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29 janvier 2011 6 29 /01 /janvier /2011 22:22

sans-un-mot2.jpg

 

Titre : Sans un mot.

Auteur : Harlan Coben.

Editeur : Belfond.

Nombre de pages : 410.   

 

Quatrième de couverture :    

 

Jusqu’à quel point connait-on vraiment son enfant ? Mike et Tia ne cessent de se poser la question : leur fils Adam, seize ans, a changé. Réfugié dans sa chambre, il ne quitte plus son ordinateur.

Malgré leurs réticences, Mike et Tia se décident à installer un logiciel de contrôle.

Un jour, un e-mail inquiétant.

Et Adam disparaît.

Sans un mot…

C’est alors que tout bascule.

Sur un rythme d’enfer, Harlan Coben nous entraîne dans un thriller plus électrisant que jamais. Piégés du web, délinquance virtuelle, tueur psychopathe, le maitre de nos nuits blanches se joue de nos angoisses avec une délectation machiavélique.  

 

Mon avis :    

 

J’ai beaucoup aimé ce livre. Je vous le conseille vivement.

C’est un peu court. Je suis d’accord avec vous.

Je l’ai lu en deux cessions, en une seule journée (argument numéro 2).

J’entends quelqu’un murmurer que, de toute façon, je ne lis quasiment que des romans policiers.

Certes.

Que je suis une fan d’Harlan Coben. Que ce roman comporte des points communs avec la série des Myron Bolitar, à laquelle il est même fait allusion.

Oui.   

 

Voici donc ma critique étoffée.

 

Le roman prend racine dans un milieu huppé, sans histoire. Un peu plus, je me croirai dans un épisode de Desperates housewifes. Mike est chirurgien, Tia est avocate, ils ont deux beaux enfants. Leurs voisins, leurs amis, ne sont pas très différents : belle carrière, superbe famille.

 

La belle façade se fissure rapidement. Le suicide d’un fils, et le lent désagrégement d’un couple. Un père divorcé qui tente de soigner les blessures de sa fille et les siennes. Des drames intimes trop longtemps tus. Des maris et des femmes qui se sont écartés l‘un de l‘autre, sans s’en rendre compte. Pour tous, surtout depuis le suicide du jeune Spencer, la peur de tout perdre.

 

La mort qui plane et le désir de protéger son enfant, coûte que coûte entraîne l’obsession de tout contrôler, afin d’être des parents parfaits. Harlan Coben nous interroge ainsi, indirectement. Est-il bon que les parents sachent tout sur leurs enfants ? Est-il bon que les parents cachent des évenements à leurs enfants ? Le but est toujours de les protéger mais comment les enfants peuvent-ils grandir si les parents ne leur accordent aucune confiance ? 

 

Les nouvelles technologies jouent un rôle prépondérant dans l‘intrigue. Sans elles, le roman et ses multiples rebondissements n’auraient pas été possible. Sans elles, le roman n’aurait même pas existé.

 

A chaque problème, sa solution. Le paradoxe de ce roman est que la solution envisagée par le criminel et celle choisie par les victimes en devenir ne sont pas différentes : se faire justice soi-même. Seule la manière change, elle est très rarement exempte de violence, même latente. La police est là pourtant, efficace, mais avec des failles - comme chacun des personnages du récit.

 

Le dénouement laisse derrière lui l'impression d'un immense gâchis, semé par le tueur et par des personnes animées d'intentions moins funestes. L'intrigue n'en reste pas moins extrêmement efficace.

 

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23 janvier 2011 7 23 /01 /janvier /2011 14:11

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Titre : A comme association.

Auteur : Erik L'homme.

Editeur : Rageot/Gallimard.

Nombre de pages : 152.

 

Quatrième de couverture :

 

Prénom : Jasper.

Age : 15 ans.

Description : grand, maigre, peau blafard et yeux charbonneux.

Profession : agent stagiaire à l'Association et lycéen (à ses heures perdues).

Signes particuliers : pratique la magie et joue de la cornemuse dans un groupe de rock médiéval.

Aime : les mauvais jeux de mots, Donjons et dragons, l'Agent stagiaire Ombe.

Mission : démenteler un trafic de drogue chez les vampires.

 

Mon avis :

 

Autant vous le dire, c'est parce que je n'avais pas le moral ce matin et que le roman policier commencé ne me plaisait guère que j'ai débuté la lecture de ce roman. J'avais lu qu'il était très drôle, je me suis dit  : "vérifions si c'est vrai".

 

C'était vrai.

 

C'est même drôle au-delà de toutes mes espérances. Les jeux de mots foireux ne sont pas vraiment ma tasse de thé. Assumés à ce point, ils sont à élever au rang d'art. Ils fourmillent à tous les coins de page, même et surtout quand Jasper se trouve dans une situation inextricable. Il n'est jamais aussi efficace que lorsqu'il se tourne en dérision.

 

Bien sûr, j'ai tout de même une préférence pour le tome écrit par Pierre Bottero. Néanmoins, je dois dire que l'intrigue est parfaitement construite, pleine de rebondissements sans cesse commentés par Jasper qui, dans son domaine, est tout aussi incontrôlable qu'Ombe.

 

Vivement la suite ! (Je l'avais déjà dit pour le tome 1 ? Et bien, je le répète pour celui-ci !).

 

Note : le chapitre 9 n'a rien à envier aux chapitres 4 et 6 du tome écrit par Pierre Bottero.

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23 janvier 2011 7 23 /01 /janvier /2011 11:29

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Titre :Pourquoi pas Evans ?

Auteur: Agatha Christie.

Editeur : Le masque.

Nombre de pages : 252.

 

Quatrième de couverture :

 

En cherchant une balle de golf, le fils du pasteur découvre, au pied des rochers un individu tombé de la falaise. Avant de passer de vie à trépas, l'homme ne dit qu'une  petite phrase : "Pourquoi pas Evans ?" Le tribunal d'enquête, réuni le lendemain, conclut à l'accident. Un accident, c'est vite dit.

Qui, dans ce cas, aurait eu intérêt à fourrer, un peu plus tard, huit grains de morphine dans la bière du témoin ? L'amie du garçon, la jeune comtesse Frankie, a son idée la-dessus. Et comme les enfants de l'aristocratie anglaise ont du temps à revendre, elle emploiera le sien à jouer les détectives amateurs, avec son petit camarade....

 

Mon avis :

 

Pas d'Hercule Poirot, pas de miss Marple dans cette enquête. Pourtant, je retrouve tout le charme et l'humour des enquêtes d'Agatha Christie L'action se passe dans une petite ville côtière du pays de Galles, où Bobby, le fils du pasteur, réformé à cause de ses problèmes de vue, s'ennuie ferme. Certes, il apprend à jouer au golf (fort mal), il pense monter un garage avec son ami Badger (projet désapprouvé par le pasteur, son père), joue de l'harmonium (il n'a pas vraiment le choix), mais la vie à Marchbolt n'a rien de palpitant. Oh ! Il y a bien, la belle, la très belle, la sublime lady Frances Derwent (dite Frankie) dont Bobby est éperdument amoureux. Il est le benjamin du pasteur, elle est fille de comte, jamais il n'osera franchir la barrière sociale qui les oppose.

 

Ces deux-là vont pourtant avoir l'occasion d'être réunis. Une mort accidentelle est banale. Que Bobby soit empoisonné et ne doive sa survie qu'à sa solide constitution après avoir révélé la phrase qu'a murmuré le mourant, voilà qui ne l'est pas. Les deux jeunes gens vont unir leur désoeuvrement et leur talent pour élucider cette affaire. En fait de "talent", ils ont surtout une imagination inépuisable, des dons de comédiens certains, un humour à toute épreuve (en dépit des dangers, le récit est très drôle) des relations mondaines (pour lady Frances), de bons amis (pour Bobby), et un manque certain d'expérience.

 

Leur naïveté leur porte chance, en quelque sorte, parce qu'ils ont à faire avec un criminel comme on en croise peu dans l'oeuvre d'Agatha Christie. Parfaitement insoupçonnable, brillant, charmeur, audacieux, infâme et scélérat (pour ces deux derniers qualificatifs, ce n'est pas moi qui le dit, c'est lui), il a une personnalité rarissime qui, après coup, fait frémir le lecteur, non à cause de ce qu'il a commis, mais à cause de tout ce qu'il aurait pu commettre. Manipulateur hors pair, il se joue des êtres avec sa nonchalante cruauté et tire partie des circonstances avec l'aisance d'un metteur en scène chevronné. Bobby ne dit-il pas : "c'est comme si on débarquait sur scène, en plein milieu du deuxième acte, pour jouer des personnages qui n'ont pas été prévus et ce qui rend notre jeu encore plus difficile, c'est que nous n'avons pas la moindre idée de ce qui s'est passé au premier" ? Notre criminel sera brillant jusque dans sa manière de quitter la scène.

 

Et Evans, me direz-vous, qui était-ce ? Je vous répondrai qu'Evans était sous notre nez, quasiment depuis le début, intervenant quelquefois dans le récit . Sa découverte donne envie de dire "bon sang, mais c'est bien sûr !"

 

 

Le challenge Agatha Christie ? Pourquoi pas vous ? link 

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23 janvier 2011 7 23 /01 /janvier /2011 10:45

Train plume

 

Titre : La plume empoisonnée.

Auteur :Agatha Christie.

Editeur : France Loisirs.

pages 345 à 609.

 

Quatrième de couverture :

 

Le notaire, le médecin, la femme du pasteur ... tout le monde y passe. Et le doute s'insinue dans les esprits. Il n'y a pas de fumée sans feu... Pourtant les accusations portées par les lettres anonymes qui déferlent sur Lymstock sont tout à fait grotesques... A force de bombarder la petite communauté de propos aussi invraisemblables qu'ordurieurs, l'auteur des lettres finira bien par toucher juste. Et qui sait si un jour il ne déclenchera pas un drame ?

 

Mon avis :

 

Je quitte Miss Marple, en pleine convalescence, pour retrouver un narrateur qui n'est autre qu'un jeune aviateur, Jerry Burton, lui-même en pleine convalescence. Il n'a pas plus de chance que Jane Marple, puisque son médecin lui avait prescrit repos, calme, tranquilité... et tomber en plein affaire de lettres anonymes n'est pas nécessairement reposant, surtout quand on en reçoit une, puis deux et que celle-ci vise sa soeur Joana, en pleine convalescence elle aussi (peine de coeur).  

 

Jerry et Joana Burton détonnent à Lymstock, dans cette communauté repliée sur elle-même, non parce qu'ils sont jeunes et londoniens, mais parce qu'ils apportent un regard neuf et exempt de préjugés sur les personnes qui les entourent. Ils découvrent avec étonnement certains usages anciens (la place des domestiques, notamment) et savent aller au-delà des apparences, un peu comme la femme du pasteur. Bien qu'ils aient du mal avec elle, à cause de son excès de franchise, ils ne sont pas si différents. Jerry, quand une chose ou une personne (surtout une certaine personne) lui tient à coeur, n'hésite pas à ruer dans les brancards et à dire ses quatre vérités, et tant pis si elles dérangent.

 

Je vais sans doute un peu vite en besogne, parce qu'avant d'en arriver là, il y eut un suicide, puis un meurtre, qui plonge la petite communauté dans la stupéfaction, puis l'affliction. La franchise de Jerry lui aura permis de se faire un ami, le docteur Griffith, le timide docteur Griffith. Ils partagent des méthodes de séduction hors-normes (que celui qui a déjà fait la cour à une femme en lui offrant une photo de foie malade se signale immédiatement) et une sincérité rafraîchissante dans ce village pétri de non-dits, encore imprégné de croyances ancestrales.

 

Fait rare dans l'oeuvre d'Agatha Christie, il est question de la condition féminine. Si Joana a la chance de mener une vie de dilettante, Force est de constater que le village permet de découvrir des femmes qui ont été sacrifiées à l'intérêt familial (les soeurs Barton ont servi leur mère toute leur vie, avant de mourir l'une après l'autre) ou obligées de sacrifiés leurs aspirations juste parce qu'elles étaient filles. Aimée Griffith s'en rappelle avec amertume, et si elle souhaite que la jeune Mégan fasse des études, c'est pour lui permettre d'être libre. Mégan, en effet, est issue d'une famille recomposée (le XXIe siècle n'a rien inventé) et elle fait tache dans l'image de bonheur parfait souhaité par sa névrosée de mère. Mégan, plus fine et plus intelligente que les villageois ne le pensent (à une exception près) le comprend très bien et donne toute sa mesure pour rester - quitte à se faire du mal.

 

Et Miss Marple ? Elle arrive presque à la fin de l'intrigue, tel un deus ex machina, permettant de relier ensemble tous les éléments de l'enquête et de démasquer le coupable. Il pourrait presque être félicité : n'étaient les deux cadavres qu'il a laissé derrière lui, il a apporté des changements bénéfiques à Lymstock.

 

D'autres enquêtes vous attendent sur le blog de George : link

 

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21 janvier 2011 5 21 /01 /janvier /2011 21:50

Isabelle.jpg

 

Titre : Isabelle.

Auteur :André Gide.

Editeur : Folio.

Nombre de pages : 148.

 

Mon avis :

 

Isabelle paraît de premier abord un roman au charme désuet. Avec lui, je me suis retrouvée dans au château de Dominique de Fromentin ou du grand Meaulnes d'Alain-Fournier. Je retrouvais la vie à la campagne, dans un monde coupé de la société, où les saisons rythment encore la vie.

 

Après le prologue qui les mène dans une demeure à l'abandon, le narrateur laisse la parole à son ami Gérard, qui nous entraîne dans le passé des lieux qu'ils visitent. La vie semblait s'y être arrêté avant la Révolution Française. Des hobereaux, les Saint-Auréol, et de riches bourgeois, reçoivent un jeune visiteur (le narrateur) venu compléter sa thèse sur les sermons de Bossuet. Ni le curé de campagne promu précepteur du petit Saint-Auréol, infirme, ni Gratien le dévoué serviteur ne manquent à l'appel. Le récit n'a beau s'étendre que sur deux jours, il donne l'impression que le temps s'écoule très lentement, en dépit des recherches, distillant l'ennui de journées toujours semblables.

 

Puis survient la péripétie romantique entre toute : le narrateur s'éprend du portrait de la fille de ses hôtes. Le privilège d'André Gide est alors de détourner tous les codes que je connaissais. Non, nous ne sommes pas dans un conte fantastique de Théophile Gautier, dans lequel le héros s'éprend d'une héroïne pure et innocente, hélas décédée. Nous ne lisons pas non plus un récit romantique, dans lequel l'héroïne se montre à la hauteur des aspirations exaltées de son aimé. André Gide écrit un roman cruellement moderne, et Gérard verra ses rêves romantiques se briser au contact de la réalité. Le romantisme est mort, et c'est avec lucidité qu'il découvre la véritable Isabelle de Saint-Auréol. Décrire ses défauts est vain. Elle  joue un personnage dans une sinistre comédie, toujours recommencée, celle de la jeune fille abandonnée, de la mère sacrifiée, et tant pis si ses actes démentent ses paroles puisque les autres habitants du château participent à cette comédie. Casimir, l'enfant délaissé, et Gratien, le fidèle serviteur, échappent seuls à cette hypocrisie et en ont payé le prix. 

 

Que dire de la langue ? Elle est fine et précise, sans fioritures inutiles. En 148 pages, André Gide nous raconte comment un jeune étudiant est devenu un homme.

 

Challenge Nobel

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20 janvier 2011 4 20 /01 /janvier /2011 10:40

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Titre : Le secret de l'abbaye.

Auteur : Brigitte Aubert.

Éditeur : 10/18.

Nombre de pages : 406.

 

Quatrième de couverture :

 

Louis Denfert, dynamique reporter au petit éclaireur, est toujours sur la brèche, à la recherche d'un scoop palpitant. La découvert du corps mutilé de nouveau-nés siamois dans les sous-sols d'une clinique parisienne le scandalise et le lance sur une nouvelle affaire, plus glaçante que jamais. Son unique piste : l'Homme Gris, entrevu dans l'ascenseur de l'hôpital... Accompagné de sa fiancée, la ravissante comédienne Camille De Saens, et aidé de ses inséparables acolytes, le rugueux Emile,ex-sergent et champion de boxe, et le délicat Albert, brillant médecin légiste, Denfert mène l'enquête, de sordides cités de chiffonniers parisiens aux fastes de Cannes et de la Côte d'Azur, et jusqu'à la mystérieuse île de Saint-Honorat, au coeur d'une abbaye millénaire. Ils croiseront la route des personnalités les plus illustres du siècle finissant, mais aussi de redoutables monstres.

 

Mon avis :

 

Je commence chaque livre en redoutant d'être déçue, et je le termine en me disant : "vivement la suite !".

 

Louis Denfert n'est vraiment pas chanceux. Il faut toujours que sa route croise celles de cadavres. Nous avions déjà franchi un degré dans l'horreur, avec la mort des jeunes bergers dans Projections macabres, nous descendons un peu plus dans le sadisme avec des expériences scientifiques effectuées sur des nouveaux-nés siamois, expériences effectuées de leur vivant.

 

Curieusement, il faudra vraiment que Louis motive ses amis pour qu'ils se lancent avec lui sur la piste du tueur. En effet, Emile juge normale leur élimination , pour leur éviter une vie de souffrance, et Albert pencherait plutôt vers des tentatives de séparations qui auraient échoué. Même l'opinion public ne s'émeut guère. Ah ! si cela avait été des nourrissons "normaux".... Louis repense sans arrêt, tel un leitmotiv entêtant, aux circonstances de son propre abandon. Le sort funeste qui lui a été évité grâce au capitaine Denfert le pousse à rendre justice à ses jeunes morts.

 

Parfois, les questions éthiques soulevées me semblaient presque anachroniques, même en ce 19e siècle finissant.  Les moines qui dénient toute humanité à Fonfon, le jeune trisomique, j'ai l'impression qu'ils pourraient participer à un concile  nommé "tous les êtres humains ont-ils une âme ?" Quant aux médecins qui s'arrogent un droit de vie et surtout de mort sur des "monstres", ils annoncent l'eugénisme et rappellent qu'il n'y a pas si longtemps, dans l'ex-Union soviétique, des expériences étaient menés sur des siamois (j'ai vu un documentaire à ce sujet, voici quelques années).

 

Le moins que je puisse dire est que les péripéties se succèdent à un rythme soutenu. J'aurai volontiers dit "infernal" si ce n'est que l'enquête mène Louis et ses amis, enfin gagnés à sa cause, au sein d'une confrérie millénaire, dont certains membres essaient de renouer avec un culte bien antérieur au christianisme. Les passages secrets et autres cachettes improbables n'ont plus de secrets pour Louis. Ses amis reconnaissent son don pour les trouver ... et pour les en sortir, il faudra plutôt compter sur des artistes tels que Reynaldo Hahn, ou un certain Marcel Proust, qu'il est amusant de retrouver en figure frileuse et téméraire.

 

Par contre, je tiens à vous préciser que sur certains sujets, Louis reste toujours aussi naïf : les preuves ont tendance à lui être soustraites systématiquement, bien qu'il prenne bien plus de précautions que dans ses précédentes enquêtes (Complot ? Complicité ? Le dénouement apporte des réponses si simples qu'il aura l'impression qu'elles lui crevaient les yeux). Camille a le don de se mettre en danger, ou d'être prise en otage, plongeant ainsi Louis dans un dilemme insoluble. Puis, s'il se félicite des conquêtes amoureuses d'Emile, il ne comprend toujours absolument pas pourquoi un homme peut sortir au petit matin de la chambre d'Albert....

 

Vous l'aurez compris, j'ai adoré ce livre. Je vous conseillerai simplement de ne pas le lire avant d'aller dormir...

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19 janvier 2011 3 19 /01 /janvier /2011 22:41

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Titre :Les mystères de Harper Connelly, tome 1. Murmures d'outre-tombe.

Auteur :Charlaine Harris.

Editeur : J'ai lu.

Nombre de pages : 280

 

Quatrième de couverture :

 

"Depuis que j'ai survécu à la foudre, je suis capable de sentir et de revivre les derniers instants des mots. Contrairement aux apparences, cela peut s'avérer utile : on me contacte pour retrouver les personnes disparues... enfin, décédées devrais-je dire.

Du coup, j'en ai fait mon métier. C'est sûr, tout le monde n'apprécie pas la façon dont je gagne ma vie, mais, puisque je dois vivre avec ce "don", autant m'en servir.

Tolliver, mon demi-frère, m'accompagne. Un associé dont je ne peux pas me passer. Aujourd'hui, nous allons à Sarne dans l'espoir de retrouver une adolescente. Dénicher le corps ? Facile ! Mais quitter la ville, c'est une autre affaire ! "

  

Mon avis :

 

Quand j'ai découvert ce livre, je l'ai immédiatement acheté. Le dernier roman de Charlaine Harris paru en France, je ne pouvais pas le manquer. Surtout, il s'agit d'une nouvelle série. Allai-je autant l'apprécier que La communauté du Sud ?

 

Pour l'instant (c'est à dire, après lecture de ce premier tome qui, je l'espère sera suivi de plusieurs autres), ma réponse est oui. Harper Connelly est pourtant très différente de Sookie Stackhouse. Elle ne lit pas les pensées des personnes vivantes, elle lit celles des morts, ou, du moins, est capable de revivre leurs derniers instants. Pratique, me direz-vous, surtout pour mener une enquête policière. Oui, si l'on excepte plusieurs restrictions :

- elle ressent ce qu'a ressenti la victime, elle ne peut identifier le meurtrier.

- vous rencontreriez une personne qui prétende posséder de tels pouvoirs, vous la croiriez ? Non. Ne seriez-vous pas tenter, surtout si elle monnaye ses services, de la considérer comme un charognard qui exploite la douleur des proches ? Oui.

Vous saisissez maintenant pourquoi Harper est rarement la bienvenue.

   

Pourtant, j'avais cru repérer un point commun entre Harper et Sookie : leur frère. Quand j'ai lu le quatrième de couverture, et découvert la présence de son frère, je me suis dit "Tiens, un second Jason Stackouse ! " Je me trompais encore. Si Tolliver est un séducteur, il prend soin de sa soeur, fragilisée par son métier et les épreuves de sa jeunesse, à un point qui excède parfois le simple amour fraternel. Certains ne se privent pas de leur rappeler qu'ils ne sont pas vraiment frère et soeur. Comment cette relation ambiguë évoluera-t-elle ?

 

Maintenant, il est vrai qu'en dehors du "pouvoir" d'Harper, nous sommes davantage dans un roman policier que dans un roman de fantasy pur. Harper, assistée de Tolliver, a découvert le corps de la jeune femme qu'elle devait retrouver. De fait, elle n'a pas seulement repéré un corps qui avait besoin d'une sépulture décente, elle a aussi ranimé des souvenirs, révélé des faits que les notables auraient bien voulu oublier ou ne jamais connaître. Elle déclenche ainsi une série d'événements qui risque de la toucher également.

 

Pas de vampires, pas de loup-garous, mais le style de Charlaine Harris est toujours aussi fluide et agréable. Les rebondissements, qui se mélangent aux révélations sur le passé de Harper et Tolliver, donnent envie de poursuivre sa lecture, jusqu'au dénouement.

 

Je lirai les tomes suivants de cette série, sans hésitation.

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16 janvier 2011 7 16 /01 /janvier /2011 15:39

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Titre : les vacances d'Hercule Poirot .

Auteur : Agatha Christie.

Éditeur : Le livre de poche.

Nombre de pages : 219.

 

Quatrième de couverture :

 

Hercule Poirot aimerait bien passer des vacances tranquilles. Une petite île, un hôtel agréable, une cuisine soignée, des pensionnaires charmants... Tout irait pour le mieux si, parmi les estivants, ne rôdait une de ces femmes fatales qui font faire bien des bêtises aux hommes.

 

Mon avis :

 

Rien n'est meilleur en cette saison que de partir en vacances d'été, même si c'est en Angleterre (les Caraïbes en compagnie de Miss Marple étaient tout de même une destination plus exotique).

 

Pourtant, dès le début du récit, la tension est palpable : Hercule Poirot évoque à quel point il serait facile de commettre un crime ici et l'un des vacanciers, pasteur surmené, parle de "la présence du Mal". Les activités purement estivales (parties de tennis, bains de soleil, nage) ont beau se dérouler, la sérennité n'est pas de mise. Disons-le tout de suite : la présence de la sulfureuse Arlena Stuart focalise tous les regards (sauf celui de son mari) et attise les passions, enfin, surtout celle de Patrick Redfern. Sa mort ne fait que confirmer les sinistres pronostics émis par le pasteur.

 

Je la plaindrai presque, cette Arléna. Comme trop souvent chez Agatha Cristie, elle est victime de sa bêtise et de son incroyable naïveté. Légère, frivole, peu soucieuse de son rôle de belle-mère (les familles recomposées ne sont pas nées dans les années 90), elle ne laissera pas de regrets derrière elle, ni de chagrin. Elle est malchanceuse aussi : les hommes dont elle s'est successivement éprise ne l'aimaient pas réellement, ou leur amour s'est vite éteint. Même son mari ne restait avec elle que par devoir - un comble pour une femme fatale.

 

Pas de chance pour le coupable : s'il croyait qu'Hercule Poirot allait rester tranquillement dans son transat, à écouter la truculente Mrs Gardener et les réponses immuables de son mari (Oui, chérie) il se trompait lourdement. La personnalité de ce criminel, particulièrement pervers et audacieux, est fascinante. Il avait presque tout prévu, y compris la désignation d'un coupable idéal. Les indices qui mènent à lui(un bain que personne n'a pris, une bouteille vide jetée de l'hôtel....) sont si ténus qu'il faudra tout l'acharnement intellectuel d'Hercule Poirot pour remettre en place toutes les pièces du puzzle, démasquer l'assassin, après avoir dans la foulée, mis fin à un trafic de drogues.

 

En outre, le meurtrier aurait mieux fait de ne pas jouer sa petite comédie devant Hercule Poirot. Non parce que tout ce qu'il a dit s'est retourné contre lui, mais parce que tout ce qu'il a dit sera mis à l'épreuve un jour ou l'autre - et ne résistera pas à l'enquête acharné d'Hercule Poirot.

 

 Si j'ajoute qu'Hercule Poirot va payer de sa personne pour arrêter le meurtrier, vous conviendrez que les vacances d'Hercule ressemblent plutôt aux douze travaux de son antique homonyme. Souhaitons-lui donc une nouvelle enquête un peu plus reposante.

 

Envie de poursuivre l'enquête ? Rendez-vous chez George, et découvrez les billets de tous les participants ! (link

challange-agatha-christie

 

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14 janvier 2011 5 14 /01 /janvier /2011 10:27

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Titre : Le train de 16 h 50.

Auteur : Agatha Christie.

Editeur : France Loisirs.

p. 9 à 338 (volume double).

 

Quatrième de couverture :

 

Roulant dans la même direction et presque à une vitesse égale, les deux trains semblaient disputer un match. Mrs McGillicudy, pour se distraire, regardait les occupants qui s'offraient à sa vue, mais ce qu'elle vit lui arracha un cri. Debout, le dos tourné, un homme serrait la gorge d'une femme : il l'étranglait.

 

Mon avis :

 

Comme le temps a passé depuis L'affaire Protheroe ! Rappelez-vous Griselda, la femme du pasteur, elle était enceinte à la fin de l'intrigue : son fils est désormais adulte et passionné de carographie. Rappelez-vous Raymond West, le neveu écrivain de Miss Marple : son fils cadet est employé au chemin de fer et tous deux, à leur mesure, vont aider Miss Marpe dans son enquête.

 

Elle doit cependant résoudre un problème majeur : son état de santé ne lui permet plus d'enquêter activement sur le terrain. Elle se trouve trop vieille, trop fatiguée pour se lancer dans de nouvelles aventures. Pourtant, celle qui s'offre à elle a de quoi exacerber son sens de la justice. Non seulement le criminel a quitté la gare en toute impunité, mais le corps n'a pas été retrouvé. Comme chacun sait, pas de corps, pas de crime, donc pas d'enquête.

 

. Va-t-elle renoncer  et laisser un crime impuni ? Non. Miss Marple se charge de la première partie de l'enquête, à savoir découvrir où le cadavre a pu être dissimulé, et la seule possibilité est l'immense propriété des Crackenthorpe. Pour la seconde partie, elle va donc devoir se trouver une jeune femme qui puisse l'aider, sans craindre le danger - pour avoir réussi un meurtre aussi audacieux, le criminel ne doit pas être sous-estimé. Etonnante personnalité que celle de Lucie Eleyesberrow : dotée de nombreux talents, elle préfère est une intendante intérimaire, afin de conserver sa liberté et de gagner largement sa vie. Elle se montre sur le terrain aussi efficace dans son métier que dans son enquête, et ce n'est pas peu dire.

 

Mais dans quelle famille est-elle tombée ! Mis à part le tout jeune Alexander, que la mort de son père, et l'immaturité de son père ont fait mûrir plus tôt que prévi, et Emma, qui se sacrifie au bien-être de son père, aucun Crackenthorp n'est sympathique. Ce n'est pas l'amour qui les unit, mais la haine qui les réunit, au point que les décès successifs n'affectent guère les survivants. Dans cette maison, le temps n'a pas de prises. Il semble s'être arrêté après la guerre pour certains, et même bien avant pour le propriétaire des lieux, qui mascère dans sa rancoeur. Chacun semble enveloppé d'un faisceau de brumes, le tueur en série (un concept qui n'a pas été inventé par nos modernes romanciers) a toute latitude pour poursuivre ses funestes oeuvres. Heureusement, je tiens à vous rassurer : le courage de Lucie Eleyesberrow et celui de Miss Marple, réunie pour un dénouement ô combien théâtral, mettront fin à ses oeuvres.

 

Venez  lire les autres billets des participants : link

 

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10 janvier 2011 1 10 /01 /janvier /2011 22:17

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Titre : Oscar Wilde et le cadavre souriant.

Auteur :Gyles Brandeth.

Editeur : 10/18.

Nombre de pages : 415.

 

Quatrième de couverture :

 

En 1883, Sarah Bernhardt et Edmond La Grange dominent le théâtre mondial. Déterminé à faire fructifier sa renommée naissante après sa triomphale tournée américaine, le jeune Oscar Wilde se rapproche d ces deux monstres sacrés. Installé à Paris, il travaille avec La Grange à une nouvelle traduction d'Hamlet qui promet de faire des étincelles. Mais, pour l'heure, elle fait surtout des victimes.... La compagnie La Grange est frappée par une série de disparitions mystérieuse, et Oscar Wilde est bien décidé à en trouver le responsable. Entre jalousies artistiques, vices cachés secrets de famille, le poète dandy découvre l'envers peu reluisant du décor flamboyant du Paris fin de siècle.

 

Mon avis :

 

Je serai brève. Si ce roman avait été classé dans la catégorie "roman historique", je l'aurai adoré. La reconstitution du Paris des années 1880 est parfaite. J'ai vécu véritablement au milieu du théâtre, avec ses comédiens passionnés. La langue est riche, foisonnante, débordante d'images et de précisions.

 

Mais voilà : ce livre est classé dans la catégorie "grands détectives", et je dois dire que ce n'est pas du tout ce que j'attends d'un roman policier.

 

D'abord, même si dans le prologue nous sommes avertis que l'enquête n'a pas été résolue (le récit principal nous ramène neuf ans plus tôt), je ne m'attendais pas à ce que le premier meurtre survienne si tard - page 184. Je ne m'attendais pas non plus à ce qu'il ait lieu dans l'indifférence quasi-générale - seul Oscar Wilde s'émeut et souhaite le résoudre. Même là, je n'ai pas eu l'impression qu'il déployait une activité débordante, et les meurtres suivants n'entraîneront pas plus de suspens.

 

Il faut dire qu'à une exception près, les personnages ne sont pas du tout sympathiques - pour ne pas dire carrément antipathiques. Comme je ne suis pas parvenue à m'intéresser à leur vie, leur mort ne m'a pas non plus bouleversée. Trop de théâtralité, trop d'emphase nuisent à la véritable émotion.

 

Quant à l'enquête, elle n'a pas vraiment lieu, et c'est lors d'un épilogue rapide que la vérité nous est dévoilée. Sir Arthur Conan Doyle résout l'enquête avec une telle rapidité et un tel brio que je me suis légitimement demandée pourquoi le narrateur, qui avait vécu ses faits, n'est pas parvenu à la même conclusion.

 

Bref, un rendez-vous manqué.

 

Objectifchalle11 

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