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25 juillet 2012 3 25 /07 /juillet /2012 21:01

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édition Philippe Rey - 280 pages.

 

Quatrième de couverture (extraits) :

 

Un écrivain africain vivant à Mexico est atteint d’'un mal incroyable :une allergie au papier.… Son médecin lui conseille de voyager. Il part donc animer des ateliers d’écriture dans un village du Yucatán où, après la guerre du Guatemala des années quatre-vingts, se sont réfugiés les rescapés. Une de ses stagiaires, Teresa, lui présente son journal de guerre. Fasciné par ce texte, l’'écrivain décide de l'’aider à le rédiger jusqu’au bout. Il va amener Teresa à accoucher des démons qui sommeillaient dans sa mémoire. Mais il va aussi réveiller les siens. …

 

Mon avis :

 

Je n'aime pas du tout ressentir cette sensation en lisant un livre : passer complètement à côté de celui-ci.

Pourtant, les premières pages étaient prometteuses, le style, à la fois poétique et alerte, me promettait une belle rencontre littéraire, de même que le thème, à la limite du paradoxe : un écrivain allergique au papier !

Et puis mon attention est très vite retombée. Que cette allergie soit un prétexte pour aborder d'autres sujets, soit, il est toujours intéressant de voir un écrivain emmener son lecteur vers le véritable sujet du livre par des voies détournées. Sauf que dans ce cas, je n'ai pas très bien compris où l'auteur voulait en venir. Montrer que les hommes sont partout les mêmes, violents, cruels, racistes, quel que soit le pays, le continent ? Démontrer les difficultés à écrire ou à dire ce que l'on a vécu ? Je note d'ailleurs que ce sont essentiellement des femmes dont nous lisons les témoignages - les mots pour prouver la violence que les hommes ont exercée sur elle.

Au final, les tours, les détours, les digressions en un mot ont été si nombreux que je me suis perdue. Je ne doute pas cependant qu'une autre rencontre littéraire avec cet auteur ne soit possible.

 

prix

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24 juillet 2012 2 24 /07 /juillet /2012 00:55

Voici un an, jour pour jour, je lançai le challenge Animaux du monde. Je dois dire que ce challenge est un grand succès. Après le second bilan, dressé il y a dix jours, voici le bilan du challenge en quelques chiffres :

 

Le challenge Animaux du monde, c'est : 

 

- quarante participants répartis sur quatre niveaux. Le dernier inscrit est Edwyn.

 

- dix-huit participants qui ont d'ors et déjà validés le défi dans la catégorie choisie. Ce sont :    Asphodèle,   AstazieAymeline, Lizouzou , Manu (Chaplum) ,   Anne  (des mots et des notes)   Mia , Mimi , Catherine, -Perrine- Laure , Estellecalim , Hérisson  (délivrer des livres) , Miss bunny, Opaline   (La dame des livres), Béa .(aux bouquins garnis) Syl , et moi-même.

 

- huit livres lus par les "Garfield".

 

- trente-deux livres lus par les "Chats du Cheshire".

 

- soixante livres lus par les "Bagheera".

 

- soixante-dix-neuf livres lus par les "rois Lion" dont vingt-deux à ce jour pour Catherine. Bravo à toi !

 

En tout, ce sont 179 livres qui ont été lus en un an, dont 102 depuis le bilan du mois de janvier. Bravo et merci à tous !

 

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23 juillet 2012 1 23 /07 /juillet /2012 15:05

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édition Gallimard Jeunesse - 211 pages.

 

Mon résumé :

 

P.P. a disparu ! Rémi et Mathilde sont très inquiets : non seulement il n'a pas petit-déjeuné, mais en plus il était absent en cours, alors que c'était le jour du compte-rendu du conseil de classe. Les deux amis se lancent à sa recherche, grâce aux indices que Pierre-Paul a laissés derrière lui.

 

Mon avis :

 

Plus de dix ans après Le club des inventeurs, sixième volume des aventures de Rémi, Mathilde et Pierre-Paul, c'est avec plaisir que j'ai retrouvé ces trois personnages dans ce septième opus.


Ils n'ont pas changé, toujours élèves de la 4e 2 même si j'aurai pu avoir des doutes légitimes en ce qui concerne ce cher P.P. Cul-Vert, oh,pardon, sa Majesté Pierre-Paul de Culbert, 1er du nom, à moins qu'il ne choisisse un autre titre, tel "Votre gracieuse goinfrerie" ou "Votre bedonnante Altesse". En effet, après avoir résolu des mystères à Venise (Le professeur a disparu), en pays de Loire (la piste de la Salamandre) ou encore en Ecosse (PP Cul-Vert et le mystère du Loch Ness), voilà nos amis en Bretagne, sur un îlot qui appartenait à un ancêtre de notre génial collégien - je veux bien sûr parler de Pierre-Paul, deux ans d'avance, et les félicitations inamovibles du conseil de classe. Notre génial inventeur veut restaurer la monarchie sur cette île magnifique, battue par les embruns et visitée par les mouettes, avec l'aide de son fidèle domestique Jean-Jean (on aime les prénoms composés chez les Culbert).

 

Si vous suivez l'aventure avec P.P. et ses amis, vous découvrirez que rien n'est aussi simple qu'il n'y paraît. Vous affronterez des monstres, des traîtrises abominables (forcément, ce sont des traîtrises). Vous assisterez à des duels pour les beaux yeux des gentes demoiselles, comme au Moyen âge, siècle où il faudrait renvoyer Pierre-Paul et les siens, tant leur vision de la femme est archaïque.

 

Bref, Sa majesté P.P. Ier est la suite logique des six premiers volumes dont elle reprend les recettes, pour la plus grande joie des fans de la série. Pas de surprise, donc, mais pas de déconvenue non plus.

 

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23 juillet 2012 1 23 /07 /juillet /2012 09:59

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édition Flammarion - 309 pages.

 

Mon résumé :

 

Maître Goku est mort, tué traitreusement par Ken-Ichi, fils du nouveau jito. Les préparatifs de ses funérailles plongent Kimi et Hana dans l'affliction. Leur dernier espoir est de retrouver leur mère et leur petit frère.

 

Dragon2012feu

Le challenge Dragon 2012 organisé par Catherine

Mon avis :

 

J'ai beaucoup aimé ce second tome : il faut dire que là, j'ai été littéralement plongée dans l'action, et pour une fois, il est des péripéties que je n'avais pas vu venir. Quant à Kimi et Hana, elles ont beau être considérées comme naïves par leur adversaire principal, je ne pense pas qu'elles auraient pu deviner ce qui allait leur arriver.

 

Kimi et Hana ont des personnalités qui s'équilibrent. Si Kimi est définitivement considérée par ceux qui la côtoient comme un garçon, si elle ne cesse de parfaire ses techniques de combat, Hana garde une grande sensibilité - et pas une grande sensiblerie - et surtout, une difficulté constante à dissimuler sa nature féminine. Et il n'est pas bon être une fille en ses temps troublé.

 

Leur oncle n'a en effet pas perdu son temps. Il réorganise l'armée, les dojos, et met en place sa stratégie guerrière pour devenir le maître du Japon, balayant ainsi les efforts de paix mis en oeuvre par son frère. C'est une province presque exsangue que les deux soeurs traversent - leur oncle ne lésine pas sur les taxes, et autres exactions, pour nourrir son armée, redoutable. Les deux jeunes filles et les personnes qui les accompagnent (je n'en dirais pas plus) doivent déployer des trésors d'inventivité pour échapper à leurs poursuivants et parvenir à leur but : en ces temps troublés, personne n'est à l'abri, même de valeureux samouraïs peuvent succomber ou devenir des ronins.

 

Bien sûr, nous sommes toujours dans un livre de littérature jeunesse, le vocabulaire est soigneusement explicité, et parfois, le récit est un peu répétitif, pourtant, j'ai pris beaucoup de plaisir à le lire, et j'espère que le tome 3 sera bientôt disponible à la bibliothèque.

 

Challenge-anglais

Antoni : challenge God save the livre.

 

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le défi des mille

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22 juillet 2012 7 22 /07 /juillet /2012 08:53

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Hodder Children's Books - 144 pages.

 

Mon résumé :

 

Après avoir relu le premier tome du Club des cinq, je lis (parce que je ne les lisai pas à l'époque) le premier tome du clan des sept. Ce sont les vacances de Noël, le clan ne s'est pas réuni depuis longtemps et ils n'ont même pas un petit mystère à résoudre. C'est sans compter un concours de circonstance pour le moins inattendu.

 

Challenge littérature jeunesse par Mélo

 

Mon avis :

 

Est-ce parce que j'ai très peu lu cette série quand j'étais enfant ? En tout cas, j'ai beaucoup aimé cette lecture, très facile et relativement drôle, surtout si je la compare au Club des cinq : autant j'ai traîné le premier pendant des semaines, autant j'ai lu celui-ci en une soirée.


Ce n'est pas tant une question de difficulté grammaticale et autres questions de vocabulaire : les deux ouvrages sont aussi faciles à lire l'un que l'autre. C'est juste que le récit de The secret sevent m'a paru moins invraisemblable que le club des cinq. Certes, les enfants tiennent des réunions secrètes - dans la journée, ils rentrent à temps pour le goûter, le dîner, etc, etc. Certes, ils parviennent la nuit à sortir de chez eux sans trop de difficultés  mais la baby-sitter/gouvernante n'est vraiment pas très à  cheval sur la surveillance quand elle-même est prise par ses affaires personnelles. Certes, ils s'introduisent dans une maison vide car ils soupçonnent un enlèvement, mais il fallait bien un rebondissement à l'intrigue et j'en ai lu de plus invraisemblable (et j'en ai vu de bien pire dans la vie réelle).

 

Bref, the secret seven est un charmant roman d'aventures pour enfants, et je prendrai plaisir à lire les autres tomes de la série pour me divertir.

 


Challenge-anglais33e participation au challenge God save the livre organisé par Antoni. 

Défi anglaisQuatrième participation au Défi lire en anglais : I read in english.


 


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21 juillet 2012 6 21 /07 /juillet /2012 19:18

Samedi 21 juillet, je suis allée à Paris. Je passe rapidement mes "excursions" dans trois librairies différentes, d'où je suis ressortie avec un nombre assez impressionnant de livres. Non, je préfère arriver tout de suite au point d'orgue de la journée : la représentation de l'Alvin Ailey compagnie au théâtre du Châtelet, à laquelle j'ai assisté en matinée.

 

C'est la troisième fois que j'ai la chance d'applaudir cette troupe, et je dois dire qu'à chaque fois, je suis conquise.

 

La première oeuvre présentée était Arden Court, de Paul Taylor, sur une musique de William Boyce. Le titre est une référence au nom de la forêt dans Comme il vous plaira de Shakespeare. J'ai adoré ce ballet dans lequel les danseurs ont montré la joie de danser et une très grande complicité.

 

Alvin_Ailey_American_Dance_Theater_in_Paul_Taylor_s_Arden_C.jpgToutes les photos proviennent du site Les étés de la danse.

Arden Court (Paul Taylor) (c) Paul Kolnik

 

The évolution of a secured feminine est un solo pour danseuse seule de Camille A. Brown. Il a été créé en 2007. Changement de musique avec du jazz, et les voix d'Ella Fitzgérald, Betty Carter et Nancy Wilson. Pour danser ce ballet de neuf minutes, il faut vraiment une personnalité charismatique qui emporte la salle. C'était vraiment le cas avec Ghrai DeVore.

 

ete-de-la-danse-1.jpgBriana Reed - The Evolution of A Secured Feminine (Camille A. Brown) (c) Nan Melville

 

Le troisième ballet se nomme Episodes. Des quatre oeuvres présentées, elle est celle qui m'a le moins marquée, sans doute aussi parce que la musique de Robert Ruggieri n'était pas ma tasse de thé et parce que la structure du ballet était un peu répétitive.

 

Enfin, pour terminer ce spectacle, était représenté le ballet Love Stories, ballet qui dégage une extraordinaire énergie.Danse moderne, hip hop, street dance, il fallait pas moins de trois chorégraphes pour illustrer des genres si différents (Judith Jamison, Robert Battle et Rennie Harris) mais ce sont bien les mêmes danseurs qui passent d'un style à l'autre avec une incroyable aisance.

 

Merci à tous pour ses incroyables moments d'émotion partagée.

 

camille-pissarro-the-louvre-and-the-seine-from-the-pont Challenge Paris je t'aime

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20 juillet 2012 5 20 /07 /juillet /2012 21:00

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éditions Le Masque - 285 pages.

 

Mon résumé :

 

Bretagne, 1629. Les pagans sont des pilleurs d'épave, et ce jour-là, la chance leur est propice, un navire vient s'échouer sur les côtes. Leur chef a été clair : il ne doit pas y avoir un seul survivant. Pourtant, Marie Le Bars demande à son mari d'épargner le plus jeune passager, un enfant d'environ trois ans : il pourrait être leur fils. Bretagne, 1648 : Gilles Le Bars participe à la fête du village avec son meilleur ami Gaël. Au petit matin, le corps sans vie du jeune homme est retrouvé, Gilles est immédiatement accusé et condamné. Qui peut lui en vouloir à ce point ?

 

Circonstance de lecture :

 

Ce livre, acheté mercredi, est l'objet d'une lecture commune organisé par Eliza. , avec Miss Léo, ainsi que  Shelbylee  et Achille. Je rédige mon avis "à l'arraché", alors que les quatre félins qui m'entourent à savoir Vanille, Chablis, Alias Sérafina et Nunzi sont très occupés à faire leur toilette.

 

Mon avis :

 

logo3Cela fait longtemps que je ne crains plus de me fâcher avec qui que ce soit en rédigeant un avis. Ainsi donc, je tiens à dire qu'en lisant les aventures de Gilles Le Bars, j'ai irrésistiblement pensé aux Trois mousquetaires d'Alexandre Dumas ou au Comte de Monte-Cristo. Gilles vit des aventures plus que nombreuses à un rythme haletant. Il est impossible de s'ennuyer tant notre héros, comme le répète à l'envie le narrateur, a le don de se fourrer dans les situations les plus invraisemblables et les plus inconfortables en moins de temps qu'il ne m'en a fallu pour taper cet article ! Décidément, il doit avoir un ange gardien qui veille constamment sur lui, et pas seulement des amis dévoués, de chair et d'os.

 

Je ne voudrai pas vous gâcher le plaisir de découvrir ce premier volume des aventures de Gilles, qui ne s'appellera bientôt plus ainsi, en vous nommant les nombreux points communs que j'ai trouvé entre lui et les héros de Dumas. Il n'est pas jusqu'à Sylvaine, sa première compagne (à ne pas confondre avec Nolwenn, sa première amante - dans la terminologie du XVIIe siècle) dont le destin sera proche de celui de la douce Constance Bonacieux. Je reconnais cependant qu'il n'est pas doué, du moins, au début, pour l'escrime, ce qui est bien naturel pour un paysan breton. Puis, il ne faudrait pas non plus que vous croyiez en me lisant que l'oeuvre est un pastiche maladroit (et Dieu seul sait que j'en ai lu, des oeuvres qui prétendaient s'inspirer de romans illustres et sont d'affreux ratages). Non, l'Héritier des Pagans est un roman historique d'aventures, qui nous permettra de croiser des figures lumineuses, d'autres sombres, mais aussi des personnages ni bons ni mauvais mais qui sont confrontés à des choix, bénéfiques ou non. Le seul bémol est l'emploi de certains termes anachroniques. J'ai aimé l'évocation de la Fronde et de ses grandes figures historiques comme le grand Condé ou Conti, j'ai moins aimé l'emploi du terme "leadership" (entre autre).

 

C'est cependant avec plaisir que je retrouverai ce héros pour le second volet de ses aventures.

 

 

Defi-PR-4Défi premier roman chez Anne

 


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20 juillet 2012 5 20 /07 /juillet /2012 00:12

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édition Delcourt - 200 pages

 

Mon résumé :

 

Tohru est lycéenne - et orpheline. Depuis le décès de sa mère, elle vit chez son grand-père - officiellement. Comme il ne peut plus l'héberger, elle vit dans une tente, dans la forêt, et dissimule la vérité au lycée. Un jour, elle se rend chez les Soma, qui ont une grande maison non loin de l'endroit où elle a planté sa tente. Elle découvre alors la malédiction qui frappe les douze membres de cette famille.

 

mangasg

Mon avis :

 

Après une lecture riche en émotion (je veux parler de Notre-Dame-du-Nil de Scholastique Mukasonga ),rien ne vaut une lecture plus distrayante, comme ce sympathique manga.


Tohru a tout de l'héroïne de shojo traditionnelle, avec ses grands yeux naïfs, sa gentillesse inaltérable et aussi son empathie, n'étaient les épreuves qu'elle a traversées et qu'elle surmonte du mieux qu'elle peut. Je pense au décès brutal de sa mère, mais aussi à l'indifférence poli du reste de sa famille - et encore, les tomes suivants montreront que ce sentiment n'est pas loin de se transformer en hostilité. Elle fait face, sans rien attendre de personne si ce n'est d'elle-même - quitte à aller au-delà de ses forces. Sous des dehors de comédie, la tragédie n'est pas loin. C'est cependant le fantastique qui l'emporte, avec la malédiction qui touche la famille Soma. La série est si connue que je ne pense pas dévoiler un énorme mystère en dévoilant que ceux-ci se transforment en animaux du zodiaque chinois en certaines circonstances. Dire que c'est parfois un peu génant tient de l'euphémisme. C'est en tout cas parfois franchement rigolo - et très embarassant pour Tohru.


Le graphisme est tendre, enjoué, et relativement riche si je le compare à d'autres shojos, moins réussis, que je n'ai d'ailleurs pas chroniqués.Fruits baskets est un charmant manga, que je continuerai à lire au gré de ses disponibilités à la bibliothèque (la série est souvent empruntée).

 

Banniere-Juillet

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19 juillet 2012 4 19 /07 /juillet /2012 17:31

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édition Gallimard - 222 pages.

 

Présentation de l'éditeur (extrait) :

 

Au Rwanda, un lycée de jeunes filles perché sur la crête Congo-Nil, à 2 500 mètres d'altitude, près des sources du grand fleuve égyptien. Les familles espèrent que dans ce havre religieusement baptisé Notre-Dame du Nil, isolé, d'accès difficile, loin des tentations de la capitale, leurs filles parviendront vierges au mariage négocié pour elles dans l'intérêt du lignage. Les transgressions menacent au cœur de cette puissante et belle nature où par ailleurs un rigoureux quota « ethnique » limite à 10 % le nombre des élèves tutsi.
Sur le même sommet montagneux, dans une plantation à demi abandonnée, un « vieux Blanc », peintre et anthropologue excentrique, assure que les Tutsi descendent des pharaons noirs de Méroé. Avec passion, il peint à fresque les lycéennes dont les traits rappellent ceux de la déesse Isis et d'insoumises reines Candace sculptées sur les stèles, au bord du Nil, il y a trois millénaires. Non sans risques pour sa jeune vie, et pour bien d'autres filles du lycée, la déesse est intronisée dans le temple qu'il a bâti pour elle.

 

Mon avis :

 

 1994 : génocide au Rwanda. Nous connaissons tous cette date. Mais avant ? Que s'est-il passé pour que ce pays connaisse ce déchainement de violence ? Notre-Dame-du-Nil nous raconte le passé récent de ce pays.

 

Dans ces années 70, le Rwanda s'est enfin défait de la domination coloniale de la Belgique. Il ne faut pas y regarder de trop près, néanmoins : certains professeurs viennent de Belgique, d'autres sont des coopérants français, et la visite de la reine des Belges est un événement capital dans l'existence si feutrée, si protégée du monde des lycéennes de Notre-Dame-du-Nil.

 

Là encore, il ne faut pas se fier aux apparences. Les héroïnes sont jeunes, elles sont promises à un bel avenir,  parce qu'elles étudient dans ce lycée, où elles ont été admises après un examen national. En réalité, elles sont ici parce qu'elles viennent des meilleures familles, celles qui sont proches du pouvoir, celles qui sont riches, et que, grâce à leurs diplômes, elles permettront à leurs parents de conclure de meilleures alliances. Elles peuvent être là aussi comme Virginia parce qu'elles font partie du quotat tutsi : 10 % des élèves doivent appartenir à cette ethnie. La mise en place de ces "quotats" est déjà en soi un avertissement.

 

Gloriosa, Virginia, Véronica, Modesta, Goretti (de sainte Maria Goretti, je suppose) : de jolis prénoms pour les pensionnaires de Notre-Dame-du-Nil, prénoms imposés, comme elles le disent elles-mêmes. Elles possèdent toutes un autre prénom, leur vrai prénom, celui qui leur a été donné par leur famille, dont la signification est hautement symbolique pour elles. Ces deux prénoms illustrent leur double culture : celle, occidentale, dispensée dans le lycée, celle, rwandaise, donnée dans les familles - pas toutes, cependant. Virginia, qui retrouve pourtant avec bonheur les siens aux vacances scolaires et effectue tous les travaux quotidiens avec joie, devra partir à la recherche des anciennes coutumes de son pays afin d'accomplir une cérémonie ancestrale. J'ai beaucoup aimé ses récits qui apportent de rares moments d'apaisement dans un quotidien qui ne l'est plus du tout.

 

En effet, la tension ne cesse de monter au cours, savamment entretenue par quelques personnages. Je ne parle même pas du prêtre, personnage visqueux au possible, et qui justifierait à lui seul mon anticléricalisme viscéral. Je ne parle pas non plus de la mère supérieure, qui symbolise à elle seule le comportement des occidentaux : ne rien voir (ou faire semblant de ne rien voir) et ne rien faire. Non, la tension est solidement entretenue par une élève, Gloriosa, d'autant plus dangereuse qu'elle connait les arcanes du pouvoir, maîtrise parfaitement son discours haineux et sait parfaitement doser ses effets : "Mon père dit qu’on ne doit jamais oublier de faire peur au peuple" Elle a bien appliqué la leçon.

 

J'ai été littéralement emportée parce cette histoire, racontée avec des mots puissants. J'ai eu l'impression d'être auprès de ses jeunes filles, broyées par l'absurdité de l'histoire. J'ai vraiment beaucoup apprécié cette lecture et j'ai très envie, au delà du jury du Prix Océans, de continuer à découvrir l'oeuvre de cette auteur. 

 

Je terminerai ce billet par une citation de Virginia, personnage central de ce livre : Nous autres les Tutsi, nous savons garder nos secrets. On nous a appris à nous taire. Il le faut bien si l’on tient à la vie.

 

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19 juillet 2012 4 19 /07 /juillet /2012 11:22

Cut-taifu.jpg

Avertissement :

 

Ce manga peut choquer les âmes sensibles. Ceux qui me lisent sachent que je n'en fais pas partie. 

 

Mon résumé :

 

Chiaki et Eiji sont deux lycéens. Rien de très étonnant pour un manga, donc. La grande différence est la nature de leur secret. Tous les deux ont subi des traumatismes durant leur enfance, et les comportements auto-destructeurs qu'ils adoptent - auto-mutilation pour l'un, sado-masochisme pour l'autre - sont l'expression de leur mal-être. Ils vont se rapprocher, s'aimer peut-être.

 

Mon avis :

 

Ce livre s'est retrouvé dans mes mains presque par hasard, il était vendu avec Cafe latte, manga yaoi de la même auteur. Je voulais l'un, j'ai pris les deux. Je tiens tout de suite à préciser que Cafe latte est nettement plus accessible, plus "mignon" si j'ose dire.  

 

 

Ce manga a été publié au Japon en 2003, année où j'avais des élèves (ils ne se reconnaîtront certainement pas) aux tendances sado-masochistes parfaitement assumées, absolument pas cachées sans que cela dérange qui que ce soit (du moins, chez leurs proches et leurs camarades de classe). Pour leur rendre justice, ils allaient nettement (mais alors nettement) moins loin que les deux personnages principaux de ce yaoi.


Certaines situations peuvent choquer et montrent jusqu'où les deux personnages peuvent aller pour se faire mal mais aussi faire mal aux autres. Même si son passé est abominablement tragique, Eiji a bien plus de chance que son camarade : même si ceux qui l'ont recueilli sont bien souvent démunis face à sa souffrance, au moins ils lui offrent leur affection sincère, une protection sans arrière-pensée, et c'est déjà beaucoup. Chiaki n'a pas la même chance, et même s'il ne manque pas de camarades pour condamner sa conduite, j'ai tout de même très envie de rappeler une évidence simple : en cas d'inceste, ce n'est pas l'enfant, même s'il est adolescent, le coupable.

 

Je ne vous cache pas non plus que certains dessins sont relativement crus, tout comme les dialogues. De toute façon, je ne connais pas de manière mignonne de parler d'auto-mutilation.

 

Cut est un manga dont j'avais vraiment envie de parler, même si je me doute bien que je ne provoquerai pas des envies subites de le lire.


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