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19 avril 2012 4 19 /04 /avril /2012 20:00

  Couverture_de_Laura_de_Laurent_Herrou.jpg

Merci à Thomas, de la maison d'édition EP-LA Arès (www.ep-la.fr), pour ce partenariat.

 

Mon avis :

 

Je crois que je n'ai jamais eu autant de mal à rédiger un avis. Oui, je sais, je le dis souvent, mais là, j'ai vraiment l'impression que les difficultés ont été  insurmontables. J'ai presque eu envie de présenter mes excuses à l'éditeur parce que vraiment, je n'y arrivais pas. Et de là à dire que je suis satisfaite de ce que je rédige, c'est non. J'essaie simplement de ne rien changer à mes habitudes.

Premier écueil (et de taille) : je ne savais pas vraiment qui était Guillaume Dustan (merci de ne pas trop rire) à qui ce livre est dédié. En 1999, j'étais très occupée par le CAPES, et l'actualité littéraire me passait vraiment par-dessus la tête.

Deuxième écueil (toujours de taille) : ce genre de romans m'est totalement étranger. Je n'en ai pas lu avant, et il est probable que je n'en lirai plus jamais après. L'auto-fiction, très peu pour moi - je n'ai pas lu un seul roman de Christine Angot, et je ne ferai rien pour y remédier.

L'oeuvre est découpée en plusieurs parties. Un avant-propos explique les différentes strates de création, les modifications du projet initial. Suivent les quatre parties de anciennement intitulé Gris de Garonne, Ecoute (des dialogues bruts), ce que je nomme le journal de Laura et L'autre Paul, un court polar. Ou comment je gagne du temps en détaillant le livre.

Laura est l'histoire de Laurent, de sa construction - Laura est Laurent, sa part féminine. Laurent aime les hommes, Laurent aime un homme, et j'ai envie de dire que cela ne nous regarde pas. Dans son avertissement à la troisième partie du livre (le journal de sa publication en fait), l'auteur dit : "Je demande à tous les gens qui me connaissent de ne pas lire ce livre." Je comprends parfaitement pourquoi en le lisant, et j'ai de très nombreuses fois entrecoupé, arrêté, suspendu ma lecture parce que même si ce texte est publié, j'ai des scrupules à lire ses confidences intimes, sur sa vie de couple, sur sa vie intime, sur sa vie sexuelle qui se mèlent à sa difficulté à accepter son homosexualité et sa versatilité. Même si un auteur vous invite à tout savoir de lui, je n'en avais pas forcément envie. Je n'ai pas forcément envie non plus de détailler ce qui nous est raconté - ce n'est pas scrupule par rapport aux personnes qui me lisent, mais c'est qu'en temps que femme, je me sens très éloignée de ce qui nous est narré.

Pourtant, Laurent Herrou nous parle de sa part féminine, de son statut de "femme au foyer" (ce que je n'ai jamais été), de ses difficultés à accepter son homosexualité, de la culpabilisation que ses parents font peser sur lui, surtout parce que son frère est gay lui aussi. Encore un fait qui m'est étranger - parce que j'ai toujours grandi dans l'idée qu'il fallait accepter ses enfants tels qu'ils étaient, et non tels qu'on voulait qu'ils soient.

Reste à savoir pourquoi l'auteur raconte ceci. J'écarte la volonté d'être trash (je me trompe peut-être) car l'écriture est sincère, nomme les choses, les actes mais n'a pas une volonté de choquer, d'exhiber, juste d'être au plus près... de la réalité, y compris en racontant des faits apparemment banals. Au milieu d'une lecture qui me mettait mal à l'aise, j'ai presque ri quand il a été question de l'horoscope du jour.

Au delà de la parution d'un premier roman (et il est rare de lire le questionnement de l'auteur-en-devenir) se trouve aussi la question du positionnement : Laurent Herrou a été publié dans une collection ouvertement gay et ne se satisfait pas de ceci. Il voudrait être un auteur, point, ce que je comprends très bien.

Laura se termine par un court roman policier, L'autre Paul. Le personnage, claustrophobe dans son propre corps (j'ai beaucoup aimé cette formule) me fait penser au héros de Transfixions de Brigitte Aubert. Pourtant, ce narrateur anonyme mène une vie sans joie, se donnant à des hommes dont il espère l'amour, et n'obtenant en retour rien (au mieux). Une seconde narratrice prend la parole, après une ellipse narrative, Valentine. Tout comme le premier narrateur, sa vie n'est que désespérance, jusqu'à ce qu'elle rencontre Paul. Elle peut dire enfin : Je parlais peu, mais je vivais, moi. J'ai préféré cette partie de l'oeuvre, sans doute parce qu'elle est la plus accessible.

 

Defi-PR-4Défi premier roman chez Anne

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commentaires

zazy 21/04/2012 22:32

En effet, difficile à lire et à chroniquer, félicitations d'y être arrivé

Sharon 22/04/2012 12:33



Merci Zazy.



Le Papou 20/04/2012 07:46

Pas ma tasse de thé.
Le Papou

Sharon 20/04/2012 08:44



Pas vraiment la mienne non plus.



Céline72 20/04/2012 07:03

Même si ce livre ne me tente pas, je dois reconnaître que ta critique est très bien construite : c'est du bon boulot ;)
Bonne journée !

Sharon 20/04/2012 10:45



Merci Céline.


J'ai eu beaucoup de mal à la rédiger et je suis soulagée que ce soit terminé.



Une Comète 19/04/2012 23:52

Très beau billet. Sincèrement bravo :-)

Sharon 20/04/2012 08:31



Merci beaucoup Béa.



Anne 19/04/2012 23:17

Je suis peut-être influencée par ce que tu m'en avais dit à Paris, mais ce je comprends, c'est que tu as parfaitement réussi à nous faire éviter de lire ce livre !! (D'ailleurs je n'ai aucun envie
de lire Angot non plus)

Sharon 20/04/2012 08:30



Merci Anne.


Je ne suis pas sûre que c'était le but de ce partenariat, mais bon....



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