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6 mars 2011 7 06 /03 /mars /2011 11:44

 

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Titre : Le cœur régulier.

Auteur : Olivier Adam.

Editeur : Editions de l’Olivier.

Nombre de pages : 232. 

 

Quatrième de couverture :  

 

«Vu de loin, on ne voit rien», disait souvent Nathan. Depuis la mort de ce frère tant aimé, Sarah se sent de plus en plus étrangère à sa vie, jusque-là «si parfaite ». Le cœur en cavale, elle s’enfuit au Japon et se réfugie dans un petit village au pied des falaises. Nathan prétendait avoir trouvé là-bas auprès d’un certain Natsume. En revisitant les lieux d’élection de ce frère disparu, Sarah a l’espoir de se rapprocher, une dernière fois, de lui; Mais c’est sa propre histoire qu’elle va redécouvrir, à ses risques et périls. 

 

Mon avis :  

 

Ce roman m’attire depuis sa parution. Je me suis demandée combien de temps je tiendrais avant de le lire. J’ai désormais la réponse.

  

Pour moi, ce roman marque une évolution dans l’œuvre d’Olivier Adam. Nous retrouvons dans ce livre ces thèmes de prédilections : la gémellité, le deuil, la fascination pour le suicide, la dépression. L’écriture est encore heurtée, hachée, prise dans une urgence. Pourtant, un sentiment d’apaisement domine. Il est dû notamment aux descriptions particulièrement riches et colorées. Ses pauses dans le récit apportent une sérénité qui manquait jusque là aux écrits d’Olivier Adam. Puis, si le personnage principal a le temps d’observer ce qui se passe autour d’elle, n’est-ce pas le signe de sa renaissance ?

  

Comme dans A l’abri de rien, l’héroïne est une jeune femme, minée par la dépression à cause de la perte d’un être cher (une sœur aînée pour l’une, un frère aîné pour l’autre). Si l’une, en dépit de son engagement en faveur des sans-papiers, s’enfonce de plus en plus jusqu’au point de non-retour, l’autre réagit en partant sur les traces de ce frère tant aimé. Elle laisse derrière elle un mari trop parfait (il était pourtant celui qu’il lui fallait pour calmer ses angoisses), ses adolescents très indépendants qui n’ont plus besoin d’elles, des parents et une sœur qui ne sont qu’indifférence. Elle laisse aussi la mysogynie et la compétitivité forcée du monde de son entreprise, les conventions sociales, une certaine rigidité également. Elle veut comprendre ce qui l’avait transformé, elle veut savoir pourquoi il est mort.

 

Au Japon, ce n’est pas tant son frère qu’elle retrouve qu’elle-même. Natsume, ancien policier, arpente les falaises jour après jour pour empêcher les suicides. Parfois il y arrive, parfois non. Ce qu’il dit à ces personnes est d’une telle simplicité et d’une telle humilité que s’en est confondant - en filigrane, il rappelle que les actes valent mieux que les discours. Tant pis si ce qu’il apprend à Sarah lui fait un peu mal : il trouvera un écho dans les propos rageurs de Clara, la petite sœur négligée : « Seulement, ma pauvre, il n’y a pas d’amour, juste des preuves ». Sarah s’est écartée de son frère parce qu’il lui faisait peur, parce qu’il était ce qu’elle avait peur d’être, et qu’elle avait passé sa vie à mettre des garde-fous entre ce qu’elle voulait être et sa véritable personnalité, comme si l’existence chaotique lui imposait davantage de rigueur.

 

 Ce roman est avant tout l’écriture d’un retour à la vie et non d’un retour avec sa vie et la future naissance de son neveu, l'enfant de son frère, va de paire avec la renaissance de Sarah.

 challenge-du-1-litteraire-2010

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5 mars 2011 6 05 /03 /mars /2011 16:16

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Titre : Ce crétin de prince charmant.

Auteur : Agathe Hochberg.

Editeur : Pocket.

Nombre de pages : 246 

 

Quatrième de couverture :  

 

Une chose est sûre : le chevalier servant n’existe pas ! Beau parleur, mesquin, égoïste, obsédé, irresponsable, voire désespérément immature, le mâle du XXIe siècle pencherait plutôt du côté « odieux crapaud », avec tout ce qu’il faut de ridicule et de veulerie affichée. Et ce n’est ni Ariane, jeune Parisienne branchée, mariée « par interim».

  

Mon avis :  

 

Il est des jours où je n’ai vraiment, mais alors vraiment pas envie d’être gentille. Surtout pas après avoir lu ce livre.

Ce livre devait être drôle - il ne l’était pas du tout. Sur les 246 pages que durait ce livre, j’ai ri une seule fois - autant vous dire que je m’en souviens.

 

Techniquement, ce livre appartient au genre «chick-litt» et se rapproche du roman épistolaire puisque les deux héroïnes échangent des emails tout au long du roman. Leurs occupations préférées sont :

- se plaindre de son mari Vincent pour Ariane (c’est vrai qu’il oublie de la prévenir, le soir, quand il ne rentre pas. Je n’ose imaginer ce qui se passerait s’il posait des problèmes plus graves. Ou la tête qu’elle ferait s’il changeait de métier et rentrait tous les soirs).

- manger des céréales, boire du saké et faire du stretching pour Justine. Elle estime en effet avoir un problème de poids.

- imaginer laquelle de leurs fausses amies elles vont placer dans la Chambre des Tortures. Premières concernées : les filles qui ne vont pas chez un pédicure, ou qui ont des pieds laids, et qui osent porter des sandales.

- se demander ce qu’elles vont faire de leurs soirées. Ariane est célibataire à mi-temps, Justine, à temps complet, ce qui fait que sa famille lui arrange fréquemment des rencontres. Autant dire que Justine a rencontré tous les hommes célibataires à des kilomètres à la ronde. Elle a même failli être présentée à son propre frère.

- se plaindre de leur travail. Ariane n’a pas le courage de se lancer à temps complet comme styliste, Justine, qui travaille avec ses parents et son frère, n’ose pas quitter cette petite entreprise familiale.

- se rendre à des mariages ou à des fiançailles ou à des repas de famille.

- suivre, pour Ariane, la désastreuse vie sentimentale de son amie Ambre. Son ami Julien n’a pas de désastreuse vie sentimentale. Normal, c’est un homme, et bien qu’il soit qualifié d’hypersensible, un homme ne se torture pas parce qu’à 32 ans, il n’est pas marié et n’a pas d’enfants. Ariane et Ambre ont néanmoins un point commun : elles regrettent leurs amours passés (au lieu de profiter du présent).

Note : j’aurai dû me sentir proche d’Ambre parce qu’elle et moi avons le même âge, et la même situation personnelle (pas de mari, pas d’enfants). Différence : je le vis très bien et je ne me tourmente pas. Mes cousines, toutes plus âgées que moi, m’ont précédé sur un chemin baptisé « vie amoureuse atypique », (je les en remercie chaleureusement) au point que, d’après mes amies proches, le seule moyen que j’aurai de me distinguer serait de me marier, d’avoir deux enfants et un labrador.

Bref, je m’attendais à me détendre à cette lecture, je me suis juste ennuyée et je n’ai terminé le livre que par acquis de conscience.

 

 Objectif

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5 mars 2011 6 05 /03 /mars /2011 14:43

Titre : Hell of a woman.

Auteur : Nina Van Horn.

Editeur : sociétés des écrivains.

Nombre de pages : 223.

 

Quatrième de couverture :

 

Ces Femmes du Blues étaient des «Journalistes-chanteuses » dont Nina Van Horn se revendique, elles décrivaient par petites touches précises la dure société de la Grande Dépression. La Ségrégation, l’alcoolisme ou la drogue… Elles n’avaient pas peur d’aborder des sujets aussi tabous que l’homosexualité, le racisme au quotidien et les droits des femmes.  

 

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  Mon avis : 

 

Ce livre est écrit par une passionnée, qui nous raconte la vie de douze femmes d'exception. Je pense que le livre aurait été très différent s'il n'avait pas été écrit par une femme qui chante et qui, par conséquent, comprend parfaitement ce que ces femmes ont pu ressentir.

 

Douze femmes unies par leur passion de la musique, douze destins très différents. Parmi elles, je n’en connaissais que deux : Bessie Smith, dont le destin avait profondément choqué Janis Joplin et Billie Holiday. Laissez-moi vous présenter les autres : Alberta Hunter, Victoria Spivey, Memphis Minnie, Lil Green, Ma Rainey, Georgia White, Mildred Bailey, Kate McTell, Sister Rosetta Tharpe, et Odetta. Dès leur plus jeune âge, elles ont ressenti le besoin de chanter. Elles ont parfois pris la route très tôt, quittant leur famille parce que leur quotidien était difficile (pour ne pas dire plus). Elles n’ont pas eu peur d’aborder des thèmes tels que l’alcoolisme, la prostitution et l’homosexualité féminine, de manière détournée, bien sûr : la censure veillait, les rumeurs couraient et elles eurent le courage d’y répondre avec talent.

   

Les deux premiers chapitres retracent l’histoire des Etats-Unis pendant les années qui virent l’émergence du blues. Ils sont indispensables pour comprendre la situation économique et le racisme d’état. Au fil des douze chapitres suivants, il fera fréquemment irruption : impossible de chanter dans la même salle que les blancs, de loger dans le même hôtel en tournée, impossible d’être soignée dans le même hôpital.

   

Chaque chapitre a la même structure : il ne se contente pas de nous raconter, la vie et la carrière de la chanteuse, il l’illustre par des documents d’époque (photos, pochettes de disque, affiches de tournées; timbres) ou plus récents et se termine par le texte d‘une chanson. J’ai une tendresse particulière pour les dernières photos sur scène d’Alberta Hunter ou de Victoria Spivey. Plus sombre, leurs sépultures sont parfois photographiées. Elles sont le témoignage de leurs admirateurs mais, pour certaines, de la brièveté de leur existence. Lil Green est morte à 35 ans d‘une pneumonie, Mildred Bailey, Bessie Smith et Billie Holiday mourront au milieu de la quarantaine, Ma Rainey avait 54 ans quand elle s’est éteinte.

   

Nina Van Horn a choisi le texte qui était le plus représentatif de l’art de la chanteuse. Pour Billie Holiday, Strange fruits s’imposait. Les autres textes ne sont pas en reste et détonnent par leur engagement ou par la manière dont-elles dépeignent une époque. Je pense à God don’t like it de Kate McTell, qui dépeint les ravages de l’alcoolisme. Cette chanteuse est sans doute la moins connue de toutes car après son divorce, elle a cessé de chanter et mené une paisible vie de famille. Elle seule a mis fin définitivement à sa carrière car en dépit de pause, volontaire (prendre soin d'un membre de sa famille) ou non, toutes les chanteuses évoquées ont repris leur carrière envers et contre tout, parce que rien ne pouvait remplacer le fait de chanter sur scène. 

 

Je n'aurai qu'un bémol à apporter : les coquilles ont gêné ma lecture. Ce sont essentiellement des erreurs d’accentuation (a/à, où/ou) qui nuisaient vraiment à ces textes enthousiastes.

 

J'espère sincèrement que ce livre aura une suite et nous permettra de découvrir d'autres chanteuses. 

 

 Je tiens à remercier chaleureusement BOB et les éditions Sociétés des écrivains pour ce partenariat. 

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3 mars 2011 4 03 /03 /mars /2011 10:46

Titre : La chanson du jardinier. 

Auteur : Kalpana Swaminathan.

Editeur : Points.

Nombre de pages : 319. 

 

Quatrième de couverture :   

Autour du cadavre d’un banquier aigri et indiscret gravitent des locataires hauts en couleur : une épouse effacée, une mystérieuse nièce qui fuit son mari. Sous le vernis es traditions indiennes, tout le monde dans cet immeuble de Bombay a un secret à dissimuler, et au moins une bonne raison d’en vouloir à Mr Rao. Miss Lalli va devoir redoubler d’adresser pour résoudre cette enquête savoureuse.  

 

Circonstance de lecture :    

J’ai lu ce livre à l’occasion du challenge Inde en fête organisé par Hilde et Soukee.

 

Inde

 Mon avis : 

La chanson du jardinier est le second tome des aventures de Miss Lalli, série qui en principe devrait comprendre cinq volumes.

 

Miss Lalli est toujours DR - dernier recours, et le peu que nous découvrons des affaires pour lesquelles elle est sollicitée montre la charge qui pèse sur elle. Ici, le crime envahit encore plus sa sphère privée puisqu'il a lieu dans son immeuble, et la victime n’est autre qu’un de ses voisins.

 

Je ne peux m’empêcher de sentir dans ce second opus une ambiance à la Agatha Christie. La victime Mr Rao était unanimement détestée par les habitants de l’immeuble, et ce n’est pas sans raison. Il avait recherché leurs secrets les plus intimes, ou ce qu’il croyait être leurs secrets honteux, et les avait insidieusement révélés. Ce mélange détonnant de calomnie et de médisance s’est amplifié un mois avant sa mort : il ne cachait plus ses manœuvres. Tous sont suspects et personne ne songe à dissimuler qui son désir voire son soulagement de le voir mort, qui les menaces de mort effectivement proférées. Comme dans Saveurs assassines, nous nous trouvons face à un huis-clos, un peu plus élargi il est vrai.

 

La seconde preuve de l’influence anglo-saxonne est le poème de Lewis Carroll qui sert de fil conducteur à l’intrigue, un peu comme une Nursery rythm dans un roman d’Agatha Christie. Ce fil est fourni par la nièce de miss Lalli qui, ici encore, est la narratrice du roman. Elle essaie toujours d’écrire son roman tout en écrivant sa chronique hebdomadaire. Elle observe sa tante, assiste aux interrogatoires et, tel Hastings, ne se montre pas toujours capable d’interpréter ce qu’elle voit, même si sa tante lui prouve qu’elle a tous les éléments en main pour comprendre.

Grâce à elle et à son frère, une seconde enquête se met en place : retrouver qui a volé un sac de vieux vêtements et mutilé un ours en peluche. Cette enquête peut prêter à sourire, pourtant ses ramifications plongent dans ce que l'être humain peut commettre de plus abject (et le terme n'est pas trop fort).

 

Cette seconde intrigue permet également d'introduire deux personnages extérieurs à l'Inde, Elena et Christina. Elles sont très gentilles, très bien intentionnées - et très naïves. Au lieu de chercher à comprendre le pays dans lequel elles se rendent "pour aider", elles se posent en donneuses de leçon et ne se rendent pas compte des erreurs qu'elles commettent.

 

Miss Lalli ne donne pas de leçons, elle dénonce. Elle dénonce l'horreur des crimes domestiques, ces crimes qui auraient pu être évités et qui sont causés par une certaine morale et le point des traditions. Elle en a même empêché un, dénonçant l'horreur ordinaire (surtout si la famille est "respectable"). 

 

Miss Lalli a de plus en plus de difficultés à contenir sa révolte. Qu'en sera-t-il dans le prochain tome de ses enquêtes ?

 

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3 mars 2011 4 03 /03 /mars /2011 10:01

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Auteur : Gaëlle Bantegnie.

Editeur : L’arbalète Gallimard.

Nombre de pages : 220

 

 

Quatrième de couverture :

 

 

Samedi 26 mai 1984, Rezé-lès-Nantes. Claire Berthelot, treize ans, se lève, enfile ses chaussons, retape le canapé-lit en velours marron, ramasse les emballages des Raider laissés çà et là, ramène à la cuisine un cendrier marocain à demi-plein, en revient une lavette rose à la main, essuie un par un les carreaux de la table du salon, y dépose délicatement le Télé 7 jours avec Jacques Martin en couverture. A Palma de Majorque, Patrick Cheneau, vingt-sept ans, est nu dans le lit de 140 de sa chambre d’hôtel, le drap et la fine couverture de laine verte roulés à ses pieds. Dans ses moments de lucidité, il fait basculer son grand corps fébrile vers la droite et glisser son bras poilu à gourmette le long du lit à la recherche de la bouteille de Contrex.

 

Patrick Cheneau n’emmènera jamais Claire danser au Louxor dans sa Fuego bleue ; Claire Berthelot n’invitera jamais Patrick à la boum du collège salle 215. Claire et Patrick ne se connaissent pas. Ca ne les empêchera pas de tomber amoureux de Nadine, de passer en seconde G, de devenir VRP, de se décolorer en blonde, de coucher avec ses clientes, de passer l’aspirateur, d’être bourré au gin-fizz, de se faire tripoter par John, de jouer au Trivial Pursuit, d’écouter Like a Virgin dans un walkman flambant neuf.

 

 

Mon avis :

 

 

J’ai longtemps tourné autour de ce roman, avant de me décider à l’acheter et à le lire dans la foulée. Surprise ! Ce livre est extrêmement facile à lire, je me suis laissée emporter par ce récit. Je suis allée au bout de ce livre sans m’en apercevoir.

 

La chronologie du récit, qui se déroule sur cinq ans, est extrêmement précise, chaque chapitre s’ouvre pas une date, indique parfois l’heure et le lieu comme s’il s’agissait d’un journal de bord d’une époque révolue. Nous suivons l’itinéraire de deux personnages, Claire, une lycéenne mal dans sa peau et Franck, VRP, séducteur impénitent et sûr de lui (il résume à lui seul tous les clichés d‘une époque).

 

Bien sûr, ce qui m’a attiré dans ce roman, c’est qu’il parlait d’une époque que j’ai vécue. J’ai quasiment l’âge de Louisa, la petite sœur de Claire. J’ai reconnu la plupart des marques et des émissions qui ont été citées. Au début, ce procédé rend presque le récit étouffant. Il donne l’impression de dresser un catalogue exhaustif de toutes les marques qui existaient à l’époque. Puis, j’ai cherché sa signification : montrer que la société de consommation existait déjà à l’époque ? Montrer surtout qu’elle étouffait tout et que le paraître, l’avoir remplaçait déjà l’être.

 

S’ils sont capables de mettre des mots sur ce qu’ils possèdent ou désirent posséder, ils sont incapables de mettre des mots sur leur mal-être. On le fera, plus tard, dans les années 90. On parlera de troubles obsessionnelles compulsif, on parlera de boulimie, et de bien d’autres pathologies encore. Pour être exact, ils sont incapables de mettre des mots tout courts. Le dialogue est difficile, pour ne pas dire impossible entre les personnages. Le métier de Franck est à cet égard très représentatif car son discours, bien rodé et efficace, a pour but de vendre, et aussi de se vendre lui-même, son activité principale étant de séduire ses clientes avant de leur placer un des produits phares des années 80. En revanche, son beau discours tombe à plat face à sa compagne, Nadine, absolument pas dupe de ses manœuvres pour lui imposer ses volontés.

 

La fin du roman, qui nous mène aux portes des années 90, reste ouverte, et c’est à nous d’imaginer ce qu’ils deviendront. Certes, le récit comporte parfois des anticipations, mais elles se portent davantage sur des personnages secondaires (la grand-mère de Claire, une de ses amies) ou sur l’évolution des produits consommés (nous savons quand Claire aura son premier portable, comme nous avons su quand elle a eu son premier bic) que sur leurs destinées individuelles. L’avoir a définitivement triomphé sur l’être.

 

Ce premier roman est très prometteur, je suivrai de près les prochaines publications de cette auteur.

 

 challenge-du-1-litteraire-2010

 

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1 mars 2011 2 01 /03 /mars /2011 20:44

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Titre : Le secret de l’ange.

Auteur :Mélissa de La Cruz.

Editeur : Albin Michel.

Nombre de pages : 294.   

 

Quatrième de couverture :   

 

Ce n’est pas parce qu’on est une vampire qu’on n’a pas le cœur qui bat !

Théodora est en Italie avec Jack Force, l’amour de sa vie. Mais le voyage n’a rien d’une escapade romantique. Les deux amants doivent trouver la porte de la Promesse. Celle dont Lucifer, le seigneur des sang-d’argent, a besoin pour revenir sur Terre. A New York, Mimi Force a le cœur brisé depuis le départ de Jack. Or le temps presse. Les sang-bleu sont menacés par un mystérieux maître chanteur. Théodora comme Mimi sont à la croisée des chemins : le destin des vampires est entre leurs mains.    

 

Mon avis :  

 

J’ai lu le quatrième tome de la saga il y a presque un an et j’ai eu un peu de mal à me replonger dans cette série. Je me suis un peu perdue entre les différentes (ré)incarnations des personnages et j'avais oublié ce qu'était le glom.

 

Le roman est divisé en quatre parties. La troisième, en dépit du changement de narratrice, n’est que le prolongement de la seconde et la quatrième partie, réunissant les deux intrigues, apparaît comme une épilogue. Ils sont entrecoupés par des flash-back sur une vie antérieure de Michel et Gabrielle dont nous ne faisons qu’entrevoir l’importance dans ce livre.

 

En effet, ce tome m’est apparu comme une transition entre deux épisodes de plus grandes importance, en dépit de ses qualités. Une nouvelle organisation et une nouvelle espèce apparaissent, modifiant la donne d’une manière inattendue. Le chantage exercée sur la communauté (le quatrième de couverture n’en dévoile que le strict minimum, ce qui laisse tout son intérêt à l’intrigue) rend nécessaire de recourir à une toute nouvelle Venator, Deming, qui devient la troisième narratrice du roman après le départ de Bliss et se montre extrêmement prometteuse. Néanmoins, les questions deviennent bien plus nombreuses que les réponses.

 

Je retiens un point très positif : le personnage de mimi, alias Azraël gagne en épaisseur. Elle n’est plus la jeune femme qui avait comme seul soucis de choisir une robe pour un événement mondain. Nouvelle régente, elle doit prendre des décisions pour sauver son espèce. Elle est même capable d’éprouver de la compassion pour autrui et a même appris la prudence et la discrétion (à moins que ces qualités ne soient les résurgences de ses vies passées ?).

 

A quand la sortie du sixième tome ?

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28 février 2011 1 28 /02 /février /2011 18:41

La semaine nordique vient à peine de se terminer que Cryssilda (link) et Schlabaya (link) organisent une semaine hongroise. Elle aura lieu entre le 7 et le 13 mars 2011 et, bien sûr, je me suis inscrite.

 

Tous les billets dont le thème sera la Hongrie seront les bienvenue (livres, cuisines, voyages, films).

 

Pour ma part, je lirai Les gars de la rue Saint-Paul de Ferenc Molnar.

 

 

Venez vous joindre à nous !

 

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26 février 2011 6 26 /02 /février /2011 18:44

la cité des jarres

 

Titre : La cité des jarres.

Auteur : Arnaldur Indridason.

Editeur : Points.

Nombre de pages : 328.  

 

Quatrième de couverture :  

 

Un nouveau cadavre est retrouvé à Reykjavik. Le commissaire Erlendur est de mauvaise humeur : encore un de ces meurtres typiquement islandais, un « truc bête et méchant » qui fait perdre son temps à la police… Des photos pornographiques retrouvées chez la victime révèlent une affaire vieille de quarante ans. Et le conduisent tout droit à la « cité des Jarres », une abominable collection de bocaux refermant des organes.



Circonstances de lecture :    

 

J’ai relu ce livre dans le cadre d’une lecture commune de l’ensemble des enquêtes du commissaire Erlendur avec Lasardine (la ronde des post-it). Vous pouvez découvrir son avis en cliquant sur ce lien : link. La publication de ce billet a lieu en pleine semaine nordique, organisée par Cryssilda et Emma.  

 

Mon avis :



Ce roman marque ma première rencontre avec la littérature islandaise, et avec un nouvel enquêteur : Erlendur. Il est divorcé et s‘est peu de dire que son divorce s’est très mal passé. Il a eu peu de contact avec ses deux enfants. Seule sa fille Eva Lind lui rend visite. Droguée et enceinte, elle a des rapports violents et conflictuels avec son père.

 

L’affaire à laquelle il est confrontée paraît presque banale dans ce contexte : un vieil homme, apparemment sans histoire, est retrouvé mort chez lui. Plus il avance, plus il découvre des ramifications inattendues.

 

Le déroulement de l’enquête est certes un peu lent, parce qu’Erlendur, sous son apparence bourrue, est extrêmement persévérant. Il va jusqu’au bout de son enquête pour que justice soit faite, et tant pis si cette plongée dans le passé de son pays n’est pas très reluisante.

 

Pas de scènes de tortures, pas de huis-clos angoissants, non, ce roman nous montre bien pire : l’abjection au quotidien. Les monstres sont parmi nous, leurs victimes aussi, et elles semblent, contrairement à leur bourreau, condamnées à perpétuité. Le courage et la dignité des survivantes forcent l’admiration.

 

 Une belle entrée en matière que cette première enquête du commissaire Erlendur.

 

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25 février 2011 5 25 /02 /février /2011 10:17

Kyoto Limited Express

Titre : Kyoto limited express

Auteur : Olivier Adam

Editeur : Points.

Nombre de pages : 160.

 

Circonstances de lecture :

 

Je pense que je ne vous étonnerai pas trop en vous disant que, vu la taille de ma PAL, j’ai souvent du mal à choisir mes prochaines lectures. Aussi, quand j’ai vu qu’Anne (De poche en poche) (link) participait à une lecture commune sur Kyoto Limited express, je lui ai demandé de m’ajouter à la liste des nombreux participants : Aproposdelivres (link), Nymphette (link ), Mrs Pepys (link ) et Achille49 (link)

 

Quatrième de couverture :

 

Pour Simon Steiner, revenir à Kyoto, c'est retrouver les lieux du bonheur enfui. Sa vie ne se ressemble plus, pourtant ici tout demeure inchangé. Il déambule, entre mélancolie et ravissement, dans la douceur apaisante des souvenirs et des paysages. Un pèlerinage japonais sur la trace des absentes, au fil des temples, des ruelles et des bars.

 

Mon avis :

 

De prime abord, je ne savais à quoi m’attendre. Un récit de voyage ? Un roman ? Les deux à la fois en fait. Simon Steiner, écrivain, a survécu au pire : la mort de sa fille unique. Pas de pathos superflu, pas de colère ou de haine, pas non plus de digression nous exposant les causes de la mort de Chloé : elle a quatre ans pour toujours, les causes ne changent rien à ce fait.

 

Simon revient trois ans après en pèlerinage sur les lieux où lui, sa femme et sa fille ont été heureux. Comme Paul Verlaine dans son poème «Après trois ans», il pourrait dire «Rien n’a changé. J’ai tout revu». Comme Paul Verlaine, il manque à ces lieux les êtres aimés. Hiromi est une compagne de voyage, pas une amoureuse. Sensible, il perçoit les souffrances des autres, ce fait infime qui les écarte des autres. Sensible, il se rend dans des lieux de recueillement, le dernier étant la villa où lui et sa famille ont vécu.

 

Parenthèses au milieu du récit, les notes de chevet juxtaposent moments douloureux du présent et souvenirs heureux du passé, réunis par thème.

 

Les photos sont là sans êtres omniprésentes. Elles illustrent un moment du récit, tout en restant des images intimes d’un Japon peu connu. 

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24 février 2011 4 24 /02 /février /2011 21:48

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Je poursuis ma semaine nordique avec ce second rendez-vous. Me voici donc en suède avec Les larmes de Tarzan de Katarina Mazetti. Note : mon exemplaire a été dédicacé par l'auteur lors du dernier salon du livre de Paris.

 

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Quatrième de couverture :

 

Elle, c'est Mariana, mais leur rencontre fut assez fraassante pour qu'il la surnomme Tarzan. Lui, il s'apelle Janne, pour de vrai. Mère célibataire, elle élève seule deux enfants, caresse le souvenir de leur fantasque père évaporé dans la nature et tente de nourrir sa petite famille malgré des fins de mois asphyxiantes. Lui, il roule en Lamborghini, papillonne sans s'engager avec de jeunes femmes forcément cadre, élégantes et dynamiqyes, et déteste que des marmots salissents les sièges en cuir de sa voitrture de sport.

Ces deux-là peuvent-ils s'aimer ? Et si, malgré l'abîme qui les sépare, ils s'attachent l'un à l'autre, sauront-ils vivre une relatio décomplexée qui fera fi des conventions et des barrières sociales ?

 

Mon avis :

 

J'avais beaucoup aimé Le mec de la tombe d'à côté, et force est de reconnaître que j'ai eu l'impression de retrouver la même recette dans ce livre : deux êtres que tout oppose se rencontrent et vivent une histoire d'amour chaotique. Non seulement la rencontre entre Mariana et Janne est fracassante, mais ils deviennent très rapidement amants. Leur brève étreinte (très réussie selon les deux protagonistes)  paraît devoir rester sans lendemain, car elle se heurte à la réalité. Mariana mérite bien son surnom de Tarzan, car la vie est devenue une jungle pour elle. Il lui faut tous les jours trouver moyen de survivre avec ses enfants. Bella et Billy ne sont pas (trop) malheureux, parce que leur maman fait passer leur bien-être avant le sien et n'hésite pas à sacrifier son bien-être pour qu'ils mènent une vie presque normale. Mère célibataire, elle aime toujours le père de ses enfants, parti deux ans plus tôt. A demi-mot, nous comprenons que cet homme fantasque et brillant souffrait de troubles psychologiques.  

 

Janne fait pâle figure par rapport à elle. Sa naïveté fait sourire au début, puis elle fait grincer des dents : se peut-il vraiment qu'il soit si long à comprendre la situation de Mariana ? Oui. Parce qu'il vit dans un monde dans lequel les profiteurs sont ceux qui vivent des allocations chômages ou parent isolé, où il est fréquent de refuser de payer un repas juste parce qu'un plat ne "convenait pas", où les liaisons sont sans conséquences - Marianna racontera elle-même comment elle s'est retrouvée mère de deux enfants, et l'on ne sait plus s'il faut en rire ou en pleurer.

 

Comme dans Le mec de la tombe d'à côté, les chapitres alternent le point de vue des narrateurs. Une originalité néanmoins : la parole est parfois donnée à Bella ou Billy, les deux enfants de Mariana. S'ils apprécient les cadeaux de cet homme, qui améliore singulièrement leur quotidien, ils ne sont pas près à ce qu'ils prennent la place de leur père. ils expriment consciemment ce que Marianne ne s'avoue pas : elle ne peut vivre une nouvelle histoire d'amour puisque celle qu'elle vit avec le père de ses enfants n'est pas terminée, à ses yeux.

 

Dernier point de comparaison avec Le mec de la tombe d'à côté : la fin reste ouverte, il est difficile de savoir comment évoluera leur histoire, qui n'est pas tout à fait d'amour (Si Janne aime Tarzan, Tarzan avoue ne pas aimer Janne, pas encore). Mariana, échaudée par son expérience et ses deux grossesses, voit son avenir avec un réalisme cynique, tandis que Janne se montre presque fleur bleue.

 

Ce livre aura-t-il une suite lui aussi ? L'avenir nous le dira.

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