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16 juin 2012 6 16 /06 /juin /2012 20:39

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édition France Loisirs - 319 pages.

 

Mon résumé :

 

Arnljótur quitte son vieux père (il a 77 ans), son frère jumeau et l'Islande pour porter des boutures de Rosa Candida dans un monastère retiré du monde. Il ne le sait pas encore, mais il part à la rencontre d'Anna. Ils sont passés une nuit ensemble, et de cette nuit est née une petite fille.

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Challenges littératures nordiques par Myuiki 

 

Mon avis :

 

Il sera bref, car Rosa Candida est un de ses livres dont je n'ai qu'une chose à dire : lisez-le vous aussi. Il représente tout ce que j'aime dans la littérature islandaise, une écriture très poétique, des personnages attachants et atypiques, bref, des personnages que j'aurai du mal à trouver dans la littérature française, mais qui fait mon bonheur dans la littérature scandinave.


A chaque situation rencontrée, je ne pouvais m'empêcher de penser ce qu'un auteur français prétendument réaliste aurait écrit, ou plutôt n'aurait pas écrit, car un tel roman me paraît peu envisageable en France. En effet, sous une plume française, Anna se serait très certainement fait avorter, et son compère d'une nuit aurait loué son courage, et ajouté "Anna, c'est vraiment une fille bien" (je vise un livre en particulier, forcément). Ou alors, elle n'aurait rien dit, et ce n'est que quelques années plus tard que le secret aurait été révélé. Je referme ma parenthèse fielleuse, qui justifie mon désamour de la littérature française, à de rares exceptions près.

 

Rosa Candida est un livre qui respire, qui prend le temps de poser les personnages, de poser un décor, un livre serein, rempli d'images, de couleur, de lumière, un livre dans lequel la nature est source de beauté et d'apaisement.

 

Le prochain roman d'Audur est attendu pour la rentrée 2012, il est évident que je le lira.

 

 

Defi-PR-4Défi premier roman chez Anne

  dc3a9fi-scandinavie-blancheDéfi Scandinavie noire et blanche

Le challenge Voisins voisins organisé par Anne.Logo-Voisins-Voisines-Calibri-noir-cadre-blanc

 

 

Défi plume

défi la plume au féminin 2012

 

 

 

 

 


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20 mai 2012 7 20 /05 /mai /2012 09:39

univers.jpg

édtion 10/18 - 214 pages.

 

Mon résumé :

 

Ce livre est l'histoire de Pàll, un jeune homme islandais tout ce qu'il y avait de plus normal jusqu'à ce que la maladie mentale s'empare de lui. Nous lisons son journal, et nous rencontrons ses amis, d'avant ou d'après la maladie.

 

 

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Challenges littératures nordiques par Myuiki

 

Mon avis :

 

Après les analyses littéraires qui nous dévoilent tout de l'intrigue, et surtout ce que nous, pauvres mortels, devons en penser, je m'insurge contre les critiques littéraires que l'on nous colle en guise de quatrième de couverture et qui insiste sur l'humour du livre. Je ne dois pas avoir le même que le chroniqueur de Pubishers Weekly.

Il est difficile pour moi de trouver des mots pour chroniquer ce livre. Je pourrai utiliser tous les adjectifs que je veux, je ne saurai être aussi précise que Gudmunsson pour raconter le glissement vers la maladie mentale. Ne vous faites pas d'illusion : Pàll n'en guérira jamais et ne portera jamais une lucidité retrouvée sur ses années de maladie. Il raconte ses actes, ses errances, les réactions de ses frères et soeur et littéralement ne les comprend pas, pas plus qu'il ne comprend comment il peut se retrouver à errer pieds nus dans la campagne, ou à menacer quelqu'un d'un couteau dans un café, et à se retrouver conduit manu militari à Kleppur, l'asile de fou officiel de l'Islande.

Oui, je sais, je devrai plutôt dire "hôpital psychiatrique". Pourtant, la première fois que Pàll croise des malades, ils ont bien moins de liberté et de considération que les animaux dans les zoos. Il faut que l'opinion publique s'émeuve pour qu'ils aient enfin droit à des vêtements et à des promenades. Les infirmiers ? Ils sont davantage des gardiens, des as de la piqure, n'hésitant pas à forcer les doses, laissant ainsi les malades dans le coaltar afin de passer un weekend tranquille. Le psychiâtre ? Il n'apparaît qu'à la moitié du récit, et ne semble guère apporter d'aide à ses patients. Pire : aux yeux des parents de Pàll, il paraît encore plus dépressif que leur fils, comme s'il portait, en plus des siens, tous les tourments de ses patients.

L'Islande est un si petit pays que le fou est toujours le fils, le frère, l'amant, l'ami; le cousin de quelqu'un que l'on connaît. Tout au long de ses vingt ans d'errance, Pàll égrenera le parcours de ses amis qui le rejoindroint. Il me serait facile de dresser un catalogue de leur pathologie, de leur cause, de leurs conséquences, je m'éloignerai alors considérablement de la fluidité et du naturel de ce récit. En revanche, j'ai été sensible à cette jeunesse (presque tous les internés sont de la même génération) qui ne parvient pas à trouver sa place dans cette Islande en pleine industrialisation. Les parents de Pàll n'ont pas eu des enfances faciles, ils sont souvent allés de ferme en ferme pour trouver du travail, pourtant ils n'ont pas souffert de cette existence, ils ont juste envie d'avoir une vie meilleure, plus stable, comme le montreront leur déménagement successif.

 Un livre à dédier à tous les Pàll, pas seulement à celui qui a inspiré Einar, son propre frère  Pàl Orn Gudmunsson (1949-1992).

 

 

Defi-PR-4Défi premier roman chez Anne

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  Challenge psyQuatrième participation au Challenge Psy organisé par Métaphore.

 

 

 

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En faisant des recherches;  j'ai découvert par le plus grand des hasards que ce livre avait été adapté en film. Les Anges de l'univers (Englar alheimsins ) est sorti en 2000 en Islande, en 2002 en France. Il est réalisé par Fridrik Por Fridriksson. Le rôle principal est joué par Ingvar E. Sigurdsson, qui a été nommé pour ce rôle à l'European Film Awrds. A noter que cet acteur est plus connu chez nous pour avoir interpêté Erlendur dans La cité des jarres !

 

 

 

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Challenge la littérature fait son cinéma par Will

défi jusqu'au 5 avril 2013

 


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17 mai 2012 4 17 /05 /mai /2012 18:17

Murailles.jpgédition Métailié - 316 pages

 

Pourquoi ce livre ?

 

Rien de tel pour retrouver le goût de la lecture d'un bon Arnaldur Indridason. Celui-ci est un très bon cru, je vous conseille de le lire après Hiver arctique, car il reprend certains personnages de ce livre.

 

Quel est le sujet du livre ?

 

Erlendur est parti en vacances, et pendant qu'Elinborg enquête sur un meurtre (voir La rivière noire), Sigurdur Oli, en plein divorce, se voit demander de l'aider par un de ses amis (oui, il en a, aussi étonnant que cela puisse paraître). La belle-soeur de cet ami est victime d'un couple de maîtres-chanteurs. Sigurdur ne pourrait-il pas essayer de les amadouer ? Il est policier, après tout. A peine s'est-il rendu chez ce couple qu'il découvre la jeune femme, Lina, baignant dans une mare de sang.  

 

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Challenges littératures nordiques par Myuiki

 

 

Mon avis :

 

Nous sommes gâtés depuis la rentrée 2011 : deux romans d'Arnaldur Indridason traduits en français ! La muraille de lave garde à la fois toutes les qualités des romans d'Indridason et renouvelle son esprit. 

En effet, le héros est ici Sigurdur Oli, le personnage le plus en retrait dans les enquêtes d'Erlendur. Ce livre doit nous permettre d'en savoir plus sur lui et surtout de savoir comment il est devenu ce qu'il est. Il n'a pas l'humanisme de son chef, ni l'empathie d'Elinborg et il l'admet lui-même. La compassion pour les rebuts de la société, très peu pour lui. Il n'aime rien tant que leur dire tout le bien qu'il pense d'eux quand il les voit attendre d'être interrogés. S'il n'était policier, il aurait tout du golden boy aux dents longues. Cela tombe bien : il est amené à enquêter dans les milieux de la finance. 

Un bon point pour lui pour commencer : il ne rechigne pas à venir en aide à ses amis, même si grâce à eux, il se retrouve très vite dans une position inconfortable. Comment justifier qu'il n'a pas prévenu ses collègues d'une affaire de chantage, lui qui s'est retrouvé, bien malgré lui, sur une scène de crime ? Oli tient bon, non pour ses amis, mais pour que justice soit faite. Autre bon point pour lui : Oli ne connaît pas la jalousie. S'il admire les logements confortables des uns et leurs belles voitures, c'est en connaisseur, non en envieux. Dommage que certains ne l'aient pas compris plus tôt, car Oli ne peut non plus comprendre qu'on cherche à acheter autrui, ou à tuer pour le profit.

Sigurdur Oli, et le lecteur avec lui, est confronté au maestrom de question que les différentes enquêtes soulèvent. Plus j'avançais dans le récit, et plus l'enquête principale se ramifiait. Chose à laquelle nous ne sommes pas habitué avec Indridason, nous sommes ici confrontés à un pays en pleine expansion, flamboyant, où l'argent coule à flot pour une frange de la population qui se paie maison, voitures, excursion, voyages et s'autorisent toutes les débauches, sans être prêts à en accepter les conséquences. Même si Sigurdur Oli ne m'était pas sympathique au début du récit, je dois dire que je pouvais m'identifier à lui quand il était choqué par les pratiques sexuelles de ses amis, bien qu'elles se passent entre adultes consentants. Ce n'est pas une question de puritanisme, c'est vraiment une question de sentiments et d'intimité partagée. Et Sigurdur n'a partagé son intimité qu'avec Bergthora et ils n'ont jamais eu envie de la partager avec d'autres.

A côté de cette enquête principale, il retrouve Andrès, un homme détruit par l'alcool mais aussi par les abus dont il a été victime étant enfant. Il le connaît depuis Hypothermie, et à l'époque, Drésy avait mis Erlendur et son équipe sur la piste d'un pédophile. Étonnamment, Sigurdur Oli éprouve de la compassion pour cet homme qui représente pourtant tout ce qu'il méprise, et même, à la fin du récit, de l'empathie. Peut-être n'aurait-il pas réagi ainsi si Erlendur avait été là et avait recueilli les confidences de Drési. Peut-être n'aurait-il pas réagi ainsi si sa séparation n'avait été une plaie ouverte et ne l'avait amené à se questionner sur sa jeunesse, son éducation, et la relation entre ses parents. Les non-dits sont nombreux entre eux, sa mère est presque aussi froide que l'hiver arctique et si rien ne sera dit clairement, l'implicite permettra d'expliquer pourquoi Sigurdur est devenu ce qu'il est - et pas seulement parce qu'il ressemble à sa mère.

Sigurdur est vraiment sur tous les fronts, même parfois celle de la disparition de son chef Erlendur. Il doit aussi faire face aux débordements de certains collègues, qui pensent ainsi compenser une justice jugée défaillante. Sigurdur aime les Etats-Unis, et si ses méthodes sont parfois cavalières, n'hésitant pas à réveiller un suspect en pleine nuit, il n'a rien d'un cow-boy solitaire. J'aime les policiers qui savent que la violence ne résout rien. 

La muraille de lave humanise le second d'Erlendur qui fait face avec droiture aux enquêtes qui lui sont confiés et avec orgueil à la débâcle de sa vie privée. Que deviendra-t-il dans le prochain volume ? 


dc3a9fi-scandinavie-blancheDéfi Scandinavie noire et blanche

Le challenge Voisins voisins organisé par Anne.Logo-Voisins-Voisines-Calibri-noir-cadre-blanc


 


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29 décembre 2011 4 29 /12 /décembre /2011 12:58

9782350871653-cent-portes-battant-aux-quatre-vents.jpgEditions Héloïse d’Ormesson -  124 pages.

 

Quatrième de couverture :

 

Je déjeunais dans un restaurant de la place Toudouze lorsque je découvris ce qui manquait. Un amant. Un amant pour de vrai, avec mots doux, imposition des mains et tout le saint-frusquin. Comment n’y avoir pas pensé plus tôt ?

 

Mon avis :

 

Je me suis obstinée à découvrir l’œuvre de Steinunn Sigurdardottir, après deux expériences peu concluantes. Qu’en est-il de ce troisième roman ?

 

Même chose, ai-je envie de dire. Il est relativement court, pourtant j’ai réellement peiné en le lisant. Premier écueil : les dialogues, nombreux, ne sont jamais signalés en tant que tels. Je ne sais si c’est une volonté de l’auteur ou de l’éditeur, cependant, présentés ainsi, ils me donnent l’impression d’une communication faussée, ouatée, comme si personne n’écoutait vraiment les paroles prononcées. Deuxième écueil : les retours en arrière, pas toujours signalés clairement. Du coup, je me tenais sur mes gardes pour savoir si nous étions dans le temps de l’écriture ou dans le temps du souvenir.

 

Surtout, je ne suis pas séduite par Brynhildur, narratrice et héroïne de ce roman.  Comme l’héroïne du Cheval-soleil, elle a eu deux filles, qui sont des filles-à-papa. Rendons-lui justice, elle ne tarit pas d’éloge sur son mari, homme et père exemplaire, ce qui ne l’empêche pas de le tromper… avec le premier venu. De plus, contrairement à Lila, elle a eu la chance d’être adorée par son père, rien n’était trop beau pour elle. Est-ce pour cette raison que, comme Alda, l’héroïne du Voleur de vie, elle se sent irrésistible, incomparable, traînant des régiments de soupirants derrière elle ? Ainsi, elle est aussi agaçante qu’Alda – comme elle, elle se complait dans le souvenir d’un amour perdu, d’autant plus idéalisé qu’il n’a jamais été consommé. Leur différence est que Brynhildur tourne la page – enfin.

 

dc3a9fi-scandinavie-blancheMa dernière participation pour l'année 2011 au Défi Scandinavie Blanche.

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8 septembre 2011 4 08 /09 /septembre /2011 08:06

Hypothermie.jpgEditions Métailié - 296 pages.

 

Quatrième de couverture :

dc3a9fi-scandinavie-noireUn soir d'automne. Maria est retrouvée pendue dans son chalet d'été sur les bords du lac de Thingvellir. Après autopsie, la police conclut à un suicide. Quelques jours plus tard, Erlendur reçoit la visite d'une amie de cette femme qui lui affirme que ce n'était pas "le genre" de Maria de se suicider et qui lui remet une cassette contenant l'enregistrement d'une séance chez un médium que Maria était allée consulter pour entrer en contact dans l'au-delà avec sa mère. Celle-ci lui avait promis de lui envoyer un signe. Au pays du fantastique et des fantômes, aussi dubitatif que réticent, le commissaire Erlendur, troublé par l'audition de la cassette, se sent obligé de reprendre l'enquête à l'insu de tous. II découvre que l'époux de Maria n'est pas aussi fiable qu'il en a l'air et ses investigations sur l'enfance de la suicidée, ses relations avec une mère étouffante vont le mener sur des voies inattendues semées de secrets et de douleur. Obsédé par le deuil et la disparition, harcelé par les frustrations de ses enfants, sceptique devant les croyances islandaises, bourru au coeur tendre, le commissaire Erlendur poursuit sa recherche sur lui-même et rafle tous les suffrages des lecteurs.

 

Circonstances de lecture : 

 

Nous poursuivons, avec Syl et Lasardine (la ronde des post-it) la lecture des enquêtes du commissaire Erlendur. Je les remercie d'avoir décalé le billet, prévu initialement le 5 septembre.   J'ai été ravie de retrouver le commissaire Erlendur, après ses deux mois de vacances passées loin du polar islandais.

 

Mon avis :

 

Vous n'aimez pas le commissaire Erlendur ? Tant pis. Pour vous.

 

Erlendur est véritablement le centre de ce roman, qui n'existe que par sa volonté. C'est comme si, après sept enquêtes (deux ne sont toujours pas traduites en français), il avait enfin le droit de trouver un peu d'apaisement, notamment dans sa vie de famille.

 

Ses deux adjoints n'apparaissent quasiment pas, tant il est vrai que cette enquête n'existe que par la volonté d'Erlendur. Sigurdur Oli a une élégante grippe, Elinborg cache à peine sa désapprobation devant l'obstination du commissaire. En effet, Maria s'est sui-ci-dée. Qu'est-ce que cette tête de mule ne comprend pas dans cette phrase ?

 

Tout, justement. Erlendur n'a pas cette intuition chère aux romans policiers mal fagottés. Il est - toujours - profondément humaniste. C'est parce qu'il est capable d'empathie, lui qui se reproche toujours la disparition de son frère, qu'il essaie encore de résoudre une affaire vieille de trente ans, afin de procurer au père du disparu l'apaisement que ses parents n'ont pas connu. Pugnace, il ne lâchera rien, ayant toujours une main de fer dans un gant de velours - et son apparence débonnaire joue aussi en sa faveur.

 

Bref, j'ai adoré cet opus et je n'ai qu'une envie : lire le suivant !

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1 septembre 2011 4 01 /09 /septembre /2011 07:40

cheval-soleil.jpgédition 10/18 - 187 pages.

 

Quatrième de couverture :

 

Elle porte le nom d'une fleur, mais Lilla n'a jamais eu le temps d'éclore. Elle a grandi dans l'indifférence de ses parents, trop occupés à soigner les enfants des autres. Lorsque son grand amour réapparaît des années plus tard à Reykjavik, Li décide de commencer à vivre. De remuer la terre souillée de ses souvenirs, depuis les nuits passées avec son frère dans le grenier, ses conversations avec une amie imaginaire, à son mariage raté, pour faire enfin pousser le bonheur. Mais les fljords glacés ne murmurent-ils pas que les chagrins d'amour se transmettent de génération en génération ?

 

Un-mot-des-titres

  Ce billet marque ma deuxième participation au challenge ludique de Calypso

Mon avis :

 

 Ma lecture de ce roman aurait été très différente si je n'avais pas lu (et pas du tout apprécié) Le voleur de vie. L'écriture est plus apaisée, plus sereine, véritablement sensible et douce. L'héroïne, Lilla, n'a rien de la flamboyance et de l'égocentrisme d'Alda.Elle retrouve parfois les accents poétiques qui éclairaient le dénouement du voleur de vie, sans les excès dus, encore une fois, à la personnalité égocentrique d'Alda.

 Lilla n'a jamais été regardée, aimée, protégée, au contraire, elle était négligée, niée. En Islande comme ailleurs, il n'y a pas d'assistante sociale pour les gens aisés, et personne ne se rend compte du délaissement dans lequel LIlla et son frère ont grandi. Qui aurait pu croire que le docteur ne prenait pas soin de ses enfants, elle qui avait un diagnostique si sûr, elle qui a sauvé la vie de tant d'enfants ? Impasse donc. Lilla a grandi dans la dissimulation et, en l'absence d'amie, a dû s'en inventer une. Elle est à la fois extraordinairement active, dans les activités ménagères d'abord, dans son travail ensuite, alors que dans sa vie personnelle, elle est extrêmement passive, cherchant à se fondre dans la masse, à être invisible, quasiment.

L'une des questions majeures de ce roman est celle de la transmission. Que donne-t-on, volontairement ou non, à ses enfants ? Lilla, comme sa mère, travaille dans le milieu médical mais au lieu d'être une brillante doctoresse, elle est une humble infirmière qui accompagne les mourants. Lilla a eu deux filles qui se rapprochent de leur père, comme Lilla s'est rapprochée du sien, mais trop tard pour notre héroîne. Comme sa mère, Lilla n'a pas pu vivre son histoire d'amour avec le jeune homme qu'elle aimait, et, les raisons de la rupture n'étant pas claires, je me suis demandé si Lilla ne s'était pas interdit d'être heureuse et d'être enfin elle-même puisque sa mère n'avait vécu que dans le regret de cet amour, rejetant ainsi ses deux enfants. Le quatrième de couverture l'annonce : le bonheur ne sera pas au rendez-vous. Aurait-il pu l'être en dehors des rêves de Lilla ? Je ne le crois pas.

Le cheval-soleil est un roman en demi-teinte, tendre et sensible. Sa lecture me conforte dans mon goût pour la littérature islandaise.

 

LA PLU~1

dc3a9fi-scandinavie-blanche

Huitème participation au défi Scandinavie blanche de Prune.  

Dixième participation au défi La plume au féminin organisé par  Opaline. .

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30 juin 2011 4 30 /06 /juin /2011 08:26

hiver arctiqueéditions Pocket - 404 pages.

 

Une lecture commune avec Syl du blog thé, lecture et macarons et  lasardine (laronde des post-it) Si j'ai réussi à insérer les liens correctement, vous pourrez acceder à leur billet en cliquant sur le pseudo.

 

Mon résumé :

 

Nous sommes en janvier. Elias, un jeune garçon, est retrouvé poignardé au pied de son immeuble. Erlendur, qui enquêtait jusque là sur la disparition inquiétante d'une jeune femme,  est chargé de l'enquête.

 

Mon avis :

 

Dure enquête que celle qui est confiée au commissaire Erlendur : l'assassinat d'un enfant. Pour une fois, je n'ai pas eu cette impression de lenteur, même si fort peu de temps s'est écoulé dans les cent premières pages; Erlendur, Elinborg, Sigurdur Oli ne cessent d'enquêter et d'interroger les membres de la famille, les voisins, les camarades de classe, les professeurs, de suivre toutes les pistes (celle du voisin récidiviste et pédophile en particulier) et d'écouter toutes les doléances, mettant ainsi à nu les dysfonctionnements de la société islandaise.

 

 Indridason reprend les thèmes qui lui sont chers : les disparitions inexpliquées et parfaitement admises dans la conscience populaire islandaise et l'enfance maltraitée. La protection de l'enfance ne semble guère avoir évoluée en trente ans, rien ne paraît être réellement mis en oeuvre pour sauver tous ses gamins laissés-pour-compte qu'ont croisé les enquêteurs au cours de ce récit.

 

Cette fois-ci, Indridason ne nous plonge pas dans le passé de l'Islande, il interroge plutôt son présent, sa capacité à évoluer et sa place dans le monde contemporain. Il montre le racisme quotidien, banal, quasi-ordinaire. Il montre aussi la haine la plus profonde envers l'étranger, terrifiante parce qu'elle n'avance même pas masquée. Surtout, là non plus, rien n'est réellement fait pour lutter contre elle et ses conséquences dramatiques - comme si elles pouvaient être autrement.

 

En revanche, il est toujours prêt à explorer le passé d'Erlendur. Si ses relations avec ses enfants restent tendues, c'est aussi parce que la disparition de Bergur, son frère, est une plaie ouverte, une souffrance qu'il ne cesse de s'infliger et qu'il ne veut partager avec personne.

 

Je ne peux pourtant m'empêcher de ressentir une certaine déception, que je n'avais pas éprouvée pour les trois premiers volumes de la série. J'ai trouvé que le dénouement était trop précipité, comme un deux ex machina antique. De même, j'ai trouvé que certaines péripéties tenaient plus des grosses ficelles, bien connues et déjà très utilisées, plutôt que de la finesse à laquelle Indridason m'avait habituée. Une, c'est excusable, deux, c'est trop.

 

J'aurai aimé retrouver dans cette lecture le plaisir que j'ai eu en lisant les trois premiers tomes. Cette impression en demi-teinte ne m'empêchera pas de poursuivre avec Hypothermie. 

 

 

 , challengeabccritiques1                Objectif                            dc3a9fi-scandinavie-noire

 

 

 

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6 juin 2011 1 06 /06 /juin /2011 17:30

voleur-de-vie.jpg

 

éditions Flammarion - 214 pages.

 

Quatrième de couverture :

 

Alda, trente-sept ans, célibataire, est professeur d'allemand et d'anglais dans un lycée islandais. Riche, cultivée et particulièremente belle, elle partage sa vie avec sa soeur Alma et sa nièce Sigga dans la propriété héritée de ses illustres parents. Avec le mépris d'une aristocrate blasée, elle y reçoit ses nombreux soupirants. Jusqu'au jour où, ardent comme le vent des Skjol, radieux comme la nuée en juillet, l'amour va faire chavirer son coeur.

 

dc3a9fi-scandinavie-blanche

 

 Mon avis :

 

J'ai choisi ce livre parce que tous les avis que j'avais lu à son sujet sur le forum Partage-lecture était négatif. Je voulais découvrir cette auteur, j'avais déjà vu le film (avec Emmanuelle Béart, Sandrine Bonnaire et Eric Ruf), j'ai voulu me faire une idée par moi-même.

 

Tout d'abord, l'écriture semble particulièrement belle, elle donne à voir l'Islande, le passage des saisons, les couleurs, les goûts, les odeurs. La prose devient poésie parfois, en des strophes lyriques. Parfois.  La personnalité de sa narratrice rend rapidement cette écriture indigeste et irritante.

 

Grâce à Alda, j'ai découvert que l'Islande comportait une aristocratie. Par dérogation, Alda a donc un nom de famille, Ivarsen. Elle est riche, elle est cultivée, elle voyage dans toute l'Europe - une vie enviable. Elle partage sa grande demeure avec sa soeur et sa nièce dont elle ne parle quasiment pas, si ce n'est quand elles célèbrent des fêtes de famille. Alda a un défaut qui gangrène tout le roman : elle est imbue d'elle-même à un point inimaginable. Aucune femme ne la surpasse en beauté, en intelligence, aucune femme ne sait choisir ses vêtements avec autant de soin, d'à propos, ne sait les porter avec autant d'élégance. Aussi, quand elle condescend à avoir une relation avec un homme (marié le plus souvent), celui-ci doit s'estimer heureux, y compris quand elle rompt avec lui. Son inconscience, dans certaines situations, me fait douter de sa santé mentale.

 

Un jour pourtant, un homme, marié, plus jeune qu'elle, n'agit pas comme elle s'y attendait : certes, il a une liaison avec elle, mais il retourne auprès de sa femme. Il poursuit même une belle carrière - loin d'Alda. Alda ajoute alors à son défaut majeur une complaisance envers elle-même rarement atteinte. Elle a sans doute souffert de cette rupture. Néanmoins, la manière dont elle revient sans arrêt sur leur liaison (cent jours) sur leur ruputre et sur le bénéfice qu'il tirerait à vivre avec une aussi belle femme qu'elle (comparée à sa falote femme légitime - toujours du point de vue d'Alda) est un mélange de masochisme et d'érotomanie.

 

Autant dire que les autres personnages n'ont strictement aucune importance aux yeux d'Alda, pas même sa propre soeur, dont la mort est à peine évoquée. Les autres ne comptent, n'existent que par rapport à elle.

 

Ce roman a eu un succès retentissant en Scandinavie - voir la quatrième de couverture. Pourquoi ? Parce qu'Alda tranche avec les autres personnages féminins rencontrés dans la littérature islandaise, toujours soumis à un mari, un père, un frère, au destin terne, parfois tragique ? Alda est libre, totalement. Même sans l'héritage de ses parents, elle pourrait être indépendante financièrement, elle n'a besoin de personne pour subvenir à ses besoins. Si sa soeur est discrète (Alda "mange" littéralement le récit), Alma a fait un bébé toute seule et a élevé Sigga, sa fille, sans demander de l'aide à son géniteur. Elles se sont passées des hommes et Alda, dans sa vieillesse (elle a quarante-quatre ans à la fin du récit !) n'admet pas de perdre son indépendance en vivant avec un homme, ce qui troublerait sa vie rêvée avec son amant imaginaire, son "nounours" - encore le monde de l'enfance.

 

Un roman que je me suis forcée à terminer et que je suis soulagée de laisser derrière moi.

 

Femmes-du-monde3-jpg

 

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25 mai 2011 3 25 /05 /mai /2011 00:00

arnaldur-indridason-lhomme-lac-L-1éditions Points - 406 pages.

 

Quatrième de couverture :

 

Il dormait au fond d'un lac depuis soixante ans. il aura fallu un tremblement de terre pour que l'eau se retire et dévoile son squelette, lesté par un émetteur radio recouvert d'inscriptions en caractères cyrilliques à demi effacés. Qui est donc l'homme du lac ? L'enquête révélera au commissaire Erlendur le destin tragique d'étudiantes islandais confrontés aux rouages implacables de la Stasi.

 

Circonstances de lecture :

 

Ce livre est notre quatrième lecture commune des romans d'Arnaldur Indridason avec Lasardine (la ronde des post-it) et Syl.

 

Mon avis :

 

Je suis un peu désolée de le dire, ce roman m'a moins plu et moins touché que les précédents. La structure est pourtant la même que dans La femme en vert : d'un côté, un récit au présent, qui s'étire sur presque une année, de l'autre, un personnage, non nommé au début, qui se remémore son passé d'étudiant et est lié à ce corps qui vient d'être retrouvé.

 

Ce qui m'a dérangé ? J'ai eu l'impression que le ton était plus froid, plus distancié.  Erlendur, qui semble avoir baissé les bras au sujet de sa fille, renoue avec son fils, ce qui est un point positif. Celui-ci lui raconte des événements marquants de son enfance, notamment l'opposition entre Eva Lind et sa mère. Elinborg paraît tendue, mais ravie du lancement de son livre de recette - à croire qu'elle aussi prend ses distances avec le métier d'enquêteur. Sigurdur Oli est devenu le soutien moral d'un homme qui a tout perdu - un rôle difficile pour l'enquêteur qui-a-fait-ses-études-aux-Etats-Unis.

 

L'enquête n'est pas simple non plus, car l'instruction initiale a été bâclée - l'occasion pour le commissaire de visiter Marion, son ancienne chef, mourante et pugnace. Erlendur doit rattraper les erreurs du passé et remuer les fantômes de la Guerre Froide, contourner les obstacles administratifs au plus haut niveau. Sa froideur apparente vient peut-être du fait qu'il est confronté à des personnes dont la vie "normale" s'est figée un jour - comme la sienne s'est figée lorsqu'il avait dix ans, dans une attente éternelle.

 

Roman politique, L'homme du lac nous en apprend beaucoup sur une génération sacrifiée et oubliée - qui se souvient encore des terribles répressions dans les pays de l'Est ? Le dénouement du roman n'a apporté de réconfort à personne, pas même une lumière d'espoir, comme le personnage de Mikkelina dans Une femme en vert. Que nous apportera Hiver arctique, le volume suivant ?

 

 dc3a9fi-scandinavie-noire

  

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25 avril 2011 1 25 /04 /avril /2011 09:23

La voix

Edtions points - 400 pages.

 

Je poursuis mes lectures communes des romans d'Arnaldur indridason avec  lasardine (la ronde des post-it) et  Syl .

Ce mois-ci, nous lisons La voix, le troisième tome des aventures d'Einar Sveinsson.

 

Quatrième de couverture :

 

Mauvaise publicité pour l'hôtel de luxe envahi par les touristes ! Le pantalon sur les chevilles, le Père Noël est retrouvé assassiné dans un sordide cagibi juste avant le traditionnel goûter d'enfants. la direction impose la discrétion, mais le commissaire Erlendur Sveinsson ne l'entend pas de cette oreille. Déprimé, assailli par des souvenirs d'enfance douloureux, il s'installe dans l'hôtel et en fouille obstinément les moindres recoins.

 

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Mon avis :

 

Noël approche. La neige remplace la pluie incessante. La famille est au coeur de l'intrigue. Famille aimante pour Elinborg, qui déploie ses talents de cuisinière avec amour pour sa grande tribu. Famille à construire pour Sigurdur Oli, plus sympathique dans ce volume car nettement moins égocentré. Sa vie de couple est loin d'être rose et les scènes incessantes de sa femme sont loin de garantir une bonne entente. Famille à définir et à reconstruire pour Erlendur et sa fille. L'enquête, par une de ses coïncidences qui font la vie même, se remémore l'épisode douloureux de son enfance qui a construit l'homme qu'il est devenu. Il se livre enfin, à sa fille d'abord, parce qu'elle a frôlé la mort, et à une quasi-inconnue (même en Islande, il semble que cela soit plus facile de se livrer intimement à quelqu'un qui ne vous connaît pas). Si Eva Lind parle toujours avec ce ton inimitable, mélange de franchise, de grossièreté et de désinvolture, elle paraît véritablement touchée par les épreuves qu'elle a traversé (et que l'auteur nous fait partager). Elle est prête à s'en sortir, puisqu'elle reconnaît ses difficultés et ses échecs. Sa lucidité s'étend à ce qui l'entoure, et elle aide son père dans son enquête.

 

Même le crime sordide sur lequel enquête Erlendur reste un crime qui puise ses racines dans une histoire familiale complexe. La victime est un ancien enfant prodige avec lequel sa famille avait rompu trente ans plus tôt. La voix, qui donne son titre au roman est la sienne, enfant, capable même de bouleverser Erlendur. Le thème de l'enfant prodige, s'il semble nous ramener implicitement au passé (voir le poster de Shirley Temple) est pourtant très actuel. Combien d'enfants sont mis sur le devant de la scène pour compenser les ambitions déçues de leurs parents et se faire aimer d'eux ? Beaucoup. Si la maltraitance est ici morale, la pédophile est néanmoins évoqué, par la figure du collectionneur trouble Henry Whapshott.

 

Le commissaire doit faire face à des résistances, de la part de cette famille qui ne veut pas se livrer et de la part du grand hôtel, qui a ses petits et grands secrets à cacher. A cette affaire se superpose une autre : un procès pour maltraitance d'enfants est sur le point de s'ouvrir, et bouleverse Elinborg, qui a enquêté et craint de ne pas avoir suffisamment d'éléments pour faire condamner le père maltraitant. Ces deux affaires ont en commun la nécessité pour les enquêteurs d'aller au-delà des apparences et de découvrir une vérité inattendue.

 

Bien sûr, j'ai hâte de poursuivre la lecture des enquêtes d'Erlendur Sveinsson avec la lecture de L'homme du lac, prévue pour le 25 mai.

 Book

dc3a9fi-scandinavie-noireCe livre est le quatrième livre lu dans le cadre du Défi Scandinavie noire.

 

 Il est aussi le quatrième livre lu dans le cadre du régime organisé par Leilonna.

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