parodique. Tel un chevalier des temps jadis (il n'est pas sans rappeler Gauvain ou Perceval), Harold représentera sa tribu lors du défi lancé par les Mochetrogoths - si ce n'est qu'il devra compter davantage sur son habitude de surmonter les pires obstacles, sur son inventivité et bien sûr, sur son courage que sur sa force physique. proche du néant  Mieux, les épreuves qu'il subit lui permettent non seulement d'assurer sa survie mais aussi d'être le champion de causes qui semblaient déjà perdues. Harold, meneur d'hommes ? Il y a un peu de cela : n'oublions pas qu'il est promis à devenir un valeureux chef viking. A chef vaillant, adversaire tortueux. En effet, ceux-ci sont pour le moins... particuliers. Je vous laisse le plaisir de découvrir toute leur originalité. Je vous laisse aussi le plairir de (re)découvrir Alvin, son ennemi de toujours, et il n'est pas venu seul...

 

L'humour a beau être omniprésent, jusque dans la quête amoureuse - à mi chemin entre l'amour courtois et l'approche amoureuse de l'homme de Cro-Magnon - le tragique se rapproche dangereusement d'Harold, qui en apprendra un peu plus sur le glorieux ancêtre dont il porte le prénom.

 

Je n'ai garde d'oublier de vous dire que l'auteur étant aussi l'illustratrice, les illustrations et la mise en page suivent parfaitement les méandres et les trouvailles du récit. J'ai déjà commencé le tome suivant, en anglais.

 

 

tea2Quatrisième participation au mois anglais organisé par  Lou, Cryssilda et Titine. 


Challenge-anglais48e participation au challenge God save the livre organisé par Antoni.


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21 novembre 2011 1 21 /11 /novembre /2011 19:33

mzi_svmnqcli_225x225-75.jpgEdition Puffin - 84 pages.

 

Mon résumé :

 

Tuffy fête Noël. Qu'on se le dise !

 

Challenge Noël

 

Mon avis :

 

J'aime bien Tuffy, sincèrement, mais je préfère les illustrations plus "rondes" et chaleureuses de l'édition anglaise. Tuffy a vraiment l'air typique du chat qui vous regarde après avoir causé une (ou plusieurs) grosses catastrophes et ne comprend vraiment, mais vraiment pas pourquoi :

- vous vous énervez.

- vous lui reprochez quelque chose.

 

La situation est tout simplement horrible pour Tuffy, il nous l'explique de façon absolument magistrale dans le premier chapitre. Noël n'est pas une fête pour les chats. Pouvez-vous imaginer une fête plus pénible que celle où un arbre est dressé au milieu de votre salon et où vous n'avez absolument pas le droit de grimper à cet arbre ? De plus, vous n'êtes pas non plus autorisé à jouer avec toutes ses décorations si tentantes, si remuantes, si scintillantes, qui foisonnent sur ce beau sapin, roi des forêts.

 

Tuffy plaide très bien sa cause, j'en demeure d'accord. Cependant, je m'en voudrais de ne pas céder la parole à un avochat de premier ordre, à savoir maître Rose Lamaire.

 

"Oui, j'ai consulté le dossier, et pour moi, l'affaire est toute simple. Déjà, je veux remettre en cause les peines demandées par Mr Grumpy, le propriétaire de Tuffy. Sachez, monsieur, qu'un chat n'a pas de maître, et qu'il ne reste à vos côtés que parce qu'il le veut bien. Demander pour lui la peine capitale pour une robe de soirée, fort laide au demeurant, qui aurait sans doute boudiné votre femme dès le lendemain de la fête est une peine bien trop forte. Avoir un chat est une responsabilité que vous devez assumer. Le mettre dans une pension ou une cage solide, pourquoi pas, c'est toujours moins ... définitif.

 

Mettez vous à la place de Tuffy, bien que je me doute que vous n'allez pas vous mettre à pourchasser des souris à moitié morte ou à jouer avec une toile d'araignée. Son territoire a été envahi par quatre personnes dont des jumeaux répondant aux prénoms de Lucilla et Lancelot. Ne croiyez-vous pas que ce soit destabilisant pour  lui ? De plus, ces enfants, accompagnés d'Ellie, ont décidé de monter un spectacle auquel ils ont contraint Tuffy à participer. Même si le spectacle a été un succès - sachant que le public était composé des parents des chanteurs, le succès était assuré, même avec un chat comme quatrième acteur - ne croyez-vous pas que les répétitions ont légèrement stressé le pauvre animal et ont causé les malencontreux incidents qui ont suivi ? 

 

Comment ? Je suis autant de mauvaise foi que mon client ? Pas du tout. Je conclurai ma plaidoirie en disant que même un chien aurait pu commettre une telle catastrophe - et ce n'est pas peu dire. 

 

Mesdames et messieurs les jurés, Tuffy a déjà été condamné à passer les fêtes de Noël dans le garage, loin de ses cachettes de prédilection. N'alourdissez pas sa punition.  

 

Challenge-anglais

 

 

 

Ma quarante et unième participation au challenge God save the livre organisé par Antoni. 

 

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20 novembre 2011 7 20 /11 /novembre /2011 19:52

9780749702540.gifMon résumé :

 

Jeanie a trouvé un anneau mais elle ne parvient pas à le défaire de son doigt. Elle ne sait pas qu'elle vient de libérer un génie qui n'a pas revu le jour depuis cinq cents ans - et les choses ont bien changé en cinq cents ans.

 

Mon avis :

 

J'ai trouvé ce roman dans une librairie anglaise qui vend aussi des livres d'occasion, et je me suis dit : pourquoi pas ?

 

Ce roman de littérature jeunesse a l'avantage d'être très court (soixante pages), j'aurai presque envie de le classer dans la catégorie "nouvelles", tant l'intrigue est resserrée. En effet, elle se déroule sur une seule journée, la journée pendant laquelle le génie exaucera son voeu (vivre une journée extraordinaire)  et la derière journée en classe d'une camarade qui repart pour l'Inde.

 

Oui, Jeanie vivra une journée exceptionnelle, démesurée, car le génie ne sait pas faire dans la demi-mesure. Elle sera le centre de l'attention - pas toujours de son plein gré. Elle se mettra aussi à la place de son amie, qui a dû vivre en Angleterre pendant quelques années alors qu'elle vient d'un pays dont le climat n'a rien à voir avec la grisaille anglaise. Grâce au génie, Jeanie (sa quasi homonyme) voyagera dans le temps et dans l'espace. Elle révèlera aussi une de ses plus belles qualités : rendre heureux les autres.

 

A sudden puff of glitteing smoke est (encore) un sympathique roman d'Anne Fine.  

 

 

Challenge-anglais

 

 

 

Ma quarantième participation au challenge God save the livre organisé par Antoni. 

 

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26 octobre 2011 3 26 /10 /octobre /2011 19:40

Vous-descendez-.jpg

édition Plon - 305 pages

 

Circonstances de lecture :

 

J'ai lu ce livre dans le cadre d'une lecture commune avec le forum 11966610. J'en profite pour l'inclure dans le challenge God save the livre organisé par Antoni. Je crois que c'est ma 37e participation. 

 

Challenge-anglais

 

 

Mon avis :

 

Le suicide est un thème littéraire très à la mode... dans la littérature jeunesse. Deux livres exploitent ce thème rien que pour cette rentrée littéraire. Nick Hornby, dans un registre adulte et britannique, se distingue particulièrement par son humour et sa fantaisie - avec une telle thématique, c'était loin d'être évident.

 

Voici donc nos quatre candidats au grand jeu de "pousez-vous de là ! Je vais sauter ! Pas envie de fêter la nouvelle année, ni de la connaître" :

 

- Martin. Le plus à plaindre. A fait de la prison pour avoir eu des relations sexuelles avec une mineure de quinze ans. Qu'elle paraisse plus et se drogue ne furent pas des circonstances atténuanantes. A tout perdu (sa femme, ses filles, son statut de présentateur vedette), sauf des paparazzis prêts à le traquer.

 

- Maureen. Mère célibataire d'un fils unique profondément handicapé. Je ne vous cache pas qu'elle m'a profondément agacé parfois. Considérer que la naissance de son fils est une punition divine pour avoir une relation sexuelle sans être mariée, est-ce encore possible de nos jours ? Il faut croire que oui.

 

- Jess. A été quittée par Chas, son petit ami, un trouillard de premier choix. Ne peut s'exprimer sans prononcer au moins deux gros mots par phrase. Son père est un politicien connu. Sa soeur Jen a disparu.

 

- JJ. Ex-rockeur et actuel livreur de pizza. Ne sait plus trop quoi faire de sa vie. S'invente une grave maladie, le CCR (non parce que, s'il leur avait dît qu'il avait une ABBA incurable, les autres participants à cette petite sauterie auraient tout de suite deviné le pot aux roses).

  

Ce n'est pas que tout oppose ces quatre personnages, c'est qu'un seul fait les rapproche : avoir voulu en finir, et définitivement. Les quatre voix, au tonalité si différente (chaque personnage devient tour à tour narrateur) alternent sans redondance, sans misérabilisme - et pourtant, ils en ont, des problèmes à résoudre. Ils ne vont pas jusqu'à former un club des suicidés, du moins, ils se fixent des objectifs de survie, cessent (pour un temps) de regarder uniquement leur nombril  et pensent (un peu) aux autres. Surtout, ils découvrent qu'ils n'ont plus envie d'en finir - si tant est qu'ils l'aient jamais eu. Comme l'illustre Nick Hornby à la fin de la deuxième partie de son roman, personne ne peut retenir quelqu'un qui veut réellement se suicider.

 

Vous descendez ? est un roman drôle, féroce et tendre à la fois.

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5 octobre 2011 3 05 /10 /octobre /2011 09:55

HIlde

Voici ma première participation au challenge Halloween organisé par Lou et Hilde.

 

Je vous présente donc le fantôme de Canterville d'Oscar Wilde et je cède la parole à maître Pelletier-Verel, son défenseur et à maître Sillat Cobert, avocat des parties civiles.

 

- Merci Sharon. Mes biens chers compatriotes-lecteurs, commença maître Pelletier-Vérel, nous sommes ici pour discuter de la situation ô combien horrible de notre concitoyen, Sir Simon. Je vous concède volontiers que cet homme a commis un crime horrible durant sa vie, il a tué son épouse pas aimée du tout, sous le prétexte fallacieux qu'elle était très laide et qu'elle n'y connaissait rien en cuisine. Mais n'a-t-il pas assez souffert par sa propre mort, horrible, et par sa condamnation à hanter le château de ses ancêtres ? Jamais, dans toute la mort d'un fantôme, il n'a subi plus grand préjudice : subir l'incroyance et l'irrévérence d'une famille entière d'américains.

 

- Mon cher confrère, l'interrompit maître Sillat-Cobert, je vous prends en pleine crise d'anti-américanisme primaire. Ce n'est pas un tort que d'avoir un peu de bon sens, un nettoyant surpuissant et de l'huile pour chaine rouillée. Non, monsieur Otis a fait preuve d'un remarquable sang-froid. Car veuillez considérer les crimes du fantôme, non celui qu'il a perpétré de son vivant, mais ceux qu'il a commis après sa mort, et vous remarquerait qu'il n'a pas chômé. Pas de vacances pour Sir Simon ! Ces trois cents ans ont été bien remplis. Il a effrayé une duchesse douairière, quatre caméristes, le pauvre sir Wiliam Gull, Mme de Trémouillac,sans oublier lord Canterville ou encore lady Barbara Modish. 

 

- Lui reprocheriez-vous d'avoir joué son rôle ?

 

- Jouer ! Je le lui reproche, justement. Il ajoué avec les personnes qui vivaient chez lui, les membres de sa propre famille. Il a joué au lieu de chercher la rédemption. Il ne s'est pas contenté de faire mourir de peur maintes personnes, il a aussi volé !

 

- Des tubes de peintures !

 

- A plusieurs reprises ! Nous avons un fantôme multi-récidiviste. La société actuelle ne se penche pas assez sur les vols commis par des fantômes.

  

- Si vous voulez lui passer les menottes, je vous signale qu'il porte déjà des chaines, et qu'il s'est gravement blessé dans l'exercice de ses fonctions.

  

- Vous faites allusion à cet accident, en essayant de mettre son armure ? Il s'en est remis. Son orgueil a davantage souffert que ses articulations. La sécurité sociale est en déficit, nous n'allons pas soigner, en plus, les douleurs d'un fantôme, surtout d'un fantôme capable de se métamorphoser en chien. S'il veut consulter un vétérinaire, je lui concède ce droit. 

 

- Je reconnais là les sarcasmes de mon vénéré confrère. A propos, comment se porte votre fille, la petite Armantine ? questionna abruptement maître Pelletier-Vérel.

 

- Bien, je vous remercie. Je ne vois pas ce que ma fille vient faire dans l'histoire. Vous parlerai-je de votre Suzanne, qui commence tout juste ses études de droit ?

 

- Je voulais juste signifier par là que le fantôme a été généreux avec Virginia Otis. Grâce à lui, elle a fait un magnifique mariage.

 

- Grâce à elle, il a enfin cessé de hanter le château, qui est enfin devenu habitable. Elle a été plus généreuse que lui. C'est au jury maintenant de délibérer si oui ou non, vous voulez lire l'horrible histoire du fantôme de Canterville qui, je vous le rappelle, a été écrit par un auteur irlandais.Je tiens à signaler que je suis allé en vacances au Royaume-Uni il y a quelques années, et que j'y ai été victime d'une intoxication alimentaire.

 

- Vous voulez dire, une indigestion. A propos, pourriez-vous me rappeler pourquoi nous sommes là, en train de plaider pour un fantôme ?

 

- Peut-être parce que nous sommes morts tous les deux pendant le précédent procès qui nous a opposé et que nous avons voulu fêter Halloween à notre manière. Ma prochaine plaidoirie aura lieu le 10 octobre. Et toi ?

 

- Le 15. Je n'ai pas tout compris, il s'agirait de défendre une tueuse de vampires. Bah ! Je lirai bien.

 

Challenge-anglais

Ma quatrième participation au challenge Irlande organisé par Val Challenge-irlandais

 

 

Ma trente-cinquième participation au challenge God save the livre organisé par Antoni. 

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7 septembre 2011 3 07 /09 /septembre /2011 11:16

tour.jpgédition Librio - 156 pages.

 

Quatrième de couverture :

 

Existe-t-il plus grand plaisir que d'écouter des récits macabres, la veille de Noël, dans une vieille maison isolée ? Qu'il est diabolique le frisson qui glace alors les sangs... Qu'il est divin le cri des femmes épouvantées... Ce ne sont pourtant que des histoires.

Tandis que celle-ci... Elle a été vécue ! Par des enfants, encore, deux petits orphelins, si admirablement gracieux, si serviables et si doux.... Et leur gouvernante, une jeune fille des plus honnêtes. Ce qu'ils ont vu, ce qu'ils ont enduré et les circonstances extraordinaires des événements qui les ont... mais non ! c'est trop horrible... ça dépasse tout... en pure terreur ! Car le pire, c'est de savoir que, justement, on ne saura jamais tout...

 

challengeabccritiques1

 

 

Mon avis :

 

Je termine mon challenge ABC avec Henry James, un auteur que je n'ai jamais réussi à lire jusqu'à présent. J'ai donc volontairement choisi une oeuvre courte, mais bien connue.

Le tour d'écrou respecte les codes du genre fantastique; Le narrateur principal promet à ses interlocuteurs un récit différent des autres. Toutes les preuves de sa véracité sont là : il a eu lieu il y a plusieurs années, l'identité du narrateur secondaire, décédée depuis, ne sera pas dévoilée, et le lecteur/auditeur n'aura que son seul et unique témoignage, à peine modalisé par le regard de Mrs Grose. Il reprend également des thèmes chers au fantastique : l'apparition de fantômes et la maison hantée.

Le récit, déjà nécessairement subjectif; m'est d'autant plus que la narratrice est tombée éperdument amoureuse de son employeur. Il ne pose q'une condition : ne pas être dérangé en cas de problème. C'est dire le peu de cas qu'il fait de son neveu et de sa nièce. Pour la narratrice, au contraire, il lui donne la plus grande preuve de confiance qu'un homme puisse donner à une femme. Je me répète : elle est totalement subjuguée par lui et par les enfants.  

L'aveuglement et la soumission de la gouvernante est sidérant. Contrairement à Agnès Grey, l'héroïne d'Anne Bronte,  elle est entièrement soumise aux deux enfants. Elle a le sentiment de son infériorité en tant que simple gouvernante mais aussi en tant que femme. Il est normal, pour elle, que Miles mente ou se montre caractériel, ce comportement montre qu'il devient un homme. (Note : ce n'est pas avec des femmes comme elle que la société évoluera). Je suis davantage intéressée par les personnages transgressifs, comme la gouvernante et le serviteur défunts, dont le seul tort n'est peut-être que d'avoir voulu sortir de leur condition.

Elle pense que les enfants sont en danger, mais quel est-il réellement ? Les apparitions ? Elle seule les voit. Tout repose sur des impressions, des suggestions bien plus que sur des faits. Au final, je ne saurai que très peu de faits tangibles, tant je me suis perdue dans les méandres du discours de la narratrice - après la maison hantée, le labyrinthe. Je n'ai pas non plus été effrayé, juste énervée par la soumission et le complexe d'infériorité de la gouvernante vis à vis du tout jeune maître.

Le tour d'écrou ne me laissera pas un souvenir impérissable, si ce n'est qu'il m'a permis de terminer mon challenge ABC.

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18 août 2011 4 18 /08 /août /2011 10:25

La-Reine-des-lectrices.jpgédition folio - 122 pages.

 

Extrait du quatrième de couverture :

 

Que se passerait-il outre-Manche si Sa Majesté la Reine se découvrait une passion pour la lecture  ? Si, d'un coup, rien n'arrêtait son insatiable soif de livres, au point qu'elle en vienne à négliger ses engagements royaux ?

 

Mon avis :

 

Que se passerait-il, oui ? Une catastrophe ? Non. Un bouleversement complet des habitudes plutôt !

 

Le roi n'est pas un sujet, dit le marquis de Ponceludon au roi Louis XVI, dans Ridicule de Patrice Leconte. La reine en devient un dans ce livre. Il aura fallu la conjecture d'un léger soucis canin, d'un bibliobus et d'un commis de cuisine gay pour que la reine lise, ou pour être plus précise, que la reine découvre le plaisir de la lecture. Le bouleversement n'est pas tant au palais, dans sa charge (elle s'acquitte toujours fort bien de ses obligations) mais dans la manière dont elle occupe chacun des moments entre ces diverses tâches.

 

Pourquoi une reine qui lit serait-elle plus gênante qu'une reine qui se serait prise de passion pour l'horticulture ? Parce qu'elle s'ouvre à des univers qu'elle ne connaissait pas, parce qu'elle oblige le protocole à se tordre à sa convenance. Quand elle essaie de lire dans le carrosse tout en continuant à saluer la foule (au grand dam du duc d'Edimbourg), elle m'a fait penser à ses enfants qui lisent en cachette de leurs parents, au moyen d'une lampe électrique. Lire est dangereux pour la santé, c'est pour cette raison que tous les moyens sont bons pour la détourner de ce hobby, quitte à faire sauter un roman, surtout que celui-ci "était une véritable bombe pour l'imagination". La reine n'en demeure pas moins LA reine et ne croyez pas que ces obstacles vont la rebuter, ni que ces empêcheurs de lire en rond resteront impunis. La reine a des réflexes, figurez-vous, et ses ripostes sont implacables (après tout, l'Ecosse sous la pluie, la Nouvelle-Zélande par gros temps sont des contrées sympas).

 

Parallèlement à ses petites réjouissances, nous suivons le parcours d'une lectrice passionnée. Sans a-priori, la reine lit tout ce qui lui tombe sous la main, sans échelle de valeur. L'appétit vient en lisant et des auteurs qu'elle n'appréciait pas au début de son parcours de lectrice  lui révèlent toute leur complexité au fur et à mesure qu'elle exerce son jugement. Elle tisse des liens entre ses différentes lectures et devient avide de les partager.  De la lecture, elle passe à l'écriture offrant ainsi un dénouement pour le moins surprenant.

 

La reine des lectrices est un roman drôle, qui raconte comment la lecture peut devenir passion. 

 

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 Troisième participation au challenge Le nez dans les livres organisé par George.

 

Trente-et-unième participation au challenge God save the livre organisé par Antoni.Challenge-anglaisChallenge-anglais

 

 

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