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3 juillet 2012 2 03 /07 /juillet /2012 14:56

dingue.jpg

édition Flammarion - 190 pages.

 

Mon résumé :

 

Une journée comme une autre dans la vie du commissaire Llob, marié, quatre enfants, sans illusion sur son métier ou sur son pays. Un coup de téléphone change pourtant la donne. Un homme l'appelle et lui dit qu'il s'apprête à en torturer puis tuer un autre. Un dingue, pense Lino, l'adjoint de Brahim Llob. Trois jours plus tard, la découverte d'un cadavre atrocement mutilé est la preuve que le dingue a mis ses menaces à exécution.

 

Mon avis :

 

J'aime infinimement l'oeuvre de Yasmina Khadra, y compris ces premiers romans noirs. La langue y est constamment riche, inventive, illustrant les désillusions du personnage principal. Dans ce volume, Llob est confronté à un tueur en série et cette enquête ferait pâlir d'horreur tous les experts du monde entier. Parce que des experts, en Algérie, il n'y en a pas, ou plutôt, des experts de la catastrophe. Même le photographe n'est pas capable de développer correctement ses pellicules ! Les systèmes d'écoute sont rudimentaires, les techniques de recherche aussi : il est si facile de se fondre dans cette ville où l'arbre dissimule la forêt.

 

Puisque les indices sont défaillants, le commissaire doit enquêter, et réfléchir sans se laisser duper par les apparences, dans cette société où les plus jeunes cherchent à singer le modèle américain, tandis que le quotidien du plus grand nombre est le dénuement. Je pense que la partie sur la maternité est sans doute celle qui peut davantage surprendre les gentils occidentaux que nous sommes, gavés de reportages incessants sur les maternités, et les différentes méthodes pour accueillir son bébé. A la maternité d'Alger, le quotidien pour l'équipe médical n'est pas la vie, mais la mort, au point qu'il est impossible de se souvenir d'une femme morte en couche : elles sont trop nombreuses.

 

Quant au dingue au bistouri... Il gardera jusqu'au bout ce surnom, qui n'a rien à envier aux meilleurs tueurs en série américains. Mais, contrairement à ses fameux serial killer, il a un mobile, bien éloigné du "je-tue-ceux-qui-me-rappellent-une-personne-qui-m'a-fait-souffrir-et-comme-je-ne-peux-me-venger-sur-elle-je-les-tue-eux" ou "je-tue-le-premier-qui-passe". J'ai bien dit "un mobile", en aucun cas une justification, ni aux yeux du commissaire, ni aux miens. Rien ne justifie la barbarie.

 


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8 avril 2012 7 08 /04 /avril /2012 13:38

Lettre.jpgédition Le serpent à plume - 220 pages.

 

Mon résumé :

 

Ramatoulaye vient de perdre son mari après trente ans de mariage. Depuis cinq ans, celui-ci avait pris une seconde épouse, tirant un trait sur vingt-cinq ans de mariage et douze enfants. Ramatoulaye se souvient et écrit à son amie d'enfance Aïssatou. Confrontée à la même situation, celle-ci avait préféré divorcer et refaire sa vie, loin.

 

 

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Challenge femme du monde

 

Mon avis :

 

Une si longue lettre est de ces livres dont je me dis : mais pourquoi je ne l'ai pas lu plus tôt ? Il fait partie de ses lettres dont j'ai envie de dire : lisez-le ! 

Le sujet ? La condition des femmes au Sénégal au début des années 80. Ramatoulaye et son amie ont fait des études, elles font partie de cette génération de femmes qui ont conquis leur indépendance, et pourtant, elles se trouvent victimes de la puissance des hommes, d'un système de caste insidueux, mais aussi des manoeuvres de leur belle-famille. Ainsi, le mari d'Aïssatou n'a pu résister à sa mère, qui lui a imposé une seconde épouse issue du même milieu que lui et Ramatoulaye de souligner que cette seconde union n'est pas si douloureuse puisque sa toute jeune épouse a déjà deux enfants. Son amie a osé divorcer, Ramatoulaye a fait le choix inverse, et maintenant, elle et sa co-épouse Binetou, ex meilleure amie de sa fille aînée, sont veuves du même homme.

Ramatoulaye a toujours fait face avec dignité et courage. Aujourd'hui encore, elle refuse les solutions de facilité qui s'offrent à elle et peu et peu lui importe que que l'on dit d'elle. Elle doit aussi assumer l'éducation des onze enfants qui sont encore à sa charge, aidée par sa seconde fille (l'aînée est mariée). Cette tâche est loin d'être facile, et Ramatoulaye, toujours, se remet en cause avec beaucoup d'humilité.

La mère de sa jeune rivale n'a eu aucun scrupule, pour sa part, surtout pas celui de retirer sa fille du lycée afin de lui faire épouser "un vieux" et de profiter de tous les avantages de la situation pour elle-même.Quels sont leur avenir désormais ? Il n'est pas tourné vers l'espoir comme celui de Ramatoulaye, aussi je conclus mon billet par cette phrase, qui me touche beaucoup : Le mot bonheur recouvre bien quelque chose, n'est-ce pas? J'irai à sa recherche

 

 

Defi-PR-4Défi premier roman chez Anne

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6 avril 2012 5 06 /04 /avril /2012 20:35

Fatima.jpgEdition Elyzard poche - 241 pages.

 

Quatrième de couverture :

 

On est au début des années 80.
Banlieue parisienne. La Courneuve. Fatima et ses amies algériennes de la cité se retrouvent au square. C'est leur patio. Elles sont les premières immigrées héroïnes de la littérature française. Dalila, 7 ans, la fille de Fatima, ne quitte pas le flan de sa mère. Elle écoute les histoires du quartier. Violence et tendresse dans l'exil. Bavardages, rires, cris, colères, bagarres, viols ; flics...Dalila, battue par son père, a décidé de gagner.

 

 

Femmes-du-monde3-jpg

Challenge femme du monde

Mon avis :

 

Fatima ou les algériennes au square est un très beau récit, que je suis heureuse d'avoir découvert au fil de mes périgrinations littéraires.

Ce roman a été publié pour la première fois en 1981. Je connaissais déjà le lieu de l'action : la cité des 4000, à la Courneuve. Dalila y a grandi, et aujourd'hui, alors qu'elle est encore au collège, elle fuit. Elle a passé huit jours enfermée chez elle, retenue par son père. Pendant ses huit jours, elle s'est souvenue de ses sept ans, quand sa mère Fatima, allait au square pour retrouver ses amies et parler enfin librement, de tout ce qu'elles ne disaient pas à leur mari. Ses femmes ne quittaient que rarement leur quartier, contrairement à leurs époux, elles cherchaient donc à recréer un peu de ce qu'elles avaient perdu en quittant l'Algérie. Elles parlaient, racontaient parfois des faits à la limite du soutenable, et souvent, elles oubliaient la présence de la petite Dalila, la seule enfant qui n'allait pas jouer avec les autres.

Ce texte est prenant, très actuel bien que trente ans se soient passés depuis son écriture. Il est question d'hommes, de femmes, de ceux que l'on a appelé "la première génération". Il est question de l'intégration, qui ne se fait pas, d'hommes et de femmes qui se retrouvent séparés par les faits. Le cas le plus emblématique est celui d'Ali et d'Aïcha. Ils s'aiment, c'est la première certitude, mais les épreuves de la vie ont fait qu'Ali tient une petite épicerie en banlieue parisienne, il est "l'arabe du coin", ouvert à toute heure du jour, toute la semaine, et sa position dans la ville m'a furieusement rappelée celle des domestiques noires dans La vie à deux de Dorothy Parker. Sa femme vit dans les deux pièces à côté. Elle enchaîne les grossesses, ne sort pas non parce que son mari le lui interdit, mais parce qu'elle est extrêmement mal à l'aise. La promiscuité, l'isolement, la fatigue des grossesses successives et des enfants à élever font qu'elle craque et bat l'un de ses enfants. Pourquoi lui ? Elle ne saurait le dire, si ce n'est qu'elle n'est pas la seule à s'acharner sur un enfant en particulier. Un séjour à l'hôpital, deux séjours, et le troisième "accident", plus grave que les autres, provoque une enquête et surtout, une immense douleur chez Aïcha. Elle et son mari parviendront-ils à avoir enfin une vie supportable ? Je l'espère pour eux.

La force de Leïla Sebbar est de ne pas juger ces femmes, ni de les justifier. Elles-même se montrent promptes à être horrifiées par les excès de quelques-unes. En effet, c'est sur les filles, sur leur honneur que se porte toute l'attention. Les garçons ont plus de liberté, quand ils ne deviennent pas le chef de famille par délégation. Moins surveillés, ils se tournent plus facilement vers des activités illicites, et se détournent rapidement des études. Les filles, elles, sont surveillées, jugées, elles portent le poids de tous les interdits, et supportent toutes les menaces. La plus fréquente ? Celle du retour au pays. Pour le père, le pays natal est un Eldorado, la France n'est qu'un pays de passage. Pour les enfants qui ne sont qu'aller en vacances au bled, rien n'est tentant dans cette vie, absolument rien, ce qui accentue encore l'incompréhension entre les générations.

La langue est simple, mais parfois, je me suis demandée s'il n'y avait pas de petits soucis au niveau de la syntaxe avec la traduction.Que ce léger point de détail ne vous empêche pas de découvrir cet excellent livre.

 

printemps-arabe1.jpg

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26 juillet 2011 2 26 /07 /juillet /2011 07:37

arme.jpgédition 10/18 - 309 pages.

Quatrième de couverture :


Vendredi soirr : Claudia et Harald Lindgard, respectivement médecin et dirigeant d'une grande compagnie d'assurances, apprennent que Duncan, leur fils unique, vient d'être arrêté pour meurtre. Très vite, ils doivent se rendre à l'évidence : celui-ci a bel et bien assassiné Carl Jespersen, son ancien amant, qu'il a surpris dans les bras de Natalie James, sa petite amie névrosée. À compter de ce jour, leur vie s'arrête, et tous les petits rituels quotidiens seront impuissants à masquer la faille béante qui s'est creusée en eux. Leur seul espoir réside en la personne d'Hamilton Motsamaï, avocat brillant, mais face auquel ils devront faire taire leurs préjugés raciaux ; car Hamilton est  noir, en ce pays d'Afrique du Sud où la discrimination a la dent dure...

 

Circonstance de lecture :

 

J'avais repéré ce titre depuis plus de dix ans. Il a fallu le challenge de Mimi et un détour chez mon bouquiniste, pour enfin le lire.

 

Challenge Nobel

 

Mon avis :

 

Le titre, déjà, est une énigme, qui sera levé au deux tiers du roman : comment une arme, telle un animal, peut-elle être domestique ? Dans cette Afrique du Sud qui sort tout juste de l'Apartheid (nous sommes en 1996), la violence est omniprésente, pas un jour sans qu'un ou plusieurs meurtres ne soient annoncé à la radio. Les deux personnages principaux, Harald et Claudia sont cepandant bien à l'abri de cette violence, dans la résidence ultra-sécurisée dans laquelle leur réussite sociale (il est arrivé à un échelon élevé dans une compagnie d'assurance, elle est médecin) leur a permis de déménager. Sauf que l'impensable se produit : leur fils unique Duncan est arrêté pour meurtre.

 

L'intrigue qui suit est épurée à l'extrême. Pas de rebondissements tortueux : Duncan reconnaît avoir tué son ami, qui avait une liaison avec sa petite amie, il est emprisonné et attend son jugement, qui aura lieu dans la deuxième partie du roman. Nadine Gordimer se concentre alors sur Harald et Claudia. Ils ne sont plus des conjoints, ils sont un père, une mère dont le fils a ôté la vie à un homme en dépit de l'éducation qu'il a reçue. Leur vie quotidienne devient transparente, pour ne plus se concentrer que sur les visites au parloir et les rendez-vous avec l'avocat.

 

LA PLU~1 Harald, fervent croyant, et Claudia, athée, ne vont cesser de s'interroger et d'être interrogés. La situation met cruellement en lumière ce qui les unit toujours et des différences qui ont, pensent-ils un temps, créer des failles dans l'éducation de leur fils, comme si s'attribuer une partie de la culpabilité pouvait le sauver. Nadine Gordimer refuse les clichés : s'ils vivent leur douleur à leur manière, chacun de leur côté, ils ne se déchirent pas. ne se séparent pas, leur attachement sincère et leur années de vie commune leur permettent de comprendre que, si leurs réactions sont différentes, ils n'en regardent pas moins dans la même direction : sauver leur enfant. Les pôles masculin/féminin sont presque inversés : à Harald, l'homme, le refuge dans la prière, témoignage de sa foi réelle, à Claudia, la femme, le rationalisme et la science.

 

  Surtout, ils ouvrent les yeux sur leur choix, dans un pays où certains ont pris des risques pour leurs opinions. Oui, ils étaient contre l'Apartheid - en principe, tout bas - mais ils ont appliqué les règles. Ils n'ont pas combattu pour que les inégalités cessent, en dépit de leur foi (Harald) ou de leur certitude sur l'égalité entre les blancs et les noirs (Claudia) mais l'évolution de la société permettra peut-être de sauver leur fils.Femmes-du-monde3-jpg

 

 Cette évolution passe par un débat contre la peine de mort - Harald analyse avec une lucidité rare le pourquoi de son soudain intérêt pour la question, puisque cette violence faite sur l'homme par l'Etat menace directement leur fils. Elle passe aussi par la découverte que l'homme qu'a tué Duncan était son ancien amant, renforçant ainsi leur sentiment qu'ils ne connaissaient que peu de choses sur la vie de leur fils unique. Elle passe encore par le fait que le meilleur défenseur est un avocat noir, doué, très doué, comme il le démontrera dans son habileté à mener interrogatoires et contre-interrogatoires, comme dans son acharnement à mener à bien sa tâche auprès des parents. Surpris d'abord par certaines stratégies, force leur est de se ranger à son avis. Cet avocat leur fait aussi découvrir, en les invitant chez lui, sa famille, ses proches, son mode de vie. Sa fille, qui peut causer d'égal à égal avec les Lindberg, de par son intelligence et sa réussite professionnelle, est le symbole d'une nouvelle génération, celle de l'après Apartheid.

 

La seconde partie prend une forme plus classique, si j'ose dire, elle est presque un roman de procès plutôt qu'un procès inclus dans un roman. Duncan a peu la parole, car il n'est pas véritablement le centre du combat. Le centre, c'est plutôt Nathalie, la jeune femme qui a tout déclanché, et qui elle non plus n'est pas un personnage conventionnel. Elle aurait pu être entourée d'un aura romanesque (Duncan lui a sauvé la vie), elle est un être bien réel, dont chacun des actes est une protestation contre ce retour forcée à la vie.  Elle qui était désespérée parce qu'elle n'avait pu récupérer son enfant, elle reprend son destin en main, d'une manière qui pourrait choquer. N'est-elle pas présentée comme une femme fatale, elle qui a séduit l'ami/amant homosexuel de son compagnon,? Une femme, qui, avant cette soirée, multipliait les infidélités ? Pourtant je ne peux que ressentir de l'empathie pour cette jeune femme, non parce qu'elle a été en détesse, à un moment antérieur au récit, mais parce qu'elle n'a que faire de se comporter comme on s'attendrait à ce qu'elle se comporte, mais parce que ses actes sont en accord avec ce qu'elle ressent.

 

L'écriture de Nadine Gordimer m'a rappelé celle de Doris Lessing, précise, acérée, refusant toutes les facilités. Il n'est pas étonnant qu'elles aient reçu toutes les deux le prix Nobel de littérature.

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9 juin 2011 4 09 /06 /juin /2011 01:00

double blancéditions Baleine -164 pages

 

Mon résumé :

 

Alger, années 90. Ben Ouda, qui a fait une belle carrière dans la magistrature puis dans la diplomatie, fait appel au commissaire Llob : il a besoin de lui pour écrire son prochain livre, rempli de révélations. le commissaire décline l'offre. Peu après, Ben ouda est retrouvé assassiné.

 

Mon avis :

 

Je crois que je suis vraiment devenue une inconditionnelle de Yasmina Khadra. J'ai retrouvé dans ce roman les héros de Morituri, et la vie quotidienne à Alger est toujours aussi difficile. Le commissaire Llob est séparé de sa femme et de ses enfants depuis six mois, pour leur sécurité. Lino, l'inspecteur, s'est fait pousser une natte, comme une protestation aux traumatismes subis.

 

Le meurtre de Ben Goura place Llob, qui est aussi le narrateur dans une situation encore plus délicate (comme si c'était possible). Il doit impérativment retrouver les auteurs de cet attentat. Seulement, plus l'enquête avance - et le commissaire 'n'épargne pas ses efforts - plus les cadavres, souvent horriblement mutilés, s'accumulent, plus la hiérarchie se fait pressente. Heureusement, Llob ne perd pas ses capacités à s'interroger, et à remettre en cause les évidences.

 

Yasmina Khadra décrit sans fard la corruption, la peur et la violence qui règnent à Alger dans les années 90. Sa prose, vivante et colorée, narre la désespérance et la colère de ses policiers, dont la marge de manoeuvre est très étroite. Mieux, il parvient à nous faire rire, grâce à une nouvelle recrue, Ewegh. Cet ancien instructeur a une manière très personnelle ete très efficace de régler les problèmes. Quant au conséquence, en voici une  : "si Alla s'obstine à nous fausser compagnie à cette allure, dans pas longtemps, il aura la figure si plate qu'on repasserait sa chemise dessus."

 

A bientôt, monsieur Khadra.

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3 avril 2011 7 03 /04 /avril /2011 15:42
Khadra_morituri.jpg
 
Titre :Morituri.
Auteur :Yasmina Khadra.
Editeur : Folio.
Nombre de pages : 183.

Quatrième de couverture :

«Da Achour ne quitte jamais sa chaise à bascule. Chez lui, c’est une protubérance naturelle. Une cigarette au coin de la bouche, le ventre sur ses genoux de tortue, il fixe inlassablement un point au large et omet de le définir. Il est là, du matin au soir, une chanson d’El Anja à portée de la somnolence, consumant tranquillement ses quatre-vingts ans dans un pays qui déçoit. Il a fait pas mal de guerres, de la Normandie à Dien Bien Phu, de Guernica au Dhudjura, et il ne comprend toujours pas pourquoi les hommes préfèrent se faire péter la gueule, quand de simples cuites suffisent à les rapprocher ».

Mon avis :

J’ai découvert récemment, grâce au rendez-vous Découvrons un auteur chez Pimprenelle,  que Yasmina Khadra avait aussi écrit des romans policiers et, quand j’ai trouvé Morituri chez mon bouquiniste préféré, je l’ai acquis aussitôt et je l’ai lu dans la foulée.

Premier constat : l’intrigue policière passe au second plan. Le commissaire Llob reçoit l’ordre de rechercher une jeune fille disparu, Sabrine Malek, mais cette enquête n’est qu’un prétexte, car le but du riche industriel est ailleurs. Llob, de porte qui se ferme en impasse, est mis sur la piste d'un réseau terroriste particulièrement actif.

Deuxième constat : Yasmina Khadra nous raconte l’Algérie des années 90, en pleine guerre civile. Il montre, il dénonce, dans une langue particulièrement riche et imagée, parfois violente, dans laquelle sa colère est palpable : «L’Algérie que je connais, ce n’est pas ça ». Les attentats sont fréquents, la peur règne, chaque jour ou presque apporte son lot de mort (et il est parfois mieux d'ignorer de quelle manière ils ont été tués).

Ce commissaire tranche avec les policiers que j’ai pu rencontrer jusqu’ici. Il est (presque) heureux en ménage, il a plusieurs enfants, cependant la guerre civile ronge sa femme et forcent ses enfants à trouver refuge ailleurs, là où ils ne risqueront pas d’être tués parce que leur père est policier.

Morituri n’est pas un roman policier, il est un cri de colère contre l’intégrisme et la corruption.
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26 mars 2011 6 26 /03 /mars /2011 10:37

Je n'ai pas été très assidue au rendez-vous mensuel donné par Pimprenelle. Quand elle a proposé l'auteur Yasmina Khadra, je me suis tout de suite inscrite, pour deux raisons :

- je ne connais pas du tout cet écrivain.

- un de ses romans m'est accidentellement sauté dans les bras lors d'une de mes visites dans une grande surface culturelle.

logo-yasmina-1-.jpg

 

 Le livre qui m'a choisi s'appelle donc L'attentat.

 

Voici son quatrième de couverture :

 

Dans un restaurant de Tel-Aviv, une jeune femme se fait exploser au milieu de dizaines de clients. A l'hôpital, le docteur Amine, chirurgien israélien d'origine arabe, opère à la chaîne les survivants de l'attentat. Dans la nuit qui suit le carnage, on le rappelle d'urgence pour examiner le corps déchiqueté de la kamikaze. Le sol se dérobe sous ses pieds : il s'agit de sa propre femme.

Comment admettre l'impossible, comprendre l'inimaginable, découvrir qu'on a partagé des années durant, la vie et l'intimité d'une personne dont on ignorait l'essentiel ? Pour savoir, il faut entrer dans la haine, le sang et le combat désespéré du peuple palestinien...

 

Mon avis :

 

J'ai beaucoup aimé ce livre, sa lecture, en dépit de thèmes durs, fut pour moi une excellente surprise. Le lecteur entre tout de suite dans le vif du sujet : un attentat, ressenti du point de vue d'une victime. Les sensations sont retranscrites avec une véracité telle que j'avais l'impression d'être au coeur du massacre. Puis, le récit est repris du point de vue d'Amine chirurgien naturalisé israelien à qui tout réussit. Lui et sa collègue Kim vont vivre une journée particulièrement arrassante sur le plan physique, mais ce n'est rien comparé à ce qui attend Amine pendant la nuit : sa femme est identifiée comme étant la kamikaze. Se réfugiant dans le déni, Amine va subir les interrogatoires, les perquisitions, puis, une fois libéré, la haine de ses voisins et de ses proches, y compris sur son propre lieu de travail.

 

Forcé de se rendre à l'évidence (Sihem, sa femme bien-aimée, est bien la kamikaze, c'est elle qui a tué ses hommes, ses femmes et ses enfants), il va alors se livrer à sa propre enquête, intime. Comment une femme qui avait tout (richesse, statut social) a-t-elle pu devenir une terroriste ? Lui qui avait vécu dans le cocon protecteur de leur amour (Amine est fou amoureux de sa femme, et son acte n'y change rien) et dans la routine de son métier, plonge dans une quête parfois suicidaire et ouvre les yeux sur une réalité qu'il n'avait pas vu (ou voulu voir).

 

Qu'ajouter de plus ? Je crains de trop en dévoiler. Ce roman est très prenant, le rythme est rapide, il est quasiment impossible de lâcher sa lecture tant, comme Amine, j'ai eu envie de savoir. Il est vrai que nous entendons moins parler du conflit israélo-palestinien en ce moment, pourtant je garde le souvenir de vingt-trois années d'images vu au journal télévisé, de nombre de morts égrenés par les journalistes, de tentative de réconciliation, nombreuses. Il reste, encore et toujours, l'espoir.

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