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23 décembre 2010 4 23 /12 /décembre /2010 11:21
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22 décembre 2010 3 22 /12 /décembre /2010 15:54

couv_les_gens_sont_mechants.jpg

 

Titre : Les gens sont méchants

Auteur : Riccardo Salavador.

Editeur :Kyklos éditions.

Nombre de pages : 260.

 

Quatrième de couverture :

 

Tous les couples traversent de mauvaises passes. Celui dont il est question dans ce roman n'en est déjà plus là. Les termes impasse, sans issue, cul-de-sac, voire coupe-gorge, seraient, en ce qui le concerne, plus appropriés...

Plutôt que de s'adresser à un conseiller conjugal ou de consulter un avocat, Hippolyte décide de régler le problème de manière directe et définitive.

Forcément, cela requiert quelques réglages, un plan précis et un scénario sans faille afin d'éviter tout démêlé avec la justice. Pas question pour lui de finir comme ces imbéciles imprévoyants, ces amateurs sans cervelle qui sèment des indices accablants sur les lieux de leurs crimes.

Mais sur le chemin du veuvage, Hippolyte ne s'attendait pas à croiser des gens vraiment méchants.

 

Mon avis :

 

 

 

 

Mon avis : 

 

L'histoire commençait comme une œuvre de Dickens. Tout était négatif dans la vie du narrateur, de sa naissance à son arrivée à l’âge adulte. Comme il n'a reçu aucun amour, il n'a pu se construire normalement. Il me semble difficile de donner de l'amour quand jamais on en a reçu. J'étais pourtant déjà sur mes gardes (je ne me refais pas), car je me méfie des narrateurs à la première personne, forcément subjectifs, surtout qu'à moins que sa mère, décédée peu après, ou son père, qui l'a rejeté, ne le lui ai raconté les circonstances de sa naissance, il est peu probable qu'Hippolyte s'en souvienne avec autant d'acuité. Le répit, rencontré grâce à son mariage avec Lucille (Lumière, en latin) ne fut que de courte durée. Dommage que nous n’en sachions pas plus sur les véritables raisons de leur haine mutuelle.

 

J'ai ensuite basculé, avec bonheur, dans le roman policier, qui à mon sens serait forcément original puisque raconté par le futur meurtrier. Sauf que j'ai lu la page 38, et là, mon cerveau s'est emballé, ce qui est tout de même embarrassant. J'ai vu alors l'histoire non du point de vue d'Hippolyte, mais de celui de Lucille, et je me suis mise à relever des indices dont j'ai pu vérifier la pertinence lors du dénouement. Je me suis même demandé pour quelles raisons Hippolyte ne s'était pas questionné au sujet des soins soudains dont sa femme l'entourait. Il était sans doute trop obsédé par la conception et la mise au point de son plan, ou pas assez futé. 

 

Ce plan reste néanmoins intéressant, tout comme la mise en exécution. J'ai beaucoup aimé l'ironie et l'humour noir de cette première partie. Pour un peu, j'aurai presque frémi avec Hippolyte lorsque des obstacles apparaissaient dans son plan. "Presque", car à aucun moment Hippolyte ne se montre touchant. Je me suis même demandé comment il était parvenu à avoir un ami sincère, comme Albert - sûrement parce que ce dernier n'a pas mesuré le cynisme de notre narrateur.

 

C'est après que l'intrigue se gâte. Dans la deuxième partie, j'ai eu l'impression de lire la mécanisation du crime. Hippolyte a perdu toute capacité de réflexion, sa seule réponse à ce qu'il interprète comme une menace est la suppression de la personne, presque par hasard, presque par accident, si ce n'est qu'Hippolyte devient de moins en moins performant à chaque crime. Au début, je trouvais intéressant de lire les méandres du raisonnement du narrateur, dans lesquels l'absurdité s'épanouissait pleinement. Pourtant, l'accumulation lasse. Les procédures d'élimination, variées, ne m'ont pas empêchée de ressentir un certain ennui, tant chaque meurtre devenait inéluctable et par la même, répétitif. Seul Kiki échappe à la terrible mécanique - théoriquement, il ne peut pas le trahir, et pourtant, il est à lui seul un des premiers indices de sa culpabilité, et il est l'un des seuls à le fuir.

 

Les gens sont-ils méchants ? Non : cette phrase a beau scander le roman comme un leitmotiv, je dirai simplement que le narrateur est méchant et qu'il projette sur chaque personne qui croise sa route sa propre haine de soi. Personne ne trouve grâce à ses yeux, chaque sentiment et chaque défaillance est exploitée par lui dans son propre intérêt, quand elle ne devient pas sujette à caution.

 

Je tiens à remercier les éditions Kyklos, le forum Partage-Lecture et son administratrice, Thot, pour ce nouveau partenariat.

 

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22 décembre 2010 3 22 /12 /décembre /2010 12:03

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Titre : Les amantes.

Auteur : Elfriede Jelinek.

Editeur : Points.

Nombre de pages : 220.

 

Quatrième de couverture :

 

Brigitte coud des soutiens-gorges à l'usine. Pour fuir le quotidien, elle tombe dans les bras de Heinz, l'électricien qui aura bientôt un magasin à lui. Paula, elle, rêve  à l'amour des romans-photos. Elle jette son dévolu sur Erich, le beau bûcheron qui lui préfère les motos et l'alcool. Peut-on vraiment échapper à son destin ? Sans concession, Elfriede Jelinek fait voler en éclats une spécialité autrichienne : l'idylle.

 

 

Mon avis : challenge Prix Nobel 1

Ma première réaction est simple : j'ai l'impression qu'aucune féministe n'a mis les pieds dans ce coin d'Autriche, que décrit Elfriede Jelinek. Je me suis retrouvée dans une période d'avant Le deuxième sexe de Simone de Beauvoir, alors que l'action se situe clairement dans les années soixante-dix. Pour les femmes, il n'existe que deux statuts possibles : vendeuses et ouvrières pour les célibataires, ménagères pour celles qui ont réussi à se faire épouser. Le bonheur ne peut venir que d'un homme, du foyer qui sera tenu pour lui, des enfants qu'il donnera. Le mari pourra ainsi donner des ordres à sa femme, ce qui compensera les brimades qu'il subit dans son travail, et la battre, ce qui le défoulera. La femme et le mari, de concert, pourront à leur tour battre les enfants, qui semblent avoir été spécialement conçus à cet effet, à moins que la chance ne leur sourit et qu'une situation meilleure (commerçant !) ne s'offre à eux. La vieillesse est un horizon sordide, où le peu de corps qui est encore vivace ne sert qu'à souffrir davantage. Les vieillards ? Encore des personnes qui peuvent servir de défouloir.

Autant dire que cette vision noire et résignée de l'existence choque. Seuls quelques jeunes adultes ont encore des rêves. Parmi eux, Brigitte et Paula, les deux amantes qui donnent leurs noms au titre, Heinz et Erich, leurs amants. Brigitte, fille naturelle, veut Heinz, rien que lui, c'est son but dans la vie. Elle le veut car il a un métier : électricien. Il va devenir patron, et elle s'imagine très bien travailler à ses côtés plutôt que de continuer la couture à l'usine. Lui, Heinz, veut Susi, lycéenne de son état (elle apprend la cuisine), parce qu'elle est plus cultivée que lui et qu'elle ferait bon effet, à son bras, au magasin. Si les parents de Susi sont inquiets, ce n'est pas le cas de la jeune fille, qui a tôt fait de les rassurer : elle ne veut pas d'un homme d'une condition inférieure à la sienne.

Paula est dans une situation pire que Brigitte. Elle aime Erich, battu comme plâtre par tous les membre de sa famille, esclave domestique en titre. Il est bûcheron, il est alcoolique, la seule chose qu'il a en tête est un moteur d'automobile. Paula a à peine quinze ans qu'elle voit en lui LE bonheur, comme dans les romans-photos. Elle abandonnera même pour lui ses études de couture, qu'elle a eu tant de peine à avoir le droit de suivre. Les études, un métier, cela n'apporte rien.

Brigitte et Paula usent des mêmes armes pour obtenir ce qu'elles veulent : leurs minces talents de ménagères, leurs assiduités (aucune humiliation ne les rebute), et surtout, leurs corps. Le but n'est pas de le retenir par leurs charmes, mais de tomber enceinte (la grossesse, dans ce cas, peut être vraiment une chute) et d'ainsi forcer l'homme à "réparer ses torts". Elles réussiront, toutes les deux - à quel prix, encore une fois.

Ce qui rend cette histoire si singulière est le style d'Elfriede Jelinek. Un style très particulier à lire, puisqu'elle bannit les majuscules et nomme parfois ses personnages juste par l'initiale de leurs prénoms. Un style enfin où le cynisme est omniprésent et salutaire, afin que rien de la réalité sordide ne soit épargné au lecteur. Les répétitions, voulues, sont nombreuses, et retentissent comme une ritournelle tragique. Puisque les personnages reproduisent à l'infini le même schéma, pourquoi le texte ne reproduirait-il pas les mêmes phrases ?

La lecture de ce livre m'a vraiment permis de sortir de mon univers littéraire de référence. Je vous conseille très sincèrement de découvrir cette auteur.

 

 

Challenge Nobel

 

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20 décembre 2010 1 20 /12 /décembre /2010 15:26

Honneur.jpg

 

Titre :L’honneur de Sartine.

Auteur :Jean-François Parot.

Editeur :Jean-Claude Lattès.

Nombre de page : 488.

 

Quatrième de couverture :

 

1780. Alors qu’il affronte la colère du peuple au cimetière des Innocents où les cadavres débordent des maisons, Nicolas Le Floch est appelé pour enquêter sur la mort d’un ancien contrôleur général de la marin écrasé par le baldaquin de son lit.

Que dissimule cet accident domestique ? Quels secrets divisent la famille de Ravillois ? Qu’a-t-on dérobé dans la chambre du défunt ? Pourquoi de précieux vases chinois disparaissent-ils ? Que redoutent le roi, Necker et surtout Sartine pour s’intéresser autant à l’affaire ? Dans cet imbroglio, quels rôles jouent financiers, traitants et l’ennemi anglais ?

De Versailles aux Porcherons, de la basse-geôle aux hôtels particuliers du nouveau Paris, le commissaire des Lumières et ses amis, anciens et nouveaux, se mettront en chasse, affrontant les embûches d’un dangereux adversaire aux multiples apparences avant un dénouement surprenant. Face aux périls, aux cabales et aux menaces de défaveurs, cette neuvième enquête sera aussi l’occasion pour Nicolas Le Floch, acteur et témoin du siècle, d’un poignant retour sur lui-même.

 

Mon avis :

 

Après les tumultes du Noyé du grand canal, les première pages de L'honneur de Sartine laissent présager un drame intime, donc une intrigue beaucoup moins mouvementée.

 

Il n'en est rien. Derrière ce drame familial et sournois, se cache une affaire politique propre à ébranler la couronne et surtout, à détruire Sartine, le mentor de Nicolas, présentement marquis de Ranreuil. Leurs amitiés aura connu un bas fulgurant, suivi d'une réconciliation surprenante. ici, c'est un Sartine aux abois, faible, vulnérable, ne sachant plus à qui se fier que nous découvrons. Il met son âme à nu devant Nicolas, tant il est accablé par l'ampleur de sa disgrâce. Il illustre ainsi la versatilité de la Cour, dont Nicolas lui-même aura un exemple flagrant.

 

Jamais sans doute une intrigue n'aura autant mis la vie de notre héros en danger. Jamais ses amis eux-mêmes n'auront autant souffert - physiquement et moralement - au cours de l'enquête. S'en prendre aux siens pour le réduire au silence montre à quel point ses adversaires ne connaissent pas le commissaire au Châtelet.

 

Vingt ans déjà que Nicolas Le Floch est arrivé à Paris et résolvait L'énigme des Blancs-Manteaux, et il se livre à une véritable introspection. Il mesure le parcours qu'il a effectué, se souvient des enquêtes qu'il a résolues, de leur lot d'horreurs et de monstruosité. Loin du tapage de la cour, il reste indéfectiblement fidèle au souvenir du feu roi, et à ses filles. Il prend conscience qu son enfant est devenu un homme, et que le bonheur qu'il vit aujourd'hui ne se reproduira peut-être plus. Le bonheur n'est constitué que de moments fugaces.

 

L'honneur de Sartine est un excellent roman policier, rigoureusement construit, magnifiquement écrit, comme tous les romans précédents de Jean-François Parot. N'hésitez-plus : lisez-le.

 

challe11

 

 

 

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19 décembre 2010 7 19 /12 /décembre /2010 19:16

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Titre : La fille de son père.

Auteur : Anne Berest.

Editeur : Seuil.

Nombre de pages : 161.

 

Quatrième de couverture :

 

Trois soeurs que la vie a éloignées se retrouvent chez leur père à l'occasion d'un dîner d'anniversaire. dans la maison d'enfance, les souvenirs affleurent. Les gestes deviennent nerveux, les langues fourchent et les rancoeurs s'invitent autour de la table.

Au dessert, un secret de famille est révélé. Une bombe à retardement qui va, sourdement, modifier le quotidien de chacune des filles.

Un premier roman acéré, qui sonde les rapports doux-amers de trois jeunes femmes et d'un père.

 

Mon avis :

 

Je n'aime pas écrire un avis négatif sur un premier roman - et pourtant, je n'ai d'autres choix que de l'écrire, ou bien renoncer.  

 

Le roman débute au présent, et énonce les deux fils narratifs qui vont tendre ce récit. Pas de véritable surprise pour moi donc, pas même lors du dénouement : j'avais presque deviné la fin dès le début. Même le fait que la narratrice portât une robe marron ne m'a pas choqué - je ne porte jamais de noir aux enterrements non plus.

 

Le sujet est simple : trois filles, orphelines de mère, toutes trentenaires, sont invités à un repas de famille chez leur père et belle-mère, qu'elles détestent. La tension monte, et Catherine, la belle-mère maladroite, révèle un secret de famille : Martine, leur mère bien-aimée, trompaient leur père et l'une des filles est illégitime.

 

L'écriture est sobre, sans émotion. Pas ou peu de communication dans cette famille, donc peu de dialogues. Chacun parle avant tout pour soi, et se garde bien d'attendre les réponses.

  

J'ai envie de comparer ce livre aux Faux-Monnayeurs, d'André Gide. Là aussi, un personnage découvre que son père n'est pas son père - et le père le sait. La complexité de leurs relations et la force de l'amour de ce père pour ce "fils" y sont narrés avec une profondeur et une émotions rares.

 

Là, rien.  Les seuls moments de quiétudes sont quand les trois soeurs se remémorent leurs souvenirs communs, à trois, sans que vraiment leurs parents interviennent. Les explications aux rapports conflictuels entre les soeurs, puis entre les soeurs et leur père, sont énoncés dans de lourdes sentences à visée généralisatrice. Le père est sur le mode de la colère, voire de la violence, physique et verbale. La mère est morte et désincarnée parce que le père l'a confisquée, gardée pour lui seul, interdisant même à ses filles de regarder les albums de photos ou de prendre les objets qui appartenaient à leur mère. La fille aînée est toute aussi vindicative, persuadée d'être la fille illégitime, et d'avoir donc subi une éducation plus rigoureuse, des châtiments plus sévères que ses soeurs cadettes. La narratrice se complaît dans la neutralité, puisque même ses histoires d'amour sont dénuées d'amour. Elle n'a jamais la force d'agir, elle se laisse porter par les décisions prises par l'une ou l'autre de ses soeurs. Seule Charlie, la benjamine, apporte un peu de fraîcheur, en dépit de son histoire d'amour irréelle. Elle est sans doute moins concernée par cette quête parce qu'elle n'a que peu de souvenirs de sa mère, et parce qu'elle a su créer des liens avec Catherine, plus maladroite que réellement méchante. Par son prénom et son métier, elle est un peu le garçon (manqué) de la famille.

 

Ce premier roman m'a déçue, j'attends néanmoins la prochaine oeuvre de cette jeune romancière.

 

 

challenge-du-1-litteraire-2010

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19 décembre 2010 7 19 /12 /décembre /2010 18:23

Protheroe.jpgTitre :L'affaire Protheroe.

Auteur : Agatha Christie.

Éditeur : Le masque.

Nombre de pages : 220.

 

Quatrième de couverture :

 

Quand on découvre le colonel Protheroe tué d'une balle dans la tête dans le bureau du presbytère, le pasteur a déjà sans doute une idée sur l'identité possible de l'assassin ou, en tout cas, sur un mobile vraisemblable. N'assite-t-il pas au thé hebdomadaire de sa femme où s'échangent potins et cancans ? il sait déjà que la victime avait un caractère de cochon, ou qu'elle avait eu une prise de bec avec le Dr Stone, que sa fille soupirait après le moment où sa mort lui offrirait enfin la liberté, que le peintre qui voulait faire le portrait de ladite fille en maillot de bain en voulait au colonel parce qu'il l'avait jeté dehors. Et tenez, même le pasteur, qui raconte l'histoire, avait des raison de se plaindre : le colonel ne venait-il pas vérifier les comptes de la paroisse ?

 

Mon avis :

 

Je poursuis mon approfondissement de l'oeuvre d'Agatha Christie avec la toute première enquête de Miss Marple. Un peu plus, et elle aurait pu s'appeler Miss Marple entre en scène. Elle n'a pas encore paru dans le roman, que déjà, au presbytère, il est question d'elle. La vieille dame n'est pas montrée sur un jour très favorable par le pasteur et son épouse. "La plus mauvaise langue du village", "la plus dangereuse des deux", "Miss Marple voit toujours tout, "elle surveille son monde" sont les gentillesses dont elle est gratifiée, bien peu charitablement. Un peu comme Hercule Poirot, Miss Marple divise, inquiète. Il faut dire que le pasteur a la chance d'être son voisin direct, et que passer devant chez Miss Marple, c'est "longé [...] un champ de mines".

 

Pourquoi tant de méfiance ? Parce que ce pasteur, qui  n'est autre que le narrateur du roman, a une faiblesse : son amour passionnée pour sa femme. Griselda, de vingt ans sa cadette, détonne au village, et il craint plus que tout non seulement les commentaires, qui pourraient être faits, mais surtout que sa femme ne soit tentée par un autre homme, plus jeune, plus beau, un homme qui serait très différent de lui. Il est touchant, car jamais il ne cherche à contraindre la fantasque personnalité de sa femme, jamais il ne se montre jaloux. Ses plus grands défauts sont  sa naïveté et son honnêteté - vous reconnaîtrez qu'il y a pire.

 

Naïveté, car le coupable va se servir de lui - en toute impunité. Honnêteté, car c'est le pasteur qui découvre le cadavre, et il ne nous a pas caché qu'il estimait que la mort de Protheroe rendrait un fier service à tout le monde. Le colonel n'apparaît que dans une scène mémorable avant sa mort, seuls les souvenirs et les récits des autres personnages. Il apparaît comme un homme sûr de lui, sûr de son sens de la justice (je le qualifierai d'impitoyable), et extrêmement borné. Il a fait l'unanimité autour de lui : ni sa femme, ni sa fille ne le regrette. Autant dire que les suspects sont légions, et que ce n'est pas avec la personnalité de l'inspecteur Flem, tout aussi imbu de sa personne que de ses méthodes, que l'enquête pourra être sereine. Il va révéler au cours de l'enquête une certaine combattivité, et peu de réflexion.

 

Mais revenons à Miss Marple. Très vite, elle prend part à l'enquête, ce qui est normal puisqu'elle est une des principales témoins. Très vite, le pasteur va changer d'avis à son égard, par la pertinence des réflexions de la vieille demoiselle. A eux deux, s'improvisant détectives, ils vont résoudre l'enquête - quoi ? Je n'aurai pas dû le dire ? Avez-vous déjà vu Miss Marple échouer, même s'il s'agit là de sa première enquête d'importance ? Non.

Bien, je continue.

 

Ils vont donc résoudre l'enquête, et ce, en dépit de toutes les embûches qui vont se dresser sur leur route. L'assassin, est quasiment insoupçonnable et a semé des indices de manière à incriminer une ou plusieurs autres personnes. Miss Marple n'a que l'embarras du choix pour les suspects - sept en tout, dont elle ne révèlera l'identité que lorsqu'elle aura réellement identifié le coupable.  S'ajoute à cette histoire de meurtres du braconnage, des commérages, peut-être même du chantage, sans oublier un traffic d'oeuvres d'art et la résurgence d'anciennes passions amoureuses. Bref, tout est là pour composer un roman parfaitement embrouillé, et pourtant, tout, jusqu'au détail le plus insignifiant, trouvera sa solution de manière limpide.

 

Encore un très grand roman d'Agatha Christie.

 

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17 décembre 2010 5 17 /12 /décembre /2010 22:29

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Titre : Méto, tome 3 : le monde.

Auteur : Yves Grevet.

Editeur : Syros.

Nombre de pages : 377.

 

Quatrième de couverture :

 

De retour à la Maison, Méto est séparé de ses proches et désigné aux yeux de tous comme le "traître". Mais les César le conduient bientôt dans une partie de la grande demeure tenue serète et réservéeaux membres du groupe E, une élite chargée d'effectuer des missions sur le continent...

 

Mon avis :

 

Je me pose souvent les questions de la limite entre la littérature jeunesse et la littérature "pour adultes" (je suis à la recherche d'un meilleur terme). Lire Méto pose cette question, dans le bon sens du terme. Ce roman est tellement rempli de références que je me demande si des jeunes lecteurs peuvent toutes les percevoir s'ils ne sont pas guidés dans leur lecture. Néanmoins, je dois dire que les quelques élèves auxquelles j'ai prêté ce livre l'ont apprécié.

 

Méto reste notre guide et découvre le monde - ou plutôt découvre peu à peu tout ce qui lui avait été caché et pour être sûrs de lui faire perdre toute autorité sur la Maison ou sur l'ïle, les Césars vont l'intégrer à cette troupe délite, l'exhiber de manière à ce que chacun le prenne pour un traître. Méto reste plus lucide que jamais, il sait tirer les leçons des pièges qui lui ont été tendus dans le passé et exploiter ce qu'il a appris de ses adversaires. Les actions ne manquent pas dans ce troisième tome, pourtant aucune ne donne l'impression d'avoir été écrite juste pour rajouter une péripétie supplémentaire. Nous avons l'aboutissement de toute l"intrigue.

 

Les références au monde Antique sont toujours bien affirmés. Le monde n'est-il pas gouverné par un triumvirat, dont les deux membres les plus influents sont Jove et Marc-Aurèle ? Nous pouvons lire aussi un exposé, clair, des méthodes d'endoctrinement d'un côté, dans le "Monde", et des méthodes de soumission, sur "l'île" - pour ne pas parler purement et simplement de lavage de cerveaux.

 

A la lecture de ce roman de science-fiction, j'ai eu envie de dire "impossible" et pourtant, pourquoi pas ? Déroulée sur quelques mois seulement, l'histoire de Méto plonge ses origines dans une Histoire de près de trente-cinq ans, jouant sur des peurs très actuelles. La peur d'une troisième guerre mondiale. La peur d'une pandémie :  tous les moyens sont bons pour se défendre contre les maladies sournoisement transmises. La peur de la surpopulation. L'obsession sécuritaire. La seule dimension qui est curieusement absente est la religion - elle s'est incarnée en la personne de Jove.

 

Méto 3 est une très belle conclusion à une remarquable trilogie.

 

 

challengeabccritiques1

 

 

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17 décembre 2010 5 17 /12 /décembre /2010 22:25

images Méto 2Titre : Méto, tome 2. L’île.
Auteur : Yves Grevet.
Editeur : Syros.
Nombre de pages : 247.

Quatrième de couverture :

Méto et ses camarades ont enfin franchi les portes de la Maison, livrant un combat terrible pour leur liberté.
Méto est grièvement blessé lors de la bataille… Lorsqu’il se réveille, il se rend compte que ses paupières ont été collées et qu’il est entravé à un lit. Où est-il ? Et ses amis, sont-ils encore en vie ?...
Le deuxième tome de l’époustouflante trilogie d’Yves Grevet.

Mon avis :

Après l’évasion des enfants, tout aurait dû changer, mais les espoirs de Méto et de ses compagnons vont être immédiatement déçus. A l’extérieur de la maison, Méto découvre une société toute aussi hiérarchisée, et plus violente, plus brutale que celle qu’il a fui. Les règles, pour différentes qu’elles soient, n’en sont pas moins scrupuleusement respectées, et les punitions, appliquées.

 

Heureusement, notre narrateur, Méto, n’a pas changé : il se montre toujours aussi prompt à se questionner sur ce monde qui l’entoure, à braver l’ordre établi, quand son jugement lui montre à quel point cet ordre est injuste et injustifié. Allant de découverte en déconvenue, Méto ne perd plus seulement ses espérances sur l’île, mais aussi sur le monde en dehors de l’île.


Plus sombre que le tome précédent, ce roman tient en haleine le lecteur jusqu’au
rebondissement final, qui laisse espérer un troisième tome particulièrement surprenant.

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17 décembre 2010 5 17 /12 /décembre /2010 22:15

Meto.jpgTitre : Méto, tome 1, la maison. .
Auteur : Yves Grevet.
Editeur : Syros.
246 pages

Quatrième de couverture :

Soixante-quatre enfants vivent coupés du monde, dans une grande maison. Chacun d'eux sait qu'il devra en partir lorsqu'il aura trop grandi. Mais qu'y a t il après la Maison ?...

Mon avis :

 

J’ai bien aimé ce roman d’aventures, mâtiné de science-fiction. Il s’inspire du Meilleur des mondes d’Aldous Huxley : les enfants ignorent tout de leur origine, et surtout de la reproduction, leurs mentors leur font croire qu’ils pourront choisir leur métier – cette liberté n’étant qu’illusoire, Méto va le découvrir peu à peu. Tout ou presque est inquiétant dans cette oeuvre. Un ruban qui se déchire, un lit qui craque paraissent à la fois banal et effrayant.  

 

Les allusions à l’Antiquité créent un second niveau de lecture : le créateur de la maison s’appelle Jove, les Césars dirigent les élèves, Romu(lus) et Rémus jouent un rôle important dans l'intrigue sont des exemples flagrants de cette inspiration. Quant à l'inch, ce sport cruel auquel jouent les jeunes adolescents, il n'est pas loin des jeux du cirque.


Si Méto est choisi comme narrateur, ce n’est pas un hasard : il est le seul à se poser des questions, puisque toute tentative pour en poser est sévèrement réprimandée. Lui seul garde un regard critique sur les usages qui rythment leur vie quotidienne dans la maison, lui seul enfin, parvient à trouver des moyens de surmonter les punitions qui leur sont infligées. 


Au fur et à mesure, que la révolte va se mettre en place, les questions vont devenir de plus en plus nombreuses, et si tout n’est pas résolu à la fin de ce premier volume, j’en ai appris et deviné suffisamment pour avoir envie de prolonger l’aventure avec le second tome.

 

 

 

 

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16 décembre 2010 4 16 /12 /décembre /2010 23:41

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Titre : Les chevaliers d'émeraude, tome 12 : Irianeth.

Auteur : Anne Robillard.

Editeur : Michel Lafon.

Nombre de pages : 450.

 

Quatrième de couverture :

 

Pressé par l'ennemi, Onyx adoube les jeunes Écuyers, les estimant capables de se débrouiller seuls. Mais la perte du grand commandant de l'armée continue de démoraliser les Chevaliers.... Rongé par le chagrin, l'un d'eux quitte même le groupe pourtant si près du dernier affrontement. Malgré les bons soins prodigués par les araignés, Liam dépérit, comprenant qu'il ne reverra plus jamais ses proches. Mais ces derniers ne l'ont pas abandonné et feront tout pour lui venir en aide par-delà les Territoires Inconnus.

Acceptant enfin son destin, la princesse rebelle vole au secours su porteur de lumière et des Chevaliers d'Emeraude qui subissent les attaques incessantes de l'Empereur Noir. Cependant, Asbeth lui a préparé un piège machiavélique...

Et c'est sur Irianeth qu'a lieu l'ultime combat. Mais qui s'en sortira vivant ?  

 

Mon avis :

 

Aimer un livre, ou une série, c'est parfois aussi fermer les yeux sur ses défauts. Je pense à certains tics d'écriture, qui m'avaient exaspéré dans Reptilis, à des péripéties particulièrement alambiquées ou à cette flopée de personnages dans laquelle je me perds parfois.

 

Vous vous dites que cela fait beaucoup de défauts. Pourtant, j'ai beaucoup aimé ce roman, parce qu'il m'a apporté ce que je lui demandais : un divertissement tumultueux et la mission a été parfaitement réussie.

 

Pas de pause entre le tome 11 et le 12, nous sommes au coeur d'une action rocambolesque, qui nous emmène sur l'ensemble du continent (y compris ses parties inexplorées), dans le passé et au royaume des morts (ou plutôt des obstinés qui ne veulent pas rejoindre les plaines de Lumières). Les va et vient entre les différentes champs de bataille sont nombreux, les pauses rares, et c'est tant mieux. Presque tous les problèmes trouveront leurs solutions, parfois de manière surprenante et drôle. Certaines péripéties m'ont fait hurler de rire - je ne suis pas sûre que c'était le but recherché.


N'oublions pas que Les chevaliers d'émeraude appartiennent au monde du conte. La mort n'est rien, elle n'est même parfois que provisoire.

 

Bien sûr, j'ai hâte de lire la suite : il faut dire qu'Anne Robillard a su lancer de nouvelles pistes narratives qui me donnent vraiment envie de connaître Les Héritiers d'Irianeth.

 

Challenge-Pierre-Bottero

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