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25 mars 2012 7 25 /03 /mars /2012 16:50

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édition Asphalte - 125 pages.

 

Merci à Newsbook et aux éditions Asphalte pour ce partenariat.

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Quatrième de couverture :

 

En plein centre de Rio, Michael, jeune Noir américain passionné de jazz et de basket, se fait kidnapper par les membres d’un gang. Détenu dans l’univers angoissant d’une favela, sur fond de guerre de factions, la victime va se faire l’observateur de ce monde inconnu et se lier peu à peu à deux de ses ravisseurs : Musclor, le chef du gang, qui rêve de devenir un rapper célèbre, et Jo, sa petite amie accro au funk, qui dévoile le quotidien d’une jeune femme de seize ans dans la favela. La musique comme passion commune, ces trois personnages vont aller de fantasmes en résignations, de terreurs en rêves.

 

Mon avis :

 

Quand j'ai vu ce partenariat, proposé par Newbook, j'ai tout de suite posé ma candidature car j'étais attirée par le sujet. Je ne le regrette pas même s'il est peu question de musique.

Un sujet aussi fort ne pouvait admettre qu'un traitement fort, brutal parfois, et l'auteur ne s'en prive pas, avec justesse. Trois narrateurs se répartissent le récit, chacun avec son langage particulier. D'abord, Michael, jeune noir américain relativement aisé. Il arrive dans ce monde des clichés pleins la tête et se heurte à une réalité qu'il ne peut comprendre. Les armes ? Il n'en avait jamais vu. Une fille aussi "sexuée" que Jo ? Non plus. Il n'a pas conscience des véritables enjeux de ce qui se joue autour de lui, ni des risques qu'il prend. Sa condition d'otage, il nous la raconte pourtant, sans rien omettre de ces petits détails quotidiens et intimes que l'on peut facilement oublier, vu de l'extérieur.


Musclor, son ravisseur, n'a même pas les mots pour le dire, donc il l'écrit et le rappe. Il n'a pas non plus choisi ce genre musical, il est le seul qu'il connaisse, le seul qui lui permette de verbaliser sa violence et l'ambiguïté de ses désirs. Lui aussi est rempli de clichés face à ce jeune noir (à son grand étonnement : il ne pensait pas qu'un noir pouvait appartenir à une famille aisé) et de la confrontation de ses deux points de vue ne pouvaient naître que l'incompréhension.


Dernière narratrice : Jo. Brutalement, je dirai qu'elle a les mots, mais pas la syntaxe. Même si ce qu'elle dit est violent, vulgaire, et peut choquer, je n'ai garde d'oublier que ce livre s'adresse à un public adulte, et non à des adolescents. La réalité de son langage n'est pas plus choquante que la réalité de cette gamine - elle a seize ans - qui a le détachement de celles qui ont trop vu, trop souffert. L'avenir ? Il n'est même pas incertain, il est inexistant.

Pas de point de vue externe dans ce livre qui pourrait nous faire sortir de ce huit-clos où le danger suinte des murs et des mots. Certes, lors du prologue, nous avons bien eu, pendant un cours moment, un point de vue extérieur à ce qui se passait, quasiment une reconstitution journalistique. La seule chose certaine qui en découle est que l'incompréhension n'est pas l'apanage des kidnappeurs.


Arthur Dapieve décrit avec précision la réalité des favelas. La postface qui mon montre la réalité actuelle est tout aussi glaçante.

 

challenge-Des-notes-et-des-mots-2

Défi des notes et des mots

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12 février 2012 7 12 /02 /février /2012 08:54

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Edition Métaillié - 148 pages.

Mon résumé :

 

Est-il possible de mener l'enquêter sur un Prix Nobel de littérature ?

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Challenge Romans sous influence organisé par moi-même et George.

Mon avis :

 

Presque un an après avoir lu un roman de Padura, je refais une nouvelle tentative. L'essai n'est pas concluant non plus. Mario Conde a quitté la police depuis huit ans pour se consacrer à l'écriture d'un roman. Il est pourtant rappelé à son ancien métier quand un cadavre est découvert dans le jardin de l'ancienne maison d'Hemingway.

 

L'auteur ? Il l'a profondément admiré. Il se souvient même l'avoir vu, étant enfant, peu avant qu'il ne quitte définitivement La Havane. L'homme ? Il l'exècre après l'avoir admiré. Pourtant, il n'a pas envie de le voir accusé de meurtre. Il part sur les traces de son passé et questionne tous ceux qui l'ont connu et qui ont gardé une forte reconnaissance à son égard. Le roman alterne alors avec des chapitres qui mettent en scène Hemingway en tant que personnage. Narrateur de sa propre histoire, vieilli, presque réduit à l'impuissance littéraire, il erre dans sa propriété, craignant que la mort ne vienne l'empêcher de terminer son oeuvre, ou pire, craignant de ne plus pouvoir écrire. Et quand Mario Conde se prend pour Hemingway, il n'est pas toujours facile de s'y retrouver entre le présent et le passé.

 

Dans ce livre, je découvre plus l'homme que l'oeuvre. Si sa passion pour les chats est fort intéressante (et je le dis presque du bout des lèvres tant ce fait est accessoire dans le livre), aucun livre, aucun auteur ne pourra me faire apprécier les combats de coqs, de chien, la chasse ou la corrida. Que personne ne brandisse le mot "culture", je parlerai de barbarie. Mario Condé lui même n'apprécie pas ces témoignages de violence gratuite que sont les trophées de chasse. En revanche, il apprécie beaucoup le passé amoureux d'Hemingway, lui qui se languit de Tamara, parti en Europe. Là non plus, je n'ai pas changé d'opinion : la sexualité solitaire des ex-policiers cubains ne m'intéresse pas. Il a de la chance : l'enquête se résout quasiment toute seule.

 

Un nouvel essai avec Léonardo Padura ? L'année prochaine peut-être.


Défi les douze d'Ys

  2012

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28 octobre 2011 5 28 /10 /octobre /2011 09:39

la-belle-amour-humaine-de-lyonel-trouillot-livre-886319537_.jpgédition Acte Sud - 170 pages.

 

Merci à Priceminister et aux éditions Acte Sud pour m'avoir permis de découvrir ce merveilleux roman de Lyonel Trouillot. N'hésitez pas à découvrir l'avis d'Aymeline qui est aussi enthousiaste que moi.

 

Rentree-litteraire.jpg

Challenge rentrée littéraire chez Hérisson

 

Mon avis :

 

Nous avions le choix entre douze titres et si j'ai choisi La belle amour humaine, c'est parce que j'avais croisé ce livre en librairie quelques jours plus tôt, et que son quatrième de couverture m'avait fait envie. Sa lecture a comblé mes envies.

 

Ce qui m'a frappé tout d'abord est le style. Nous sommes proches du poème en prose, tant chaque phrase possède un phrasé musical, un ryhtme mélodique unique. Lyonel Trouillot est un poète des mots. Surtout, sa petite musique nous donne à entendre une histoire à la fois simple et unique. Thomas, le premier narrateur, est venue chercher Anaïse pour l'emmencer à Anse-à-Fôleur, petit village côtier où sont morts, bien des années auparavant, son grand-père et le parrain de son père. Je vous rassure, Anaïse ne vient pas chercher vengeance (la mort des deux hommes dont les villas jumelles ont été incendiées, n'a rien d'un accident), elle cherche qui était son père qu'elle n'a pas connu. Pendant le trajet, Thomas lui conte son village, son île, lui raconte son grand-père et son meilleur ami, deux êtres cruels et ambitieux, devenus amis tant ils étaient semblables. Peu à peu, Thomas se livre à son tour. Il sait être caustique, quand il décrit les touristes qui envahissent l'île, il analyse avec acuité le but de leur venue et leur comportement. Surtout et de manière bien plus apaisée, il lui conte son amour pour son paisible village, pour les siens, pour ceux qui savent profiter de ce qu'ils ont, même si c'est extrêmement peu. Ils sont, lui, Solène, Justin (au prénom si bien trouvé) les opposés du colonel Pierre André Pierre et de l'homme d'affaires Robert Montès, deux êtres qui sont inséparables de leur titre pompeux parce qu'il est leur essence même, deux êtres dont le seul but est de se contenter d'obtenir tout ce qu'ils ne possèdent pas - et gare à ceux qui auraient la mauvaise idée de se mettre sur leur passage. Deux êtres qui ne sont plus, deux êtres qui sont partis en fumée sans que l'enquête n'aboutisse, sans que le meilleur enquêteur dépêché pour l'occasion, n'attrape un coupable - l'enquêteur a vite été conquis par les habitants et par la sérénité du lieu.

 

C'est presque avec regret que j'ai quitté ce livre tant j'ai été conquise par le style de Lyonel Trouillot, sa richesse et sa limpidité. J'espère sincèrement que ce roman sera couronné par un prix littéraire prestigieux.   

 

 

les matchs de la rentrée littéraire

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11 septembre 2011 7 11 /09 /septembre /2011 00:44

Ombre.jpg 

 

Merci à Thot, au forum Partage-lecture et aux éditions Points pour ce partenariat.

 

 

Quatrième de couverture :

 

Un jour de pluie à santiago, trois voeux nostalgiques rêvent de propager la révolution. En attendant leur chef, le "Spécialiste",  Arancibia, Garmendia et Salinas boivent, fulminent et se disputent pour le plaisir. Mais "le Spécialiste" ne viendra pas : il est mort, assommé par un tourne-disque jeté d'un balcon lors d'une dispute conjugale. Aux vieux communistes de prendre leur destin en main...

 

Mon avis :

 

Je ne lis quasiment pas de littérature sud-américaine et, en dépit de la popularité des romans de Luis Sépulveda, je n'en avais jamais ouvert un seul. J'ai ressenti le besoin, en lisant ce livre d'une traite, de me plonger dans l'histoire du Chili. Je ne savais quasiment rien de ce qui s'était passé dans ce pays dans les années 70, mis à part la chute d'Allende, la dictature du général Pinochet, et la terrible répression qui s'en est suivi. Je le savais, mais dans les grandes lignes. J'ignorais, par exemple, que de nombreux chiliens avaient été contraints à l'exil, comme les antihéros de ce roman.

 

D'un côté, nous avons les vieux de la vieille, Arancibia,  qui garden les séquelles de ce qu'il a subi, Garmendia et Salinas, qui sont revenus de leurs années d'exil et n'ont pu reconstruire leur vie à l'étranger. De l'autre, nous trouvons Concha, une femme en pleine crise, à cause du caractère velléitaire de son mari. Leurs points communs est de ne pouvoir se réadapter à leur vie dans un pays qu'ils ne reconnaissent plus. Certains vivent dans leur rêve, d'autres ne peuvent quitter leur cauchemar, au final chacun vit avec des fantômes.

 

Le grand talent de Luis Sepulveda est de faire d'un sujet tragique une oeuvre burlesque, accumulant les situations absurdes. Les dialogues sont nombreux et extrêmement savoureux parce qu'ils sont tous incroyablement sincères, jusque dans leurs excès de folie ou d'imagination. Je pense notamment aux nombreux scénarios imaginés par Aravena, tous nourris par sa cinéphilie galopante.

 

 L'action est extrêmement reserrée : tout se déroule en une nuit mais le temps et l'espace se trouvent dilatés par les nombreuses réminiscences. Nous sommes au Chili, mais nous sommes aussi en Allemagne, en France, nous sommes paisiblement dans l'antre du poulet non-stop puis nous sommes aussi en pleine grève, en train de surveiller des poulets devenus fous. Pendant ce temps, l'inspecteur Crespo enquête, trop jeune pour avoir participé aux événements de 1973, trop agé pour trop âgé pour ne pas savoir qu'il a souvent ignoré tout ce qui s'est passé durant ses années, et pour ne pas (re) connaître le "Spécialiste" mort d'un coup de tourne-disque. Il est le lien qui unit les exilés à la jeune génération qu'incarne Adelita, sa collègue, une génération "qui a les mains propres" puisqu'elle est née l'année du coup d'état du général Pinochet. 

 

La fin du roman tient plus de la fable que du réel : j'adorerai que ce qui est juste l'emporte sur ce qui est raisonnable.

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15 mai 2011 7 15 /05 /mai /2011 21:31

mort-d-un-chinois-a-la-havane.jpgÉditions Points - 97 pages.

 

Quatrième de couverture :

 

Le quartier chinois de la Havane ne manque ni de saveur ni d'exotisme : un corps nu est retrouvé pendu, amputé d'un doigt, deux flèches incisées sur la poitrine... Le lieutenant Mario Conde, revolver à la ceinture et bouteille de rhum à la main, s'immisce parmi les immigrés asiatiques, répond à leurs sourires énigmatiques et cherche le mobile du crime : argent, rituel religieux, drogue ?

 

Mon avis :

 

Ce livre court signe ma première rencontre avec Mario Conde et je dois dire que j'ai envie de suivre un bout de chemin avec cet enquêteur. Oui, il a un petit problème avec l'alcool, comme tant d'autres policiers. Je dirai que son problème principal est de se procurer un alcool buvable, et non une distillation capable d'intoxiquer toute une population (ou comment il vaut mieux être chimiste si l'on veut vendre de l'alcool). Il est humain, il est humble, car il sait que la résolution d'une enquête ne résoud pas tout : "il était rare que l'élucidation d'une affaire le réjouisse. Au contraire, même : un sentiment d'estocade terminée et un vide qu'il savait éphémère. Une autre histoire sordide l'attendait toujours au coin de la rue".  

 

Cet amateur de littérature (il aurait aimé être écrivain) enquête sur un crime sordide, qui a toutes les apparences d'un crime rituel. Mais Conde ne se laisse pas prendre aux apparences. II constate, s'appuie sur des preuves - nous sommes loin des experts, l'autopsie n'est plus un morceau de bravoure où chacun démontre son savoir, elle est un élément qui participe à la résolution de l'enquête, sans rajouter au caractère sanglant de l'affaire, ni retarder la narration. 

 

Conde est humble car il avoue son ignorance, il avoue ne connaître de la communauté chinoise que des clichés, bien que son lieutenant soit une métisse chinoise et que son père, dont il demande l'aide, soit un ami proche. Il découvre, et le lecteur avec lui, les raisons de leur arrivée à Cuba, leur rêve, leurs désespoirs, leurs tragédies, leur courage aussi. La terre promise n'a que rarement tenue ses promesses, le lieutenant Patricia Chion est une exception.

 

Dans un roman où le passé, le présent, le rêve et les cauchemards se confondent, les absents et les fantômes rejoignent Condé jusque dans ses rêves. Qu'il parvienne à trouver l'oubli.   

 

Cuba

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30 janvier 2011 7 30 /01 /janvier /2011 16:22

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Titre : Rêves de frontières.

Auteur : Paco Ignacio Taïbo II.

Editeur : Rivages/Noir.

Nombre de pages : 110.  

 

Quatrième de couverture :  

 

Hector, le détective borgne de Paco Taibo II, part sur les traces d’une actrice de cinéma qu’il a bien connue lorsqu’ils étaient l’un et l’autre étudiants. Il la retrouve tout au long de villes qui jalonnent la frontière entre le Mexique et les Etats-Unis. Elle dit être poursuivie par un policier amoureux et violent qui lui fait peur. Mais dans son sillage, se meuvent aussi un producteur de « soap operas » télévisés qui n’hésite pas à jouer les proxénètes, et un dangereux narco-trafiquant.

« A la différence des auteurs de romans policiers, Belascoaran appréciait les histoires complexes, mais où rien ne se passait », Paco Taibo en grande forme signe là une histoire complexe comme la vie, quand le passé revient à la surface et vous donne un sacré coup de blues. Il nous livre la quintessence de « l’esprit Belascoaran Shayne », ce mélange incomparable de subtilité, de nostalgie et d’humour qui font la lecture de ce court récit un vrai régal.  

 

Mon avis :  

 

Voici ma première incursion avec le polar mexicain. Hector, le héros de Paco Ignacio Taïbo II, est un homme ordinaire, simple. S’il se lance dans cette enquête, c’est autant pour le souvenir d’un ancien amour que pour aider une adolescente - la fille de l’actrice. Souvenir d’un amour, car Hector est un homme lucide, presque désabusé. Elle n’est plus la femme qu’il admirait. Elle n’est pas non plus la femme qu’elle aurait voulu être et se leurre elle-même. Sur sa carrière, sur ce qu’elle est obligée de faire. Hector fait tout ce qu’il peut, il est difficile d’aider quelqu’un qui ne veut pas l’être.

Le roman est court, sobre, pourtant l’auteur dresse un portrait sans concession d’une société gangrenée par la corruption, où accomplir ses rêves est rares.

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27 décembre 2010 1 27 /12 /décembre /2010 10:41

portrait-sepia couvTitre : Portrait Sépia.

Auteur :Isabel Allende.

Editeur : Le livre de poche.

Nombre de pages : 408.

 

Quatrième de couverture :

 

Fin du XIXe siècle en Californie. La très riche Paulina del Valle recueille Aurora, sa petite-fille orpheline âgée de cinq ans. Pauline donne ce qu'il y a de mieux à l'enfant, mais elle lui cache la véritable identité de ses parents. Après son veuvage, Paulina décide d'entreprendre un voyage en Europe pour parfaire l'éducation de sa protégée. A Paris, lors d'une réception à l'ambassade du Chili, la jeune Aurora fait la connaissance de Diego Dominguez, un séduisant officier de marine. De retour au pays, elle épouse ce fils de grands propriétaires terriens. Mais la la lune de miel est douloureuse : Aurora souffre d'un traumatisme qui a effacé de sa mémoire les cinq premières années de sa vie. Confrontée à la trahison et à la solitude, elle décide d'explorer son passé...

 

 

Merci à BOB et aux éditions Le livre de poche pour ce partenariat.  

Mon avis :

 

Quelle magnifique découverte ! J'aimerai simplement m'en tenir là et vous laisser lire ce roman flamboyant. Pour moi, qui n'ai jamais lu un seul roman d'Isabel Allende, je suis littéralement envoûtée par cette oeuvre foisonnante, et je n'ai qu'une envie : découvrir le destin de Nivea del Valle, héroïne de La Maison aux esprits et personnage secondaire de ce récit.

 

Le roman se décompose entre trois parties :

- 1862-1880 ou le récit de tous les événements qui ont conduit à la naissance d'Aurora, l'héroïne.

- 1880-1896 ou la jeunesse d'Aurora.

- 1896-1910 son mariage et sa vie de femme.

 

La grande force de ce roman est que la narratrice raconte, et jamais ne juge les personnages. Elle dit leurs amours, leurs joies, leurs peines, leurs souffrances, tous les sentiments positifs ou négatifs qu'ils ont ressentis ou provoqués mais jamais elle n'alourdit ce roman par des jugements moraux, qui auraient été déplacés. Deux types d'écriture alternent. Le point de vue omniscient est privilégié, quand Aurora reconstitue la vie de ses ancêtres et de ses proches, résultats de son enquête pour lever le secret qui a effacé de sa mémoire les cinq premières années de sa vie.  Par contre, dès qu'Aurora raconte ses propres souvenirs, elle utilise le point de vue interne.

 

Tous les personnages de ce roman ont de fortes personnalités. Paulina del Valle, au tempérament volcanique, mène sa vie et ses affaires d'une main de maître, et pallie aux défaillances des hommes de sa famille. Eliza Sommers, également passionnée, vit son histoire d'amour interdite aux yeux de la bonne société californienne avec Tao Chi'en, un zhong yi, c'est à dire un médecin chinois. Parler de sacrifice à son égard me paraît mal venu : elle oublie son bien-être au profit de celui de l'être aimé, en toutes circonstances. Ces deux femmes, grand-mères de l'héroïne, ont en commun leur sens de l'honneur et leur volonté de faire tout ce qu'il y a de mieux pour leur petite-fille commune, Aurora.

 

Autant dire que c'est une vie de rêve, qu'Aurora vivra auprès de sa grand-mère. Elle recevra une éducation privilégiée, puisque jamais sa grand-mère ne la laissera longtemps dans une pension relogieuse. Education presque masculine, puisque dès l'âge de treize ans, Aurora se prendra de passion pour la photographie, et développera ce don auprès d'un maître que ni l'argent ni le pouvoir ne peuvent fléchir.

 

Pourtant, Aurora sera touchée par les soubresauts de l'histoire.  Roman des passions, Portrait sépia est aussi une grande fresque historique mettant en scène la turbulente histoire du Chili. Ses proches, notamment son père adoptif Sévéro del Valle, y ont pris part, quand ils n'ont pas payé un lourd tribu à leurs idéaux. Il montre aussi l'omniprésence de la religion dans la bonne société chilienne. Les femmes étaient réduites au rôle de reproductrice, maintenues dans l'ignorance la plus complète. Autant dire que chacune des membres de sa famille, par sa vie hors-normes, a contribué à faire d'elle une femme libre de prendre son destin en main, même si son destin fait scandale.

 

Ce roman sera sans doute mon dernier coup de coeur de l'année 2010. 

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