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11 février 2011 5 11 /02 /février /2011 18:57

conspiration.jpg

 

Titre : La conspiration du temple.

Auteur : Steve Berry.

Editeur : Pocket

Nombre de pages : 662.

 

Quatrième de couverture :

 

Le ministre suprême de la jeune fédération d'Asie Centrale a des rêves de grandeur : depuis sa capitale Sarmacande, elle veut envahir ses voisins afghans et iraniens. Mais pour lancer les opérations militaires, il lui faut réunir les huit décadrachmes de Poros, ces médaillons frappés à l'époque d'Alexandre le Grand. Comment huit pièces archéologiques pourraient mettre l'Asie centrale à feu et à sang ? C'est l'énigme que doit résoudre Cotton Malone, ex-agent du ministère de la Justice américaine, tandis que, dans l'ombre, une organisation secrète prépare en silence un complot terrifiant.

 

Merci à Blog-o-Book et aux éditions Pocket pour ce partenariat.

 

Mon avis :

 

J'avais essayé il y a quelques mois de lire un roman de Steve Berry, Le mystère Charlemagne, et j'ai subi un échec cuisant : j'ai abandonné le livre au bout de 150 pages. En lisant des avis sur ce livre sur Partage-Lecture notamment, je découvris que ce roman faisait partie d'une série et j'ai pensé qu'il était nécessaire de lire les autres tomes avant celui-ci, afin de mieux le comprendre. Quand BOB a proposé ce partenariat, j'ai postulé, car je me suis dit que c'était l'occasion ou jamais de renouer avec cet auteur et, pourquoi pas ? de reprendre la lecture du Mystère Charlemagne.

 

Tout d'abord, les premiers chapitres furent une bonne surprise. Le récit se divise en trois pistes narratives, qui nous entraîne à Venise,au Danemark, et dans la jeune et fictive Fédération d'Asie centrale. Le point commun entre ses trois récits semble la recherche des huit médaillons frappés à l'époque d'Alexandre le Grand. Rien n'est si simple, et derrière cette quête se cachent des enjeux bien plus graves. L'action est si bien menée, l'écriture est si efficace que je n'avais qu'une envie, poursuivre ma lecture et en apprendre davantage.

 

Je ne connaissais de Cottone Malone que le peu que j'avais vu de lui dans Le mystère Charlemagne. Force est de constater qu'il est un personnage attachant. Cet agent retraité, libraire au Danemark, reprend du service pour aider ses amis. Aux qualités que l'on retrouve habituellement chez ce genre de personnages (érudition, courage, capacité à s'adapter quelle que soit la situation) s'ajoute une discrétion et une pudeur qui se retrouvent chez ses amis, Cassiopée et Thorvaldsen. Même frappés par des deuils intimes, leur pudeur leur interdit de s'épancher.

 

Face à eux se tiennent deux personnages, unis par une ambition démesurée, Enrico Vincenti et Irina Zovastina. Enrico aime les chats, voilà tout ce que je trouve de sympathique à ce personnage qui n'hésite pas à sacrifier ses propres alliés pour mener à bien ses projets. L'érudition d'Irina a beau être impressionnante, elle est surtout glaçante : son admiration pour l'Illiade et Alexandre le Grand nourrit sa part d'ombre et une ambition dont l'ampleur et la teneur se dévoilent au fil du récit. Chacun de ses actes révèle son caractère sanguinaire. Son amour pour Karyn l'humanise - un temps. Il n'est qu'une projection de sa volonté de ressembler à son modèle.

 

Plus je progressais dans l'intrigue et plus le rythme du récit s'accélérait. L'intrigue est vraiment menée tambour battant, les péripéties et les renversements de situation ne nous laissent pas le temps de souffler.  Il faut se défier des apparences, car les personnages sont rarement ce qu'ils paraissent être.

 

Bien sûr, certains pourront considérer qu'il faut être passionné par l'Antiquité pour apprécier ce livre. Pour ma part, les explications historiques restent abordables, bien réparties dans l'ensemble du roman et ne sont pas des digressions : elles sont une partie non négligeable de l'intrigue.  

 

C'est promis, je reprends la lecture du Mystère Charlemagne, d'autant plus qu'une discrète allusion est faite à ce roman, par Cotton Malone lui-même.

 

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10 février 2011 4 10 /02 /février /2011 10:03

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Titre : Les ailes du sphinx.  

Auteur : Andrea Camilleri.  

Editeur : Pocket.

Nombre de pages : 253.

   

Quatrième de couverture : 

 

Le corps d’une femme vient d’être découvert dans une décharge. Rien ne permet de l’identifier : elle est nue, sans vêtement ni papier. Seul un petit tatouage gauche pourrait aider les enquêteurs. Un papillon, un sphinx, étrange point commun avec plusieurs immigrées d l’Est, accueillies par une association catholique.

Alors qu’il s’occupe d’un mystérieux enlèvement survenu au même moment, le commissaire Montalbano se heurte à l’évêque et aux hautes sphères de l’Eglise et de l’Etat, mobilisées jusqu’à Rome pour entraver la découverte d’une vérité glaçante… 

 

Mon avis :

 

Si vous n'avez jamais lu une enquête de Salvo Montalbano, alors ne lisez pas ce livre : le personnage évolue réellement au fil de ses enquêtes, et, comme le dit son amie Ingrid, qu'il connaît depuis dix ans, lui, Livia et ses enquêteurs ont un passé qu'il est nécessaire de connaître pour comprendre comment ils en sont arrivés là.

 

Un constat : Salvo a 56 ans et depuis sa précédente enquête, il met en doute sa capacité de jugement. Paradoxe : c'est parce qu'il se remet en cause et se juge avec lucidité qu'il prouve, si besoin en était, qu'il garde ses qualités d'enquêteurs intactes. Rien ne va plus dans sa vie personnelle : Livia et lui sont au bord de la rupture, et l'enquête est ponctuée par leurs tentatives de se parler, de se voir, bref, de tout tenter pour ne pas tout gâcher. Cette partie de l'intrigue tient une part importante dans le récit, pourtant je ne l'ai pas ressenti comme une gène, tant elle n'est pas la pour meubler une intrigue défaillante, mais pour caractériser davantage ce commissaire si humain.

 

Il a deux enquêtes sur les bras, et des hommes pas toujours disponibles (Mimi Augello découvre de plus en plus les joies de la paternité) : une jeune inconnue est retrouvée assassinée, et un homme sans histoire a été kidnappé. Pour cette affaire d'enlèvement, que je ne souhaite pas trop dévoilée, je dirai que le commissaire va utiliser des moyens pas très catholiques pour confondre les coupables, et s'appuyer sur le pouvoir de la presse. Quant au meurtre, il n'est qu'une des ramifications d'une affaire bien plus complexe. Ce tatouage en forme de papillon que porte la jeune femme est devenu la seule trace de son identité, non plus un choix esthétique, comme tant d'autres jeunes filles le font, mais un véritable marquage, qui rappelle des souvenirs sinistres.  

 

Dans une Sicile où ce n'est plus seulement la Mafia dont il faut se défier, mais aussi de l'Etat (les policiers n'ont même plus de quoi mettre de l'essence dans leurs voitures) et d'un certain chef du gouvernement qui n'est jamais nommé, mais dont on devine aisément de qui il s'agit, chaque fois qu'une de ses extravagances est racontée. N'oublions pas l'Eglise, dont l'influence et les pouvoirs sont immenses et vous comprendrez que Montalbano craignit à juste titre de ne pouvoir mener à bien cette enquête quand il a découvert qui était mêlé à ce meurtre. Il lui faudra beaucoup de finesse, un sens aigu de l'observation et de sacrés talents de comédien pour découvrir le coupable. Il lui faudra encore plus de courage pour passer la main, et choisir de privilégier (enfin) Livia.... jusqu'à la prochaine enquête.  

 

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9 février 2011 3 09 /02 /février /2011 20:07

 

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Je me suis inscrite à un nouveau challenge (veuillez compter le nombre de fois que j'ai mis ce mot sur mon blog, je n'en ai pas le courage)  : God save the livre. Je vous laisse lire les explications que donne Antoni, l'organisateur de ce challenge, sur son blog. Pourquoi paraphraser un si bel article ?

 

Le soucis n'est pas tant de s'inscrire, il est que je me suis inscrite dans la catégorie 'Lady Di", soit quinze livres lus entre février 2011 et février 2012 et "Queen Mum", soit un livre lu en VO.

 

J'avais dit que je lisais déjà beaucoup de livres anglais, et que je voulais élargir mes horizons littéraires. Je ne suis pas à une contradiction près (ni à un challenge près, mais je pense que vous l'aviez déjà compris).

 

Atout : il est possible de mélanger ce challenge avec d'autres challenges en cours. J'ai donc déjà quelques titres disponibles (enfin... quatorze, si j'ai bien compté) :

 

Le train bleu d'Agatha Christie.

Le secret des chimneys d'Agatha Christie 
Les pendules d’Agatha Christie.
L'âge de raison d'Helen Fielding

Slam de Nick Hornby.

Tempête sur Shangri-La de Michael Morpurgo

L'étonnante histoire d'Adolphus Tips  de Michaël Morpurgo.

Tout est sous contrôle d'Hugh Laurie.

La constance du jardinier de John Le Carré.

Beaucoup de bruit pour rien de William Shakespeare.
La mégère apprivoisée de William Shakespeare.

Le marchand de Venise de William Shakespeare.

Une situation légèrement délicate de Mark Haddon 

De l'autre côté du miroir de Lewis Carroll  

 

Je suis sûre qu'en cherchant plus attentivement ma PAL, je trouverai le quinzième.

 

Voici ma progression pour ce challenge (au 1er juin 2011) :

 

Victoria et les Staveney de Doris Lessing

Une situation légèrement délicate de Mark Haddon

Au secours, c'est Noël d'Anne Fine

Le royaume de Kensuké de Mickaël Morpurgo

Un cadavre dans la bibliothèque d'Agatha Christie

Mon nez, mon chat, l'amour et moi

L'étonnante histoire d'Adolphus Tips

Tempête sur Shangri-La de Michael Morpurgo

Le palais Adamantin de Stephen Deas

Semaine celtique 4 : 4 garçons dans la nuit de Val McDermid

  Le cinquième enfant de Doris Lessing

Le cauchemar de l'épouvanteur de Joseph Delaney

Boum ! de Mark Haddon

De l'autre côté du miroir de Lewis Carroll

L'âge de raison d'Helen Fielding

 

Pour la VO, je pense lire une enquête de Sherlock Holmes en anglais, certainement Le chien des Baskerville. Finalement, après recherche, j'ai choisi Shadow de Michaël Morpurgo.

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6 février 2011 7 06 /02 /février /2011 18:29

Je me suis encore inscrite à un challenge - et oui, ce sont des choses qui arrivent.

Celui-ci est entièrement consacré à la littérature jeuneesse et est proposé par le forum Whoopsy Daisy. link.

Je me suis inscrite dans la catégorie Young adult.

Tous les titres sont dans ma PAL, donc je n'ai plus qu'à lire.

Avantage : ce challenge peut se combiner avec d'autres challenges en cours.

 

Loulette de Claire Clément.
Bleu de rose de Marie Chartres.
Peggy Sue, tome 9 : la lumière mystérieuse de Serge Brussolo.
Artémis Fowl tome 5, la colonie perdue, d’Eoin Colfer
Terre noire de Mickaël Honaker.
La destruction des pouvoirs de mon petit frère de Mélanie Lafrenière
Bjorn le Morphir de Thomas Lavachery
Le mort du noyer de Claire Mazard
Mademoiselle Scaramouche de Jean-Michel Payet.
L'amour au vol d'Anne-Marie Pol.

 

Au final, j'aurai lu pour ce challenge :

 

Comment je suis devenue flic d'Anne et Marine Rambach

Oh, boy ! de Marie-Aude Murail

Babyfaces de Marie Desplechin

Bleu de Rose de Marie Chartes

Rien de plus précieux que le repos de Yamina Benahmed Daho

Onze de Xavier Deutsch

le club des inadaptés de Martin Page

Soeur blanche, soeur noire d'Yves Pinguilly

 

Challenge youg adult

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5 février 2011 6 05 /02 /février /2011 18:56

Depuis quelques temps, cette idée me trottait dans la tête. Alors je me suis dit : pourquoi pas ?


Je lis beaucoup de romans policiers, ce genre littéraire est vraiment mon genre de référence, mais je ne lis que des romans français, anglais, américains ou canadiens. J'en veux pour preuve les nombreux résumés que j'ai postés sur les romans d'Agatha Christie ou d'Anne Perry.

Mon défi est simple : poursuivre mes excursions policières autour du monde. Je suis déjà allée en Chine (Mort d'une héroïne rouge de Qiu Xialong ), en Australie (Le mystère du Hansom Cab de Fergus Hume ), en Suède Meurtriers sans visage d'Henning Mankell ), en Norvège ( Les cafards de Jo Nesbo. ) et en Espagne (Les thermes de Manuel Vasquez Montalban 

 

Je me propose donc, une fois par mois (minimum) de découvrir un nouveau pays. Mon but, en décembre 2011, est d'avoir visité au moins douze nouveaux pays.

D'autres voyages littéraires et policiers sont prévus, notamment en Finlande, avec Arnaldur Indridason, en Inde, au Japon, en Belgique ou en Grèce .

 

Si vous avez des auteurs à me suggérer, n'hésitez pas !

 

 

 Imogène le 25 mars 2007

 

Pour le mois de janvier, j'ai lu Reves de frontières de Paco Ignacio Taïbo II (Mexique).



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3 février 2011 4 03 /02 /février /2011 15:21

 brunswickgardens.jpg

 

Titre : Brunswick Gardens.

Auteur : Anne Perry.

Editeur : 10/18

Nombre de pages :

 

Quatrième de couverture :

 

En cette année 1891, à Londres, chez le très respecté pasteur Parmenter, éminent théologien promis à de hautes fonctions, l’atmosphère est lourde et la situation «fâcheuse». Un meurtre vient d’être commis et la victime n’est autre que la belle assistante du pasteur, Unity bellwood, une femme libre, féministe et grande militante des théories de Darwin. Les suspects ne manquent pas, car les idées modernes de la jeune femme lui avaient valu de nombreuses inimitiés dans la maison. Chargé de cette épineuse affaire, le commissaire Thomas Pitt, aidé de sa femme, la clairvoyante Charlotte, devra plus que jamais faire preuve de tact et d’habilité. Les consignes sont claires : éviter un scandale. Sur fond de pressions politiques et de querelles religieuses, c’est un véritable parcours d’obstacles qui attend les Pitt, d’autant plus qu’un des occupants de la maison est une personne qu’ils connaissent tous deux fort bien.

 

Mon avis :

 

L’art d’Anne Perry est l’art de tisser une trame serrée entre tous ses romans. Elle n’est pas de ces romancières qui créent un personnage et l’oublie aussitôt. Dix ans et de nombreuses enquêtes ont passé depuis l’Etrangleur de Carter street, et nous retrouvons Dominic Corde, le beau-frère de Charlotte Pitt. Ces dix année sl’ont transformé, mais ne lui ont pas fait oublié le passé.

 

Alors qu’Ashworth Hall était un drame politique, Brunswick Garden a tout du drame intime. Pitt est ici pour éviter le scandale. Il se déplace vers chacun des membres de la maisonnée (dans les enquêtes modernes, nous avons plutôt l’habitude que les suspects se déplacent), les découvrant ainsi dans leur intimité. Seul Dominic, qui n’est que de passage dans cette famille, fait exception, et va presque de lui-même parler à Thomas Pitt.

 

Eviter le scandale est le but, si ce n'est que Pitt et son supérieur tiennent avant tout à établir la vérité, pour rendre justice à la victime et aussi pour que la suspicion ne plane pas sur un innocent. Thomas se trouve pris entre son devoir de policier et son inimitié pour Dominic. Celui-ci ferait un coupable idéal, et Thomas se surprend à espérer qu'il puisse l'être - ce dont il frémit aussitôt. L'inspecteur ne laisse pas passer les faiblesses et surtout pas les siennes.


Roman intime, Brunswick Garden montre la place des femmes dans la société victorienne, et le difficile combat de celles qui voulaient être reconnus à leur juste valeur. Unity, par sa passion, par son intransigeance, aura été le catalyseur qui déchaînera les passions.


Le dénouement sera à l'image du roman : intimiste.

 

                                                challe11                Objectif-copie-1

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3 février 2011 4 03 /02 /février /2011 14:21

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Titre : La plus grande lettre du monde.

Auteur : Nicolas Schneegans

Editeur : le livre de poche.

 

Présentation de l'éditeur :(source : site du livre de poche jeunesse).

 

Nicolas vient de perdre sa grand-mère. Profondément marqué par cette disparition, il se lance un fabuleux défi : écrire à sa future femme une lettre extraordinaire, une lettre qui retrace toute son histoire passée, présente et à venir...

 

Circonstance de lecture :

 

Le moins que je puisse dire, c'est que je ne participe pas souvent à la journée des enfants. Le fait est que nous ne sommes pas mercredi, mais jeudi.

Mon ordinateur a eu la gentillesse de m'abandonner hier à 13 h 30. J'ai donc dû changer le sujet initialement prévu et le poster en retard.  

 

Mon avis :

 

Ce roman est très court, et sa raison d'être provient essentiellement de l'immense solitude dans lequel est plongé le tout jeune narrateur. Sa mère est morte, sa grand-mère vient de mourir et il n'a personne à qui confier sa peine et ses questions.

 

Roman épistolaire ? Non, pas vraiment. Les codes de la lettre sont respectées, mais le roman tient plus du journal intime que du genre épistolaire pur et dur.Nicolas invente au fur et à mesure cette future compagne, qui elle seule pourrait le comprendre et le consoler.

 

Ce petit roman, écrit avec des mots simples, aborde des thèmes durs tels que le deuil, la maladie, les secrets de famille et la recherche de ses origines avec beaucoup de pudeur et de tendresse. Comme le héros de Noé, Nicolas s'interroge sur son père, sans rancoeur et sans curiosité excessive non plus. Son grand-père, désormais seul avec lui, est davantage dans l'urgence, afin d'assurer  l'avenir de son petit-fils.

 

Le dénouement ne résout pas tout - comme dans la vie. Il ouvre suffisamment de perspective pour laisser vagabonder l'imagination des enfants.

 

58202548 p

 

 

 


 

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2 février 2011 3 02 /02 /février /2011 21:02

guiguette.jpg

 

Titre : La guinguette à deux sous.

Auteur : Georges Simenon.

Editeur : Le livre de poche.

 

 

Circonstances de lecture :

  

J’ai lu, entre vingt et vingt-deux ans, toutes les enquêtes du commissaire Maigret. Comme j'ai du mal à me concentrer sur mes lectures en ce moment,  j’ai relu une de ses enquêtes, une de celles dont je ne me souvenais pas trop. 

 

 Mon avis :    

 

Si vous ne connaissez pas l’univers de Simenon, je ne vous conseillerai pas de débuter par cette enquête car elle apparaît comme une parenthèse dans la carrière de Maigret. Pourtant, le roman avait débuté de manière dramatique. Nous suivons Maigret rendant visite à un condamné à mort dont le pourvois a été rejeté. Celui-ci, qui n’a jamais voulu charger ses complices, fait une confidence à Maigret : il connaît un homme honorable qui mériterait la guillotine autant que lui. Il ne lui donne pas son nom (ce chef de bande respecte jusqu’au bout son code de l’honneur) mais lui décrit ce que lui et son ami Victor ont vu six ans plus tôt et lui donne un nom : la guinguette à deux sous.  

 

La seconde enquête ne démarre pourtant pas. Le temps passe, et Maigret a d’autres préoccupations : ce sont les vacances, il doit rejoindre sa femme en Alsace, les policiers sont surchargés de besogne. Le hasard va véritablement le remettre sur la trace de cette guinguette, et, le temps d’un week-end, il s’y laisse entraîner, rencontrant les habitués. La faune est étrange, hors du temps. Ce sont tous ou presque des notables venus se distraire, un médecin, un entrepreneur, un chemisier, un employé de banque, qui s‘amusent à reconstituer l’ambiance désuète du début du siècle. Maigret semble presque en vacances au milieu d’eux. Rien ne lui échappe pourtant : la mélancolie des uns, la trop grande joie de vivre des autres. Il découvre même la liaison extraconjugale qui unit Basso l’entrepreneur à la très sensuelle Mado Feinstein.

 

Survient la tragédie : Feinstein est retrouvé mort, une balle dans le cœur, Basso, l’arme à la main, proteste de son innocence. Ceux qui fuyaient le monde contemporain, et avec lui, leur passé, se trouvent rattrapés par les conséquences de ce meurtre. Fuite, cavale, déploiement de gendarmerie digne des plus grands gangsters paraissent incongrues, et Maigret lui-même prend ses distances vis-à-vis d’une enquête qui se déroule presque malgré lui. Il la suit pourtant, tout en retrouvant la trace du meurtre qui a eu lieu six ans plus tôt, et qui le ramène vers les habitués de la guinguette.

 

Le dénouement ne fut pas pour moi un voile qui se déchire, il me parait tristement banal, tragiquement réaliste et m'a laissé un goût amer . Durant tout le roman, Maigret a plus agi en homme qu'en policier et c'est sans doute pour cette raison qu'il a été berné - et, lui semble-t-il, avec son propre consentement.

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2 février 2011 3 02 /02 /février /2011 10:07

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Titre : Des ailleurs impossibles.

Auteur :Eugénia Patrizia Solda

Editeur : chèvrefeuille étoilée.

Nombre de pages : 252.

 

Quatrième de couverture :

 

Après Itinéraire d'une délinquante juvénile, publié comme premier tome d'Un demi-siècle de la vie d'une femme, Eugénia Patrizia Solda continue pour nous son parcours et nous plonge dans la France des années 60. A dix-sept ans, elle étouffe dans une famille dont elle ne peut accepter l'étroitesse et l'hypocrisie et se retrouve aussi confrontée à une société de classes, encore bardée de rejets et où elle, la Ritale, peine à trouver des repères. Avec une finesse et ue justesse qui donne le ton de ce livre, elle  nous décrit une France ouvrière où, dans les ateliers de confection, l'arrogance et le mépris des chefs faisaient courber la tête des "petites mains", la France d'avant mai 68 où sont déjà perceptibles les frémissements et la révolte d'une jeunesse qui rêvait de briser les carcans.

Quelques jours dans la vie d'une femme, une errance, des amours et des adieux, des rencontres dans les rues et les nuits de Paris, une ville magnifiquement décrite, et surtout une quête : celle d'une presque femme à la recherche d'ailleurs impossibles, et surtout en quête d'elle-même dans un univers oùson corps de femme lui est prison, et où elle sait que si elle ne veut pas se perdre, il lui faut "se battre,mordre et survivre".

 

Merci à Babélio et aux éditions Chevre-feuille Etoilée pour ce premier partenariat.

 

Mon avis :

 

Qu'évoquent les années 60 pour vous ? Les yéyé, mai 68 ? Une époque insouciante et heureuse ? Ce sont du moins les clichés véhiculés de nos jours. N'avez-vous pas entendu, parfois, des soupirs de nostalgie, des "c'était mieux avant' ?

 

Ce livre va à contre-courant. Patrizia, la narratrice, nous livre, dans une écriture à vif, heurtée, un mois de sa vie de jeune femme, un mois où elle a vécu une vie d'errance dans Paris. Des termes très contemporains me viennent à l'esprit pour qualifier ce qu'elle a vécu : "précarité, SDF". Ils sonnent fades et creux par rapport à  l'intensité de ce qui est raconté. Patrizia a connu l'enfermement, dans une maison de redressement, elle est toujours enfermée dans un carcan familial et bien pensant. Le temps qui a passé semble ne pas avoir cicatrisé ses blessures et la révolte est toujours là, brûlante. Elle l'emporte toujours car jamais la narratrice ne cherche à attirer notre compassion.

 

Patrizia est triplement prisonnière. Elle est mineure, donc ses parents peuvent disposer d'elle à son gré. Ses peurs n'ont rien de chimériques. Elle est femme, donc son corps est étroitement surveillé, suspecté par les femmes (sa mère en tête), désiré avec brutalité par certains hommes (il n'est pas question d'amour). Elle est immigrée italienne, et s'accroche à ses papiers qui lui permettent de rester en France. Pour ses compagnons d'infortune, ceux qu'elle retrouve au Vert-Galant, ce n'est en rien péjoratif au contraire, Dick lui trouve même un air de "madone italienne". Pour les autres (et ils sont nombreux), cet état de fait est une source perpétuelle de brimades et de vexations, un motif supplémentaires de suspicions. 

 

Le récit ne dure qu'un mois, pourtant il donne l'impression que le temps a été dilaté, tant un mot, un geste, a pu raviver chez la narratrice un souvenir, souvent celui d'une rencontre ou d'un événement pénible. S'il est vrai que je trouvais désagréable au début de croiser ses personnes, et de ne plus les revoir (Paulette est une exception), j'ai eu l'impression que grâce à eux, Patrizia dressait un état des lieux des carences affectives, des souffrances familiales. Les siennes d'abord, entre un père dépressif, une mère et une soeur qui ne comprennent pas ses aspirations. Celles de ses compagnes d'infortunes ensuite. Les familles décomposées ne sont pas l'apanage des années 2000, et les enfants avaient encore plus de mal à trouver leur place. Que dire de Paulette, préférant changer d'identité la nuit, métisse et enfant illégitime ? Sa petite soeur, qui  n'a aucun prénom, sans doute pour compenser la double identité de sa soeur, est élevée par une nourrice, à la campagne, comme dans les romans du XVIIIe siècle. Quant à Dick, qui veut vivre son amour pour Karine librement, il endurera la même souffrance que les amoureux ordinaires. J'ai une tendresse particulière pour lui, car il est un des rares personnages entièrement désintéressé de ce récit.

 

La narratrice ne nous épargne rien - mais devait-elle nous épargner quelque chose ? Trouver un lieu où dormir, sans crainte du froid, des rafles est une préoccupations première - une question de survie. Se nourrir ensuite - un acte si simple en apparence. J'ai eu des crampes d'estomac à chaque fois qu'elle rappelait qu'elle n'avait pas mangé à midi, ou qu'elle n'avait rien mangé de la journée. Avoir de vêtements propres, pouvoir se laver, bref, garder sa dignité sont des combats quotidiens. La solidarité vient de ses compagnons de la rue, ceux dont la précarité est encore plus palpable que la sienne, ou de rencontres de hasard. J'avoue que certaines situations m'ont choquées, notamment celles qui sont liées au monde du travail.

 

Oui, le travail se trouvait facilement, dans ses heureuses années soixante : Patrizia ne retrouve-t-elle pas un emploi de couturière en une semaine ? S'il est si facile à trouver, c'est parce que l'être humain est jetable et consommable, surtout s'il s'agit d'une femme. Il est facile de la "consommer", comme elle a failli l'être par le fils du chocolatier, ou d'en avoir "deux pour le prix d'une, comme dans cet hôtel, où la fille et la mère, en situation précaire car immigrées, travailleront de concert.

 

Patrizia ne se résigne pas, c'est pour cette raison que son mariage m'a étonnée. Son mariage est un rachat, dit-elle, pourtant l'angoisse sourd dans ses trois dernières pages. Patrizia sera-t-elle heureuse ? Celle que son père chosifie en la traitant de "colis", celle qui, mécaniquement, a fait le ménage chez Phaït, se comportant comme une bonne ménagère avant d'être sa femme, pourra-t-elle oublier ses aspirations ?  

 

Un troisième tome de récit nous apportera sans doute la réponse.   

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30 janvier 2011 7 30 /01 /janvier /2011 16:22

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Titre : Rêves de frontières.

Auteur : Paco Ignacio Taïbo II.

Editeur : Rivages/Noir.

Nombre de pages : 110.  

 

Quatrième de couverture :  

 

Hector, le détective borgne de Paco Taibo II, part sur les traces d’une actrice de cinéma qu’il a bien connue lorsqu’ils étaient l’un et l’autre étudiants. Il la retrouve tout au long de villes qui jalonnent la frontière entre le Mexique et les Etats-Unis. Elle dit être poursuivie par un policier amoureux et violent qui lui fait peur. Mais dans son sillage, se meuvent aussi un producteur de « soap operas » télévisés qui n’hésite pas à jouer les proxénètes, et un dangereux narco-trafiquant.

« A la différence des auteurs de romans policiers, Belascoaran appréciait les histoires complexes, mais où rien ne se passait », Paco Taibo en grande forme signe là une histoire complexe comme la vie, quand le passé revient à la surface et vous donne un sacré coup de blues. Il nous livre la quintessence de « l’esprit Belascoaran Shayne », ce mélange incomparable de subtilité, de nostalgie et d’humour qui font la lecture de ce court récit un vrai régal.  

 

Mon avis :  

 

Voici ma première incursion avec le polar mexicain. Hector, le héros de Paco Ignacio Taïbo II, est un homme ordinaire, simple. S’il se lance dans cette enquête, c’est autant pour le souvenir d’un ancien amour que pour aider une adolescente - la fille de l’actrice. Souvenir d’un amour, car Hector est un homme lucide, presque désabusé. Elle n’est plus la femme qu’il admirait. Elle n’est pas non plus la femme qu’elle aurait voulu être et se leurre elle-même. Sur sa carrière, sur ce qu’elle est obligée de faire. Hector fait tout ce qu’il peut, il est difficile d’aider quelqu’un qui ne veut pas l’être.

Le roman est court, sobre, pourtant l’auteur dresse un portrait sans concession d’une société gangrenée par la corruption, où accomplir ses rêves est rares.

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