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23 février 2011 3 23 /02 /février /2011 21:00

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Titre : Le temps de la sorcière.

Auteur: Arni Thorarinsson.

Editeur : Points.

Nombre de pages : 426.

 

Quatrième de couverture :

  

Muté dans le nord de l’Islande, Einar, le sarcastique reporter du Journal du soir, se meurt d’ennui; D’autant qu’il ne boit plus une goutte d’alcool ! Tout ceci deviendrait vite monotone… si ce n’étaient ces étranges faits divers qui semblent se multiplier : un étudiant disparaît, des adolescents se suicident… Einar voit d’un autre œil cette microsociété gangrenée par la corruption et la drogue.  

 

Mon avis : 

 

La semaine nordique organisé par Cryssilda et Emma est l’occasion pour moi de me plonger dans la littérature islandaise. Je découvre ainsi un nouvel auteur de polar : Arni Thorarinsson.

 

Je tiens à avertir les amateurs de suspens pur et dur : le rythme de l’enquête est assez lent, d’autant plus que nous ne la suivons pas avec les enquêteurs mais avec un vaillant et sympathique journaliste, Einar. Ce nouveau héros paraît d’abord assez banal. Il est séparé de sa femme, il est papa d’une adolescente, Gunnsa, et a un problème avec l’alcool. Là s’arrêtent les ressemblances avec des stéréotypes. Einar s’entend bien avec sa fille, il est sobre depuis deux mois, il partage son appartement avec Joa, une collègue et avec Snaelda, sa «dernière petite amie» (non, je ne dévoilerai pas sa particularité). Einar a été exilé dans le nord du pays (la province, si vous préférez, et qu’est-ce qui peut arriver de pire à un journaliste ?). Il se voit confier des articles passionnants, comme poser une fois par semaine la question du jour à cinq passants (jouez-vous au loto ?).

 

Son quotidien est bouleversé par deux affaires, qui semblent n’avoir aucun rapport : la disparition d’un brillant étudiant et la mort accidentelle de Disa Björk, la femme d’un riche industriel local. Einar suit la première enquête de très près, car il avait rencontré le jeune Skarphedinn, un garçon charismatique à qui tous les espoirs étaient permis. Einar peine pourtant à se faire une vision juste de ce jeune homme, écrivain à ses heures, acteur, affichant parfois des idées contradictoires (n’est-ce pas le propre de sa jeunesse ?) Ses extravagances et sa connaissance de la mythologie islandaise, à l’heure où la culture de masse anglo-américaine envahit l’Islande, complètent le portrait de ce jeune homme complexe. Plus inquiétant, deux jeunes filles de son entourage meurent : suicide ? surdose de médicaments ? Qui était-il donc pour susciter une adoration digne d’une rock star ?

 

Einar s’interroge également sur la mort de Disa Björk, enquête d’autant plus épineuse qu’elle doit se cacher sous couvert de «reportage journalistique». La mort de Disa arrange tout le monde sauf sa mère qui, du fond de sa maison de retraite, se révolte contre les apparences. Ce n’est plus de tact dont doit fait preuve Einar, en dépit de ses contact avec la police locale, mais de trésors de souplesse et d’imagination. Les deux intrigues prennent place dans une société islandaise malade. La délinquance et la drogue gangrènent la jeunesse, le racisme est omniprésent, l’économie locale est au plus mal, la mondialisation ne résout aucun problème, elle en crée plutôt. Les hommes politiques locaux ont beau se gargariser, les problèmes sont là, cuisants et insolubles.

 

Einar, son ami Joa et sa «compagne» paieront de leurs personnes pour l’enquête. J’ai beaucoup apprécié ce personnage par son humour et sa nonchalance. Il trouve même le temps d’aider son ancien rédacteur en chef à résoudre ses problèmes de couples.

 

Le second tome des aventures d’Einar, Le dresseur d’insectes, a déjà rejoint ma PAL.



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23 février 2011 3 23 /02 /février /2011 11:23

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Pour ma troisième participation à la journée des enfants, je voulais partager cette photo que j'intitulerai : être enfant il y a cent ans, tout simplement parce que cette photo est, à peu de choses près, centenaire. 

 

Nous sommes en 1911. La petite fille sur la photo s'appelle Georgette, elle a un an et demi, et elle a déjà une petite soeur âgée de six mois, Suzanne.  Elle tient la main de son père, dont elle porte la forme féminisée du prénom, et sa maman se penche vers elle, attentionnée. Elle ne le sait pas encore, mais elle vivra 91 ans.   

 

Comme compagnon de jeu, elle aura un chat, Tifoune, noir et blanc, puis un chien : elle posera même en photo avec lui (note : les animaux sont souvent présents sur les photos de famille).

 

Son père, comme les trois frères de sa mère, sera mobilisé en 1914 : la guerre se terminera pour lui en 1916, après une très grave blessure.

 

Elle et sa soeur iront à l'école et auront leur certificat d'étude. Pour elles, la journée des enfants, c'est le jeudi. Elles peuvent alors voir leurs trois grands-mères (déjà une originalité pour l'époque). Quand Georgette demandera à sa mère : "Qui est la vraie mère de papa ?", sa mère lui dira "c'est les deux" puis lui expliquera que l'une, sa tante, n'ayant jamais pu avoir d'enfants, l'autre avait fait le choix, pour ne pas la peiner davantage, de "partager" ses deux petites filles.  

 

Georgette deviendra couturière, se mariera en 1927 et aura huit enfants. La deuxième est d'ailleurs née il y a tout juste 80 ans aujourd'hui.

 

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22 février 2011 2 22 /02 /février /2011 14:42

Je participe pour la troisième fois au rendez-vous organisé par Pimprenelle : découvrons un auteur.

Ce mois-ci, il s'agit de découvrir l'oeuvre de Franck Thilliez (link).

 

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Je ne connaissais pas cet auteur, et aucun livre de Franck Thilliez n’était disponible à la bibliothèque municipale. J’ai donc cherché en librairie et j’ai jeté mon dévolu sur La Forêt des ombres, après avoir hésité avec Train d’enfer pour ange rouge et Fractures.

 

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Je crois sincèrement que j’aurai dû choisir l’un ou l’autre livre car je n’ai pas du tout accroché à la lecture de celui-ci.

Pourtant, je l’ai trouvé facile à lire, j’ai tourné les pages très rapidement et je l‘ai terminé en une seule cession de lecture, plus parce que je voulais voir mes intuitions confirmées que parce que j’appréciais ce récit.

 

David Miller est embaumeur de profession. L’héroïne de L’enfant sans nom aussi, et pourtant les descriptions de son travail m’ont semblé bien plus passionnante. David est aussi écrivain et il reçoit de la part d’un milliardaire énigmatique un contrat mirobolant pour écrire un roman dont celui-ci veut être le héros. Si la somme promise et l’acompte donné sont mirobolants, en revanche les conditions de travail s’avèrent plus que particulières : David, sa femme et leur petite fille vont se retrouver dans un chalet isolé en pleine Forêt-Noire, avec pour compagnie le milliardaire, invalide qui plus est, et Amandine, sa compagne, très particulière. Le jeune couple, qui traverse une crise (enfin, David n’est pas vraiment au courant, il a du mal à voir ce qui se passe tout près de lui) n’est pas au bout de ses (mauvaises) surprises, et de rencontres toutes plus singulières.

 

Nous avons là tous les ingrédients d’un huis clos, pourtant, je ne me suis jamais sentie réellement oppressée; je m’attendais à ce que j’allais découvrir sur Arthur Doffre, sur David ou encore sur Amandine. Les péripéties que j’ai lues m’ont toutes semblées des passages obligées, déjà rencontrées dans d‘autres romans. Je n'ai bien sûr pas apprécié le traitement réservé aux animaux - tout-tueur-en-série-a-commencé-par-tuer- des-animaux. Cette vérité générale, entendu une bonne dizaine de fois dans des séries télévisées, lu et relu dans des polars américains, ne m'a pas semblé apporter grand chose à l'action : je savais déjà qu'Emma et Arthur Doffre étaient dérangés.

 

Je ne me suis pas attachée aux personnages, pas même à Cathy. Chacun d’entre eux avait un fort potentiel et j’ai eu la désagréable impression qu’il n’a pas été suffisamment exploité. Je prendrai l’exemple de Miss Hyde. Sa première apparition fait froid dans le dos, son envoi suivant m’a semblé plus grotesque que terrifiant et j’ai rapidement fait le lien entre l’arrivante mystérieuse du chalet et Miss Hyde. Le traumatisme et les maltraitances qu’elles a subies étant enfant auraient-ils préparé le terrain à son obsession amoureuse ? Ils l’ont en tout cas rendue dépendante affective et manipulable. En revanche, Amandine est réellement intéressante, parce qu‘en dépit d‘un parcours chaotique, elle s‘interroge sur ce qui a fait d‘elle ce qu‘elle est, elle trouve les conclusions par elle-même, elle se rebelle et agit.

 

De même, le dénouement sort des sentiers battus (pas de véritable happy end) et l’épilogue montre que un David qui n’en a fini ni avec ses tourments, ni avec ses traumas. Pourrait-il en être autrement ?

 

Bref, j’ai l’impression d’un rendez-vous manqué.

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20 février 2011 7 20 /02 /février /2011 22:08

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Titre : Un brillant avenir.

Auteur : Catherine Cusset.

Editeur : Folio.

Nombre de pages : 370

 

Quatrième de couverture :    

 

En 1958, malgré l’opposition de ses parents, Elena épouse Jacob, un Juif. Elle réalise son rêve : quitter la Roumanie communiste et antisémite de Ceaucescu et émigrer aux Etats-Unis.

 

Elle s’y fait appeler Helen et rompt avec son passé. Mais, vingt ans plus tard, elle se retrouve confrontée à une réalié qui lui échappe : l’indépendance de ce fils à qui elle a tout sacrifié, et qui épouse Marie, une Française. Compte-t-il partir à son tour ?

 

Helen n’aime pas la jeune femme, qu’elle trouve égoïste et arrogante. Marie a peur de cette belle-mère dont le silence recèle une hostilité croissante. Pourtant, entre ces deux femmes que tout oppose - leur origine, leurs valeurs et leur attachement au même homme -, quelque chose grandit qui ressemble à de l’amour.  

 

Mon avis : 

 

J’ai laissé passer du temps entre la lecture de ce livre et la rédaction de mon avis, car je ne peux pas vraiment dire que je l’ai apprécié. Je n’ai pas été touché par le destin de cette femme. Pourtant, le livre est remarquablement écrit, le texte est techniquement parfait, ciselé au cordeau. Serait-ce cette précision technique, jointe à la difficulté qu’à l’héroïne à exprimer ses émotions, qui font que je n’ai ressenti que peu d’émotions en lisant ce livre ?

 

Dès le départ, le dénouement nous est connu, ce qui ôte une dimension au roman : je n’ai eu strictement aucune inquiétude pour l’héroïne, je savais que quelles que soient les épreuves qu’elle traverserait, elle et sa famille les surmonteraient. L’intérêt est plutôt de savoir comment Elena, douce petite fille aimant le français, est devenue Helen, américaine aisée et extrêmement stricte.

 

Helen a réduit la cellule familiale à sa plus simple expression : son mari et son fils. La venue de sa belle-fille est ainsi une intrusion intolérable puisqu’elle perturbe le « brillant avenir » qu’elle avait programmé pour son fils, et ce, depuis fort longtemps. Helen n’a pas d’amis non plus, si ce n’est deux collègues de travail. Au moindre affront (ou supposé tel), elle coupe immédiatement toute relation de manière définitive. Le fait qu’elle ait vécu une enfance solitaire, sans ami et quasiment sans amour, la nécessité de cacher son amour puis la nécessité de dissimuler ses véritables opinions font qu’elle est incapable de se confier ou même de dire, simplement, ce qu’elle a sur le cœur. Helen a beau trancher dans le vif, elle reproduit sur son propre fils ce qu’elle a elle-même vécu - et son fils, tout comme elle, choisira avec détermination sa nouvelle cellule familiale. Ce n’est que parce que son fils est le seul amour de sa vie qu’elle passera outre et parviendra à « créer un pont » entre elle et sa belle-fille. Helen a appris à enfouir au plus profond d’elle-même le moindre signe de faiblesse, si bien qu’elle ne l’admet pas non plus chez les personnes qu’elle aime.

 

Avec Elena, nous avons un aperçu des atrocités de ce siècle : la Shoah, le communisme, les conflits au Moyen-Orient. Avec Helen, nous découvrons que la vie aisée aux Etats-Unis n’empêche pas les sacrifices, petits ou grands, ni les souffrances.

 

Camille est comme l’aboutissement de tous ses efforts et elle est promise elle aussi à un «brillant avenir ». Pourra-t-elle le choisir ?

 

                                          challenge                   Objectif

 

 

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20 février 2011 7 20 /02 /février /2011 14:15

roulotte

 

La roulotte de Syl repasse par ici. Je prends le relais de Cécile, qui m'a donné les mots peur, liberté, beauté, dieu, pluie diluvienne à insérer dans cet épisode. Le voici :

 

- Du calme, du calme.

Un homme se détacha du groupe. Il paraissait assez âgé. Son visage était marqué de rides profondes, pourtant il se dégageait de son regard une infinie douceur.

- A moins que les pouvoirs de Clarence n’aient accru de manière considérable, il ne serait pas capable de métamorphoser ainsi les membres de sa milice. Je suis Perceval de Sermisy, prince des Soricis. Vous êtes ici sur notre territoire, sur lequel règne ma fille, la reine Cressilda. Qui êtes-vous ?

Sylphide s’avança, prête à prendre la parole, quand Zlatan l’arrêta d’un geste. Sylphide frémit. Et si tout ceci n‘était qu‘un guet-apens ? Si ces mystérieuses créatures n’étaient autre que des alliés des arachnéens ? Elle braqua sur lui son arquebuse miniature.

- Sylphide, lui sussura Zlatan, crois-tu vraiment qu’il soit nécessaire de montrer notre manque de cohésion ?

- Excusez-moi, dit le prince des chauve-souris en toussotant. Cette jeune femme, dit-il en désignant Cathy, toujours inconsciente, me semble mal en point. Ne serait-il pas mieux de la transporter au palais ? Il est tout proche et très vaste.

- Majesté…. commença un des gardes, plus grand et plus musclé que les autres. Le crâne rasé, marqué de tatouages, le nez cassé, les yeux brillants d‘un regardé halluciné, il semblait ne faire qu’un avec son arc.

- Toby, je sais que vous souhaitez uniquement protéger mes filles et mes petits-enfants. Je sais aussi que vos hommes risquent d’être pris de crampes. Quelle que soit leur capacité de concentration, j’ai peur qu’une flèche ne parte par accident. Et là, Toby, je ne saurai comment expliquer à ma fille aînée que nous avons maladroitement transpercé … des visiteurs pendant notre promenade. Je n’ai toujours pas entendu votre nom, s‘enquit-il auprès de Zlatan.

- Je suis Zlatan, roi des arachnéens, et cette jeune femme est Cathy-Rose de Plessis, reine des Lepidopteranus.

- J’ai toujours cru que l’existence de ces deux espèces était une légende, s‘exclama Perceval. Ne me dites pas que nous assistons à sa métamorphose ? Dépêchez-vous, formez un brancard et téléportez-vous jusqu’au palais. Le ciel se couvre et je crains qu’une pluie diluvienne ne s’abatte sur nous.

- Nous n’abandonnerons pas notre reine, s’exclama Gaston.

- Qui vous parle de l’abandonner ? Vous aussi, vous allez vous téléporter avec nous. Prenez-ma main et partons ». Il joignit le geste à la parole, et ils disparurent tous les deux, bientôt suivis par les gardes, emportant Cathy et chacun des membres de l’expédition.

 

Quand Cathy se réveilla, le lieu dans lequel elle se trouvait était plongé dans une semi-obscurité. Un instant, elle se demanda dans quel lit elle se réveillerait, quels draps la berceraient. Elle ouvrit les yeux et saperçut quelle lévitait au-dessus du lit.

- Grâce à Dieu, elle s’est réveillée.

Aaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaah ! Le cri sortit de la gorge de Cathy. Elle battit des bras frénétiquement, avant de retomber sur le lit.

- Ne craignez rien Livia. Nos literies sont moelleuses et solides.

Cette petite voix aigüe lui était inconnue. Cathy tourna la tête dans sa direction. Une femme était assise dans un fauteuil. Elle semblait petite, et très maigre. Elle portait une grande robe sombre et brillante, ses cheveux étaient ramassés en un ample chignon. Comment pouvait-elle supporter d'attendre ainsi dans le noir ?

La jeune femme se leva et sassit sur le lit. Pourquoi Cathy était-elle étonnée ? Ce quelle avait pris pour de longues manches bouffantes étaient en réalité des ailes repliées.

 

- Je puis les rendre invisibles si je le veux, mais je nai pas envie de gaspiller une précieuse énergie. Nous sommes en guerre nous aussi. Cressilda de Sermisy, reine des Soricis, fille de Perceval de Sermisy et de feue la reine Margareth de Soricis. Je ne saurai dire à quel point je suis heureuse de faire votre connaissance. Quand j’étais enfant,

 

 

mon père nous racontait à Cassidie et moi la légende de votre peuple. Dire que ce conte est une réalité ! Je regrette que ma mère ne puisse le voir. Ne vous fatiguez pas, vous venez de vivre une épreuve particulièrement douloureuse.

- Vous êtes pourtant restée évanouie peu de temps, murmura Livia. Jamais un Lepidopteranus ne s’est métamorphosé aussi vite, ni n’avait obtenu de tels pouvoirs. Je vais vous servir un verre d’eau. Vous devez vous réhydrater.

A murmurer ainsi, Livia inquiétait fortement Cathy. L'épreuve avait donc été aussi atroce ? Elle n'en gardait aucun souvenir.

- Notre peuple a un avantage sur le vôtre, reprit Cressilda. Nous ne subissons pas de métamorphose. Nous vivons un apprentissage assez long et difficile du vol - ma sœur a usé la patience de presque toutes ses gouvernantes, sans compter ses professeurs et nous avons dû revoir l‘élasticité du plafond.

 

- Où sont les miens ? murmura Cathy. Livia était à ses côtés, elle ne semblait pas prisonnière. Cette obscurité la faisait frissonner.

- Ils sont dans l’antichambre, près à entrer dès que vous le souhaiterez.

- Gaston et Dominique montent la garde, précisa Livia

- Ils se seraient battus pour savoir qui prendraient le premier tour de garde, précisa Cressilda. Je les ai donc départagés en leur disant qu’ils n’avaient qu’à vous protéger en même temps. Si j’écoutais Toby, le chef de mes gardes, je vous priverai de liberté, je vous soumettrais à mes pouvoirs magiques afin de vous faire avouer je ne sais quel secret ou je vous forcerais à retourner d’où vous venez. Je tiens à préciser que si Toby s’inquiète autant pour moi, c’est qu’il est aussi mon mari et, bien entendu, le père de mes deux enfants.

Livia tendit le verre d’eau à Cathy, qui tendit aussitôt la main. Surprise, la jeune fille la regarda comme si cette main lui était étrangère. A la clarté des bougies, elle crut que ses doigts s’étaient affinés et que ses ongles étaient devenus plus fort, comme si elle s’était offert une manucure grand luxe. Cressilda claqua des doigts et la pièce s’illumina.

- Nous aussi, nous savons user de la magie.

Cathy retint un cri de terreur. Les yeux de la jeune reine étaient blancs, striés de fines veines rougeâtres.

- Je suis désolée de vous infliger ce spectacle, dit-elle, amère. Je m’y suis habituée et en dépit de l’état de mes yeux, je vois. Personne ne veut me croire, pas même mon garde du corps de mari, tellement chef de mes gardes qu’il n’a plus le temps d’être mon mari.

- Comment est-ce arrivé ? demanda Cathy.

- Difficile à dire, je suis née ainsi. Personne dans notre famille n‘est affligée de cette malformation, pas même mon cousin Clarence. Il a fomenté une rébellion contre moi et m’a envoyé un tueur. Je le lui ai renvoyé, ligoté, bâillonné et empaqueté par mes soins. Il a pu témoigner de la vivacité avec laquelle je lai maîtrisé. C’était bien mieux que de le tuer. Dire que Clarence n’est que le moindre de mes soucis, soupira la reine des Soricis .

 

- Puis-je les faire entrer, demanda Livia.

- J’aimerai avant, demanda timidement Cathy, me regarder dans un miroir.

- Impossible, dit la reine. Nos ennemis nous espionnaient grâce à eux, et ni moi ni nos mages n’avons encore trouvé de moyens de détruire ce sortilège.

- Alors faites entrer… tout le monde.

Les portes s’ouvrirent. Dominique et Gaston entrèrent les premiers, Aaron et Zlatan leur emboitaient le pas, suivis de

Marat, Elena, Jade, Eydan et Alex, qu’entouraient quatre hommes chauve-souris. Cathy ne put s’empêcher de frémir devant la laideur de l’un d’entre eux. Il était plus grand que les autres, particulièrement musclé et ses yeux charbonneux semblaient lui lançaient des éclairs . Était-ce pour se rendre plus effrayant ? Son crâne était entièrement rasé et couvert de tatouages. Contrairement aux autres qui se tenaient à distance respectueuse, il s’approcha de la reine et se plaça près d’elle, protecteur. Cathy comprit sans peine qu’il devait être le dénommé Toby. Peut-être sa laideur était-elle correspondait-elle aux critères de beauté des soricis. Que pouvait-elle en dire ? Devant elle, les arachnéens la regardaient avec des yeux exorbités. A croire qu’au lieu de s’être métamorphosé, il lui était poussé un bouton sur le nez. Elle en était là de ses sombres réflexions quand elle entendit la reine des chauve-souris s’éclaircir la voix et déclarer :

 

- Moi, Cressilda Margareth de Sermisy mettra tout en œuvre pour aider les Lepidopteranus et les Arachnéens dans leur quête.

 

 La suite la semaine prochaine... Je laisse à Liliba les mots suivants :

citrouille, bougie, faim, rivière et franchise 

 

 

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19 février 2011 6 19 /02 /février /2011 21:43

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Je me suis inscrite à la semaine nordique, organisée par Emma (link) et Cryssilda (link).

 

Bonne nouvelle (pour moi) : elle se déroulera du 21 au 27 février, c’est-à-dire pendant mes vacances scolaires.

 

Pendant cette semaine, il s'agit tout simplement de publier des billets sur les pays nordiques (Finlande, Suède, Norvège, Danemark et Islande) : livres, cuisine, histoire, musique.

 

Une chance : ma lecture commune de La cité des jarres d'Arnaldur Indridason (littérature islandaise) avec Lasardine est programmée pour  le 26 février.

la cité des jarres

 

Si tout va bien, je compte lire deux autres romans

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17 février 2011 4 17 /02 /février /2011 10:23

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Titre : Faute de preuves.

Auteur : Harlan Coben.

Editeur : France Loisirs.

Nombre de pages :  439

 

 

Quatrième de couverture :

 

 

Wendy, célèbre journaliste dans une émission de télé-réalité, piège en direct des prédateurs sexuels. Quand elle coince Dan mercer, tous les faits accablent cet assistant social responsable d’adolescentes en difficulté. Pire encore, il est même soupçonné de meurtre.

Pourtant, Wendy le sent, quelque chose cloche. Et si elle s’était trompée ? Si Dan était innocent ? Elle décide alors de mener sa propre enquête. Peu à peu, ses investigations m’entraînent dans le passé de Dan, à l’université de Princeton, lorsqu’il partageait sa chambre avec quatre copains inséparables…

Secrets du passé, disparitions, complots machiavéliques, manipulations sur le Net : Wendy n’aurait jamais pu imaginer tout ce qu’elle s’apprête à découvrir. Mais elle est allée trop loin. Bientôt, le danger rôde et se rapproche, inexorablement.  

 

Mon avis :  

 

J’ai lu ce livre hier soir, d’une traite, et j’ai voulu laisser passer la nuit, afin de mieux cerner mon ressenti.

 

Je reconnais des qualités à ce roman : l’intrigue nous tient constamment en haleine, les rebondissements sont très nombreux et l’épilogue est pour le moins surprenant (ne le lisez surtout pas avant de commencer le livre). Il parle d’un sujet d’actualité : la traque des pédophiles. Il montre aussi les conséquences de la crise aux Etats-Unis via les membres du club des pères. Les personnages sont relativement intéressants car ils ont chacun leur part d’ombre, plus ou moins importante. J’aurai aimé que certains personnages secondaires soient davantage approfondis, comme Ariana Nasbro, au lieu de la voir simplement à travers le regard rempli de haine de Wendy.

 

Les personnages sont nuancés, donc, mais les nuances n’existent pas pour Wendy, la narratrice. Les gens sont bons ou mauvais, point, ils n‘ont aucune possibilité de changer, de se racheter. Au début du roman, elle est incapable d‘aller au-delà des apparences. Elle sera bien forcée d‘évoluer.

 

 

Maintenant, je trouve qu’Harlan Coben exploite toujours les mêmes thèmes. Les secrets du passé reviennent hanter notre présent (voir toute la série des Myron Bolitar) Que savons-nous réellement de nos enfants ? (Sans un mot et Promets-moi, ou encore la plupart des romans de Myron Bolitar) Après les pharm party, c’est l’alcoolisation des jeunes, parfois avec la bénédiction de leurs parents, que décrit ce roman. Il parle aussi de la vengeance (comme dans Temps mort) ou des conséquences à se faire justice soi-même (Sans un mot).

 

 

Avec la vengeance, nous trouvons son contraire, le pardon. Je n'aime pas ce concept dans un roman policier, car, dans un premier temps, il substitue un concept religieux à celui de justice. Harlan Coben nous montre comment ces personnages s'accommodent de cette notion. Pour Christa, pardonner est le résultat d‘un cheminement intime; Elle montre sa capacité à dépasser sa colère, sa haine, pour ramener les faits à leur juste mesure. Elle est le contraire des personnages vindicatifs des romans traditionnels, et ce personnage, en une seule apparition magistrale, est remarquable. Dan, lui, a cherché avant tout à se racheter et à donner un sens à sa vie. Sa dernière phrase (un peu pontifiante ? est d'ailleurs : je vous pardonne). Pour d’autres, pardonner revient à fermer les yeux sur l’innommable. A ce compte, chacun pourrait régler ses petites affaires entre eux, et ne pas avoir recours à la justice. Attention danger.

 

 

C’est également ce que j’ai ressenti avec Wendy, journaliste d’investigation. Je ne pense pas que ce genre de reportage serait possible en France. Wendy se substitue littéralement à la police et traque les pédophiles avec des preuves bien minces. Naïve, Wendy ? Oui, elle est tellement certaine de son bon droit qu’elle se fit à un mail anonyme, des rumeurs sur internet, et n’hésite pas à mettre en lumière un soi-disant pédophile sans que la police (la vraie) ait fait son enquête et sans que le tribunal ait rendu son jugement. C’est l’occasion pour l’auteur de montrer à nouveau les dangers d’internet, en de longues explications pesantes, comme si ces lecteurs ne savaient pas se servir des réseaux sociaux (autre point commun avec Sans un mot).

 

 

Clin d’œil à l’ensemble de son œuvre, quelques personnages phares de la série Myron Bolitar font leur apparition : Win, ex-amant de Wendy, Big Cindy, Terese Collins ou encore Hester Crimstein.

 

Faute de preuves reste un thriller solide, capable de tenir son lecteur en haleine, mais comme j’aimerai qu’Harlan Coben renouvèle son inspiration !

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15 février 2011 2 15 /02 /février /2011 14:27

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Titre : Cher amour.

Auteur : Bernard Giraudeau.

Editeur : Points.

Nombre de pages : 300. 

 

Quatrième de couverture :  

 

C’est à madame T., la femme aimée, sublimée mais jamais rencontrée, que s’adressent les lettres réunies dans ce magnifique carnet de voyage. De l’Amazonie aux bordels de Manille en passant par les planches des théâtres parisiens, Bernard Giraudeau arpente le monde et cultive son amour rêvé. Personnages légendaires et simples quidams se côtoient dans un récit poétique et cru, intime et flamboyant.

 

Mon avis :  

 

J’ai acheté ce roman peu après le décès de Bernard Giraudeau. Premier constat : se procurer un roman de ce comédien auteur tenait de la gageure. Cher amour est le seul que j’ai pu trouver. Il semblerait que les librairies soient mieux fournies désormais.

Cet ouvrage est étonnant. Je m’attendais à lire un roman d’amour, un roman épistolaire ou un carnet de voyage. Garder une seule étiquette serait trop réducteur, les trois sont nécesaires.

Il est troublant de lire la part de réel dans ce romans, nous partageons ce que l’acteur a ressenti au théâtre. Peu m’importe de savoir si madame T. existe ou non. Elle est évanescente, légère, éloignée de ce que vit le romancier voyageur. Elle est essentielle car si elle ne répond pas, elle est au centre des pensées du narrateur.

Les voyages semblent des respirations obligatoires entre chaque expérience professionnelle. Plusieurs voyages sont racontés : Brésil, Chili, Philippines, Djibouti et le Cambodge. Tous ont cependant des dénominateurs communs. Les lieux ne sont pas ce qui prime, ce sont les gens qui y ont vécu et qui y vivent. Ce sont les rencontres qui ont leur importance, les confidences simples et pudiques qu’il recueille. Ni jugement ni complaisance de sa part, mais un humanisme vrai, qui lui fait rencontrer l’autre d’égal à égal. De même, il constate les conditions difficiles de vie, et le courage de ceux qui les subissent.

Ce qu’il cherche ? Les passions amoureuses qui se sont inscrites dans l’histoire. Histoires violentes et cruelles, peuples oubliés, condamnés. Il montre une soif de connaissance rare. S’il nous conte son passé, ce n’est jamais pour se mettre en valeur. S’il nous raconte le passé de ses accompagnateurs, c’est pour rappeler à notre mémoire que la barbarie n’est pas éloignée de nous dans le temps. Il ne nous donne pas des leçons de morale sur le devoir de mémoire : il l’applique noir sur blanc.

Bien sûr, certains récits sont un peu sanglants, et j'ai lu "a part" les récits de voyage et les récits de théâtre. Néanmoins, cette lecture fut particulièrement enrichissante, notamment grâce à l'écriture particulièrement élégante de Bernard Giraudeau.

 

Ce livre a fait l'objet d'une lecture commune avec Anne (link) Pascale (link) et L'or des chambres (link).

 

Objectif 

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12 février 2011 6 12 /02 /février /2011 20:14

J'ai été taguée par Syl. Le sujet du tag est simple : dévoiler huit confessions intimes me concernant.

 

 - J'adore Lully ET Placebo. Où est le problème ?

- Je suis normande.

- L'une de mes passions est la généalogie : je suis remontée, pour une des branches de ma famille maternelle, jusqu'en 1698. Pour les autres, 1750.

- J'ai obtenu mon permis de conduire trente ans jour pour jour après mon père.

- Je ne me maquille pas.

- J'adore les chats (ah, vous le saviez ? Zut alors !), comme ma mère, ma grand-mère, et mon arrière-grand-père avant moi (par contre, cela, vous l'ignoriez).

- Ma couleur préférée est le vert.

- Je suis verseau ascendant lion.

 

Je ne sais trop qui taguer. Reprendra donc ce tag qui le souhaitera.

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12 février 2011 6 12 /02 /février /2011 16:33

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Titre : Saveurs assassines.

Auteur : Kalpana Swaminathan.

Editeur : Points.

Nombre de pages : 356 et 10 pages de lexique.

 

Quatrième de couverture :

 

Un écrivain à succès, un médecin très médiatisé, miss Lalli et sa nièce, et des jet-setters, très en vue se retrouvent dans une vieille bâtisse à la campagne pour un week-end gastronomique, qui s’annonce des plus plaisants. L’ambiance se délite quand on découvre le cadavre de l’un des convives; Comment alors un Cluedo grandeur nature…

Miss Lalli n’a pas dit son dernier mot.

 

Mon avis :

 

J’ai trois prétextes (je n’emploie même pas le mot « excuses ») pour lire ce livre :

- mon défi personnel (que ceux qui pensent que c’est un prétexte pour augmenter ma PAL lève le doigt).

- le challenge Inde en fête organisé par Hilde et Soukee et le challenge ABC.

- mon anniversaire.

 

Pour une fois dans mes lectures, j’ai fait preuve de logique : j’ai débuté par la première enquête de Miss Lalli. Je lui trouvais une ressemblance avec Miss Marple : elle est âgée, discrète, et héberge sa nièce, écrivain en devenir. De plus, j’ai eu l’impression de me retrouver de voir ce qui restent dans les coulisses d’un roman d’Agatha Christie : cette Inde dont elle parlait souvent (je n’ai pas eu le courage de compter combien de ces personnages sont allés en Inde, ou en reviennent). Les ressemblances s’arrêtent là, car Miss Lalli a baigné toute sa vie dans le crime, elle a fait carrière pendant trente ans dans la police et est toujours une consultante officieuse pour les cas difficiles. Le lecteur est tout de suite mis dans le bain avec deux meurtres sordides.

 

L’intrigue me paraissait au début très classique : les protagonistes, tous l’incarnation du rêve indien (une chirurgien, un écrivain renommé, un critique gastronomique reconnu, un mannequin) sont réunis dans une villa somptueuse pour un week-end, et les meurtres vont gâcher ce dimanche idyllique.

 

Voici l’intrigue brute : elle cache les enjeux réels. Ce n’est pas un simple séjour qu’organise Hilla, la propriétaire de la somptueuse demeure, mais une véritable revanche, contre la vie, contre la ruine de ses parents, leurs vies gâchées, leurs sacrifices. Son amie Lola Larina a survécu au pire, tout comme Tarok, le cuisinier, survivant de la guerre contre le Bangladesh et de bien d‘autres épreuves que nous découvrirons au cours de l‘enquête. Celui-ci n’a rien à perdre et, au cours d’un dîner mémorable, dit ses quatre vérités à presque tous les protagonistes. La découverte de sa mort, le lendemain, ne sera pas une surprise.

 

Le huit-clos se prolonge : les conditions climatiques empêchent les invités de partir, et miss Lalli mène l’enquête, avec une froide détermination qui choque sa nièce, narratrice de son état. Elle ne se prive pas pour lui donner son avis, et ne comprend pas toujours les commentaires, froidement réalistes de miss Lalli. Celle-ci n’a aucune illusion sur la nature humaine, ce qui lui permet de n’être pas la dupe des apparences, des paroles trompeuses et des faux indices.

Le dénouement est amer, car il montre comment les femmes sont considérées, même dans des milieux cultivés. De plus, le lecteur se rend compte qu’il aurait fallu de presque rien pour que ces crimes soient évités, ne serait-ce que donner sa confiance à quelqu’un qui le méritait vraiment. L’épilogue montre que rien n’a changé - ou presque - si ce n’est que les yeux de la narratrice sont définitivement décillés.

 

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