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4 septembre 2012 2 04 /09 /septembre /2012 09:43

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éditions Sabine Wiespieser - 162 pages.

 

Mon résumé :

 

Pays basque espagnol. 1936. Aïta rentre chez lui, pour l'anniversaire de son fils. Il trouve la maison vide : sa femme, ses fils, ses beaux-parents ont dû fuir car les oncles (les frères de sa femme) sont des activistes anti-franquistes. Grâce à sa voisine, il apprend où ils sont partis, et les rejoint à Hendaye. Les années d'exil commencent.

 

Mon avis :

 

J'ai attendu, j'ai même relu le texte avant de rédiger mon avis. Si ce texte a de grandes qualités, il a aussi des défauts, inhérents à ces qualités.

 

J'ai été charmé par la langue, absolument magnifique, avec laquelle ce récit est écrit : elle est d'une poésie et d'une musicalité inouie. Elle tient à distance le pathos, tout en nous montrant les sentiments des personnages face à cette douleur commune : l'exil. Pas de plainte, jamais, pas d'épanchements excessifs : chaque membre de la famille vit l'exil à sa manière.


Aïta et Ama ont tout quitté pour fuir le franquisme et la seule chose qui leur reste est de pouvoir être ensemble. L'important est que "nous restions en vie, unis. Toujours libres". La narration est ainsi divisée en deux. D'un côté, nous avons le carnet d'Anna, qui ponctue les grandes étapes de leur exil (les déménagements successifs, l'envoi des oncles dans un camp de réfugiés) et livre ses sentiments, toujours avec pudeur et retenue, bien qu'il s'agisse d'un carnet intime. De l'autre, nous avons une narration à la troisième personne, qui nous permet de découvrir Aïta, plus renfermé, mais aussi les trois fils de la maison, chacun ayant un ressenti différent face à cette nouvelle vie, en France.


Pourtant, les épreuves qu'ils ont traversées sont nombreuses, et c'est là que cette retenue m'a dérangé, car elle se rapproche dangeureusement de l'indifférence. Les camps de prisonniers, puis la seconde guerre mondiale, la résistance, les camps de concentration (la déportation est évoquée) sont si rapidement évoquées que j'ai eu l'impression qu'aucun fait historique ne les touchait, en dehors de ce fait qui bouleversait leur vie : la dictature franquiste. Nous touchons ici à ces rêves oubliés, qui donnent leur titre au livre :

 

"Nous sommes ici depuis de si nombreux mois et je réalise seulement au soir de cette triste journée que nous avons vécu uniquement dans l’espoir du retour. Ce rêve a lentement embrumé nos esprits, et maintenant la réalité nous frappe de plein fouet, fermant brutalement les frontières. Tant que le dictateur sera au pouvoir, nous ne pourrons pas revenir, nous le savons. "

 

Ce livre a été lu dans le cadre du prix Océans :

 


prix

 

Ce récit est servi par une langue magnifique, d'une musicalité et d'une poésie inouie.

 

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27 août 2012 1 27 /08 /août /2012 10:44

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édition de L'Olivier - 314 pages.

 

Quatrième de couverture :


Jeremy Kumarsamy paye cher son entêtement. Handicapé suite à une blessure mal soignée, sous la menace d'une arrestation parce qu'il a agressé une autorité sportive, ce champion de badminton de niveau international a dû rentrer, après quinze ans d'absence, dans son pays d'origine, une ancienne colonie britannique. Reclus dans la maison de sa mère, il retrouve le fil de son enfance, et surtout d'un parcours chaotique fait de drames, d'échecs et de gloire. Peu à peu se dessine le destin d'un jeune homme ambitieux, en butte aux turbulences politiques de son pays et à des enjeux sportifs qui le dépassent.

 

Mon avis  :

 

Il est tragique, pour moi, de me retrouver à dresser à nouveau un constat d'échec. Je suis complètement passée à côté de ce livre, et il faut que j'en démêle les raisons. 


Ce n'est pas à cause du sujet, le badminton. Je ne suis pas sportive, ce qui ne m'a pas empêché d'apprécier Danbé d'Aya Cissoko et Marie Desplechin ou Je préfère qu'ils me croient mort d'Ahmed Kalouaz et pas plus que je ne m'y connais en badminton, je ne m'y connaissais en boxe ou en football. Ce n'est pas non plus la faute du style, intéressant et fluide. Le soucis est donc ailleurs.


Ce qui m'a dérangé en premier est la narration, l'alternance entre un narrateur à la première personne, Jérémy, qui raconte sa vie présente, son retour dans la maison familiale auprès d'Ivy, sa mère, et un narrateur à la troisième personne qui nous conte, de manière détachée, les souvenirs de Jeremy sur cette île, à un moment clef de son histoire : son indépendance. Là est le deuxième soucis : je n'ai rien appris d'essentiel au sujet de cette indépendance. Pourquoi le Royaume-Uni a-t-il décidé de se retirer ? Quelles conséquences pour les natifs qui, comme William Simon Kumarsamy, père du narrateur, se sont mis au services  des colons ou pour les anglaises qui les ont épousés et ont fait oeuvre (de charité ?) sur l'île ? Quels sont les causes des émeutes qui ont éclaté ? Je ne le sais pas vraiment, sans doute aussi parce que le narrateur ne s'intéresse pas à grand chose, ni dans le passé, ni dans le présent. Il se souvient, oui, mais uniquement de ce qui tourne autour de sa petite personne. 

 

S'il faut un mot pour qualifier les relations qu'il entretient avec tous les autres personnages, ce serait indifférence. Il vit à côté de sa mère, de son père, de sa tante, qu'il nomme quasi-exclusivement par leur prénom, sans rien éprouver pour eux, et sans se soucier de ce qu'ils peuvent éprouver pour lui. L'éducation donnée par son père se limite à des vociférations, à des coups, et ceci est considéré comme normal par l'un et l'autre, comme un devoir, ennuyeux, certes, quand Jérémy a eu de mauvaises notes, mais un devoir. La disparition de son père lors des émeutes ne l'inquiète pas plus que cela, les absences de sa mère, qui cherche frénétiquement son mari, non plus, et je pourrai continuer à dresser la liste de tout ce qui n'attire que l'indifférence de Jérémy, y compris ses "histoires d'amour", elle serait extrêmement longue.

 

Son seul intérêt dans la vie est le badminton et Albion Hall, où il a très tôt obtenu le droit de jouer à ce sport typiquement anglais. Sa passion, encore une fois, est restée trop égocentrique pour que je m'intéresse à son histoire.

 

Ce livre a été lu dans le cadre du prix Océans.

prix

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26 août 2012 7 26 /08 /août /2012 15:39

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édition Folio - 146 pages

 

Quatrième de couverture :

 

Zhao le soldat, autodidacte inflexible dévoué au régime, et Ayamei la révoltée, chef de file du mouvement étudiant, courent dans les rues sombres de Pékin. La Place de la Paix céleste est couverte du sang des étudiants. Du sang des enfants de la Chine moderne, élevés dans l'idéologie étouffante du régime maoïste. Ayamei se cache, quitte Pékin, parcourt des milliers de kilomètres, fuit vers la montagne. Inlassablement Zhao suit sa piste. Son acharnement est à la mesure de sa foi dans le régime : aveugle et sans limites. Mais au long du chemin, le soldat tombe sur différents écrits que la jeune fille sème derrière elle. Au terme de cette longue traque, Zhao se laissera-t-il contaminer par la beauté et la poésie ou choisira-t-il d'ignorer la voie qu'Ayamei est en train de découvrir ?

 

 

Defi-PR-4Défi premier roman chez Anne

 

 

 

 

Mon avis :

 

Bien que j'ai un roman de Shan Sa dans ma PAL, je ne suis toujours pas parvenu à le lire. J'ai emprunté son premier roman à la bibliothèque, et je dois dire que je suis agréablement surprise.

Ce roman est d'une simplicité tragique. D'un côté, Ayamei, chef du mouvement étudiant presque malgré elle. De l'autre, Zhao, devenu soldat pour soulager sa famille trop pauvre pour subvenir au besoin de tous leurs enfants. Si Ayamei ne rencontrera jamais Zhao, lui apprendra à la découvrir, lui dont l'univers est si différent du sien.

L'écriture est simple, rigoureuse, mettant en valeur l'absurdité de la tragédie qu'Ayamei a vécu pendant son adolescence. La seule lueur d'espoir est que la solidarité est encore possible, bien qu'être solidaire soit extrêmement risqué - dénoncer est tellement plus facile.

Le voyage d'Ayamei nous mènera de la Chine urbaine à la Chine des campagnes, des monts et des bois, où l'arrivée des camions de soldat ne peut pas passer inaperçue, où les activités traditionnnelles sont encore en usage - et la fuite peut-être, je dis bien peut-être plus facile.

Porte de la paix céleste est une belle rencontre, à la fois avec l'auteure et avec les personnages. 

Dragon2012feu

Le challenge Dragon 2012 organisé par Catherine

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8 août 2012 3 08 /08 /août /2012 17:30

bizango.jpgédition Les allusifs - 295 pages.

 

Quatrième de couverture :

 

Dans les rues de Montréal, erre un homme doté de facultés extraordinaires qui s'apparentent à une malédiction. Une nuit, après être venu à la rescousse d'une prostituée haïtienne malmenée par le bras droit de son pimp, il se lie d'amitié avec cette jeune femme rebaptisée Gemme pour sa clientèle. Une inquiétante cavale s'ensuit. Non seulement cet être étrange et sa protégée sont poursuivis par les sbires lancés à leurs trousses par le redoutable gangster et proxénète Chill-O, mais ils essaient aussi d'échapper aux enquêteurs de la police. Mais qui est-il à la fin ? D'où vient-il ? S'agirait-il, comme le suggère Papy Boko, le vieux sage consulté par Gemme, d'un bizango, une de ces créatures issues du folklore haïtien capables de se dévêtir de leur peau humaine pour devenir autre chose ?

 

Circonstance de lecture :

 

Ce livre fait partie de la sélection du mois d'août du prix Océans. J'ai choisi de commencer par ce livre parce que j'étais séduite par son format et par le quatrième de couverture.

 

prix

 

Mon avis :

 

S'il fallait qualifier cette lecture d'un mot, je dirai "plaisante". Ce n'est pas vraiment l'adjectif que je me serai attendue à accoler au vue du quatrième de couverture. Il est vrai que je suis une grande fan de romans policiers et que peu de choses m'ont surprise dans le déroulement de cette intrigue.

Ces intrigues, devrais-je dire, car autour de l'intrigue principale qui a pour héros Gemme et le Bizango, nous avons une intrigue secondaire qui nous montre le travail des enquêteurs. D'un côté, se trouvent les enquêteurs officiels, à savoir les policiers dont Lorenzo Appolon est une figure centrale. J'ai été heureuse de trouver un flic ordinaire (peut-être trop ?) avec juste ce qu'il faut de tourments pour en faire une personnalité intéressante. Il est bien conscient que les gangs sont la priorité des autorités, alors qu'ils ne sont responsables que de 2 % des délits commis. Une manière comme une autre d'exarcerber le racisme latent en maintenant les tensions entre les communautés, et de masquer les problèmes réels. De l'autre côté, nous avons Andréa Belviso, une véritable journaliste - elle tranche par la rigueur de son travail avec ses collègues, plus préoccupés par l'audience et le tirage que par la véracité des faits. Elle a déjà été confrontée au bizango par le passé, ce qui explique son intérêt pour l'affaire.

Je parlais déjà du caractère "ordinaire" de Lorenzo Appollon, je pourrai en dire autant de Gemme et de son protecteur, le ganster Chill-O. Gemme est l'archétype même de la prostituée qui est restée pure en dépit de ce qu'elle a vécu et que plus rien ne pourra forcer à se soumettre - un personnage trop idyllique pour être vrai. Quant à Chill-O et ses sbires, ils sont entièrement négatifs : ni remords ni regrets pourraient être leur devise, s'ils savaient ce que ces mots signifient.

Reste, bien sûr, le bizango, seul personnage qui semble agir en dehors des notions de bien et de mal. Pourquoi aide-t-il Gemme ? Lui-même cherche à comprendre. Grâce à ce personnage, nous nous retrouvons plonger dans la communauté haïtienne, son folklore, ses croyances. Je dois dire que ce sont les passages que j'ai préférés dans le livre, et je ne me serai pas lassée s'ils avaient été plus nombreux.

Bizango est un roman agréable à lire, à la croisée du fantastique et du policier.

 

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27 juillet 2012 5 27 /07 /juillet /2012 09:57

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édition L'olivier - 154 pages.

 

Mon résumé :

 

La narratrice a passé la nuit au poste de police. La cause ? Elle a assommé un immigré avec une bouteille de vin. Qu'est-ce qui a conduit la jeune femme, interprête dans un centre de rétention à ce geste violent ?

 

Mon avis :

 

Assommons les pauvres est un roman court, à lire d'une traite, tant le discours de la narratrice semble écrit dans l'urgence.


Une nuit au poste, pour comprendre comment elle en est arrivée là. Une nuit au poste pour nous raconter l'envers du décor des centres de rétention, des tribunaux.  Sachant que le "décor" en question est tout sauf reluisant, vous pouvez comprendre que le quotidien met à rude épreuve cette jeune femme, confontrée à la violence et à la pression de son métier. Violence des récits, violences psychologiques ne prennent pas de pause dans ce texte presque asphyxiant. 

 

Une auteur et un roman à découvrir. 

 

Challenge rentrée littéraire chez le blog de Herrisson : délivrer des livres

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25 juillet 2012 3 25 /07 /juillet /2012 21:01

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édition Philippe Rey - 280 pages.

 

Quatrième de couverture (extraits) :

 

Un écrivain africain vivant à Mexico est atteint d’'un mal incroyable :une allergie au papier.… Son médecin lui conseille de voyager. Il part donc animer des ateliers d’écriture dans un village du Yucatán où, après la guerre du Guatemala des années quatre-vingts, se sont réfugiés les rescapés. Une de ses stagiaires, Teresa, lui présente son journal de guerre. Fasciné par ce texte, l’'écrivain décide de l'’aider à le rédiger jusqu’au bout. Il va amener Teresa à accoucher des démons qui sommeillaient dans sa mémoire. Mais il va aussi réveiller les siens. …

 

Mon avis :

 

Je n'aime pas du tout ressentir cette sensation en lisant un livre : passer complètement à côté de celui-ci.

Pourtant, les premières pages étaient prometteuses, le style, à la fois poétique et alerte, me promettait une belle rencontre littéraire, de même que le thème, à la limite du paradoxe : un écrivain allergique au papier !

Et puis mon attention est très vite retombée. Que cette allergie soit un prétexte pour aborder d'autres sujets, soit, il est toujours intéressant de voir un écrivain emmener son lecteur vers le véritable sujet du livre par des voies détournées. Sauf que dans ce cas, je n'ai pas très bien compris où l'auteur voulait en venir. Montrer que les hommes sont partout les mêmes, violents, cruels, racistes, quel que soit le pays, le continent ? Démontrer les difficultés à écrire ou à dire ce que l'on a vécu ? Je note d'ailleurs que ce sont essentiellement des femmes dont nous lisons les témoignages - les mots pour prouver la violence que les hommes ont exercée sur elle.

Au final, les tours, les détours, les digressions en un mot ont été si nombreux que je me suis perdue. Je ne doute pas cependant qu'une autre rencontre littéraire avec cet auteur ne soit possible.

 

prix

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19 juillet 2012 4 19 /07 /juillet /2012 17:31

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édition Gallimard - 222 pages.

 

Présentation de l'éditeur (extrait) :

 

Au Rwanda, un lycée de jeunes filles perché sur la crête Congo-Nil, à 2 500 mètres d'altitude, près des sources du grand fleuve égyptien. Les familles espèrent que dans ce havre religieusement baptisé Notre-Dame du Nil, isolé, d'accès difficile, loin des tentations de la capitale, leurs filles parviendront vierges au mariage négocié pour elles dans l'intérêt du lignage. Les transgressions menacent au cœur de cette puissante et belle nature où par ailleurs un rigoureux quota « ethnique » limite à 10 % le nombre des élèves tutsi.
Sur le même sommet montagneux, dans une plantation à demi abandonnée, un « vieux Blanc », peintre et anthropologue excentrique, assure que les Tutsi descendent des pharaons noirs de Méroé. Avec passion, il peint à fresque les lycéennes dont les traits rappellent ceux de la déesse Isis et d'insoumises reines Candace sculptées sur les stèles, au bord du Nil, il y a trois millénaires. Non sans risques pour sa jeune vie, et pour bien d'autres filles du lycée, la déesse est intronisée dans le temple qu'il a bâti pour elle.

 

Mon avis :

 

 1994 : génocide au Rwanda. Nous connaissons tous cette date. Mais avant ? Que s'est-il passé pour que ce pays connaisse ce déchainement de violence ? Notre-Dame-du-Nil nous raconte le passé récent de ce pays.

 

Dans ces années 70, le Rwanda s'est enfin défait de la domination coloniale de la Belgique. Il ne faut pas y regarder de trop près, néanmoins : certains professeurs viennent de Belgique, d'autres sont des coopérants français, et la visite de la reine des Belges est un événement capital dans l'existence si feutrée, si protégée du monde des lycéennes de Notre-Dame-du-Nil.

 

Là encore, il ne faut pas se fier aux apparences. Les héroïnes sont jeunes, elles sont promises à un bel avenir,  parce qu'elles étudient dans ce lycée, où elles ont été admises après un examen national. En réalité, elles sont ici parce qu'elles viennent des meilleures familles, celles qui sont proches du pouvoir, celles qui sont riches, et que, grâce à leurs diplômes, elles permettront à leurs parents de conclure de meilleures alliances. Elles peuvent être là aussi comme Virginia parce qu'elles font partie du quotat tutsi : 10 % des élèves doivent appartenir à cette ethnie. La mise en place de ces "quotats" est déjà en soi un avertissement.

 

Gloriosa, Virginia, Véronica, Modesta, Goretti (de sainte Maria Goretti, je suppose) : de jolis prénoms pour les pensionnaires de Notre-Dame-du-Nil, prénoms imposés, comme elles le disent elles-mêmes. Elles possèdent toutes un autre prénom, leur vrai prénom, celui qui leur a été donné par leur famille, dont la signification est hautement symbolique pour elles. Ces deux prénoms illustrent leur double culture : celle, occidentale, dispensée dans le lycée, celle, rwandaise, donnée dans les familles - pas toutes, cependant. Virginia, qui retrouve pourtant avec bonheur les siens aux vacances scolaires et effectue tous les travaux quotidiens avec joie, devra partir à la recherche des anciennes coutumes de son pays afin d'accomplir une cérémonie ancestrale. J'ai beaucoup aimé ses récits qui apportent de rares moments d'apaisement dans un quotidien qui ne l'est plus du tout.

 

En effet, la tension ne cesse de monter au cours, savamment entretenue par quelques personnages. Je ne parle même pas du prêtre, personnage visqueux au possible, et qui justifierait à lui seul mon anticléricalisme viscéral. Je ne parle pas non plus de la mère supérieure, qui symbolise à elle seule le comportement des occidentaux : ne rien voir (ou faire semblant de ne rien voir) et ne rien faire. Non, la tension est solidement entretenue par une élève, Gloriosa, d'autant plus dangereuse qu'elle connait les arcanes du pouvoir, maîtrise parfaitement son discours haineux et sait parfaitement doser ses effets : "Mon père dit qu’on ne doit jamais oublier de faire peur au peuple" Elle a bien appliqué la leçon.

 

J'ai été littéralement emportée parce cette histoire, racontée avec des mots puissants. J'ai eu l'impression d'être auprès de ses jeunes filles, broyées par l'absurdité de l'histoire. J'ai vraiment beaucoup apprécié cette lecture et j'ai très envie, au delà du jury du Prix Océans, de continuer à découvrir l'oeuvre de cette auteur. 

 

Je terminerai ce billet par une citation de Virginia, personnage central de ce livre : Nous autres les Tutsi, nous savons garder nos secrets. On nous a appris à nous taire. Il le faut bien si l’on tient à la vie.

 

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4 avril 2012 3 04 /04 /avril /2012 22:00

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Mon résumé :

 

Frédéric Haltier, veuf, deux filles, travaille dans le noble domaine de la télé-réalité. Ce n'est pas sa seule qualité, il aime aussi beaucoup les rassemblements de hooligans, jusqu'au jour où sa vie si bien huilée, si bien compartimentée, dérape. Qui connait son secret ?

 

Merci à Babelio et aux éditions Parigramme de m'avoir fait découvrir ce livre.

 

Mon avis :

 

J'expérimente à nouveau à quel point il n'est pas facile d'écrire un avis sur un livre que je n'ai pas, mais alors pas du tout aimé. Je l'ai lu de bout en bout, je vous rassure, mais j'ai traîné lamentablement pour rédiger mon avis.

Le fait est que ce roman porte bien son titre. Trash, il le sera du début à la fin. Quant au circus, il évoque à la fois les jeux du cirque dont la télé-réalité n'est qu'une variante et le fait que notre narrateur tourne en rond.

Ce livre est conçu comme le journal de Frédéric Haltier, homme qui a réussi dans le domaine de la pire télé-réalité qui soit. Il n'a aucun scrupule, seule l'audience compte, l'argent peut tout acheter. Je n'ai même pas envie de le qualifier d'anti-héros, car il faudrait pour cela lui reconnaître au moins un intérêt quelconque. Or, il n'en a aucun. Ce pronom est très utile pour le qualifier : il n'a aucun ami, aucune amoureuse, aucun lien familial réel. Je ne peux même pas dire que son jugement sans appel sur les membres de sa famille soit de la lucidité cynique ou de la distance ironique, il est juste confondant de clichés et de bétises. D'où ma question (j'adore me poser des questions quand je rédige mes avis) : a-t-il choisi cette profession parce qu'il est stupide ou est-il devenu stupide à cause de sa profession ? Je penche pour la première proposition car ce qui est formidable avec Frédéric Haltier est qu'il ne réfléchit pas, ou alors, c'est rudement bien imité.

Pourtant, cet homme est un véritable catalogue des signes extérieurs de réussite. Ne parlons pas de sa montre (il a de légers soucis avec elle), de sa voiture ou encore du luxueux internat où ses jumelles sont en pension. Un accident que ces jumelles. Un accident de fécondation in vitro. Je vous le rappelle : l'intelligence de cet homme est confondante. Son quotidien : travailler c'est à dire chercher tout ce qu'il y a de plus sordide pour le diffuser, se défouler lors de matchs de foot du PSG. L'autre n'existe pas, l'autre n'est qu'une proie, à plus forte raison s'il s'agit d'une femme.

Je n'ai pas du tout été cliente du langage, cru, à la limite de la vulgarité, de ses scènes de sexe et/ou de violence (pourquoi ne pas joindre les deux ?), des dérives du personnage principal qui servent d'intrigues. Dès le début, Frédéric Haltier est pris dans une spirale dont il ne sortira pas : il n'en a pas les capacités, et je ne parle même pas du recul nécessaire. Le tout était de savoir quand il arriverait en bout de courses, et qui il entraînerait avec lui.

Trash circus dénonce peut-être la violence et l'indifférence actuelles, mais ce livre était trop excessif pour me toucher.

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