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27 août 2011 6 27 /08 /août /2011 18:28

Chat.jpg 

éditions L'école des loisirs - 202 pages.

 

Quatrième de couverture :

 

Je préfère vous prévenir : j'ai mauvaise réputation. Je ne suis pas un chat fréquentable.

D'abord, j'adore terroriser les souris et pourchasser les oiseaux. Chaque fois que je rapporte une souris morte à la maison, même si ce n'est pas moi qui l'ai tuée, ma maîtresse, Ellie, fond en larmes. Mais qu'est-ce qu'elle s'imagine ? Que, lorsqu'une petite boule de poils m'arrive entre les pattes, je vais la raccompagner chez elle en lui chantant des comptines ? Je suis un chat, tout de même...

Il paraît aussi que j'ai mauvais caractère. Qu'il arrive malheur à eux qui m'appellent "mon gentil petit chat". Que je ne respecte ni les tapis ni les membres, encore moins les tableaux que peint la mère d'Ellie. Que je fais trop de bruit quand je dîne avec mes amis dans les poubelles du restaurant chinois. On m'accuse de tous les maux, on me condamne, et je n'ai même pas la parole pour me défendre !

Mais à présent, vous saurez tout. Vous saurez à qui ma famille a osé me confier pendant les vacances. Vous découvrirez que ce n'est pas moi qui ai abrégé les jours du lapin des voisins.

Et vous verrez bien que je ne suis pas le seul monstre, dans ces histoires.

 

Mon avis :

 

Ce livre, sorti aujourd'hui (aussitôt acheté, aussitôt lu), regroupe les trois premières aventures du chat assassin. Le premier volume, sobrement intitulé Journal d'un chat assassin, est excellent. Tuffy aurait pu être avocat : il est doué pour plaider de façon très convaincante sa propre cause (sauf que, bien sûr, personne, mis à part le lecteur, ne l'écoute). Dire que sa semaine sera douloureuse, difficile, et très drôle me paraît bien résumer la situation, surtout que sa famille fera tout pour amoindrir le crime horrible dont, je vous le rappelle, il est innocent. Drôlement bien écrit et drôlement bien illustré, ce premier tome ne donne qu'une envie, lire immédiatement sa suite, Le chat assassin, le retour, tout aussi drôle que le premier. Pas de vacances pour le chat assassin : cascade en tout genre, sérénade et (tout de même) pique-nique sont au menu, avec ses amis félins. A sa décharge, il sera encore injustement accusé d'un crime qu'il n'a pas commis. La vie de Tuffy n'est vraiment pas de tout repos, et son plaidoyer est toujours aussi hilarant. Passons au troisième volume et là, une question se pose : que fait la société protectrice de Tuffy ? Ce que lui fait endurer sa maîtresse dans La vengeance du chat assassin est proprement insupportable ! Passe encore qu'elle se mette à la peinture, à la poterie, ou aux sculptures pour jardin mais qu'elle se mette en tête de le peindre est franchement abominable.Pour faire bonne mesure, Tuffy trouvera un moyen de faire connaître son mécontentement. Il sera d'autant plus grand que son maître (ou plutôt, celui qui croit l'être, possède-t-on jamais un chat ?) se met en tête de lui donner des ordres, ou de l'avoir par la ruse. La vie de Tuffy n'est décidément pas une sinécure. Bref, ce troisième volume est tout aussi réussi que les précédents.

 

Trente-troisième participation au challenge God save the livre organisé par Antoni.Challenge-anglais

 

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26 août 2011 5 26 /08 /août /2011 17:53

concours star

 

Il est temps pour moi de dresser le bilan du premier STAR auquel j'ai participé. Il a été organisé par  Liyah. Je voulais savoir combien de pages je pouvais lire en un mois, je crois que la réponse est plutôt satisfaisante.

 

Première semaine : .

  

Bleu de Rose de Marie Chartes

Les quatre d'Agatha Christie

Cinq heures vingt-cinq d'Agatha Christie

L'homme qui partit en fumée de Maj Sjöwall et Per Wahlöö

Un secret sans importance d'Agnès Desarthe.

 

soit 962 pages.

  

Deuxième semaine du STAR :

 

Dans la nuit brune d'Agnès Desarthe, un roman contemporain.

Les ailes du courage de George Sand, un conte du XIXe siècle.

le cantique des innocents de Donna Leon , un roman policier italo-américain.

L'arme domestique de Nadine Gordimer un roman sud-africain.

Babyfaces de Marie Desplechin un roman de littérature jeunesse

La princesse de Montpensier, suivie de La comtesse de Tende de Madame de La Fayette , deux nouvelles classiques.

 

soit 1210 pages

 

Troisième semaine du STAR :

 

Les chevaux fantômes et autres contes de Karen Blixen un recueil de nouvelles danois.  

L'autre, tome 3 : La huitième porte de Pierre Bottero afin de terminer la trilogie.

Oh, boy ! de Marie-Aude Murail et Avalon High de Meg Cabot, deux livres de littérature jeunesse.

Incident de personne d'Eric Pessan, qui m'a permis d'atteindre le 2 % du Challenge de la rentrée littéraire 2010.

La formule préférée du professeur de Yoko Ogawa et La librairie Tanabe de Miyuki Miyabe , mes premières incursions dans la littérature japonaise.

Trois souris d'Agatha Christie

Fièvre noire de Karen Marie Moning

 

 

Au total, neuf livres soit 2425 pages.    

 

 Quatrième semaine :

 

Le fond de l'enfer d'Ian Rankin , un roman policier écossais très prenant.

Lettres en provenance de la nuit de Nelly Sachs

Sula de Toni Morrison , deux livres pour le challenge des Nobel.

La chanteuse russe de Leif Davidsen , un livre pour le challenge Scandinavie noire.

Le crime est notre affaire d'Agatha Christie

Drame en trois actes d'Agatha Christie, trois autres romans policiers.

Quand la révolte gronde d'Anne Lecap

Comment je suis devenue flic d'Anne et Marine Rambach

Petites histoires de quartiers de Julia Billet

Onze de Xavier Deutsch

Le vieux fou de dessin de François Place

Le livre de Noël de Selma Lagerlof

Le vice de la lecture d'Edith Wharton

soit 2675 pages.  

  

Le total de pages lues s'élève à 7272 pages.

 

LesQuatreCinqUn-secret-sans-importancelhomme-qui-partit ailesarmele-cantique-des-innocents babyfaces-marie-desplechinPrincesseChevaloh boyHuitième porteAvalon highIncidentyoko ogawa Trois souris Librairie tanabe Fièvre noire lettre-en-provenance-d-elnuit-10 Sulachanteuse russeCrimedramequand-la-revolte-grondebook cover comment je suis devenue flic 126862 250 400Quartiers OnzeFondLe vieux fou de dessinVice Livre de Noël

 

Félicitations à la grande gagnante est Hérisson, avec 7384 pages lues.

Si vous voulez connaître les résultats des autres participantes, cliquez ici.

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25 août 2011 4 25 /08 /août /2011 11:39

les amantséditions J'ai lu - 124 pages.

 

Mon résumé :

 

Ce livre raconte l'histoire d'amour entre Tristan et Amélie.

 

Circonstances de lecture :

 

Je cherchais un auteur en Z pour terminer mon challenge ABC. J'ai choisi ce livre qui me semblait prometteur. Tout le monde peut se tromper.

 

Mon avis :

 

S'il n'avait pas mesuré 124 pages, je ne l'aurai sans doute pas teminé tant ce livre m'a semblé futile.

 

Il se divise en deux parties, première shère, qui raconte les événements du point de vue de Tristan, et seconde sphère, qui les raconte du point de vue d'Amélie. Les deux versions servent à montrer l'incompréhension mutuelle entre les deux partenaires, et renforcent encore plus cette impression de vacuité qui n'a cessé de me suivre pendant toute ma lecture. Tristan est un homme qui ne peut s'empêcher de tromper sa compagne, surtout parce qu'il sait que ses trahisons, qu'elle est censée ignorer pourtant, la font souffrir. Amélie, elle, est inodore, incolore, sans saveur et quasiment sans existence, elle est institutrice (je cite) mais elle exerce ce métier machinalement, plus comme une surveillante que comme une enseignante (je me demande si l'auteur connaît vraiment les réalités de ce métier). Elle est devenue anorexique, à cause de sa mère (l'anorexie est toujours causée par la mère, n'est-ce pas ?), son corps souffre de maux divers parce qu'elle n'a pas de mots pour dire ce qu'elle ressent (classique). La voix d'un narrateur se fait entendre de temps en temps, pour débiter des sentences pseudo-philosophiques toutes aussi inintéressantes.

 

Comme Tristan ne peut vivre une histoire d'amour, il essaie de détruire celles des autres, ce qui l'isole de plus en plus. Amélie ne rêve que d'un sauveur, ou de ceux qui la pleureront après sa mort. Vous comprendez aisément que, puisqu'une histoire d'amour réelle ne les satisfait pas, leur rupture leur permettra de poursuivre une histoire d'amour fantasmée.

  

 

challengeabccritiques1

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24 août 2011 3 24 /08 /août /2011 17:30

je_prefere_qu_il_me_croient_mort.jpgéditions Le Rouergue - 99 pages.

 

Quatrième de couverture :

 

Chaque année, des centaines d'adolescents quittent l'Afrique pour l'Europe, avec l'espoir de devenir footballeurs professionnels. Ils tombent parfois entre les mains de recruteurs véreux, qui leur font miroiter les grands clubs, l'Inter Milan, Chelsea, Marseille... avant de les abandonner. Voici, raconté par Ahmed Kalouaz, le destin bouleversant de l'un d'entre eux, Kounandi, qui s'envole un matin d'avril de Bamako pour Paris, des rêves de gloire plein la tête.

 

Mon avis :

 

Cet ouvrage bref traite magistralement d'un sujet sensible : le trafic des jeunes joueurs de football depuis l'Afrique. Le narrateur, Kounandi, nous raconte son histoire, qui est celle de dizaines d'autres jeunes gens qui rêvent de devenir des stars du ballon rond plutôt que des balayeurs en région parisienne comme leurs frères aînés ou leurs cousins qui ont quitté le Mali avant eux. Il montre le mépris, l'humiliation quotidienne, les conditions de non-vie. il est à la fois réifié (il est un objet que l'on se passe, qu'on essaie de caser ou qu'on abandonne au bord du trottoir) et bestialisé (le recruteur les nourrit de bananes, comme des grands singes). Le récit est sec, précis, teinté d'une amère ironie. Parfois, (trop rarement) la solidarité existe, et éclaire le gris des jours. Pas de happy end pour Kounandi, juste "je préfère qu'ils me croient mort" plutôt que la honte du retour au pays.

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23 août 2011 2 23 /08 /août /2011 21:05

Roald_Dahl_1.jpg

édition Folio cadet - 60 pages.

Quatrième de couverture : 

  

Blanche-Neige inculpée, Boucle d'Or démasquée par les trois ours ! Découvrez les dessous de l'affaire Cendrillon, la véritable histoire du Petit Chaperon rouge ou encore le sort incroyable réservé aux Trois Petits cochons... Reconnaîtrez-vous nos plus célèbres contes de fées, dans cette version en rimes épouvantablement comique ?

 

Mon avis :

 

Je serai brève, je dirai simplement : savoureusement drôle. Les réécritures de contes ne sont pas nécessairement heureuses, là, elles sont jubilatoires et me donnent envie de les découvrir en anglais, bien que la traduction d'Anne Krief (en vers et contre tout) soit une grande réussite.

 

Roald Dahl semble répondre à une question : et si les héros de contes avaient un autre destin ? Après tout, épouser un prince n'est peut-être pas gage d'une union réussie, surtout si le prince a du mal à maîtriser un tempérament colérique et expéditif. De même, fi de la naïveté du petit Chaperon rouge (et du susdit chaperon) : cette jeune fille a un bel avenir de redresseur de porc, pardon de tort devant elle. 

 

Vous ne trouverez pas de leçon de morale, chez Roald Dahl, comme dans les contes de Perrault, ou plutôt si, on en trouve une dans Jacques et le haricot magique, mais elle est tellement simple et logique tout en étant fortement teintée d'humour noir qu'elle en devient fabuleusement drôle.

 

Lisez ce recueil, vous ne le regretterez pas.

 

Challenge-anglaisQuatrième participation au challenge Fairy Talesorganisé par Whoopsy Daisy.

Trente-deuxième participation au challenge God save the livre organisé par Antoni.

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23 août 2011 2 23 /08 /août /2011 18:30

le-pacte-des-vierges-vanessa-schneider.jpgTitre : Le pacte des vierges.

Auteur :Vanessa Schneider.

Editeur : Stock

Nombre de pages : 191.

 

Quatrième de couverture :

 

« A la fin de l’année scolaire, le lycée de Gloucester (Massachussets) comptait 17 jeunes filles enceinte […] La moitié d’entre elles – toutes ont moins de seize ans è ont avoué avoir fait un pacte pour avoir leurs bébés et les élever ensemble »

Times Magazine, 18 juillet 2008.

Circonstances de lecture :

 

Je participe à nouveau cette année au challenge 1 %, organisé par Hérisson. M'étant rendu (comme toutes les semaines) chez le bouquiniste, j'ai eu la surprise d'y trouver ce roman sorti le 17 août. Je l'ai immédiatement acheté. Il m'a paru également pouvoir rentrer dans le cadre du défi La plume au féminin organisé par Opaline.

 

LA PLU~1

 

Mon avis :

 

L'article de Times parle de grossesses non désirées. Pour travailler depuis onze ans avec des adolescentes, je peux vous dire que j'ai vu, effectivement, des grossesses non désirées mais aussi des grossesses désirées, des adolescentes qui ne recherchaient "qu'un mec pour leur faire un gamin" et ce, dès l'âge de 14/15 ans. Les statistiques des avortements de mineurs en France n'intéressent pas mes élèves, par contre elles sont fortement intéressées pour savoir combien de mineurs mènent leur grossesse à terme. Certaines ont déjà choisi les prénoms, d'autres reviennent au collège pour montrer le symbole de leur réussite - à savoir leur bébé.

Le livre est étiqueté "roman", pourtant tout est fait pour que nous ayons l'impression de lire un document, un témoignage. Quatre des jeunes filles prendront tour à tour la parole, interviewé par une romancière française, mère de trois enfants, dont le nom ne sera jamais révélé.

 

Ces quatre jeunes filles ont des caractères et une histoires personnelles très différentes, pourtant elles n'ont pas vraiment un ton ou un style très différent - faut-il y voir une uniformisation voulue par la forme témoignage ? A moins qu'il ne faille y voir une solidarisation par l'emploi d'un même discours.

 

Les trois filles font corps autour de leur leader, Lana. Au début, elles sont toutes décidées à ne rien révéler du tout, et surtout pas l'existence d'un pacte entre elles. Puis, petit à petit, les failles apparaissent, parce que leur situation devient difficile, parce que la grossesse, ce n'est pas du tout aussi joyeux que ce qu'elles pouvaient imaginer (les nausées, les envies pressentes, la prise de poids importante) et parce qu'elles comprennent que le bébé ne sera bientôt plus un fantasme, mais une réalité.

 

J'ai été frappé par l'indigence dont ces jeunes filles sont victimes. Indigences de soin, d'abord : l'une d'elles ne verra le médecin qu'une seule fois au cours de sa grossesse, parce qu'elle n'a pas d'assurance. Sa mère, qui cumule déjà trois emplois, fera des heures supplémentaires pour offrir à sa fille... une échographie. Il est aussi ahurissant de découvrir qu'elles n'ont pas accès à la contraception, et que leurs partenaires n'utilisent pas de préservatifs (trop chers ... et trop la honte d'aller en acheter). Indigence affective aussi. Même si ce n'est pas exprimé aussi crument, il est évident qu'elles ont cherché à se reconstruite une famille puisqu'elles-mêmes n'en avaient plus. Lana et Cyndie (les deux inséparables) veulent se prouver qu'elles peuvent être des bonnes mères en dépit du fait que les leurs sont absentes, réellement et virtuellement. Pour Kylie - comme Kylie Minogue, toute la famille est fan - la cause de son choix tient plutôt en la reproduction du schéma maternel (elle est très proche de sa mère) : elle n'a que dix-sept ans d'écart avec la sienne.  Mis à part Cyndie, qui a la volonté de construire un avenir pour son fils, aucune d'entre elles n'a de père pour son enfant, juste un géniteur (qui risque gros, puisqu'elles sont mineures). Comment croire à l'importance du père quand le sien n'a rien trouvé de mieux que de partir le plus vite possible, ou de gâcher complètement votre vie ? Seule Sue semble faire exception, comme si cette grossesse était son ultime acte de rébellion contre une famille très catholique - pour ne pas dire extrémiste. Elle sera une des premières à rentrer dans le rang et acceptera sans doute la solution que lui proposent ses parents.

 

L'auteur elle-même reste dans l'ombre. A aucun moment, elle ne prend la parole dans le récit, nous pouvons juste deviner ses questions (ou ses réactions) d'après les propos des filles. Je pourrai dire qu'elle leur apporte une reconnaissance, là où d'autres ne cherchaient qu'à leur donner de la notoriété, ou à les transformer en symbole pour leur cause. Je dirai surtout qu'elle leur offre deux choses qui leur ont manqué : elle ne vient pas à elles avec un avis préconçu à leur sujet et elle les écoute, réellement.

 

Le pacte des vierges, plus qu'un témoignage sur l'Amérique profonde, montre le passage du statut d'enfants à celui de mère.

 

Rentree-litteraire.jpg

Challenge rentrée littéraire chez Hérisson

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22 août 2011 1 22 /08 /août /2011 16:14

park_life-1-.jpgédition Picquier - 117 pages.

 

Circonstance de lecture :

 

J'ai choisi ce livre un peu par hasard, parce qu'il me fallait un auteur en Y pour le challenge ABC. Cette lecture me permet aussi de continuer à explorer la littérature asiatique.

 

challengeabccritiques1

 

Quatrième de couverture :

 

Ce petit roman est une bouffée d'air pur dans la vie affairée et raisonnable des citoyens du XXIe siècle que nous sommes. Un air venu du parc de Hibiya à Tokyo, où l'on pénètre sur les pas d'un jeune employé légèrement excentrique, et soudain "l'exhalaison de terre et d'herbe vous chatouille les narines". Là, il croise une triathlonienne consommatrice de bains moussants, rencontre un vieil homme qui fait voler un capricieux aérostat rouge, rêve, médite, s'exerce à chambouler la perspective pour y voir le monde autrement. Il arrive que s'y nouent des idylles, à peine plus tangibles que le bruissement des pigeons qui s'envolent. Ce récit a le charme des parenthèses qui s'ouvrent parfois dans la vie pour laisser entrer l'enchantement, comme un léger vertige teinté de déraison. La ville n'est pas loin, les buildings cernent l'horizon, mais dans cet espace clos et protégé, se jouent les menues aventures qui donnent son goût unique à l'existence, la petite musique d'un grand parc au coeur d'une immense capitale.
Park Life a été couronné en 2002 du prix Akutagawa, le Goncourt japonais.

 

Mon avis : 

 

Park life est un livre vivant, en ce sens que ce qu'il raconte pourrait parfaitement avoir lieu dans la vie. Un jeune homme déjeune tous les jours au parc, il est employé dans une fabrique de produits pour le bain. Il croise, un jour, une jeune femme dans la ligne de métro qu'il emprunte quotidiennement et lui adresse la parole, contrairement aux règles de bienséance en vigueur dans la société nippone. Ils se revoient, au parc, à l'heure du déjeuner, seul moment de pause de la journée, seul moment où les employés japonais ont le droit, pour ne pas dire l'ordre de ne rien faire. Elle et lui observent les autres personnes dans le parc - j'ai bien dit "observer" et non épier -  ils rencontrent les habitués, et même une fidèle cliente pour le narrateur.

Une grande importance est donné au corps humain dans ce roman. Le corps se doit d'être en bonne santé, de repousser le vieillissement par un entretien régulier (le narrateur s'est inscrit à un club de fitness, sa fidèle cliente s'entraîne régulièrement au parc). Il est aussi question du don d'organe, sous un angle rarement développé dans la littérature et dans les campagnes publicitaires : les sentiments du futur donneur, celui qui sait que ses organes lui "survivront" tandis que lui sera mort.

Les personnages sont à des moments importants de leur vie : une amour de jeunesse est sur le point de se marier, une autre, après avoir eu la douleur d'avoir un enfant mort-né, vient d'avoir un petit garçon, un couple hésite en séparation et réconciliation. Le narrateur, lui-même, ne vivra pas une histoire d'amour avec la jeune femme qu'il a rencontrée au cours de ces "brèves rencontres" - mais toutes les rencontres débouchent-elles nécessairement sur de grandes histoires d'amour ?

La fin du roman est ouverte, et énigmatique, elle referme une parenthèse dans la vie du narrateur.

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21 août 2011 7 21 /08 /août /2011 17:50

Bras-de-la-vengeance.jpgéditions France Loisirs - 347 pages.

 

 

Lecture commune avec Syl

 

Mon résumé :

 

1891, Florence. Stepan, toujours en fuite, n'oublie pas sa colère et sa soif de vengeance. Il parcourt le monde, vit mille vies.

Même pour Natalia, il ne peut faire marche arrière.

Tous ceux qui l'ont trahi mourront de mort violente.

 

Mon avis :

 

Si je vous dis littérature et vengeance, vous pensez sans doute immédiatement au Comte de Monte-Cristo. Pour ma part, je pense aussi au Cid et à Colomba. Elle a ma préférence, non parce qu'elle est une femme, mais parce qu'elle ose aller jusqu'au bout de sa vengeance, puisque personne n'a accordé justice à son père.

 

Stepan rejoint à son tour les grandes figures de la vengeance, avec subtilité. La vengeance n'est pas aveugle avec lui, et l'on oublie trop souvent à quel point Edmond Dantes peut être cruel, y compris envers la femme qu'il a aimé (il est vrai qu'elle a épousé un des traîtres). Stepan n'est pas capable du pire, contrairement à ses ennemis. Je ne dis pas qu'il apprécie fortement le mariage de Natalia, désormais mère de deux enfants. Natalia n'avait que cette solution pour échapper à son frère et à l'intendant Kusak, auxquels elle n'a jamais céder. Devenue mère, elle n'en a pas perdu son jugement, de même que les années n'ont pas entamé la bonté de monsieur Joubert.

 

Je n'ai strictement aucune sympathie pour le traître. Il pourrait être magnifique, superbe, et non mesquin, avaricieux et plus très capable de dissimuler ses manigances. Autant dire qu'il fait piètre figure face au panache de Stepan. Il n'a plus rien, il ira jusqu'au bout et, comme les vrais héros, sortira grandi de cette quête. L'action va crescendo, et le final est grandiose.

 

 Ma quatrième participation au Challenge Vie de Chateau.

 

chateau16

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21 août 2011 7 21 /08 /août /2011 10:02

Contes-du-miroir.jpgédition L'école des loisirs - 133 pages et 20 pages "Pour en savoir plus".

 

Ma présentation :

 

Ce recueil contient vingt-huit contes, connus ou moins connus, qui illustrent vingt-huit jeux littéraires.

 

Mon avis :

 

J'ai lu ce recueil dans le cadre du challenge Fairy Tales organisé par Whoopsy Daisy (troisième participation, j'atteins donc le niveau Prince Charming.

 

J'ai vraiment l'impression que ces contes ont été écrits en pensant aux adultes (ou plutôt aux professeurs) et non aux enfants. Ce serait un peu comme un manuel. Le professeur a besoin d'expliquer à ses élèves ce qu'est un calligramme ? Laissons Appollinaire de côté (surtout pour les plus jeunes) et lisons plutôt Le petit soldat de plomb. Il est un texte que je connais depuis onze ans (depuis ma formation de professeur) : La petite poule rousse. Il nous est donné comme modèle pour faire réviser la conjugaison du passé simple aux enfants !


Si je trouve certains textes très réussis (j'ai beaucoup aimé Barbe-Bleue en franglais), d'autres au contraire m'ont semblé illisibles (j'ai failli abandonner le volume après la lecture de La cigale et la fourmi en verlan).

 

Les explications à la fin du volume permettent d'y voir plus clair. Je me demande cependant où est passé le plaisir de la lecture, pour les jeunes enfants. Même s'ils lisent tout seuls, ils risquent d'être rebutés par les difficultés.

 

Une rencontre en demi-teinte, donc, avec ce recueil. Pourtant, j'ai envie de découvrir le premier volume, Les sorcières sont N.R.V..

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20 août 2011 6 20 /08 /août /2011 22:06

contes_a_l_envers.jpgéditions l'école des loisirs - 135 pages.

 

Quatrième de couverture :

 

Vers 1980, Philippe Dumas et Boris Moissard furent les premiers à mettre en pièces, retourner, réécrire, en un mot à pasticher les contes classiques de Grimm et de Perrault pour mieux leur rendre hommage dans un recueil qui allait devenir un best-seller.

Leur secret; Décors et accessoirs contemporains, langue châtiée.

Souvent imités, jamais égalés, ils ont décidé de fêter leur amité et ses trente ans de bonheur en ajoutant à leurs cinq textes d'origine un inédit : Le pomier de Pomanchou.

 

Mon avis :

 

Contes à l'envers est la réjouissante récriture de contes bien connus. Les contes sont modernisés, tout en conservant leur schéma traditionnel. 

Le pommier de Pomanchou, le dernier, m'a fait irrésistiblement pensé aux Trois oranges, que je faisais étudier à mes élèves. Tous les ingrédients sont là : une princesse qui dépérit. Il lui faut un remède miracle : trois pommes de Pomanchou, les célèbres pommes de Normandie. Trois frères tentent tour à tour l'aventure et c'est le troisième qui réussit à surmonter les épreuves, non pour lui, mais pour aider sa maman qui se tue à la tâche. 

Les auteurs seraient-ils normands ? La belle au doigt bruyant se déroule aussi en Normandie, entre Rouen, Barentin et Le Havre. Le sortilège qui la frappe (à cause d'une vieille tante particulièrement accrimonieuse) est contrecarré non par une bonne fée mais par un oncle bricoleur de magie. Son sortilège n'est pas très au point, ses conséquences sont à mi-chemin de la catastrophe et du plus haut comique mais nous sommes avant tout dans un conte : tout est bien qui finit bien.  

La belle histoire de Blanche-Neige est pour moi le conte le moins réussi, sans doute parce que, sous prétexte d'inverser les rôles, les femmes se retrouvent couvertes de défauts, tandis que Blanche-Neige n'est une jeune fille parfaite que parce qu'elle respecte les stéréotypes féminins. Pour un peu, j'aurai préféré que ce soit la méchante présidente qui gagne (encore qu'elle n'a pas tout perdu).

Le Don de la fée Mirobolaest cruellement actuel, par son portrait des enfants maltraités et des adultes maltraitants : "Mr Crocheux a eu des malheurs dans sa jeunesse et les malheurs, soit ça vous rend indulgent comme saint Vincent de Paul ou le docteur Schweitzer, soit au contraire ça peut vous endurcir jusqu'à vous rendre mauvais et faire de vous un oncle dénaturé". L'Happy end a eu lieu, certes, parce que nous sommes dans un conte de fée.

Conte à rebours est sans doute le plus original de tous : le héros se trouve affligé d'une abominable malformation, il marche à l'envers. A Frask, capitale de la Boursoulavie occidentale, ce n'est pas très bien vue. Jusqu'au jour où sa vie changera du tout au tout, entre expert médical, roi dont le caractère n'a rien à envier à la reine de coeur, et une princesse qui se contentera d'une assiettée de bouillie pour son mariage. Conte à rebours ou le triomphe de l'absurde.

Le petit chaperon bleu marine est mon préféré car il démonte complètement le conte original en donnant une petite-fille au chaperon rouge, bien décidée à être aussi célèbre que sa grand-mère. Elle aura bien plus que son quart d'heure de célébrité, cette petite parisienne si adroite à utiliser les transports en commun et à se rendre aux jardins des plantes. Tout le monde s'en serait bien passé, surtout sa grand-mère, ses parents, le directeur du Jardin des plantes, le sous-secrétaire d'Etat aux vieilles gens, les parisiens, les petits enfants. Tout le monde, je vous dis. Le seul à être vraiment ravi est le loup, qui ne commettra pas les mêmes erreurs que ses aïeuls : il a bien appris sa leçon, lui.

 Contes à l'envers est un recueil facile à lire, son vocabulaire et sa syntaxe sont parfaitement adapté aux enfants. De plus, il est très joliment illustré, ce qui ne gate rien. Il n'est pas étonnant que ce livre rencontre du succès depuis près de trente ans.

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