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8 juin 2011 3 08 /06 /juin /2011 15:55

cadavre.jpgEditions Société des écrivains - 55 pages.

 

Quatrième de couverture :

 

Annette Lefranc, 26 ans, étudiante aux Beaux-Arts, est retrouvée morte sur les berges d'un canal. Pour enquêter sur ce décès, la police locale, incarnée par le lieutenant Frémicourt se voit adjoindre l'aide du commissaire Richard. et ce dernier ne faillit pas à la réputation qui le précède : peu diplomate, revêche, bourru, voire acariâtre, il attire immédiatement l'antipathie avec son franc-parler et ses méthodes peu orthodoxes. Toutefois, au-delà de l'image qu'il renvoie, Richard est, sur cette affaire, plus qu'un enquêteur. il est surtout un homme qui revient sur les terres de son enfance et de son adolescence pour résoudre les conditions de la mort de l'enfant de celle qui fut la source du scandale dans la contrée...

 

Champignons, petit détour par le passé et destinée brisée pour ce court roman policier au style savoureux et aux personnages restitués avec un réalisme mordant. Doté d'une intrigue dense et enrubannée dans une écriture incisive, maligne, percutante, ce récit, qui explore les thèmes de la vengeance et du bouc émissaire, se dévore d'une seule traite.

 

Mon avis :

 

Ce court roman fait la part belle à son enquêteur, le commissaire Richard. Il vampirise littéralement le récit par sa personnalité. Il nous est difficile d'ignorer quoi que ce soit de son caractère volontiers provocateur, car son voyage, son arrivée et les réactions qu'il provoque nous sont soigneusement racontés.  Lui-même est assez expéditif : "Ecoutez mon petit bonhomme. Si ma tronche vous déplaît, il existe un moyen très simple pour ne plus la voir tous les jours que Dieu fait. Il suffit de se mettre à bosser. C'est pas plus compliqué que ça." J'avoue que cette omniprésence m'a déçue : des policiers qui n'ont que faire et de ce qu'on peut penser d'eux et qui adoptent des méthodes très personnelles sont des personnages assez courants dans les récits policiers. De même, le fait qu'il fasse équipe avec un lieutenant qui est son exact opposé et qu'il finit par gagner à sa cause n'est pas non plus très innovant. Les traits de ce commissaire Richard sont parfois tellement forcés que je me suis demandé si le récit n'était pas légèrement parodique.

 

Les deux enquêteurs prennent tant de place que les autres personnages sont réduits à la portion congrue. La victime ? Nous connaissons son nom, sa profession, ses projets, mais certains faits sont peu crédibles. La mère de la victime ? Désincarnée. La mort de sa fille ne lui fait ni chaud ni froid. Pourquoi la mère s'était-elle détachée de sa fille ? Pourquoi la fille Annette, âgée de 26 ans, n'avait-elle pas quitté le nid plus tôt ; même si les "Tanguy" sont une réalité ? Quant à ses expériences avec la drogue, elles paraissent épouvantablement liées avec les clichés de l'artiste maudit. Le meurtrier présumé ? Une chiffe molle si minable qu'il est impossible de le plaindre : "Les yeux embués de larmes, Cézieux ne parvenait plus à se contenir, invoquant le pardon des deux enquêteurs. Il précisa qu'il n'en pouvait plus, que cette soirée cauchemardesque le hantait depuis qu'elle avait eu lieu et qu'il souhaitait qu'on lui foute la paix. "Ben, faudrait savoir, si vous venez nous avouer avoir tué Annette Lefranc, il me paraît difficile de vous laisser peinard maintenant que je sais un truc pareil sur votre compte", enchaîna Richard. Le véritable meurtrier ? Nous le croisons quelques pages avant la fin, sa motivation est vieille comme le monde, et je trouve que la manière dont il a mis son plan à exécution est pour le moins invraisemblable.

 

Nous n'en avons pas fini avec les clichés : le commissaire effectue un retour au pays natal, pour régler ses comptes avec son passé - enfin, pour savoir s'il a bien fait de partir. Je vous laisse deviner quelle réponse il apportera à cette interrogation. Volontairement, la ville n'est pas nommé - encore un procédé bien connu, qui a pour but de rendre le récit réaliste.  Il veut sans doute aussi montrer que ce récit aurait pu se passer n'importe où en province - si ce n'est que, pour être provinciale moi-même, j'ai eu l'impression de retrouver tous les clichés que les parisiens peuvent avoir sur les provinciaux - hors de Paris, point de salut !

 

Bref, ce roman fut relativement agréable à lire, mais ne me laissera pas un souvenir impérissable.

 

Ma note : 3/5.

 

Merci aux éditions Société des écrivains et aux agents littéraires (link) pour ce partenariat.

 

 

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commentaires

Asphodèle 09/06/2011 10:00


Bon, bah voilà, un de moins à noter ou à retenir !! comme les "bonnes" lectures à venir ne manquent pas... Ah ! J'attends un ouvrage de poésie des Agents Littéraires, j'ai peur !! ;)


Sharon 09/06/2011 13:15



L'avantage est que ce livre était court....



Syl. 08/06/2011 21:25


Que 55 pages ? Une nouvelle alors.


Sharon 09/06/2011 00:42



Le texte esf présenté sur la quatrième de couverture comme un court roman. J'ai respecté le voeu de l'éditeur.



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