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5 mai 2010 3 05 /05 /mai /2010 16:18

 images Dupin


Titre : La dernière enquête du chevalier Dupin.

Auteur : Fabrice Bourland.
Editeur : 10/18.
Nombre de pages : 116.

Quatrième de couverture :

Malgré les certitudes du préfet de la police parisienne et des autorités, la fin tragique de Gérard de Nerval laisse planer bien des doutes. Retrouvé pendu aux barreaux d'une grille dans la sordide rue de la Vieille-Lanterne, le poète français s'est-il suicidé dans un moment de folie ou a-t-il été assassiné ? Sollicités par un proche de la victime, le chevalier Charles Auguste Dupin et son ami américain enquêtent sur les circonstances de cette mort suspecte. Une momie égyptienne, une secte d'illuminés du XVIIIe siècle, un daguerréotype, un corbeau solitaire... Quelques indices suffiront à l'esprit acéré du célèbre détective pour les conduire sur le chemin d'une vérité étonnante, qui changera à tout jamais le cours de leur existence. Entre jeu litttéraire et jeu de l'esprit, Fabrice Bourland fait revivre, en hommage à Edgar Allan Poe, la figure légendaire du chevalier Dupin.

Circonstance de lectures :

j'avais ce jour-là un long trajet en bus. J'en ai profité pour lire ce très court roman, qui devait expliciter ce qui ne l'avait pas été dans Les Portes du sommeil.

Mon avis :

J'aurai envie de dire : tout est dans le quatrième de couverture. Si vous aimez les oeuvres d'Edgar Allan Poe, si vous aimez les poèmes de Charles Baudelaire, n'hésitez pas à lire ce livre. Sinon vous risquez d'être un peu déçu(e).

J'ai lu les deux précédents romans de Fabrice Bourland (Le fantôme de Baker Street et Les portes du sommeil). Autant le premier roman m'a laissé un souvenir mitigé, autant le second m'a plu. Le troisième ne m'a pas entièrement convaincue. J'ai trouvé que l'intrigue était très longue à se mettre en place, surtout pour un roman aussi court. Les actions sont assez rares : la plupart du temps, le chevalier Dupin reste dans son appartement avec son ami, se livre à des jeux de déduction qui ne sont pas sans rappeler Sherlock Holmes, et reçoit des visiteurs qui ne vont pas l'aider dans son enquête, mais vont l'inciter - ou non - à la poursuivre.

Certes, le récit est complexe, les retours en arrière sont nombreux et il est toujours passionnant de démêler les faits réels qui ont inspiré l'auteur de l'oeuvre imaginaire, comme nous y invite la note au lecteur à la fin de l'ouvrage. Je regrette simplement que le dénouement transforme ce roman policier en roman fantastique et que tous les éléments mis en place dans la très longue introduction à l'intrigue ne soient pas assez exploités.
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5 mai 2010 3 05 /05 /mai /2010 15:52

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Nostalgie

Nostalgie

 

Titre : La nostalgie de l'ange.

Auteur : Alice Sebold.

Editeur : J'ai lu.

Nombre de pages : 348.


Quatrième de couverture :


Le viol et le meurtre de la petite Susie sont sans doute les souvenirs les plus effroyables qu'elle ait emmenés au paradis. Mais la vie se poursuit en bas pour les êtres que Susie a quittés, et elle a maintenant le pouvoir de tout regarder et de tout savoir. Elle assiste à l'enquête, aux dramatiques frissons qui secouent sa famille. Elle voit son meurtrier, ses amis du collège, elle voit son petit frère grandir, sa petite soeur la dépasser. Elel observe, au bord du ciel, pendant des années, la blessure des siens, d'abord béante, puis sa lente cicatrisation...


Habité d'une invincible nostaligie, l'ange pourra enfin quitter ce monde en paix.

 


Mon avis :


Je ne connaissais pas du tout ce livre avant de le recevoir, je n'étais même pas allée voir au cinéma le film qui en a été tiré (pourtant, je vais très fréquemment au cinéma). Je remercie donc les éditions J'ai Lu et Thot , administratrice du forum Partage-Lecture de m'avoir permis de découvrir ce roman.

J'ai du mal à rédiger mon ressenti sur ce livre, comme j'ai eu du mal à le lire. Le thème choisi, même s'il est en partie autobiographique (j'ai fait des recherches sur les autres ouvrages de l'auteur), n'est pas un thème facile. Dès le premier chapitre, je dus marquer un temps d'arrêt dans ma lecture, car ce qui était raconté était trop douloureux.

Puis, je dois dire que j'ai eu des difficultés à suivre le récit. Le point de vue adopté est celui de Susie. Elle observe donc les vivants avec les préoccupations d'une toute jeune adolescente (premiers flirts, entrée au lycée). Pourtant, certaines de ses réflexions ne sont pas vraiment celle d'une ado de treize ans. Je pense notamment à la précision clinique, presque détachée, avec laquelle elle analyse le comportement de sa mère, ou même ces retours en arrière sur la jeunesse de Mr Harvey, son meurtrier, raconté avec un curieux détachement. Il faudrait alors admettre que dans son Paradis, Susie a gagné en maturité, en plus d'être omnisciente.

L'autre difficulté que j'ai ressentie est la rupture dans la chronologie. Il me fallait parfois revenir en arrière car je ne savais pas si Susie racontait ce qu'elle était en train de voir de son Paradis, ou si elle évoquait des souvenirs de sa vie terrestre. Il m'est aussi arrivé de ne pas du tout percevoir le lien entre les différentes parties du récit.

Ces deux difficultés n'ont pas empêché certains personnages de me toucher, profondément. Je pense que chaque lecteur réagit à ce livre en fonction de son histoire personnelle, et qu'il va ainsi ressentir plus ou moins d'empathie pour les personnages. Pour ma part, j'ai été très sensible à la douleur et à la colère de Jack Salmon, le père de Susie et au personnage de Mrs Utemeyer.

Dernier conseil : ne lisez pas ce livre si votre moral est chancelant.

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29 avril 2010 4 29 /04 /avril /2010 23:49

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Titre : Le compagnon de voyage.

Auteur : Curzio Malaparte.

Editeur : les éditions La Table Ronde.

Nombre de pages : 107.


Circonstance de lecture :


J'ai reçu ce livre dans le cadre d'un partenariat avec les édition La Table Ronde et le forum Partage-Lecture. Ce livre a été lu lors de la lecture commune de mars/avril 2010.


Quatrième de couverture:


Fable pudique, baroque et pleine d'humanité, Le Compagnon de voyage a our cadre l'Italie de 1943. Après le renversement de Mussolini et le chaos que provoque la signature de l'armistice, les hommes de troupe, désormais sans ordres et sans chefs, décident de rentrer chez eux.



Mon avis :

C'est avec curiosité que j'ai ouvert ce court volume. J'aime beaucoup les récits, les témoignages qui se rapportent au conflit du siècle précédent, et j'étais très intéressée par la lecture de ce texte.

Ce qui m'a frappé d'abord est que le récit est raconté au présent, ce qui m'a donné vraiment l'impression que le compagnon de voyage de Calusia, c'était moi, et non quelqu'un d'autres. Les phrases sont courtes et simples, les adjectifs sont choisis avec soin. Quatre fois dans les premières pages, l'auteur réaffirme l'identité italienne de ses personnages : l'unité de l'Italie est encore récente en 1943, et il ne faudrait pas, au moment de la défaite, qu'une profonde désunion disloque un pays déjà mal en point."Gris" est la notation de couleur qui domine pendant le combat, la couleur que nous retrouvons jusqu'à la fin du récit, en touche discrète, comme si un voile de tristesse et de deuil recouvrait le pays tout entier. Le récit emploie des tons très variés, le drame et la tragédie côtoient la farce la plus burlesque.


Ce qui m'a frappé ensuite est l'alternance de point de vue. Nous avons d'abord un narrateur extérieur à l'intrigue qui narre l'attente puis le combat initial. Ce point de vue réapparaîtra à plusieurs reprises, notamment pour décrire le flux de réfugiés. Nous découvrons ensuite Calusia, simple chasseur alpin bergamasque, et c'est avec lui que nous allons vivre cette Odyssée. En effet, j'ai tout de suite pensé à l'épopée d'Homère à cause de l'allusion à Scylla, dès la première page. Scylla, récif bien réel et non montre marin décrit par Homère. Comme Ulysse, Calusia a suivi un long périple semé d'embûches pour retourner chez lui, il va devoir affronter maints obstacles avant de pouvoir se reposer, et si les dieux ne sont pas avec lui, il peut compter sur les démonstrations d'une vive piété populaire et de la solidarité chrétienne.

Calusia ne paraît pas avoir l'étoffe d'un héros, et pourtant, il est un homme d'honneur. Il met tout en oeuvre pour respecter la promesse qu'il a faite à son lieutenant mourant. Il a des valeurs, un code de l'honneur qu'il respecte (même s'il est parfois incompris) et prend toujours la défense des opprimés. Sur ce point, alors qu'il est entouré par le flot des refugiés, il est souvent le seul à réagir, le seul à avoir encore le courage de se battre. Je pourrai lui reprocher d'être mysogyne, car ses goûts en matière de femme sont plus pragmatiques que sensibles.

Durant son périple, il va affronter des péripéties qui risquent de l'empêcher de mener à bien sa promesse. Et c'est là que ces rencontre sont étonnantes. Alors que le danger devrait venir des envahisseurs, il n'en est rien. Les soldats anglais et américains paraissent certes pétris de préjugés envers les italiens, mais pas belliqueux pour deux sous. Ils sont là pour accomplir leur devoir, mais restent sympathiques, parfois même drôles et juvéniles. En revanche, plus Callusia monte vers le Nord, plus les obstacles réels s'accumulent. Marché noir, vol, prostitution, rien n'est épargné au lecteur dans ce tableau de la débâcle. Les profiteurs de guerre sont uniquement italiens, et c'est ce qui est le plus désolant dans son récit : l'ennemi est déjà là avant même le débarquement, il profite de la lâcheté des hommes et de la faiblesse des femmes. Le dénouement (presque) heureux ne dissipe pas l'amertume du propos.

Cet livre court se lit très rapidement, mais ne s'oublie pas facilement.

Je remercie les éditions de la Table Ronde, le forum Partage-Lecture et Thot pour m'avoir permis de participer à ce nouveau partenariat.

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29 avril 2010 4 29 /04 /avril /2010 23:39

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Circonstance de lecture :

 

J'ai lu ce roman grâce à un partenariat avec les éditions Kyklos et le forum Partage-Lecture.

 

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Mon avis :


Tout d'abord, je me suis interrogée sur le lien qui unit Gabrielle à Lila tant leurs destin paraissent inexorablement liés bien qu'elles semblent les exactes opposées : l’une ne joue qu’en public et refuse les enregistrements, l’autre ne se sent bien qu’en studio et peine à jouer sur scène. Pourtant, des faits les rapprochent : une enfance sans amour maternel, une vie amoureuse frustrante, une difficulté à être mère. Gabrielle renonce à sa carrière à la mort de Lila, et pourtant demeure obsédée par Lila. En fait, l'un des motifs est que le public a cherché à faire revivre Lila à travers elle. Jouer devenait alors prendre une place qui n’était pas la sienne, et perdre son identité.Gabrielle n’en continuera pas moins de se chercher. Elle est devenue écrivain, elle est donc toujours une artiste mais elle elle rédige la vie des autres, et plus spécialement la vie de Lila comme si elle était incapable de vivre la sienne

Qui est véritablement Lila ? Tant de voix se mêlent dans le roman pour nous dire qui elle était : la biographie de Gabrielle, une notice biographique trouvée sur Internet. Puis, ce sont les lettres, envoyées à Gabrielle qui nous permettent de connaître la vraie Lila, qui fut seule, même quand elle était unanimement adulée. Au cours de sa quête, Gabrielle va rencontrer les proches de Lila. Chacun expose tour à tour ce qu’il savait d’elle, ce qu’elle a bien voulu lui livrer. Eux-même se sont forgés une image d'elle, morcelée, parcellaire, qui n'a rien à voir avec son identité profonde.

Cette quête va aussi amener Gabrielle à s'interroger sur sa vie. En cherchant la vérité sur la mort de Lila, Gabrielle se cherche elle-même. Elle se reconstruit autant qu'elle reconstruit l'itinéraire de Lila, qui va la mener dans des lieux que l'Histoire a profondément marqué et où la musique a son importance. La musique, ses interprètes, ses professeurs. Si un artiste cherche à passer à la postérité, il lui reste, après les concerts, les enregistrements, une troisième voie : l'enseignement. Transmettre son art tout en n'étouffant pas la personnalité de son élève est essentiel et à ce jeu, Sergeï a pleinement réussi, lui qui enseigne à Gabrielle et fait d'elle une pianiste à part entière. Même Lila, à sa manière, a réussi à former une jeune pianiste, en dehors des voies conventionnelles.

La musique est omniprésente, et se retrouve dans la musique des mots. Chaque phrase est soigneusement ciselée, chaque chapitre est harmonieusement construit. Ce roman est court mais possède une extraordinaire densité, perceptible dès le titre. "L'incarnation des possibles" prouve que chacun peut prendre son destin en main, changer radicalement de voie, et tant pis si cela bouscule les clichés. La fin grandiose de Lila, dans un feu purificateur qui anéantit à la fois la pianiste et l'histoire de la famille est ce que l'on attend d'une pianiste éblouissante. L'épilogue du roman (c'est ainsi que je considère le chapitre treize, qui se déroule trois ans après le chapitre douze) nous montre des personnages apaisés, parce qu'ils ont réussi à débuter une nouvelle vie.

Un grand merci aux éditions Kyklos, au forum Partage-Lecture et à Thot pour cette belle découverte littéraire et musicale.

PS : pour ceux qui n'ont jamais joué une œuvre de Chopin, je me permets de conseiller de découvrir ses œuvres avant ou même pendant la lecture de ce roman.

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29 avril 2010 4 29 /04 /avril /2010 22:28

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Titre : La dague d’ivoire.

Auteur : Patricia Wentworth.

Editeur : 10/18.

Nombre de pages : 420.

 

Quatrième de couverture :

 

La chambre de Herbert Whitall offre une vision de cauchemar au petit matin : l’homme a été poignardé durant la nuit à l’aide d’une dague d’ivoire laissée au pied du lit. Miss Silver s’avoue quelque peu désorientée. Elle sait bien sûr que Lila Dryden, qui devait devenir sa femme, nourrissait pour lui en secret une haine féroce, toutefois ce crime ne saurait lui profiter. Mais qu’en est-il de ses proches ? Avec seulement des débuts de réponses et quelques maigres indices, Miss Silver devine déjà que la partie ne sera pas facile à jouer.


Circonstance de lecture :

 

J’ai découvert les romans de Patricia Wentworth, à la bibliothèque de Rouen, et je n’en avais pas lu depuis des années. C’est à l’occasion de mon inscription dans la petite bibliothèque de ma ville que j’a redécouvert cette auteur d’une trentaine de romans policiers, contemporaine d’Agatha Christie.

 

Mon avis :

 

La dague d’ivoire est le vingt-deuxième roman traduit aux éditions 10/18. Il met en scène l’héroïne fétiche de Patricia Wentworth : Miss Silver. Autant dire que les points communs avec Miss Marple sont assez nombreux : comme elle, elle vit dans un petit village, comme elle, elle est vieille fille, comme elle, cette passionnée du tricot semble inoffensive, comme elle, elle a un don certain pour observer ses semblables et percer à jour la nature humaine. Les différences s’arrêtent là cependant : Miss Silver n’est pas une détective amateur, elle a fait de cette passion son second métier (elle était professeur), et a acquis une solide réputation, ce qui fait que Lady Sybil Dryden va l’engager pour tenter d’innocenter sa nièce.

 

Certes, l’intrigue est très longue à se mettre en place : le crime n’a lieu qu’au tiers du roman. C’est parce que l’auteur a pris la peine de dépeindre soigneusement le milieu dans lequel le crime va avoir lieu, et de dresser un portrait précis des personnages et des liens qui les unissent. Le coupable ne sera ainsi pas un parfait inconnu. L’enquête progresse à pas feutré, prenant soin d’examiner chaque indice, chaque preuve, afin d’éliminer peu à peu les suspects, et de resserrer l’étau autour du coupable, qui croyait avoir agi en toute impunité.

 

Les amateurs de suspens haletant seront déçus. Pour ma part, j’ai beaucoup apprécié ce roman à l’intrigue soignée et aux personnages nettement caractérisés, où chaque détail fait sens. Ceux qui aiment découvrir les moeurs d'une époque (l'Angleterre de l'après Seconde Guerre mondiale) apprécieront, les amateurs de belles histoires d'amour contrariées aussi.

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29 avril 2010 4 29 /04 /avril /2010 22:09

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Ceci est le tableau qui illustre mon édition.
Titre : Peines d’amour perdues.
Auteur : William Shakespeare.
Editeur : G.-F. Flammarion.
p. 216-312 du volume.

Circonstance de lecture :

juste après le concert de Placebo au Zenith en 2009. J'aime les contrastes.

Présentation de l’œuvre (notice, p. 211) :

Le sujet est aimable mais assez mince : c’est le serment fait par le roi de Navarre Ferdinand et trois jeunes seigneurs de sa cour, Biron, Longueville et Du Maine, de renoncer pour un temps à toute compagnie féminine et de se consacrer à l’étude. Bien entendu, ils seront vite parjures, mais ils se cacheront les uns aux autres leur faiblesse pitoyable et semblable.

Mon avis :

Quatre jeunes gens qui se vouent à  l'étude et quatre jeunes filles en mission. Les protagonistes de cette comédie sont bienheureux : rien n'obscurcit leur existence, si ce n'est les règles qu'ils se sont fixées. Autant dire que la comédie et les situations comiques n'ont plus de limites, comme dans cette scène où les quatre amoureux vont entrer tour à tour, et se cacher à l'entrée du suivant, découvrant au fur et à mesure le secret de chacun. La pièce garde tant le ton de la badinerie que les quatre amoureux ne vont pas être pris au sérieux par les quatre jeunes filles : "nous n'y avions pas, pour notre part, attaché plus d'importance, et voilà pourquoi nous avons accueilli votre amour, selon ses allures, comme un badinage" dira la princesse. Du coup, cette pièce si légère, si pétillante, demande à être relue à l'aune de ce dénouement amer, et justifie son titre. Puisque le roi et les seigneurs de sa suite ont été incapables de tenir leur premier serment, ils ne pourront non plus tenir les promesses qu'ils viennent de faire. Restent de très beaux poèmes amoureux, et un texte magnifique
.
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23 avril 2010 5 23 /04 /avril /2010 15:05

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Titre : La ballade de Cornebique.

Auteur : Jean-Claude Mourlevat.
Editeur : Folio junior.
Nombre de pages : 181.

Quatrième de couverture :

Si vous aimez les boucs, le banjo et les charlatans, les concours d’insultes et les petits loirs qui bâillent tout le temps, alors laissez-vous emporter dans la folle cavale de l’ami Cornebique
.

Mon avis :

J’ai acheté ce livre au salon du livre de Montreuil pour trois raisons : j’aime les romans de Jean-Claude Mourlevat, un collègue m’avait dit le plus grand bien de cette œuvre, et la couverture est très jolie, ce qui ne gâte rien. 
Cornebique est un bouc joueur de banjo, oui, mais il est surtout un héros picaresque. Jeté sur la route à la suite d’un chagrin d’amour, Cornebique aurait pu se contenter de découvrir de nouveaux pays et des modes de vie opposés aux siens, ce qui aurait déjà rempli le cahier des charges d’un roman de littérature de jeunesse ordinaire. Il va se retrouver en plus dans la peau d’un protecteur des faibles, puisqu’il sauve la vie de Pié, petit loir qui a la particularité d’être le dernier de son espère (les autres ont tous été dévorés) et de dormir sept mois sur douze (ce qui laisse à Cornebique tout le temps de s’interroger sur ce qui l’a poussé à se jeter sur les routes). Si Cornebique n’est pas le narrateur du roman, l’histoire est quasiment toujours racontée de son point de vue, au point que la narration prend parfois la forme d’un monologue intérieur, mélangeant ses réflexions, ses doutes et ses rêveries.

 


Son adversaire est très particulier : si notre joueur de banjo se doit d'être discret et d'agir seul (au début), en revanche la personne qui veut récupérer Pié n’apparaît que par ses sbires, toujours là où le lecteur les attend le moins, puis par les reproductions qu’elle donne d’elle-même (statue, tableaux) avant d’être découverte dans sa toute petite dimension et son immense pouvoir. Mourlevat, par l’œil critique de Cornebique

 

, donne ainsi à voir l’asservissement d’un peuple, en choisissant un sujet cruel, si l’on y réfléchit bien (l’anéantissement d’un peuple par un autre, pour son simple plaisir, sans que les autres peuples voisins réagissent). La violence est présente, même si, plutôt que de montrer les actes, l'auteur présente les conséquences (le bec, tout ce qui reste de la cigogne) plutôt que faire un récit détaillé et circonstancié de ceux-ci.


Ce sujet sensible ne doit surtout pas faire oublier l’humour de Mourlevat, sa manière de jouer avec le langage. Lu à haute voix (pour de jeunes enfants), La ballade de Cornebique
est un très joli conte, dans lequel les richesses de la langue, imagée et colorée, sont exploitées au mieux, tout en restant accessibles aux plus jeunes.

 

challenge-Des-notes-et-des-mots-2

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23 avril 2010 5 23 /04 /avril /2010 14:30

dissident-chinois.jpgTitre : Le dissident chinois.
Auteur : Nell Freundenberger.
Editeur : Les éditions de la Table Ronde.
Nombre de pages : 488.

Mon avis :

Le constat pour moi est simple : l'auteur sait vraiment captiver son lecteur. D'abord, elle choisit comme narrateur principal Yuan Zhao, que la majorité des personnages nomme simplement "le dissident", parce qu'ils ne parviennent pas à prononcer correctement son nom ou parce que ce n'est pas la personne qui les intéresse mais ce statut : un homme qui a défié le pouvoir chinois par ses œuvres. Ensuite, ce « dissident » se révèle un narrateur habile. Yuan ne nous raconte pas seulement sa tâche de professeur aux États-Unis (souvent délicate, car ses objectifs, ses méthodes ne sont pas ceux d'une école américaine), sa vie quotidienne dans une famille aisée mais , il nous parle de son passé en Chine, ses amours, sa jeunesse, celle de ses parents, révélant ainsi autant de l'histoire de son pays que de la sienne. Face à lui, les américains font presque pâle figure. Le décalage est grand entre leurs paroles, effectivement prononcées, et ce qui a motivé ces paroles, ces actes, d'où des erreurs d'interprétation parfois considérables, d'autres fois justes risibles (voir l'incompréhension qui s'est créée entre Cece, son mari, et son beau-frère).

Puis, au fil du récit, j'ai eu l'impression que Yuan laissait des indices au lecteur (je pense à sa facilité avec laquelle il invente des épisodes de sa vie et constate la crédulité de ses interlocuteurs), pour qu'il comprenne que la narration est en partie piégée, et s'interroge sur ce qui a pu (ou non) être inventé dans le reste du récit. Aussi le coup de théâtre final m'a certes étonnée, mais pas stupéfiée, sans doute parce qu'il fut agréable d'être dupée par un conteur aussi habile.
Le roman soulève des questions importantes, en dehors même du récit du dissident : qu'est-ce que l'art ? Qu'est-ce qui fait de vous un artiste ? Qu'est-ce qu'une œuvre d'art ? A qui appartient-elle ? Comment sa perception évolue-t-elle au fil du temps ? L'auteur n'a pas la prétention d'apporter des réponses définitives à ce questionnement, elle dresse plutôt un instantané de la création artistique. J'ai trouvé assez amusant de comparer le travail lent et patient de Yuan Zhao, les recherches presque artisanales de June, et l'écriture de Joan (sa presque homonyme, si l'on y réfléchit bien) et Phil Travers. Ces deux derniers, frère et sœur contraires, ont pourtant un point commun : ils n'hésitent pas à puiser dans leur vie quotidienne pour écrire leurs œuvres, quitte à se justifier avec véhémence après coup.
J'ai pris beaucoup de plaisir à lire ce livre, et j'espère que d'autres lecteurs l'apprécieront également.

Merci aux éditions de la Table Ronde et au forum Partage Lecture de m'avoir permis de découvrir cette auteur.
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23 avril 2010 5 23 /04 /avril /2010 14:25

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Titre : Sayonara samouraï
Auteur : Julia Billet.
Editeur : Syros.
Nombre de pages : 118.

Quatrième de couverture :

Ismaël a 14 ans. Fan d'arts martiaux et de culture nippone, il rêve de devenir samouraï. Avec ses quatre copains, ils se sont juré une amitié éternelle.
Lorsque l'on découvre un cancer à Ismaël, son univers s'effondre. Mais le jeune homme est un futur samouraï, il en est persuadé. Il a tant lu sur ces guerriers qu'il s'est imprégné de leur sagesse. Et comme un vrai samouraï, Ismaël va apprendre à accepter, la mort... Il se battra jusqu'au bout, avec l'aide de ses quatre amis, de ses proches et d'un vieux fou qui aime les fleurs.

Mon avis :

J'ai lu ce livre dans le cadre d'un concours de lecture organisé pour les élèves de mon département. Tout d'abord, ce livre n'est pas d'un abord aimable car le thème choisi est difficile : le cancer chez l'enfant. La manière dont le sujet est traité est pourtant originale, car l'auteur refuse absolument le pathos. C'est avec beaucoup de lucidité mais aussi de pudeur que nous est raconté le combat d'Ismaël, et les conséquences pour son entourage. Chacun va réagir selon son caractère et surtout son vécu, tous sortiront transformés de cette épreuve qu'ils auront choisie d'affronter avec Ismaël - ou non. Les extraits des récits samouraïs, dont la lecture est nécessaire à Ismaël, apporte une note d'émotion et de dépaysement dans ce récit.
Ce livre est court mais très émouvant : il a beaucoup plu à mes élèves.
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21 avril 2010 3 21 /04 /avril /2010 17:04


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Titre : Fablehaven, livre I. Le sanctuaire secret.

Auteur : Brandon Mull.

Editeur : Nathan.  

 

Merci à Ethan pour m'avoir fait découvrir ce livre.

 

  

Quatrième de couverture :

 

 

Depuis des siècles, les créatures fantastiques les plus extraordinaires se cachent dans un refuse secret, à l’abri du monde moderne.

Ce sanctuaire s’appelle Fablehaven.

Kendra et Seth ignorent tout de ce lieu magique, dont leur grand-père est pourtant le gardien. Un jour, ils découvrent l’incroyable vérité : la forêt qui les entoure est peuplée d’êtres fabuleux – fées, géants, sorcières, monstres, ogres, satyres, naïades…

Aujourd’hui, l’avenir de Fablehaven est menacé par l’avènement de puissances maléfiques. Ainsi commence le combat des deux enfants contre le mal, pour protéger Fablehaven de la destruction, sauver leur famille… et rester en vie.

 

 

Mon avis :

 

 

En lisant ce livre, je me suis posé la question suivante : «pourquoi tous ceux qui lisent ce livre deviennent fan ?»

Tout d’abord, ce livre est un très bel objet, même si vous n’avez pas entre les mains l’édition limitée. La couverture intrigue, avec ce personnage repoussant qui occupe son centre et ces fées magnifiques qui volètent autour d’elle.

Ensuite, les chapitres sont extrêmement bien conçus, ni trop longs, ni trop courts, et peuvent facilement former pour les plus jeunes une unité de lecture. De plus, le livre va leur rappeler un genre littéraire qu’ils connaissent bien : le conte. Ils vont retrouver des personnages qui possèdent tous un trait de caractère fort, une caractéristique physique qui permettent de les identifier facilement, une mission à accomplir (protéger Fablehaven), des objets magiques aux pouvoirs merveilleux, des métamorphoses et des interdits à ne pas transgresser (qui vont l’être, nécessairement).

 

Ensuite, contrairement au conte, les personnages, même ceux qui transgressent le plus les interdits, ont la possibilité de se racheter, non parce que leurs fautes seront minimiser, mais parce que les autres personnages vont tâcher de les déculpabiliser, de les faire aller de l’avant plutôt que de ressasser le passé. Toute créature, y compris les créatures magiques, peut évoluer.

 

Lire Fablehaven, c’est aller de surprise en surprise, de rebondissement en rebondissement, c’est ne pas craindre de suivre la trajectoire d’un personnage puis soudain de s’attacher à un autre, c’est ne surtout pas avoir envie de quitter cet univers et attendre avec impatience la lecture du tome suivant.

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