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29 avril 2010 4 29 /04 /avril /2010 23:49

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Titre : Le compagnon de voyage.

Auteur : Curzio Malaparte.

Editeur : les éditions La Table Ronde.

Nombre de pages : 107.


Circonstance de lecture :


J'ai reçu ce livre dans le cadre d'un partenariat avec les édition La Table Ronde et le forum Partage-Lecture. Ce livre a été lu lors de la lecture commune de mars/avril 2010.


Quatrième de couverture:


Fable pudique, baroque et pleine d'humanité, Le Compagnon de voyage a our cadre l'Italie de 1943. Après le renversement de Mussolini et le chaos que provoque la signature de l'armistice, les hommes de troupe, désormais sans ordres et sans chefs, décident de rentrer chez eux.



Mon avis :

C'est avec curiosité que j'ai ouvert ce court volume. J'aime beaucoup les récits, les témoignages qui se rapportent au conflit du siècle précédent, et j'étais très intéressée par la lecture de ce texte.

Ce qui m'a frappé d'abord est que le récit est raconté au présent, ce qui m'a donné vraiment l'impression que le compagnon de voyage de Calusia, c'était moi, et non quelqu'un d'autres. Les phrases sont courtes et simples, les adjectifs sont choisis avec soin. Quatre fois dans les premières pages, l'auteur réaffirme l'identité italienne de ses personnages : l'unité de l'Italie est encore récente en 1943, et il ne faudrait pas, au moment de la défaite, qu'une profonde désunion disloque un pays déjà mal en point."Gris" est la notation de couleur qui domine pendant le combat, la couleur que nous retrouvons jusqu'à la fin du récit, en touche discrète, comme si un voile de tristesse et de deuil recouvrait le pays tout entier. Le récit emploie des tons très variés, le drame et la tragédie côtoient la farce la plus burlesque.


Ce qui m'a frappé ensuite est l'alternance de point de vue. Nous avons d'abord un narrateur extérieur à l'intrigue qui narre l'attente puis le combat initial. Ce point de vue réapparaîtra à plusieurs reprises, notamment pour décrire le flux de réfugiés. Nous découvrons ensuite Calusia, simple chasseur alpin bergamasque, et c'est avec lui que nous allons vivre cette Odyssée. En effet, j'ai tout de suite pensé à l'épopée d'Homère à cause de l'allusion à Scylla, dès la première page. Scylla, récif bien réel et non montre marin décrit par Homère. Comme Ulysse, Calusia a suivi un long périple semé d'embûches pour retourner chez lui, il va devoir affronter maints obstacles avant de pouvoir se reposer, et si les dieux ne sont pas avec lui, il peut compter sur les démonstrations d'une vive piété populaire et de la solidarité chrétienne.

Calusia ne paraît pas avoir l'étoffe d'un héros, et pourtant, il est un homme d'honneur. Il met tout en oeuvre pour respecter la promesse qu'il a faite à son lieutenant mourant. Il a des valeurs, un code de l'honneur qu'il respecte (même s'il est parfois incompris) et prend toujours la défense des opprimés. Sur ce point, alors qu'il est entouré par le flot des refugiés, il est souvent le seul à réagir, le seul à avoir encore le courage de se battre. Je pourrai lui reprocher d'être mysogyne, car ses goûts en matière de femme sont plus pragmatiques que sensibles.

Durant son périple, il va affronter des péripéties qui risquent de l'empêcher de mener à bien sa promesse. Et c'est là que ces rencontre sont étonnantes. Alors que le danger devrait venir des envahisseurs, il n'en est rien. Les soldats anglais et américains paraissent certes pétris de préjugés envers les italiens, mais pas belliqueux pour deux sous. Ils sont là pour accomplir leur devoir, mais restent sympathiques, parfois même drôles et juvéniles. En revanche, plus Callusia monte vers le Nord, plus les obstacles réels s'accumulent. Marché noir, vol, prostitution, rien n'est épargné au lecteur dans ce tableau de la débâcle. Les profiteurs de guerre sont uniquement italiens, et c'est ce qui est le plus désolant dans son récit : l'ennemi est déjà là avant même le débarquement, il profite de la lâcheté des hommes et de la faiblesse des femmes. Le dénouement (presque) heureux ne dissipe pas l'amertume du propos.

Cet livre court se lit très rapidement, mais ne s'oublie pas facilement.

Je remercie les éditions de la Table Ronde, le forum Partage-Lecture et Thot pour m'avoir permis de participer à ce nouveau partenariat.

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