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11 décembre 2010 6 11 /12 /décembre /2010 22:01

Titre : Le diamant bleu.

Auteur : François Farges etThierry Piantanida.

Editeur : Michel Lafon.

Nombre de pages : 327

 

Merci aux éditions Michel Lafon et à Bob.

 Je l’avoue, ce qui m’a attiré en premier dans ce livre, c’est sa sublime couverture. Quand Bob l’a proposé en partenariat, j’ai aussitôt posé ma candidature, en croisant les doigts. C’est peu dire que je n’y croyais pas trop. J’avais tort.

 

Quatrième de couverture :

 

En 1664, un Intouchable découvre dans les mines du royaume mythique de Golconde un diamant bleu d’une taille exceptionnelle. Bientôt, celui-ci arrive à la cour de France où le joaillier du Roi-Soleil en fait le plus beau diamant du monde. Mais il disparait mystérieusement lors du vol insensé des joyaux de la Couronne en 1792…

            Il passera de main en main et fascinera tous ses propriétaires. Pour le posséder, un banquier londonien va devenir receleur, obligé de le retailler – véritable sacrilège – pour qu’on ne puisse pas le reconnaître… Il travers alors l’Atlantique, rendant fous les nouveaux riches en quête de bijoux aristocratiques. La pierre porte malheur, semble-t-il : elle n’en est que plus attirante aux yeux de tous ces excentriques. Désormais véritable icône de la société américaine sous le nom de « Hope », elle s’expose aux regards extasiés des foules, aussi admirées à Washington que La Joconde au Louvre.

            Idolâtrie, superstition, goût du pouvoir, insolences de milliardaires mais aussi géni des artistes qui ont révélé sa splendeur : laissez-vous entraîner à la recherche du diamant bleu qui, sur trois siècles et sur trois continents, fut le catalyseur de toutes les passions humaines.

 

Mon avis :

 

Le sujet pouvait être ardu, car la minéralogie n'est pas mon domaine de prédilection. Il n'en est rien. La grande force de ce livre est de ne pas se préoccuper uniquement du destin de ce diamant bleu, quelque fabuleuse que soit cette pierre, mais aussi de dresser un état des lieux historiques et économiques des périodes clé de son parcours. Véritable ouvrage de vulgarisation, Le diamant bleu nous raconte l'importance des diamants à l'époque de sa découverte. Si pour Colbert, il s'agissait avant tout d'un placement, qu'il était toujours possible de revendre si les caisses étaient vides, ils avaient une dimension sacrée en Inde (et je n'ai pas pu m'empêcher de penser au Signe des quatre, de Sir Arthur Conan Doyle, dans lequel le vol d'une pierre sacrée entraînait une série de catastrophe - pour ces voleurs).

 

Surtout, le style est parfaitement accessible, fluide et limpide à la fois.  Les dialogues, judicieusement placés, nous permettent de vivre véritablement ce récit, comme si nous y étions. J'ai beaucoup apprécié que la parole soit donnée, par le biais d'extraits de ses textes, à Tavernier, ce grand voyageur et commerçant qui a rapporté ce diamant en France. J'ai apprécié que rien ne soit passé sous silence de son histoire, y compris les périodes justement où il était "négligé", au profit d'autres pierres. Bien que le diamant bleu ne soit qu'une pierre, ses déboires m'ont secoué, non parce qu'il s'agissait d'une superbe pierre précieuse, mais parce qu'il était avant tout un objet de passion - ce n'est pas tant lui qui a été mutilé, que tout ce que Pittan et sa femme avaient pu investir de temps, de soins, et de savoir-faire.

 

Entre vol, crimes et malédiction, ce roman de vulgarisation scientifique est aussi un roman d'aventures et un roman policier. N'est-ce pas d'ailleurs à une minutieuse enquête que ce sont livrés ces auteurs pour reconstituer son parcours ? 

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11 décembre 2010 6 11 /12 /décembre /2010 19:44

roulotte.jpg

 

Tout a commencé il y a quelques semaines sur le blog de Syl link. Celle-ci nous a proposé un voyage littéraire, à bord de la roulotte. Le but ? Écrire un récit, sur le thème de l'horreur, de l'amour et de l'aventure. Chaque semaine, une heureuse participante reprend les rènes de l'aventure et écrit une page, un paragraphe, quelques mots, qui viendront compléter le récit précédent. Cette semaine, c'est à moi que Vilvirt a passé les rênes, me laissant comme consigne les mots rivière, arbalète, stèle et insomnie. Voici dont le sixième épisode du rideau lunaire. Pour retrouver les épisodes précédents, n'hésitez pas à aller sur le blog de Syl : link.

 

Le rideau lunaire :

 

Cathy resta bouche bée devant cette apparition. "Bée" était le terme exact car elle était incapable de proférer le moindre son.

- Rose, murmura Sylphide de sa voix glaciale, je vous présente Gaston de L’Aulnoye. C’est en partie grâce à lui que vous êtes ici.

 

Gaston s’inclina cérémonieusement devant elle.

 

- Gaston, Dominique, tous enfin, reprit le mystérieux orateur, nous avons unis nos efforts pour vous retrouver. Nos espérances ont été déçues, souvent. Enfin, nous avons trouvé celle que nous croyions être notre reine, mais nous devions être sûrs.Si vous étiez bien celle que nous cherchions, nous ne pouvions nous permettre de vous perdre. Aussi, Gaston a veillé jour et nuit sur vous, jusqu’à ce que les preuves soient suffisantes, et que le moment soit venu de vous conduire jusqu’ici, sur la terre de vos ancêtres.

 

Cathy songea qu'il faudra qu'elle le remercie. De quoi, au juste ? Elle ne savait que dire. D'avoir vécu dans la rue pendant trois ans ? De l'avoir protégé de dangers dont elle ignorait tout ? Elle savait maintenant qui avait pris ses photos que Dominique lui avait montrées.

 

Il lui était impossible de reconnaître le clochard qu’elle avait côtoyé jour après jour depuis trois ans dans l’homme qui se tenait devant elle. Il lui semblait plus grand, plus solide. Ses cheveux, d’un roux éblouissant, tombaient en boucles léonines sur ses épaules. Ses yeux verts la fixaient intensément…



- Attention !

 

Le cri, caverneux, avait jailli du fond de la salle. Une silhouette sombre bondit sur elle, envoyant Gaston à terre . Cathy se retrouva plaquée contre le mur.  Une main couverte d'écaille lui serrait la gorge, l'étouffant presque. 

 

- Tss

 

Tranquillement, Sylphide appuya sur le bracelet de cuir qui ornait son poignet. Une minuscule arbalète, qui aurait prêté à sourire n’était la situation, apparut. D’un geste sûr et maîtrisé, le carreau partit et se ficha dans le dos de l’intrus, qui s’effondra. Et Cathy s’évanouit.

 

Quand elle se réveilla, elle découvrit qu’elle était toujours dans cette même salle. Penchée au-dessus d’elle, les visages de Gaston, de Dominique. Était-ce l’émotion ? Elle crut percevoir une lueur d’inquiétude dans les yeux de Dominique. Les deux hommes l’aidèrent à se relever.

 

Rien n’avait changé dans la pièce. Pas de traces de combat, pas de rivières de sang coulant au milieu des pierres. Tout semblait si calme, si tranquille. Sylphide avait repris sa place, impassible. Cathy balbutia un remerciement, que la guerrière accueillit d'une moue ironique.  

 

- Je ne pensais pas qu’une nouvelle transformation se produirait si vite, si tôt, murmura la voix caverneuse, dont Cathy avait une folle envie de connaître le possesseur. Nous pensions que le fait de vous avoir identifier ralentirait la progression du mal. Il semble que pour notre frère, ce soit déjà trop tard. Vous pouvez faire cesser ce mal obscur, reprit-il d’une voix vibrante.

 

Cathy s’aperçut qu’elle tremblait. Même la main de Gaston sur son épaule ne parvint pas à la rassurer.

 

- Qu’avez-vous fait de … cet homme ? Dit-elle simplement. L‘enchaîner ?

- Elle comprend vite, cingla Sylphide. Nous avons déjà perdu trop des nôtres pour nous permettre de sacrifier des vies inutilement. Ce soporifique, que mon frère a mis au point, nous est très utile. Vous plairait-il de visiter nos oubliettes ? Non, n'est-ce pas ? Je ne voudrais pas que notre jolie reine souffre d'insomnie.

- Sylphide, tu vas trop loin !

- Et toi, toujours aussi prompt à mordre la poussière, mon bien cher Gaston ? Quand je pense que c'est toi, poursuivit-elle d'une voix détachée, qui l'a protégée. Je suppose que les dangers ne devaient pas être bien grands.

- Sylphide, reprit la voix caverneuse, nous te savons grée de ton dévouement.

 

Cathy frissonna. Elle n'avait pas envie de savoir jusqu'où pouvait aller ce... dévouement.

 

- Pendant que vous aidiez de parfaits anonymes, dans votre douillet bureau de… Comment s‘appelle le lieu où vous travailliez déjà ? Ah oui, le Centre d‘Aides Sociales, j’étais chargée de la surveillance de la plus importante de nos geôles, dans les Cévennes, où les nôtres vivaient jour après jour une inéluctable déchéance. J’en ai gardé quelques souvenirs, précisa-t-elle, exhibant les cicatrices sur ses bras. J’ai dû porter en terre ma propre sœur, j’ai gravé sa stèle.

Rose de Plessis, reprit-elle d'une voix forte, allez-vous accomplir votre destin ?

   

 

Je transmets les rênes de la roulotte à Somaja. Les mots que je lui propose d'insérer dans l'épisode suivant sont fidélité, espérance, sanguinaire et plume (j'espère ne pas avoir été trop méchante).

 

 

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10 décembre 2010 5 10 /12 /décembre /2010 19:37

FF_CID.jpgTitre :Le Cid.

Auteur : Pierre Corneille

Editeur :GF-Flammarion.

Nombre de pages : 189.

 

Cette édition comprend un dossier qui revient sur la querelle du Cid et qui comporte un groupement de textes sur le duel.

 

Quatrième de couverture :

 

"Rodrigue, as-tu du coeur ?" Par cette question,Don Diègue éprouve le courage de son fils avant de lui demander d'affronter en duel le Comte de Gormas, qui l'a giflé.

S'il tue le Comte, Rodrigue sauve son honneur mais perd son amour - la belle Chimène, fille de l'offenseur.

Au moment de sa création, en 1637, l'oeuvre suscite les passions les plus vives. Les rivaux de Corneille attaquent la pièce, dénoncent ses invraisemblances et crient au plagiat. Mais déjà "tout Paris pour Chimène a les yeux de Rodrigue". Depuis, Le Cid n'a cessé d'être joué.

 

Mon avis :

 

J'ai redécouvert le Cid véritablement lorsque je l'ai vu jouer à la Comédie-Française en 2006. Je relis cette oeuvre aujourd'hui, parce que je la fais étudier à mes élèves (ou plutôt j'essaie...), alors pourquoi ne pas l'inclure dans le Challenge  Tous au théâtre ? 

 

Tout avait pourtant bien commencé : Chimène et Rodrigue s'aiment, Rodrigue va demander Chimène en mariage, après que le roi a choisi un gouverneur pour son fils. Leur amour et leur avenir sont compromis, à cause de l'orgueil démesuré et du tempérament colérique du comte de Gormas, le père de Chimène. Il n'a pas supporté de ne pas devenir le gouverneur du Prince, donc il humilie son rival, d'abord par ses paroles, ensuite par ses actes. A travers Don Diègue, c'est le roi lui-même qu'il remet en cause. Il n'est pas anodin de constater qu'il est nommé par son titre, alors que Don Diègue l'est par son nom. L'un défie le pouvoir royal, à chacune de ses apparitions, l'autre se soumet aux décisions du roi. Difficile de ne pas voir une transposition de la cour de Louis XIII, et de son indiscipline. Don Fernand, dans des vers d'une grande beauté, rappelle le devoir des rois, et aussi celui de ses sujets, et surtout, le met en application à chacune de ses apparitions. Vous l'aurez compris, il reste mon personnage préféré.

 

Les duels ponctuent l'action. Les duels sanglants, entre Rodrigue et le Comte, puis entre Rodrigue et Don Sanche. La bienséance interdisait leur représentation ?  Qu'à cela ne tienne : nous avons deux superbes joutes verbales d'abord entre le Comte et Don Diègue, ensuite entre le Comte et Rodrigue.  

 

Tout comme Rodrigue a vengé son père, Chimène doit venger le sien - dès qu'elle est libérée du poids de cet honneur trop lourd, elle n'hésite pas à clamer son amour pour Rodrigue, son désespoir face à sa mort supposée et sa haine face à Don Sanche. Pourtant, celui-ci respecte scrupuleusement le même code de l'honneur qu'elle - l'aurait-il respecté s'il ne l'avait pas aimé ?

 

Tout se terminera presque bien. Mais par quelles épreuves ses deux tout jeunes gens ne seront-ils pas passés, avant de se retrouver ?

 

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8 décembre 2010 3 08 /12 /décembre /2010 14:21

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 Voici ma première participation à Mercredi, journée des enfants, organisé par Liyah : link

 

Je vais vous paler d'un petit livre que j'ai découvert tout récemment : Mon sorcier bien aimé d'Audren, publié aux éditions L'école des loisirs. le titre rappellera sans doute aux parents une célèbre série télévisée, rediffusée dans les années 80.

 

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Le sorcier, c'est le narrateur, le jeune Amazir Casablanquette. Il n'est pas du tout, mais alors pas du tout content d'être un sorcier. La vie lui paraît trop simple ainsi, et surtout, il a l'impression que ses pouvoirs ne lui servent à rien. C'est beaucoup trop facile de piloter son premier balai (un engin capricieux, faut-il bien le préciser ?) alors que l'on porte encore des couches culottes. Rien n'est plus simple que d'aller à l'école, quand une formule magique correctement récitée vous permet d'avoir une note éblouissante. Même la présence de son petit frère Robert, qui exploite à merveille toutes ces capacités magiques, même la pensée que son père va être furieux ne peuvent le détourner de sa volonté de renoncer à ses pouvoirs... et il va parvenir à ses fins. 

 

Joli livre, joliment écrit, à la fois drôle et poétique, Mon sorcier bien-aimé parle des petits plaisirs et des petites épreuves de la vie. Bien sûr, il manquait à ce conte moderne une fée...

Qui vous dit qu'Amazir ne va pas en rencontrer une ?

 

 

 

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5 décembre 2010 7 05 /12 /décembre /2010 09:49

nuages.jpgTitre : La mort dans les nuages.

Auteur: Agatha Christie.

Editeur : Le livre de poche.

Nombre de pages : 250.

 

Quatrième de couverture :

 

"Vous avez dit qu'on a retrouvé le chalumeau derrière un des sièges de l'avion ? Qui occupait ce siège ? "

Le magistrat consulta ses notes.Le sergent Wilson s'avança et lui glissa tout bas :

"Il s'agit du fauteuil numéro 9, où avait pris place M. Hercule Poirot. Ce M. Poirot est un détective privé très connu et très estimé, qui a... euh... qui a collaboré plusieurs fois avec Scotland Yard."

L'homme à la face carrée  se tourna vers M. Hercule Poirot et il considéra d'un air bourru le petit Belge aux longues moustaches. "Les étrangers disaient les yeux de l'homme à la face carrrée, ne m'inspirent aucune confiance, même quand ils travaillent étritement avec la police.

 

Mon avis :

 

Les hasards de mes emprunts font bien les choses. Autant Hercule Poirot s'opposait à Giraud dans Le crime du golf, autant il va avoir des nouvelles de son "collègue" dans cet opus. Giraud grimpe les échelons, grand bien lui face : Hercule Poirot se doute que ce qu'il a pu dire de lui à ses collègues.

 

De fait, je peux dire que notre détective belge n'a pas de chance. Il suffit qu'il prenne l'avion pour qu'un crime particulièrement audacieux y soit commis. Comble de malchance : non seulement Hercule Poirot dormait (son estomac lui jouait des tours) pendant que le crime était commis, mais l'arme du crime a été dissimulée près de son fauteuil. Il s'en est fallu de peu qu'Hercule Poirot ne se retrouve au banc des accusés  ! Comble de chance : la liste des suspects est restrainte aux passagers de l'avion et aux membres d'équipage. Reste à savoir qui pouvait en vouloir autant à la victime.  

 

Madame Giselle, née Marie Morisot, est une personnalité fascinante. Prêteuse sur gages renommée, maître chanteur à l'occasion, elle se montrait néanmoins d'une scrupuleuse honnêteté avec ceux qui respectaient leurs engagements. Servie avec fidélité par Elise, sa domestique, à qui elle a montrée sa générosité, elle n'en a pas moins abandonnée sa fille dans un orphelinant québecois, envoyant de quoi pourvoir à sa subsistance mais refusant toujours de lui rendre visite. 

 

Bien sûr, Hercule Poirot va mener à bien son enquête, démasquer le coupable, avec l'aide de ses petits cellules grises et de son incommensurable... modestie.  Si ses exigences étonnent les enquêteurs franco-anglais (il exige la liste détaillée des objets que possédaient les passagers) ou s'ils lui reprochent de compliquer à plaisir les choses les plus simples (n'est-ce pas Japp ?), il n'en a cure et va au bout de son raisonnement. Autre occupation (et non des moindres) : Hercule Poirot met tout son talent à

 

Mon seul regret est strictement personnel. Avant, je me serai laissée porter par l'enquête, attendant le dénouement, forcément surprenant. Maintenant, je suis devenue une lectrice vigilante. Je me suis donc interrogée sur les choix qu'Hercule Poirot faisait durant son enquête. Pourquoi s'adjoindre l'aide de Jean Grey, jeune coiffeuse orpheline, et de Norman Gayle, dentiste désargenté, auxquels il fait jouer des rôles non régligeables dans son enquête ? Pourquoi questionne-t-il chacune, sans avoir l'air d'y toucher, sur ses origines ? Derrière chaque question apparemment anodine, derrière chaque acte inhabituel; je cherchais une cause - et je la trouvais parfois.

 

Il ne me reste plus qu'à aller regarder l'adpatation de ce roman avec David Suchet.

 

Allez voir le challenge sur le site de George : link

 

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3 décembre 2010 5 03 /12 /décembre /2010 22:21

chinoises1.jpg

 

Quatrième de couverture :


Un dicton chinois prétend que " dans chaque famille il y a un livre qu'il vaut mieux ne pas lire à haute voix ". Une femme a rompu le silence. Durant huit années, de 1989 à 1997, Xinran a présenté chaque nuit à la radio chinoise une émission au cours de laquelle elle invitait les femmes à parler d'elles-mêmes, sans tabou. Elle a rencontré des centaines d'entre elles. Avec compassion elle les a écoutées se raconter et lui confier leurs secrets enfouis au plus profond d'elles-mêmes. Epouses de hauts dirigeants du Parti ou paysannes du fin fond de la Chine, elles disent leurs souffrances incroyables : mariages forcés, viols, familles décimées, pauvreté ou folie... Mais elles parlent aussi d'amour. Elles disent aussi comment, en dépit des épreuves, en dépit du chaos politique, elles chérissent et nourrissent ce qui leur reste.

 
Un livre bouleversant, " décapant, à lire de toute urgence pour voir l'importance du trajet que la femme chinoise a dû et doit encore accomplir " (Diane de Margerie, Le Figaro littéraire).

 

Mon avis ;

 

  Il est des livres qui sont avant tout des rencontres. Je suis tombée sur celui-ci totalement par hasard. J'hésitai entre plusieurs romans de Marguerite Yourcenar quand, parmi eux, j'ai aperçu ce livre, absolument pas à sa place alphabétique. Je l'ai pris (pour le remettre à sa place), sa couverture était légèrement abimée. J'ai commencé à le feuilleter, puis à le lire. J'ai eu du mal à m'en détacher. Tant pis pour Marguerite Yourcenar, je la lirai plus tard, c'est avec Chinoises que je suis repartie.

 

Ce livre n'aurait pas pu exister si Xinran n'avait quitté son pays pour l'Angleterre - je ne pense pas une seule seconde qu'elle aurait pu le faire éditer en Chine. Il suffit de lire les obstacles qu'elle a rencontrés, juste pour créer et développer son émission de radio. il n'était pas inimaginable pour moi qu'une journaliste prenne des risques pour sa carrière en parlant de l'homosexualité à la radio. Grâce à Qiu Xialong, l'auteur de Mort d'une héroïne rouge, j'avais découvert les entraves de la censure, et à quel point la notion de risque est différente en occident et en orient. Il est d'ailleurs symptomatique que ce livre a été publié en anglais, à Londres. Les vérités continuent de déranger.

 

Ce livre parle de sujets forts, durs, sans pathos. Il montre la condition féminine en Chine, telle qu'elle est ignorée non seulement en occident, mais surtout dans leur propre pays.

  
Les témoignages qu'elle a recueillis sont bouleversants et impensables. Je les ai vraiment pris en pleine figure. Que vaut la vie d'une femme en Chine ? Car la femme est vraiment un objet, pas dans le sens occidental du terme, non, vraiment un objet dont on peut disposer. Peut-on aimer librement, disposer de son corps ? Non, encore une fois. Même les gestes les plus anodins peuvent être porteurs de tragédie.

 

Les thèmes abordés sont forts (le viol, l'inceste, la maltraitance, la mort). Jamais Xinran ne sombre dans le pathos. Est-ce parce que son écriture est fine et précise ? Est-ce parce que les femmes qui se sont confiées à elle ont noué une véritable relation de confiance ? Sans doute les deux.


Je n'aurai envie de dire qu'une seule chose : lisez-le !

 

challengeabccritiques1 

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1 décembre 2010 3 01 /12 /décembre /2010 21:16

crime.jpgTitre : Le crime du golf.

Auteur :Agatha Christie.

Editeur : Le livre de poche.

Nombre de pages : 220.

 

Mon résumé :

 

Hercule Poirot est appelé en France par Monsieur Renauld, un riche homme d'affaire qui croit sa vie menacée. Arrivé en France, notre détective découvre que la menace est bien réelle : monsieur Renauld a été retrouvé mort, assassiné. N'ayant pu empêché ce crime, Hercule Poirot, accompagné de son fidèle ami Hastings, jure de tout mettre en oeuvre pour retrouver son meurtrier.

 

Mon avis :

 

Ce livre est le tout premier roman d'Agatha Christie que j'ai lu, et je le relis aujourd'hui avec un grand plaisir. Bien sûr, je ne porte pas le même regard aujourd'hui que lorsque j'étais adolescente. A l'époque, j'appréciais surtout que l'action se passe en France (en terrain connu, si j'ose dire) et qu'Hastings tombe éperdument amoureux d'une jeune femme audacieuse, artiste de son état. 

 

Maintenant, ce qui retient surtout mon attention, c'est à quel point ce roman développe le thème du double et de la répétition. Un crime similaire a déjà été commis dans le passé - et des imprévus ont à chaque fois, modifiés le plan des meurtriers. Jack Renauld, le fils de la victime, est amoureux de deux femmes, Marthe, sa douce voisine, et Bella, une artiste.  Son père lui-même semble mener une double vie, partagée entre sa femme et sa maîtresse, la propre mère de Marthe. Nous pourrions presque nous croire dans un vaudeville, si ce n'est que les quiproquos tragiques se multiplient. La peur est omniprésente. Peur altruiste pour Bella, qui craint que l'homme qu'elle aime ne soit un meurtrier. "Une jeune fille qui a peur", telle apparaît Marthe aux yeux d'Hercule Poirot, la première fois qu'il la voie. Peur viscérale pour madame Renauld qui, maintenant que son mari, le seul homme qu'elle a jamais aimé, est mort, est prête à prendre tous les risques pour son fils.

 

Heureusement, cette histoire n'est pas dépourvue d'humour. Elle est racontée par le capitaine Hastings, et le moins que je puisse dire est qu'il est incapable d'interpréter les indices ou les faits qui se déroulent sous ses yeux, quand il ne multiplie pas les maladresses. Il lui faut même l'aide d'Hercule Poirot pour lire la lettre d'amour que lui a envoyée Dulcie. Sa naïveté le rend infiniment touchant. Autre touche humoristique, et non des moindres : Hercule Poirot doit affronter un autre détective privé, un certain Giraud, bien décidé à lui montrer la supériorité de ses méthodes et à remporter le pari qui l'oppose à notre illustre détective.

 

Élucider un meurtre, en empêcher un autre, réunir les gens qui s'aiment et prouver l'efficacité de ses petites cellules grises à un chien de chasse... pardon, à un collègue : le séjour en France d'Hercule Poirot ne fut pas de tour repos.

 

   

  Ce livre participe au Challenge Agatha Christie, organisé par George : link

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30 novembre 2010 2 30 /11 /novembre /2010 14:26

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Titre : Le noyé du Grand Canal.

Auteur : Jean-François Parot.

Editeur : JC Lattès.

Nombre de pages : 452.

 

Quatrième de couverture :

 

1778 Dans l’attente de la naissance d’un héritier au trône, les critiques contre la reine s’exacerbent. Un bijou dérobé au bal de l’Opéra devient l’enjeu des cabales et des complots. Nicolas Le Floch se voit chargé de surveiller l’intriguant duc de Chartes, cousin du roi. Il participe à son côté au combat naval d’Ouessant, premier épisode de la guerre avec l’Angleterre. A son tour, des crimes signés d’indices provocants le jettent sur la piste d’un mystérieux assassin. Quels jeux ambigus pratiquent l’inspecteur Renard et son épouse, lingère de Marie-Antoinette ? Pourquoi le nom du comte de Provence, frère du roi, réapparaît-il avec tant d’insistance ? A la cour et à la ville, le détective des Lumières va traquer les coupables. Il y croisera l’indéchiffrable Restif de la Bretonne, le magnétiseur Mesmer et son baquet, le peintre Saint-Aubin et les chantres de la Chapelle royale. Il tentera d’expliquer les vols peu banals perpétrés au Grand Commun de Versailles par la lumière froide. Le commissaire du roi finira par démêler cette incroyable intrigue lors d’un ultime et inattendu rebondissement.

 

Mon avis :

 

Je retrouve pour la quatrième fois Nicolas Le Floch, marquis de Ranreuil, et son ami, l’inspecteur Bourdeau dans leur avant-dernière enquête en date. Nicolas reste tout aussi intègre, tout aussi fidèle dans ses amours et dans ses amitiés (bien que l’une ait été mis à mal dans Le cadavre anglais) mais il a mûri, il est devenu un peu plus tolérant non envers les criminels de tout bord, mais envers les petits défauts de ses proches, ce qui le rend plus humain. Vaste et complexe enquête que le commissaire doit résoudre. Plus le récit progresse, plus les requêtes des grands se multiplient. Publications interdites à saisir, chantage à faire cesser, vols et meurtres (parfois extrêmement sanglants) à élucider, complot contre de la reine à déjouer, voilà les tâches qui attendent notre commissaire. Rien ne fait reculer les adversaires de Nicolas, qui sont avant tout ceux du roi et de la reine et rien ne fait reculer non plus Nicolas, ni une tentative de meurtre miraculeusement déjouée, ni l’enlèvement d’une personne qui lui est chère, ni les blessures. En effet, ce n’est plus seulement dans les couloirs feutrés de Versailles ou dans les bruyantes rues de Paris que tout se joue, mais aussi sur la mer. Ce «morceau de bravoure» qu’est le chapitre II (Ouessant) donne au lecteur l’impression de se retrouver au beau milieu des combats navals, tout en gardant ce style si riche et si soigné, qui est le propre de Jean-François Parot. Le noyé du Grand Canal est un très bon roman policier historique.

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27 novembre 2010 6 27 /11 /novembre /2010 15:27

Titre : La danse des illusions.

Auteur: Brigitte Aubert.

 

Danse.jpg

 

Editeur : 10/18.

Nombre de pages : 410.

   

Quatrième de couverture :

 

Lors de l’extraordinaire vague de froid qui s’abat sur Paris pendant l’hiver 1895, le jeune reporter Louis Denfert découvre le corps sans vie d’un petit ramoneur en bord de Seine. L’enfant n’a pas succombé à une mort naturelle et Louis apprend bientôt qu’une rumeur enfle dans les bas-fonds de la capitale : un homme en frac et en haut-de-forme, surnommé le Vicomte, rôderait dans Paris, attirant les enfants des rues à bord de son fiacre sous prétexte de leur montrer un fabuleux jouet optique… Tandis que les inventeurs de tout poil se livrent une bataille acharnée pour mettre au point le cinématographe, l’intrépide reporter se lance dans une traque sans merci, du Moulin-Rouge aux ors délabrés du carnaval de Venise, à la recherche d’une mystérieuse caméra et d’un pervers assoiffé de sang. Mais dans les brouillards méphitiques de la lagune, il s’avère plus insaisissable qu’un démon.

 

Mon avis :

 

Ce livre est la suite du miroir des ombres.  L'écriture est toujours aussi alerte, et fluide, les péripéties toujours aussi nombreux et mouvementés. Nous retrouvons le même genre de criminel, évanescent, fantomatique et inhumain. Ce successeur (mais ne serait-ce pas plutôt le même ?) ne sévit plus à Londres, mais à Paris et à Venise. Ses crimes sont d'autant plus sordides qu'ils exploitent la misère des plus fragiles : les enfants, livrés à eux-mêmes, et exploités de toutes les manières possibles. 

 

 La profession de Louis le fait passer sans transition (ou presque) de scènes poignantes (la mort du jeune ramoneur, la noyade de la jeune fleuriste) ou révoltantes (la visite des hospices) à des scènes mondaines et festives (le chapitre II) qui le mettent en relation avec les intellectuels et les artistes les plus connus du moment. Ces scènes ralentissent l'action à mon goût mais, avec le recul (j'ai terminé le livre il y a une semaine), je me dis qu'elles étaient sans doute nécessaires pour apporter de la légèreté à une intrigue particulièrement sordide.

 

J'ai été plus sensible à ces personnages de music-hall, physiquement différents, mais profondément humain que sont Champ' et Edmond. Celui-ci se montre un allié courageux et précieux, il n'hésite pas à accompagner Louis dans sa quête, à Venise. Quête du scoop d'abord :  même si le patron de Louis est très sympathique, il n'autorise pas ses reporters à quitter la rédaction pour un oui ou pour un non. Quête du portrait de l'assassin ensuite, dont le dessinateur est à Venise, justement. Quête de l'aventure, enfin, car Louis et ses amis sont davantage des aventuriers, ne craignant pas de mettre leur vie en danger que des enquêteurs chevronnés. La chance a une part importante dans leur histoire : Louis a un don certain pour découvrir des personnes fraîchement assassinées (et pour déguerpir très vite, afin de ne pas être accusé injustement). Leur débrouillardise aussi : il faut toute leur ingéniosité et la combinaisons de leurs qualités individuelles, pour sauver leur vie. Louis, Albert et Emile sont les trois hommes à abattre, sans sommation.

 

Le progrès se dispute avec l'obscurantisme. Au coeur de l'intrigue, toujours, l'invention du cinéma, et des interrogations : le progrès apporte-t-il une amélioration à la vie quotidienne ? Faut-il renoncer au progrès si des criminels le détournent de son utilisation ? Au milieu de cette course aux inventions, ce sont pourtant contre des croyances ancestrales que Louis et ses amis vont devoir lutter : la Lune, et surtout l'eau, l'un des quatre éléments, leur sont hostiles : Louis et ses amis manquent de se noyer à plusieurs reprises. Dans Projections macabres de Brigitte Aubert , le troisième volume, ils affronteront un autre élément : le feu.  

 

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25 novembre 2010 4 25 /11 /novembre /2010 20:11

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J'ai encore cédé à la tentation du challenge Thriller et polars historique : link  . Il est organisé par le forum A travers les mots, une histoire.

 

J'ai vu à celui-ci un avantage certain : faire diminuer ma PAL. Second avantage : céder à la tentation et acheter L'honneur de Sartine, le dernier roman de Jean-François Parot.

 

Le principe est simple : lire quatre romans policiers et historiques. Il n'est pas interdit d'en lire plus.

 

Voici la liste des livres retenus :

 

L'honneur de Sartine de Jean-François Parot.

La danse des illusions de Brigitte Aubert , billet en ligne.

Brunswick Gardens d'Anne Perry.

Oscar Wilde et le cadavre souriant de Gyles Brandeth.

 

 

 

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