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10 janvier 2011 1 10 /01 /janvier /2011 22:17

Oscar-Wilde.jpg


 

Titre : Oscar Wilde et le cadavre souriant.

Auteur :Gyles Brandeth.

Editeur : 10/18.

Nombre de pages : 415.

 

Quatrième de couverture :

 

En 1883, Sarah Bernhardt et Edmond La Grange dominent le théâtre mondial. Déterminé à faire fructifier sa renommée naissante après sa triomphale tournée américaine, le jeune Oscar Wilde se rapproche d ces deux monstres sacrés. Installé à Paris, il travaille avec La Grange à une nouvelle traduction d'Hamlet qui promet de faire des étincelles. Mais, pour l'heure, elle fait surtout des victimes.... La compagnie La Grange est frappée par une série de disparitions mystérieuse, et Oscar Wilde est bien décidé à en trouver le responsable. Entre jalousies artistiques, vices cachés secrets de famille, le poète dandy découvre l'envers peu reluisant du décor flamboyant du Paris fin de siècle.

 

Mon avis :

 

Je serai brève. Si ce roman avait été classé dans la catégorie "roman historique", je l'aurai adoré. La reconstitution du Paris des années 1880 est parfaite. J'ai vécu véritablement au milieu du théâtre, avec ses comédiens passionnés. La langue est riche, foisonnante, débordante d'images et de précisions.

 

Mais voilà : ce livre est classé dans la catégorie "grands détectives", et je dois dire que ce n'est pas du tout ce que j'attends d'un roman policier.

 

D'abord, même si dans le prologue nous sommes avertis que l'enquête n'a pas été résolue (le récit principal nous ramène neuf ans plus tôt), je ne m'attendais pas à ce que le premier meurtre survienne si tard - page 184. Je ne m'attendais pas non plus à ce qu'il ait lieu dans l'indifférence quasi-générale - seul Oscar Wilde s'émeut et souhaite le résoudre. Même là, je n'ai pas eu l'impression qu'il déployait une activité débordante, et les meurtres suivants n'entraîneront pas plus de suspens.

 

Il faut dire qu'à une exception près, les personnages ne sont pas du tout sympathiques - pour ne pas dire carrément antipathiques. Comme je ne suis pas parvenue à m'intéresser à leur vie, leur mort ne m'a pas non plus bouleversée. Trop de théâtralité, trop d'emphase nuisent à la véritable émotion.

 

Quant à l'enquête, elle n'a pas vraiment lieu, et c'est lors d'un épilogue rapide que la vérité nous est dévoilée. Sir Arthur Conan Doyle résout l'enquête avec une telle rapidité et un tel brio que je me suis légitimement demandée pourquoi le narrateur, qui avait vécu ses faits, n'est pas parvenu à la même conclusion.

 

Bref, un rendez-vous manqué.

 

Objectifchalle11 

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7 janvier 2011 5 07 /01 /janvier /2011 19:08

 arton1090

 Titre : Le major parlait trop.

Auteur :Agatha Christie.

Editeur : Le Masque.

Nombre de pages : 221.

 

Quatrième de couverture :

 

Miss Marple, en vacances aux Antilles, se livre à sa distraction favorite : l'observation minutieuse des occupants de son hôtel. Le Major Palgrave ne cesse de l'accabler du récit de ses exploits. Mais il est bientôt retrouver mort.

Aurait-on assassiné cet inoffensif vieillard ? Et, si oui, pourquoi ? Mais surtout, Miss Marple saura-t-elle découvrir le coupable ?

 

Mon avis :

 

Miss Marple est une vieille demoiselle, j'aurai presque tendance à l'oublier tant ses talents d'enquêtrice sont hors-pairs. Âgée, elle est soumise aux maux de l'âge, à la maladie. Après avoir réchappé à une mauvaise pneumonie, elle vit sa convalescence aux Antilles, grâce à la générosité et à la prévenance de son neveu.

 

S'il avait su, il s'en serait mordu les doigts.

 

Parce que je me fais une autre idée de la convalescence - et Raymond West aussi sans doute - que d'enquêter sur une série de meurtres aux modes opératoires variés et de tenter d'en empêcher un.

 

Petite précision : si Miss Marple n'avait pas été là, le meurtrier n'aurait jamais été inquiété, puisque c'est elle qui, en relevant quelques petites incohérences, va mettre la puce à l'oreille des enquêteurs. De plus, elle va trouver un associé contre le crime à sa hauteur, Mr Rafiel. Ce vieil homme richissime (il entretient d'ailleurs sa fortune de son lieu de villégiature) est remarquablement intelligent et suffisamment autoritaire pour guider les enquêteurs officiels sans que ceux-ci s'en offusquent. Il est "un individu qu'on ne risque pas d'oublier".  Miss Marple n'est pas en terrain connu, aucun de ses alliés habituels (sir Henry Clithering par exemple) n'est là pour lui prêter une oreille attentive.

 

Les suspects ? Ils permettent à Agatha Christie de dresser le portrait de la bonne société anglaise. Ils donnent, avec leurs compagnes respectives, une image parfaite du bonheur et de la sérennité. Une image seulement, car cette belle apparence dissimule des drames intimes qui se révèlent peu à peu. Si certains ont perdu la vie au cours de cette enquête, d'autres perdront leurs illusions.

 

Continuez à mener l'enquête et lisez les billets des autres participants : link

 

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26 décembre 2010 7 26 /12 /décembre /2010 17:26

Titre : Jeux de glaces.

Auteur : Agatha Christie.

Editeur : Le Masque.

Nombre de pages : 218.

 

Quatrième de couverture :

 

Lewis Serrocold et sa femme Carrie-Louis vivent dans l’Institut pour jeunes délinquants qu’ils dirigent. Ils ont rassemblé leur famille sous le même toit, et comme chacun a déjà été marié plusieurs fois, c’est une véritable tribu composée de beaux-fils, de belles-filles et même de petits-enfants…

Mais Carrie-Louise inquiète son entourage. Elle présente des symptômes étranges et souffre d’une maladie qui ne ressemble à rien de connu. L’infirmière qui la soigne avec dévouement a le sentiment de travailler dans une maison de fous. La maladie de Carrie-Louis évolue soudain et présente une analogie évidente avec un empoisonnement à l’arsenic. Le drame finira par éclater mais la victime n’est pas celle que l’on croit…

 

Mon avis :

 

Le temps a bien changé depuis L’affaire Protheroe. Miss Marple n’est plus une détective débutante, elle est au contraire reconnue pour ses compétences, au point que son amie d’enfance, Ruth Van Rydock, lui confie une mission très importante. Il n’est pas question ici de découvrir un meurtrier, la mission est beaucoup plus délicate : il faut protéger une future victime. Contre qui ? Les éléments sont très minces. Néanmoins, miss Marple choisit de se fier aux pressentiments de son amie et de se rendre auprès de Carrie-Louise. Rendons ici justice au talent de Miss Marple : elle se glisse à merveille dans le rôle (l’amie pauvre qui, après-guerre, a besoin de se recouvrer sa santé et qui est trop digne pour demander de l’aide) inventée par Ruth, afin que personne ne se doute de rien. Miss Marple se retrouve alors dans un univers complètement étrange et décalé. Si elle ne perçoit pas d’où vient la menace, elle a très vite la certitude qu’elle est bien réelle.

 

La famille tient un grand rôle dans cette histoire, un rôle moderne si j'ose dire car elle est recomposée. Carrie-Louise, en dépit de ses trois mariages, a su maintenir des liens affectifs très fort avec chacun des enfants de ses conjoints successifs. Il suffit de lire à quel point Christian, le fils de son premier mari est soucieux de sa santé. Elle a également élevé sa petite-fille, Gina, dont la mère, sa fille adoptive, est morte en la mettant au monde. On ne pourrait imaginer contraste plus grand avec sa fille Mildred : cette grande enfant (elle approche de la cinquantaine), cette veuve respectable, n'hésite pas à cracher à haine à sa nièce, la trop insouciante Gina, mariée à Walter, un (humble) américain.

 

Lorsque le meurtre a lieu, Miss Marple doit faire la part entre les apparences et la réalité. Les deux seuls personnages à ne pas jouer sont Walter et Carrie-Louise. Walter, étranger à la famille, étranger aux complots, étranger tout court ai-je envie de préciser, est le coupable idéal. Comme il est innocent, sa défense est d'une simplicité rare : dire la vérité. Le cas de Caroline Louise est différent. Tous veulent la protéger, tous la croient fragile, et surtout, en-dehors des réalités de la vie, alors qu'elle est une des rares personnes à aller au delà des apparences.

 

Agatha Christie effectue là un beau travail de mise en abîme. Plus qu'une intrigue policière, c'est à un drame shakespearien que nous assistons. [spoiler]Le fils illégitiime sera complice du père, afin de gagner sa reconnaissance, et tous deux n'auront que la mort au bout du chemin. [/spoiler]Drame, mais aussi comédie : Gina et Walter, à leur manière, ont été Kate et Petrucchio. Toujours habile, c'est au moyen d'une lettre, envoyée à Ruth Van Rydock, que la fin de l'intrigue nous est dévoilée : l'effet de réel est encore accru.

 

Bref, j'ai encore passé un très agréable moment en compagnie de la romancière anglaise.

 

Venez découvrir les billets des participants du challenge Agatha Christie : link

 

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23 décembre 2010 4 23 /12 /décembre /2010 17:22

 

cartesTitre : Cartes sur table.

Auteur :Agatha Christie.

Editeur : Le livre de poche.

Nombre de pages : 221.

  

Quatrième de couverture :

  

Huit invités : quatre spécialistes du crime et quatre meurtriers impunis. Lequel d’entre eux a eu l’idée saugrenue d’assassiner leur hôte ?

   

Mon avis :

 

Cartes sur table est une enquête d’Hercule Poirot méconnue qui, à mon sens, mérite d'être redécouverte. Nous y retrouvons un thème cher à la romancière : le meurtre en lieu clos. Le nombre des suspects est donc restreint : Dr Roberts, célèbre praticien, le major Despard, explorateur, Mrs Lorrimer, femme du monde et Anne Meredith, jeune demoiselle de compagnie. Deux faits font que l’affaire se corse. Quatre fins limiers étaient également présents dans une pièce adjacente au lieu du crime. Hercule Poirot, que je ne vous présenterai pas, le colonel Race qui, si mes souvenirs sont exacts, apparaît dans plusieurs enquêtes, le superintendant Battle, un homme déterminé et incorruptible, et Ariane Oliver, romancière à succès. Ensuite, monsieur Shaitana, la victime, avait réuni ses huit convives dans un but bien précis : montrer aux quatre enquêteurs sa collection de meurtriers impunis.

 

Pas de rivalité : les quatre enquêteurs vont unir leur force et leur méthode pour découvrir le criminel. L’enquête se corse car ils doivent plonger dans le passé de chacun des suspects afin de retrouver le meurtre impuni et insoupçonnable - si tant est qu’il ait existé ailleurs que dans l’imagination de Shaitana.

 

La mise en abîme est de rigueur dans ce roman. La fantasque Ariane Olivier, dont les méthodes d’écriture sont narrées avec beaucoup d’humour, est présentée comme l’auteur d’Un cadavre dans la bibliothèque, et rappelle à Hercule Poirot qu’il vient de résoudre l’affaire ABC.

 

Le dénouement réservera son lot de surprise et de péripéties mouvementées. L’amour pourra même être au bout du chemin, pour deux personnages. Si vous avez aimez ce roman, dites-vous qu’il fait partie des enquêtes préférées d’Hercule Poirot. Si vous le trouvez ennuyeux, n’ayez pas de scrupules : Hastings le pensait aussi. C’est Agatha Christie elle-même qui le dit, dans son avant-propos.

 

Pour en savoir plus sur le challenge Agatha Christie, rendez-vous sur le blog de George : link.

 

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19 décembre 2010 7 19 /12 /décembre /2010 18:23

Protheroe.jpgTitre :L'affaire Protheroe.

Auteur : Agatha Christie.

Éditeur : Le masque.

Nombre de pages : 220.

 

Quatrième de couverture :

 

Quand on découvre le colonel Protheroe tué d'une balle dans la tête dans le bureau du presbytère, le pasteur a déjà sans doute une idée sur l'identité possible de l'assassin ou, en tout cas, sur un mobile vraisemblable. N'assite-t-il pas au thé hebdomadaire de sa femme où s'échangent potins et cancans ? il sait déjà que la victime avait un caractère de cochon, ou qu'elle avait eu une prise de bec avec le Dr Stone, que sa fille soupirait après le moment où sa mort lui offrirait enfin la liberté, que le peintre qui voulait faire le portrait de ladite fille en maillot de bain en voulait au colonel parce qu'il l'avait jeté dehors. Et tenez, même le pasteur, qui raconte l'histoire, avait des raison de se plaindre : le colonel ne venait-il pas vérifier les comptes de la paroisse ?

 

Mon avis :

 

Je poursuis mon approfondissement de l'oeuvre d'Agatha Christie avec la toute première enquête de Miss Marple. Un peu plus, et elle aurait pu s'appeler Miss Marple entre en scène. Elle n'a pas encore paru dans le roman, que déjà, au presbytère, il est question d'elle. La vieille dame n'est pas montrée sur un jour très favorable par le pasteur et son épouse. "La plus mauvaise langue du village", "la plus dangereuse des deux", "Miss Marple voit toujours tout, "elle surveille son monde" sont les gentillesses dont elle est gratifiée, bien peu charitablement. Un peu comme Hercule Poirot, Miss Marple divise, inquiète. Il faut dire que le pasteur a la chance d'être son voisin direct, et que passer devant chez Miss Marple, c'est "longé [...] un champ de mines".

 

Pourquoi tant de méfiance ? Parce que ce pasteur, qui  n'est autre que le narrateur du roman, a une faiblesse : son amour passionnée pour sa femme. Griselda, de vingt ans sa cadette, détonne au village, et il craint plus que tout non seulement les commentaires, qui pourraient être faits, mais surtout que sa femme ne soit tentée par un autre homme, plus jeune, plus beau, un homme qui serait très différent de lui. Il est touchant, car jamais il ne cherche à contraindre la fantasque personnalité de sa femme, jamais il ne se montre jaloux. Ses plus grands défauts sont  sa naïveté et son honnêteté - vous reconnaîtrez qu'il y a pire.

 

Naïveté, car le coupable va se servir de lui - en toute impunité. Honnêteté, car c'est le pasteur qui découvre le cadavre, et il ne nous a pas caché qu'il estimait que la mort de Protheroe rendrait un fier service à tout le monde. Le colonel n'apparaît que dans une scène mémorable avant sa mort, seuls les souvenirs et les récits des autres personnages. Il apparaît comme un homme sûr de lui, sûr de son sens de la justice (je le qualifierai d'impitoyable), et extrêmement borné. Il a fait l'unanimité autour de lui : ni sa femme, ni sa fille ne le regrette. Autant dire que les suspects sont légions, et que ce n'est pas avec la personnalité de l'inspecteur Flem, tout aussi imbu de sa personne que de ses méthodes, que l'enquête pourra être sereine. Il va révéler au cours de l'enquête une certaine combattivité, et peu de réflexion.

 

Mais revenons à Miss Marple. Très vite, elle prend part à l'enquête, ce qui est normal puisqu'elle est une des principales témoins. Très vite, le pasteur va changer d'avis à son égard, par la pertinence des réflexions de la vieille demoiselle. A eux deux, s'improvisant détectives, ils vont résoudre l'enquête - quoi ? Je n'aurai pas dû le dire ? Avez-vous déjà vu Miss Marple échouer, même s'il s'agit là de sa première enquête d'importance ? Non.

Bien, je continue.

 

Ils vont donc résoudre l'enquête, et ce, en dépit de toutes les embûches qui vont se dresser sur leur route. L'assassin, est quasiment insoupçonnable et a semé des indices de manière à incriminer une ou plusieurs autres personnes. Miss Marple n'a que l'embarras du choix pour les suspects - sept en tout, dont elle ne révèlera l'identité que lorsqu'elle aura réellement identifié le coupable.  S'ajoute à cette histoire de meurtres du braconnage, des commérages, peut-être même du chantage, sans oublier un traffic d'oeuvres d'art et la résurgence d'anciennes passions amoureuses. Bref, tout est là pour composer un roman parfaitement embrouillé, et pourtant, tout, jusqu'au détail le plus insignifiant, trouvera sa solution de manière limpide.

 

Encore un très grand roman d'Agatha Christie.

 

challange-agatha-christie

 

 

 

 

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5 décembre 2010 7 05 /12 /décembre /2010 09:49

nuages.jpgTitre : La mort dans les nuages.

Auteur: Agatha Christie.

Editeur : Le livre de poche.

Nombre de pages : 250.

 

Quatrième de couverture :

 

"Vous avez dit qu'on a retrouvé le chalumeau derrière un des sièges de l'avion ? Qui occupait ce siège ? "

Le magistrat consulta ses notes.Le sergent Wilson s'avança et lui glissa tout bas :

"Il s'agit du fauteuil numéro 9, où avait pris place M. Hercule Poirot. Ce M. Poirot est un détective privé très connu et très estimé, qui a... euh... qui a collaboré plusieurs fois avec Scotland Yard."

L'homme à la face carrée  se tourna vers M. Hercule Poirot et il considéra d'un air bourru le petit Belge aux longues moustaches. "Les étrangers disaient les yeux de l'homme à la face carrrée, ne m'inspirent aucune confiance, même quand ils travaillent étritement avec la police.

 

Mon avis :

 

Les hasards de mes emprunts font bien les choses. Autant Hercule Poirot s'opposait à Giraud dans Le crime du golf, autant il va avoir des nouvelles de son "collègue" dans cet opus. Giraud grimpe les échelons, grand bien lui face : Hercule Poirot se doute que ce qu'il a pu dire de lui à ses collègues.

 

De fait, je peux dire que notre détective belge n'a pas de chance. Il suffit qu'il prenne l'avion pour qu'un crime particulièrement audacieux y soit commis. Comble de malchance : non seulement Hercule Poirot dormait (son estomac lui jouait des tours) pendant que le crime était commis, mais l'arme du crime a été dissimulée près de son fauteuil. Il s'en est fallu de peu qu'Hercule Poirot ne se retrouve au banc des accusés  ! Comble de chance : la liste des suspects est restrainte aux passagers de l'avion et aux membres d'équipage. Reste à savoir qui pouvait en vouloir autant à la victime.  

 

Madame Giselle, née Marie Morisot, est une personnalité fascinante. Prêteuse sur gages renommée, maître chanteur à l'occasion, elle se montrait néanmoins d'une scrupuleuse honnêteté avec ceux qui respectaient leurs engagements. Servie avec fidélité par Elise, sa domestique, à qui elle a montrée sa générosité, elle n'en a pas moins abandonnée sa fille dans un orphelinant québecois, envoyant de quoi pourvoir à sa subsistance mais refusant toujours de lui rendre visite. 

 

Bien sûr, Hercule Poirot va mener à bien son enquête, démasquer le coupable, avec l'aide de ses petits cellules grises et de son incommensurable... modestie.  Si ses exigences étonnent les enquêteurs franco-anglais (il exige la liste détaillée des objets que possédaient les passagers) ou s'ils lui reprochent de compliquer à plaisir les choses les plus simples (n'est-ce pas Japp ?), il n'en a cure et va au bout de son raisonnement. Autre occupation (et non des moindres) : Hercule Poirot met tout son talent à

 

Mon seul regret est strictement personnel. Avant, je me serai laissée porter par l'enquête, attendant le dénouement, forcément surprenant. Maintenant, je suis devenue une lectrice vigilante. Je me suis donc interrogée sur les choix qu'Hercule Poirot faisait durant son enquête. Pourquoi s'adjoindre l'aide de Jean Grey, jeune coiffeuse orpheline, et de Norman Gayle, dentiste désargenté, auxquels il fait jouer des rôles non régligeables dans son enquête ? Pourquoi questionne-t-il chacune, sans avoir l'air d'y toucher, sur ses origines ? Derrière chaque question apparemment anodine, derrière chaque acte inhabituel; je cherchais une cause - et je la trouvais parfois.

 

Il ne me reste plus qu'à aller regarder l'adpatation de ce roman avec David Suchet.

 

Allez voir le challenge sur le site de George : link

 

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1 décembre 2010 3 01 /12 /décembre /2010 21:16

crime.jpgTitre : Le crime du golf.

Auteur :Agatha Christie.

Editeur : Le livre de poche.

Nombre de pages : 220.

 

Mon résumé :

 

Hercule Poirot est appelé en France par Monsieur Renauld, un riche homme d'affaire qui croit sa vie menacée. Arrivé en France, notre détective découvre que la menace est bien réelle : monsieur Renauld a été retrouvé mort, assassiné. N'ayant pu empêché ce crime, Hercule Poirot, accompagné de son fidèle ami Hastings, jure de tout mettre en oeuvre pour retrouver son meurtrier.

 

Mon avis :

 

Ce livre est le tout premier roman d'Agatha Christie que j'ai lu, et je le relis aujourd'hui avec un grand plaisir. Bien sûr, je ne porte pas le même regard aujourd'hui que lorsque j'étais adolescente. A l'époque, j'appréciais surtout que l'action se passe en France (en terrain connu, si j'ose dire) et qu'Hastings tombe éperdument amoureux d'une jeune femme audacieuse, artiste de son état. 

 

Maintenant, ce qui retient surtout mon attention, c'est à quel point ce roman développe le thème du double et de la répétition. Un crime similaire a déjà été commis dans le passé - et des imprévus ont à chaque fois, modifiés le plan des meurtriers. Jack Renauld, le fils de la victime, est amoureux de deux femmes, Marthe, sa douce voisine, et Bella, une artiste.  Son père lui-même semble mener une double vie, partagée entre sa femme et sa maîtresse, la propre mère de Marthe. Nous pourrions presque nous croire dans un vaudeville, si ce n'est que les quiproquos tragiques se multiplient. La peur est omniprésente. Peur altruiste pour Bella, qui craint que l'homme qu'elle aime ne soit un meurtrier. "Une jeune fille qui a peur", telle apparaît Marthe aux yeux d'Hercule Poirot, la première fois qu'il la voie. Peur viscérale pour madame Renauld qui, maintenant que son mari, le seul homme qu'elle a jamais aimé, est mort, est prête à prendre tous les risques pour son fils.

 

Heureusement, cette histoire n'est pas dépourvue d'humour. Elle est racontée par le capitaine Hastings, et le moins que je puisse dire est qu'il est incapable d'interpréter les indices ou les faits qui se déroulent sous ses yeux, quand il ne multiplie pas les maladresses. Il lui faut même l'aide d'Hercule Poirot pour lire la lettre d'amour que lui a envoyée Dulcie. Sa naïveté le rend infiniment touchant. Autre touche humoristique, et non des moindres : Hercule Poirot doit affronter un autre détective privé, un certain Giraud, bien décidé à lui montrer la supériorité de ses méthodes et à remporter le pari qui l'oppose à notre illustre détective.

 

Élucider un meurtre, en empêcher un autre, réunir les gens qui s'aiment et prouver l'efficacité de ses petites cellules grises à un chien de chasse... pardon, à un collègue : le séjour en France d'Hercule Poirot ne fut pas de tour repos.

 

   

  Ce livre participe au Challenge Agatha Christie, organisé par George : link

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31 juillet 2010 6 31 /07 /juillet /2010 15:41

Dope.jpgTitre : Dope.

Auteur : Sara Gran.

Editeur : Points.

Nombre de pages : 370.

 

Quatrième de couverture :

 

Joséphine devrait être morte. D’une overdose, ou d’une balle. Pourtant elle tente de refaire sa vie. Un couple fortuné lui propose de rechercher leur fille, Nadine, disparue après avoir sombré dans la drogue. Elle relève le défi. La voici donc de retour dans les bars de nuit des bas-fonds de Manhattan, parmi les junkies, les dealers, les prostituées et les fantômes de son propre passé.

 

Mon avis :

 

J'ai découvert ce roman grâce aux critiques que j'ai découverte sur le Forum Partage-Lecture. Je suis toujours avide de découvrir de nouveaux auteurs de romans policiers. Dès que l'occasion s'est présentée, je me suis procurée ce livre.

 

Premier constat : il se lit très facilement. Le style est fluide et agréable, les chapitres sont suffisamment longs pour ne pas laisser le lecteur sur sa faim, suffisamment court pour tenir en haleine et donner envie de lire la suite.

 

Le récit se divise en deux parties quasiment égales. La première voit Joséphine Flannigan, dite Joey, ex-prostituée, ex-droguée, enquêter pour retrouver Nadine, pauvre petite fille riche, qui a sombrée dans la drogue. Joey, narratrice du roman, mène cette enquête avec nonchalance, se contentant de renouer avec d’anciennes connaissances, au gré des indices qu’elle parvient à dénicher.

 

Un coup de théâtre magistral coupe le roman en deux. Joséphine, prise au piège, va se démener pour se tirer d’affaire mais aussi pour retrouver Nadine au plus vite. Joey est en effet une exception dans son milieu : elle a réussi à décrocher depuis deux ans, et elle brûle d’aider Nadine, abandonnée de tous, à en faire autant.

 

Plus que l’enquête policière elle-même, c’est la peinture du New York des années cinquante qui m’a intéressée. Ce roman est celui de la désespérance. Où que je tourne mon regard, je ne vois que des personnages condamnés à répéter jour après jour les mêmes petites combines pour se procurer leur drogue. Se tirer d’affaires n’est pas possible, ce n’est même pas envisageable pour eux. Leur porte de sortie, après la dégringolade, est la mort.

 

Les plus à plaindre sont les femmes. Pour une Shelley qui décroche un rôle dans une série télévisée, combien de Laura ou de Nadine qui devront se contenter de travailler dans des cabarets de plus en plus miteux, d’arpenter le trottoir, toujours sous la « protection » d’un homme ? Les femmes aisées ne sont pas mieux loties. Madame Nelson  dépend entièrement de son mari et ne songe pas à lui tenir tête. Quant aux études, elles ne permettent pas aux femmes de devenir indépendantes, leur seul utilité est de leur faire rencontrer un riche fiancé.

 

Dope est un roman qui renoue avec la tradition du roman noir américain. Un livre et un auteur à découvrir.

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13 juin 2010 7 13 /06 /juin /2010 19:08

 Callander

Titre : Le mystère de Callander Square.

Auteur : Anne Perry.

Editeur : 10/18.

Nombre de pages : 383


Mon résumé :

 

Thomas Pitt est marié à Charlotte et ensemble ils vont avoir leur premier enfant. Autant dire que l'affaire sur laquelle l'inspecteur est amené à enquêter est particulièrement difficile pour lui : les cadavres de deux nouveaux-nés sont découverts dans le petit jardin de Callander Square. Qui a pu commettre un crime aussi horrible ?

 

Mon avis :

 

Ce roman est la deuxième enquête de Thomas Pitt. Comme pour tous les autres volumes de la série, elle nous plonge dans la société victorienne bien pensante du XIXe siècle, dans laquelle les policiers sont fort peu considérés. Pitt va devoir enquêter, certes, mais surtout lutter contre les habitants de Callander Square qui vont se liguer pour l'empêcher de trouver la coupable. C'est dire le nombre de secrets inavouables que dissimulent les beaux appartements. C'est dire aussi que chacun va se mettre à suspecter son voisin, ses amis, sa famille, sans rien confier à Pitt : les affaires de grand monde ne regardent pas la police.

Ce serait mal connaître Pitt que de songer qu'il peut se laisser impressionner ou renoncer. Ce serait mal le connaître que de songer qu'il ne va pas découvrir ce que l'on cherche à lui dissimuler, grâce aussi à la détermination de sa femme, qui va l'assister.

Au final, ce n'est pas une énigme que va résoudre Pitt, mais trois. Le dénouement n'est pas exempt d'amertume. Il est aussi brutal qu'a pu l'être l'ouverture du roman.

Un roman policier dur sous ses apparences feutrées, que je ne regrette pas d'avoir lu.

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31 mai 2010 1 31 /05 /mai /2010 17:38
9782264026514FSTitre : La collection Brading.
Auteur : Patricia Wentworth.
Editeur : 10/18.
Nombre de pages : 348.

Quatrième de couverture :

Lewis Brading a peur. Propriétaire d'une collection de bijoux fameuse et hors de prix, il craint pour les trésors qu'il a amassés. Quand il fait appel aux talents de détective privé de Miss Silver, celle-ci refuse sans ambages. Mais quinze jours plus tard, lorsqu'elle reçoit une lettre de Brading réclamant à nouveau son aide, il est trop tard : les journaux annoncent son assassinat. Pétrie de remords, Miss Silver n'aura de cesse de démasquer le coupable, et cette nouvelle enquête la plongera dans l'univers trouble des collectionneurs.

Mon avis :

Je trouvais le quatrième de couverture très alléchant. Le premier chapitre l’était aussi, et voyait la confrontation entre un Lewis Brading buté et une miss Silver particulièrement perspicace.

Puis, plus rien. Le suspense retombe comme un soufflé. Nous découvrons une galerie de personnages pittoresques, telle Myra Constantine, une vieille femme excentrique, d'une laideur assumée, ou la jeune Sybille Wainwright. J’avais l’impression de lire un roman sentimental, et non un roman policier, car l’intrigue tourne autour de Sybille, jeune peintre de miniatures qui commence à se faire un nom. Celle-ci a divorcé trois ans de Charles Forrest, le cousin de Lewis, à cause d’un terrible secret qu’elle a découvert sur lui. Ce secret est si abominable qu’elle n’a même jamais voulu évoquer devant lui ce qui l’a fait quitter précipitamment le domaine et refuser de le revoir. Mais elle est toujours amoureuse de lui, et sa rencontre fortuite avec Charles la replonge dans les tourments du passé. J’ai envie de dire : n’en jetez plus, surtout que, comme dans les meilleurs romans à l’eau de rose, Sybille va reconnaître sa terrible erreur et … Je ne vais quand même pas tout vous raconter !

Du coup, quand, aux alentours de la page 115, je me suis retrouvée plongée dans l’intrigue policière, j’avais déjà décroché. Le rythme reste lent, les interrogatoires succèdent aux interrogatoires, les révélations aux révélations, jusqu’au rebondissement final, bien trop tardif. Contrairement aux romans d’Agatha Christie, qui sait nous mener exactement là où l’auteur voulait que nous allions, ce roman dévoile rapidement ses cartes, et la découverte du coupable n’est pas une grande surprise. En lisant cette enquête, j’ai pensé constamment à d’autres romans policiers, qui comportaient de grands points communs avec ce livre. Je pense notamment au « malade à demeure », nouvelle de Sir Arthur Conan Doyle, ou Le crime du golf d’Agatha Christie.

Si ce roman mèle amour et aventures policières, c'est sans doute parce que la résolution des énigmes n'est qu'un moyen pour la détective, non une fin en soi. Miss Silver est soucieuse de la justice, qui va apporter nécessairement apporter le bonheur (un point qui serait intéressant de discuter). Cette phrase, qui décrit son appartement, résume bien son rôle : « Chaque photo témoignait de la gratitude de quelqu’un qui était en sécurité, ou qui menait une existence heureuse et comblée parce que Miss Maud Silver avait mené un combat victorieux pour la justice ».

Quand j’étais étudiante, j’aimais beaucoup les enquêtes de Miss Silver. J’espère parvenir bientôt à apprécier ses romans comme je les appréciais à cette période de ma vie.
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