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11 avril 2012 3 11 /04 /avril /2012 12:51

Gravure.jpgédition Milady - 120 pages.

 

Quatrième de couverture :

 

Quand les soeurs d'Artigo vivaient en Outremonde, Menolly n'était pas une vampire, Camille était déjà un agent très spécial mais n'avait pas encore rencontré celui qui allait changer le cours de sa vie.
Voici l'histoire de son premier amour.

 

 

Mon avis :

 

J'ai eu ce livre en cadeau pour l'achat de deux autres livres. Je l'ai lu hier, au rythme joyeux de : cinq copies, un chapitre, cinq copies, un chapitre, etc, etc...Que dire ? Le bleu de la couverture est éblouissant ?Je pense que vous vous en serez déjà aperçu. Quant à l'héroïne, elle ne sera pas une inconnue pour vous si vous avez lu la saga Les soeurs de la lune. Je ne l'ai pas lu, et je pense que ce n'est pas avec ce pré-quel que j'aurai envie de poursuivre l'aventure.

Camille est l'héroïne de cette opus. Elle n'a qu'une obsession : s'unir charnellement avec un individu masculin, un Fae de préférence. Le verbe qu'elle utilise trois fois par chapitre, pour ne pas dire trois fois par page, est bien plus éloquent. Je vous rassure, ou vous effraie : elle parvient à ses fins.

L'intérêt de ce livre est que je peux l'inscrire au challenge des mondes imaginaires, que j'avais un peu laissé de côté. En effet, l'action se situe en Outremonde, un lieu rempli de Fae, de nains et autres créatures extraordinaires, qui passent donc parfaitement inaperçues. Les villes attirent, fugueuses et orphelines préfèrent y voler ou se prostituer plutôt que de vivre de cueillette à la campagne - vie plutôt désuette, je vous l'accorde. Il faut dire que la ville principale, avec ses bâtiments en marbre, est saisissante de beauté d'après Camille, bien que le moyen de déplacement le plus fréquent soit encore les chariots. Camille, en temps que soeur de la lune, se trouve aussi catapulté sur le plan Astral pendant les chasses mensuelles - ou inopinément, comme c'est le cas dans ce texte. Ce lieu n'est pas tellement exploité ici, si ce n'est qu'on y rencontre de charmantes créatures qui ressemblent trait pour trait à des putois.

J'ajouterai néanmoins que j'ai une tendresse particulière pour Delilah d'Artigo, qui se trouve malencontreusement être une chatte-garou, ce qui ne facilite pas ses relations avec cet élément nommé l'eau. Il est dommage qu'elle n'apparaisse pas davantage dans ce volume, cela aurait été drôle.

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Challenge les mondes imaginaires par Arieste

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10 avril 2012 2 10 /04 /avril /2012 10:45

J'ai choisi de parler ici de deux challenges auxquels je viens de m'inscrire. Puis, cela faisait un certain temps que je n'avais pas écrit un article avec ce titre. 

 

Le premier est organisé par George :  Challenge Edith Wharton.

 

Ce challenge se terminera le 30 avril 2013.

 

Il n’y aura pas de catégories, pas de nombre de livres (romans, nouvelles, essais) défini à lire. La seule consigne est de s'intéresser aux héroïnes de Wharton et à la façon dont cette dernière parle des femmes, de leur rôle dans la société, etc. George aimerait donc que, dans chacun de vos billets, vous valorisiez l’héroïne qui vous aura le plus intéressés, énervés, touchés, etc. Cela dans le but d’établir une sorte de panorama des héroïnes d’Edith Wharton et de, peut-être, faire émerger une réflexion plus large sur la place de la femme dans ses romans.

 

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Le second challenge auquel je me suis inscrite est la littérature fait son cinéma.

Il est organisé par Will. Le but du challenge est de (toujours) lire des romans, des nouvelles, des pièces de théâtre, des BDs qui ont été adaptés au cinéma. Il n'y a plus de catégorie et de nombre de livres à lire. Le but est de lire le plus de livres possibles. De manière très optimiste, je pense en lire... deux. Le challenge se termine le 5 avril 2013.

 

Il existe trois logos, j'ai choisi celui-ci :

 

Challenge cinéma

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9 avril 2012 1 09 /04 /avril /2012 14:26

Silence.jpgédition 10/18 - 286 pages.

 

Quatrième de couverture :

 

L'inspecteur Morse est appelé à enquêter sur la mort d'un homme découvert empoisonné à son domicile. Malgré une vie en apparence normale, la surdité du défunt Nicholas Quinn faisait de lui un professeur différent des autres. Secondé par son fidèle Lewis, l'inspecteur Morse va une nouvelle fois se plonger dans le milieu enseignant. Collègues et voisins vont lui permettre d'esquisser un portrait de la victime, mais de nombreuses questions demeurent sans réponse. Un second cadavre vient confirmer les soupçons de Morse : comme le héros d'Hitchcock Nicholas Quinn en savait trop. Mais l'inspecteur devra cambrioler bien des vies privées et des secrets jalousement gardés pour découvrir enfin la vérité.

 

Note :

 

Colin Dexter s'est-il inspiré de sa propre histoire et de ses collègues ? Lui-même atteint de surdité, il a trouvé en 1966 une place au Centre des examens de l'université d'Oxford.

 

Mon avis :

 

J'ai beaucoup Morse, ce policier hors-norme. C'est presque logiquement que j'ai enchaîné hier soir un épisode de la série télé et la lecture de ce roman.

Les adversaires qu'il doit affronter sont intelligents, très intelligents. Il n'est pas du tout présomptueux de penser qu'ils croient pouvoir très facilement duper ses policiers qui, après tout, ne sont que des policiers. Vous prendrez bien une tasse de thé, inspecteur ? Vous viendrez bien dîner chez nous, inspecteur ? Cet homme au regard éteint ne peut découvrir la vérité, pas plus que son adjoint, et chacun de se croire bien à l'abri.

Il faut dire qu'ils ont une aide précieuse : chaque membre du comité semble avoir quelque chose à cacher, y compris ceux qui ne sont pas du tout concernés par cet affreux crime. Grâce à eux et à leurs examens, la culture anglaise rayonne peut-être sur le monde, mais ce sont plutôt les magouilles et l'adultère qui règnent dans ce fameux comité. La frontière est mince entre mentir et ne pas dire toute la vérité. La formule est usée, mais il n'y en a pas un pour racheter l'autre.

L'avantage de Morse est de ne pas sous-estimer l'adversaire. Il met tout en doute, vérifie, tout, et tant pis si c'est un peu usant pour ceux qui l'entourent et ne voient pas très bien où il veut en venir. Lui-même n'hésite pas à se remettre en cause, et à payer de sa personne les erreurs commises.

Gageons que quelques litres de bière le remettront d'aplomb.

Challenge-anglais 

Antoni : challenge God save the livre. 


 

 


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8 avril 2012 7 08 /04 /avril /2012 13:38

Lettre.jpgédition Le serpent à plume - 220 pages.

 

Mon résumé :

 

Ramatoulaye vient de perdre son mari après trente ans de mariage. Depuis cinq ans, celui-ci avait pris une seconde épouse, tirant un trait sur vingt-cinq ans de mariage et douze enfants. Ramatoulaye se souvient et écrit à son amie d'enfance Aïssatou. Confrontée à la même situation, celle-ci avait préféré divorcer et refaire sa vie, loin.

 

 

Femmes-du-monde3-jpg

Challenge femme du monde

 

Mon avis :

 

Une si longue lettre est de ces livres dont je me dis : mais pourquoi je ne l'ai pas lu plus tôt ? Il fait partie de ses lettres dont j'ai envie de dire : lisez-le ! 

Le sujet ? La condition des femmes au Sénégal au début des années 80. Ramatoulaye et son amie ont fait des études, elles font partie de cette génération de femmes qui ont conquis leur indépendance, et pourtant, elles se trouvent victimes de la puissance des hommes, d'un système de caste insidueux, mais aussi des manoeuvres de leur belle-famille. Ainsi, le mari d'Aïssatou n'a pu résister à sa mère, qui lui a imposé une seconde épouse issue du même milieu que lui et Ramatoulaye de souligner que cette seconde union n'est pas si douloureuse puisque sa toute jeune épouse a déjà deux enfants. Son amie a osé divorcer, Ramatoulaye a fait le choix inverse, et maintenant, elle et sa co-épouse Binetou, ex meilleure amie de sa fille aînée, sont veuves du même homme.

Ramatoulaye a toujours fait face avec dignité et courage. Aujourd'hui encore, elle refuse les solutions de facilité qui s'offrent à elle et peu et peu lui importe que que l'on dit d'elle. Elle doit aussi assumer l'éducation des onze enfants qui sont encore à sa charge, aidée par sa seconde fille (l'aînée est mariée). Cette tâche est loin d'être facile, et Ramatoulaye, toujours, se remet en cause avec beaucoup d'humilité.

La mère de sa jeune rivale n'a eu aucun scrupule, pour sa part, surtout pas celui de retirer sa fille du lycée afin de lui faire épouser "un vieux" et de profiter de tous les avantages de la situation pour elle-même.Quels sont leur avenir désormais ? Il n'est pas tourné vers l'espoir comme celui de Ramatoulaye, aussi je conclus mon billet par cette phrase, qui me touche beaucoup : Le mot bonheur recouvre bien quelque chose, n'est-ce pas? J'irai à sa recherche

 

 

Defi-PR-4Défi premier roman chez Anne

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8 avril 2012 7 08 /04 /avril /2012 13:02

Marie-Antoinette.jpgEn dépit du STAR, je suis allée au cinéma hier, voir Les adieux à la reine de Benoit Jacquot. J'étais seule dans la salle, tout le monde devait être en Palombie. Avec le recul, je me dis que j'aurai dû y être aussi.

Des experts ont beau me dire que, quand un cinéaste filme mal, c'est fait exprès et qu'il faut se demander pourquoi, là, je n'ai pas envie de m'interroger davantage. C'est mal filmé, point. Nous passons le plus clair de notre temps à suivre les déambulations de Sidonie dans le palais de Versailles, filmée de dos, caméra à l'épaule. Le palais est grand, Sidonie marche beaucoup pour satisfaire les désirs de la reine. Sidonie est interprétée par Léa Seydoux, formidablement mono-expressive. Lectrice de la reine, elle ne vit que par et pour elle et ne peut envisager d'être privée de sa présence. En résumé, elle est une groupie avant l'heure.

Mal filmé, mal cadré aussi, les adieux à la reine est un film raté. Je n'ai garde d'oublier l'envahissante et inutile bande-son. En revanche, j'aurai bien aimé des dialogues un peu plus riches, et des actrices un peu plus expressives. Comme les actrices principales (Diane Kruger, Virginie Le Doyen) rivalisent d'inexpressivité avec Léa Seydoux, cela ne devait pas être si difficile. Peut-être ont-elles peur de se rider ?

Heureusement, les seconds rôles sont là pour remonter un peu le niveau, bien qu'ils soient cruellement sous-exploités. Noémie Lvovsky est une magnifique madame Campan, chacune de ses scènes était un vrai régal. Je n'ai garde d'oublier Dominique Reymond (madame de Rochereuil) ou Anne Benoît (Rose Bertin), toutes deux excellentes. Par contre, d'autres choix de casting sont discutables (Louis XVI par Xavier Beauvois ne restera pas dans les anales).

Reste le personnage central du film, celui pour lequel je suis allée le voir : Marie-Antoinette. Elle est montrée au début du film particulièrement enjouée, ayant fortement envie de s'amuser. Soit. Nous la découvrons ensuite en représentation pour la Cour, au côté du roi, puis en privé, essayant de le fléchir. Nous la découvrons versatile, voulant être obéie le plus rapidement possible (n'est-elle pas la reine ?). Nous la découvrons éperdument amoureuse de Gabrielle de Polignac, la froideur incarnée dans ce film (elle ne survivra pourtant que deux mois à Marie-Antoinette, mourant en décembre 1793). Nous la découvrons, à l'extrême fin du film, mère. A aucun moment, il n'est fait mention de son fils Louis, mort un mois plus tôt - pourtant toutes les biographies que j'ai lu s'accorde sur son immense douleur. Par contre, son goût pour les robes, les broderies, les pierres précieuses est omniprésent.

Si vous souhaitez voir ce film, dépêchez-vous : s'il a autant de succès dans d'autres villes qu'à Rouen, il ne sera bientôt plus à l'affiche.

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7 avril 2012 6 07 /04 /avril /2012 18:37

Acre.jpgédition 10/18 - 286 pages.

 

Mon résumé :

 

Thomas Pitt a certes l'habitude des crimes sordides, ses hommes aussi, mais là, ce qu'il découvre dépasse l'entendement. Il entend donc préserver Charlotte au maximum. Hélas ! Celle-ci est bien décidée à enquêter, avec l'aide de sa soeur Emily, surtout que cette enquête la ramène dans le quartier de Callander Square, où elle rencontra le général Ballantyne .

 

 

mod_article4704216_11.jpg

Challenge polar historique organisé par Samlor

Mon avis :

 

Anne Perry tisse des liens entre ses différentes enquêtes, n'hésitant pas à réutiliser des personnages que nous avons déjà croisé. Si l'on y réfléchit, ce principe est parfaitement logique : même divisée en quartier, la ville de Londres n'est pas si grande. Trois ans se sont écoulés depuis Le mystère de Callander Square (et presque deux ans depuis que j'ai lu cette enquête) mais le général, lady Augusta, leur fille Christina ainsi que Miss Ellison (alias Charlotte Pitt) vont se trouver à nouveau méler à un crime sordide.

Je dévoilerai peu de choses sur l'enquête, si ce n'est qu'elle est en partie (mais en partie seulement) la conséquence des événements qui ont eu lieu trois ans plus tôt et que Charlotte comprendra, à ses dépens, qu'enquêter est douloureux.

Non, ce qui m'a le plus intéressée dans ce livre est ce qu'Anne Perry dévoile de la société victorienne. Au fond, j'ai l'impression que mes lectures se suivent et que leur thématique se ressemble, puisqu'il est aussi question d'hommes qui ont tous les droits, et de femmes qui n'en ont aucun. Un homme peut jouer à Devil's Acre, rencontrer des prostituées, parfois même des prostitués, et ses activités sont tolérés - la bonne société ferme les yeux sur cette distraction. J'ajoute néanmoins qu'au vue de ce qui est arrivé à Oscar Wilde, je me pose tout de même des questions sur cette soi-disant acceptation de l'homosexualité masculine. A une femme malheureuse en ménage, il restera les oeuvres de charité, puisque des gouvernantes élèvent ses enfants, que pratiquer un sport est inconcevable (ne parlons même pas de jouer). Elle a de la chance si elle aime lire - des ouvrages choisis, évidemment - et si elle se montre capable de tenir son rang.

L'autre constance est la difficulté à ce que le ménage soit heureux. Les jeunes beautés jetées dans le monde au début de la saison ont un an avant que la nouvelle fournée de belles ne viennent quérir un mari. Les mères-dragons font alors de leur mieux pour trouver un parti présentable et surtout, le retenir dans leur filet jusqu'aux noces. Et après ? Que dire des hommes qui ne retrouvent pas avec leurs timides épouses ce qu'ils ont connu avec des prostituées ? Que dire aussi de ces hommes qui découvrent au sujet de leur épouse des secrets qu'ils auraient aimé ignoré ? Tous les couples ne sont pas comme Charlotte et Thomas. Si Thomas se montre parfois hésitant à révéler les horreurs de son métier à sa jeune épouse, il règne entre eux une liberté de parole que les autres ménages pourraient bien leur envier. Point de conseiller conjugual à cette époque, point même de parentes ou d'amies pour aider les jeunes mariées : une jeune femme n'est plus sous la responsabilité de ses parents une fois mariée, et sa propre mère se gardera bien de lui prodiguer des conseils : on ne s'immice pas dans l'intimité des gens car ce serait sous-entendre que quelque chose ne va pas, que la jeune épouse a failli, et cette seule pensée est inconcevable. Dès lors, le silence fait de non-dit prend toute la place. Bienheureux ceux qui savent, comme le général et son gendre, se comprendre à demi-mots.

La catastrophe finale ne sera pourtant pas évitée.


 

anneperry2-copie-1.jpgChallenge Anne Perry par Syl

logo-challenge-victorienChallenge Victorien par Aymeline

Challenge-anglais 

Antoni : challenge God save the livre. 


 


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6 avril 2012 5 06 /04 /avril /2012 20:35

Fatima.jpgEdition Elyzard poche - 241 pages.

 

Quatrième de couverture :

 

On est au début des années 80.
Banlieue parisienne. La Courneuve. Fatima et ses amies algériennes de la cité se retrouvent au square. C'est leur patio. Elles sont les premières immigrées héroïnes de la littérature française. Dalila, 7 ans, la fille de Fatima, ne quitte pas le flan de sa mère. Elle écoute les histoires du quartier. Violence et tendresse dans l'exil. Bavardages, rires, cris, colères, bagarres, viols ; flics...Dalila, battue par son père, a décidé de gagner.

 

 

Femmes-du-monde3-jpg

Challenge femme du monde

Mon avis :

 

Fatima ou les algériennes au square est un très beau récit, que je suis heureuse d'avoir découvert au fil de mes périgrinations littéraires.

Ce roman a été publié pour la première fois en 1981. Je connaissais déjà le lieu de l'action : la cité des 4000, à la Courneuve. Dalila y a grandi, et aujourd'hui, alors qu'elle est encore au collège, elle fuit. Elle a passé huit jours enfermée chez elle, retenue par son père. Pendant ses huit jours, elle s'est souvenue de ses sept ans, quand sa mère Fatima, allait au square pour retrouver ses amies et parler enfin librement, de tout ce qu'elles ne disaient pas à leur mari. Ses femmes ne quittaient que rarement leur quartier, contrairement à leurs époux, elles cherchaient donc à recréer un peu de ce qu'elles avaient perdu en quittant l'Algérie. Elles parlaient, racontaient parfois des faits à la limite du soutenable, et souvent, elles oubliaient la présence de la petite Dalila, la seule enfant qui n'allait pas jouer avec les autres.

Ce texte est prenant, très actuel bien que trente ans se soient passés depuis son écriture. Il est question d'hommes, de femmes, de ceux que l'on a appelé "la première génération". Il est question de l'intégration, qui ne se fait pas, d'hommes et de femmes qui se retrouvent séparés par les faits. Le cas le plus emblématique est celui d'Ali et d'Aïcha. Ils s'aiment, c'est la première certitude, mais les épreuves de la vie ont fait qu'Ali tient une petite épicerie en banlieue parisienne, il est "l'arabe du coin", ouvert à toute heure du jour, toute la semaine, et sa position dans la ville m'a furieusement rappelée celle des domestiques noires dans La vie à deux de Dorothy Parker. Sa femme vit dans les deux pièces à côté. Elle enchaîne les grossesses, ne sort pas non parce que son mari le lui interdit, mais parce qu'elle est extrêmement mal à l'aise. La promiscuité, l'isolement, la fatigue des grossesses successives et des enfants à élever font qu'elle craque et bat l'un de ses enfants. Pourquoi lui ? Elle ne saurait le dire, si ce n'est qu'elle n'est pas la seule à s'acharner sur un enfant en particulier. Un séjour à l'hôpital, deux séjours, et le troisième "accident", plus grave que les autres, provoque une enquête et surtout, une immense douleur chez Aïcha. Elle et son mari parviendront-ils à avoir enfin une vie supportable ? Je l'espère pour eux.

La force de Leïla Sebbar est de ne pas juger ces femmes, ni de les justifier. Elles-même se montrent promptes à être horrifiées par les excès de quelques-unes. En effet, c'est sur les filles, sur leur honneur que se porte toute l'attention. Les garçons ont plus de liberté, quand ils ne deviennent pas le chef de famille par délégation. Moins surveillés, ils se tournent plus facilement vers des activités illicites, et se détournent rapidement des études. Les filles, elles, sont surveillées, jugées, elles portent le poids de tous les interdits, et supportent toutes les menaces. La plus fréquente ? Celle du retour au pays. Pour le père, le pays natal est un Eldorado, la France n'est qu'un pays de passage. Pour les enfants qui ne sont qu'aller en vacances au bled, rien n'est tentant dans cette vie, absolument rien, ce qui accentue encore l'incompréhension entre les générations.

La langue est simple, mais parfois, je me suis demandée s'il n'y avait pas de petits soucis au niveau de la syntaxe avec la traduction.Que ce léger point de détail ne vous empêche pas de découvrir cet excellent livre.

 

printemps-arabe1.jpg

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6 avril 2012 5 06 /04 /avril /2012 00:00

Le STAR a débuté aujourd'hui, à minuit.

 

Je vous rassure tout de suite : à cette heure-ci, je ne lisais pas, je crois que je dormais (jusqu'à ce que Chablis vocalise).

 

Mon démarrage est .... calamiteux. La suite ne peut être pire.

 

Bon STAR à tous !

 

Logo-STAR-4-Les-lectures-de-Liyah

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5 avril 2012 4 05 /04 /avril /2012 14:27

Reine.jpg Quatrième de couverture :

 

Qui est-elle, Reine ? De quoi souffre-t-elle ? D'être une femme entre deux âges ? Une épouse abandonnée ? Une enseignante frustrée ? Pourquoi fouille-t-elle les librairies à la recherche d'un roman de quatre sous ? La réponse, et l'espoir d'un apaisement, pouraient se trouver au bout de cette nuit de frasques où, de son bureau de la Sorbonne aux bas-fonds de Pigalle, sa quête va l'entraïner. De cette épopée aussi pathétique que burlesque un portrait haut en couleur et riche de secrètes vibrations.

 

Mon avis :

 

Nous avons chacun des livres, des films, des rencontres qui nous ont façonné. Je ne suis pas différente des autres, j'ai d'abord été une blogueuse ciné et j'avais alors une liberté de style que j'ai mis longtemps à retrouver. Aussi, la lecture de ce livre m'amène à me poser une seule question : pourquoi avoir perdu mon temps à lire ce livre qui l'a apporté bien moins de plaisir que le film que je venais de voir (My week with Marylin) ?

Le livre démarrait presque bien : une universitaire, Reine, renonce à corriger ses copies pour partir à la recherche d'un roman contemporain, genre qu'elle abhore, parce qu'elle ressent le beosoin rrésistible de le lire. Premier fait : ce livre lui a été suggéré par la nouvelle femme de son ex-mari, celle qui fut sa rivale heureuse auprès de lui. Il faut une grande dose de masochisme ou la volonté absolue de contrôler son image.Cette deuxième cause est la bonne.

Reine contrôle absolument tout, elle est méticuleuse à l'extrême, au point-virgule prêt. En une nuit,elle vit des aventures qui devraient changer sa vie entière.

Devraient (baîllements d'ennui). J'ai trouvé les cinquantes premières pages prometteuses, j'attendais les rebondissements suivants, que Reine enfin brise le carcan qu'elle a elle-même crée au lieu de s'enfermer dans des situations épineuses qu'elle a elle-même provoquées. J'aurai aimé plus de folies, moins de conventions universitaires ou littéraire.J'ai lu des scènes bien plus touchantes dans Regarde, nos chemins se sont fermés de Françoise Xenakis, des errances et des aventures bien plus mouvementées dans Soeurs chocolat de Catherine Velle.

Il restera une écriture qui met en abîme les affres de l'auteur dont le premier roman ne trouve pas le succès escompté lors de sa sortie. J'espère que cet angle d'attaque n'était pas prémonitoire.

 

Defi-PR-4Défi premier roman chez Anne

 

 

 

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4 avril 2012 3 04 /04 /avril /2012 22:00

trash_circus_joseph_incardona_parigramme.jpg

 

Mon résumé :

 

Frédéric Haltier, veuf, deux filles, travaille dans le noble domaine de la télé-réalité. Ce n'est pas sa seule qualité, il aime aussi beaucoup les rassemblements de hooligans, jusqu'au jour où sa vie si bien huilée, si bien compartimentée, dérape. Qui connait son secret ?

 

Merci à Babelio et aux éditions Parigramme de m'avoir fait découvrir ce livre.

 

Mon avis :

 

J'expérimente à nouveau à quel point il n'est pas facile d'écrire un avis sur un livre que je n'ai pas, mais alors pas du tout aimé. Je l'ai lu de bout en bout, je vous rassure, mais j'ai traîné lamentablement pour rédiger mon avis.

Le fait est que ce roman porte bien son titre. Trash, il le sera du début à la fin. Quant au circus, il évoque à la fois les jeux du cirque dont la télé-réalité n'est qu'une variante et le fait que notre narrateur tourne en rond.

Ce livre est conçu comme le journal de Frédéric Haltier, homme qui a réussi dans le domaine de la pire télé-réalité qui soit. Il n'a aucun scrupule, seule l'audience compte, l'argent peut tout acheter. Je n'ai même pas envie de le qualifier d'anti-héros, car il faudrait pour cela lui reconnaître au moins un intérêt quelconque. Or, il n'en a aucun. Ce pronom est très utile pour le qualifier : il n'a aucun ami, aucune amoureuse, aucun lien familial réel. Je ne peux même pas dire que son jugement sans appel sur les membres de sa famille soit de la lucidité cynique ou de la distance ironique, il est juste confondant de clichés et de bétises. D'où ma question (j'adore me poser des questions quand je rédige mes avis) : a-t-il choisi cette profession parce qu'il est stupide ou est-il devenu stupide à cause de sa profession ? Je penche pour la première proposition car ce qui est formidable avec Frédéric Haltier est qu'il ne réfléchit pas, ou alors, c'est rudement bien imité.

Pourtant, cet homme est un véritable catalogue des signes extérieurs de réussite. Ne parlons pas de sa montre (il a de légers soucis avec elle), de sa voiture ou encore du luxueux internat où ses jumelles sont en pension. Un accident que ces jumelles. Un accident de fécondation in vitro. Je vous le rappelle : l'intelligence de cet homme est confondante. Son quotidien : travailler c'est à dire chercher tout ce qu'il y a de plus sordide pour le diffuser, se défouler lors de matchs de foot du PSG. L'autre n'existe pas, l'autre n'est qu'une proie, à plus forte raison s'il s'agit d'une femme.

Je n'ai pas du tout été cliente du langage, cru, à la limite de la vulgarité, de ses scènes de sexe et/ou de violence (pourquoi ne pas joindre les deux ?), des dérives du personnage principal qui servent d'intrigues. Dès le début, Frédéric Haltier est pris dans une spirale dont il ne sortira pas : il n'en a pas les capacités, et je ne parle même pas du recul nécessaire. Le tout était de savoir quand il arriverait en bout de courses, et qui il entraînerait avec lui.

Trash circus dénonce peut-être la violence et l'indifférence actuelles, mais ce livre était trop excessif pour me toucher.

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